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jeudi 25 mai 2023

La Grande Dame nous a quittés

 Une Grande Dame nous a quittés.

Pour lui rendre hommage, poussons le volume à fond !

https://www.youtube.com/watch?v=Gcm-tOGiva0

Elle s'appelait Turner. Tina Turner.

 https://www.youtube.com/watch?v=4hGQ97tCTOs

 (Merci à Bono et The Edge pour cette chanson !)

Les plus grands ont composé pour elle, comme Mark Knopfler, de Dire Straits :

https://www.youtube.com/watch?v=d4QnalIHlVc

Au Ciel, elle va pouvoir reformer son duo avec David Bowie :

https://www.youtube.com/watch?v=Of1HV4b0ccg 

God bless them.

mercredi 5 juin 2019

Dimanche de Pentecôte à Montluçon


Copie de mon courrier au SNES national, suite à l'appel au blocage du bac

Je sais que je serai haï et méprisé et insulté pour ce message mais je ne peux plus me taire.
 
Bonjour.
 
Copie de mon courrier au SNES national (principal syndicat d'enseignants en collèges et lycées) suite à l'appel à la grève du 17 juin.
 
Bonjour.
Si le SNES appelle à la grève le 17 juin, jour du baccalauréat, suivant là les délires extrêmistes du syndicat peu recommandable qu'est le SNALC et la "nébuleuse" stylos rouges, je vous renverrai immédiatement ma carte de syndiqué.
Le SNES, jusqu'à maintenant, était un syndicat responsable. Cette dérive populiste à visées purement électoralistes (or, ce n'est pas pour autant que vous gagnerez des adhérents chez les jeunes profs excités) est dangereuse. Dangereuse pour les enseignants qui risquent des sanctions, qui risquent encore plus de creuser le fossé entre eux et la population (l'exfiltration de la FSU dans la manifestation du 1er mai ne vous a pas posé question ?), qui risquent de casser la confiance entre élèves (et parents également) et enseignants (comment, à la rentrée, être crédibles devant les élèves et leur demander de préparer un examen qu'on aura boycotté trois mois plus tôt ?!).
Je sais que je ne suis qu'un minuscule adhérent pas représentatif.
Peu importe.
Dire que j'ai connu le SNES-FSU lorsque nous avons été virés avec le SNEP de la FEN (devenue UNSA). J'avais cru à ce syndicat et à cette fédération même si plusieurs fois je me suis éloigné. Vous étiez dans mon coeur.
Bonne route dans votre aventure populiste.
J'espère que vous n'irez pas jusqu'au blocage du bac. C'est l'arme atomique. On ne l'utilise qu'une fois et les retombées sont nombreuses et durables.
Jean-François Pérès, documentaliste certifié

Suite à mon courrier à Famille Chrétienne

Suite à mon courrier à Famille Chrétienne, j'ai reçu un long mail du directeur de la rédaction de l'hebdomadaire FC. J'ai été très touché par la rapidité de sa réponse et par son long mail, argumenté et sans agressivité. Comme je dis toujours : quand quelque chose me déplait, je le dis ; quand quelque chose me plait, je le dis aussi.

Antoine-Marie Izoard m'a invité fort justement à distinguer l'hebdomadaire FC de la page facebook qui y est rattachée et où se déchaînent parfois (plus que parfois... mais c'est le problème des réseaux sociaux en général) des énervé(e)s de tout poil, que ce soit des personnes déclamant que le Pape François est un apostat hérétique comme ses prédécesseurs depuis Paul VI et le concile Vatican II, d'autres expliquant que le Pape est à la solde des musulmans ou des francs-maçons (qui, dans l'imaginaire collectif, ont remplacé les jésuites dans "la théorie du grand complot" : voir l'excellent dernier numéro de CODEX à ce sujet... jusqu'au XIXème siècle, les jésuites étaient accusés de tous les maux, y compris au sein de l'Eglise catholique), d'autres enfin traitant de "gauchistes" les personnes qui se réjouissent de l'attitude du Pape (et de l'Eglise "officielle") envers les migrants, du combat pour l'environnement, de la lutte contre la pauvreté...

J'avais déjà écrit, il y a quelques semaines, que j'éviterai les réseaux sociaux à l'avenir. Je pensais trouver un lieu épargné par la bêtise avec la page FB de FC (j'adore les abréviations !). Je me trompais. Je continuerai certes à aller sur FB, qui est bien pratique pour échanger avec des ami(e)s et des relations mais je me garderai d'aller désormais sur tout site d'actualité, y compris chrétien. Je ne suis décidément pas fait pour l'univers des réseaux sociaux. Et je crois bien que je ne suis pas le seul.

lundi 3 juin 2019

Copie de mon courrier à Famille Chrétienne

Bonjour.
Je suis abonné à votre hebdomadaire depuis octobre 2018. Donc je ne suis qu'un abonné récent. En outre, je ne suis pas un "bon catholique" puisque je ne suis pas marié. Néanmoins, j'aime beaucoup votre magazine, son ton différent, les nombreuses actualités de l'Eglise, plusieurs rubriques spirituelles enlevées sans être trop compliquées.

Mais... car il y a un mais... Il y a d'abord votre page facebook où, dès qu'on n'est pas de l'ultra droite traditionnaliste (qui utilise, comme jadis Maurras, le christianisme comme paravent pour ses visées clairement identitaires), on est conspué voire injurié. Le simple fait de citer le Pape François et "Laudato si", et on est traité, dans le meilleur des cas, de naïf, dans le pire, de gauchiste. Et ça se répercute sur d'autres sites comme Aléthéia, où, parce que j'avais osé dire du bien du Pape Paul VI, on m'a traité de gauchiste. Je n'en peux plus. Et, pourtant, j'ai un oncle qui fut le bras-droit de Monseigneur Lefebvre, mais pour des raisons religieuses, et pas politiques. (Mon grand-oncle, moine trappiste, même après le schisme de 1988, a gardé un portrait de Jean-Paul II et lisait "L'Express"... prisonnier des geôles de Mao pendant six ans, il savait où l'intolérance et "l'entre soi" menaient).

Ensuite, votre prise de position déchaînée lors de "l'affaire Lambert" m'a posé question. J'étais pourtant de votre "côté" au début. Mais peut-on être, justement, "d'un côté" ? On parle d'un être humain, mais pas d'une théorie dont on débat dans des salons tièdes ! Personne, parmi les "cathos tradis" pourtant par ailleurs attachés au mariage, n'a tenu compte de la position de sa femme, de ses frères et soeurs, de ses proches. Et puis, la prise de bec de Gabrielle Cluzel (dont les prises de positions sur BFM TV sont moins extrêmistes que dans votre journal) m'a heurté. Faut-il être absolument "ultra catho" ? Ne peut-on pas être catholique ? chrétien même ? D'autant que sa prise de position apparait juste à côté du courrier des lecteurs où j'apparais (pour la deuxième fois, et je vous en remercie !).

Enfin, votre engagement clair au côte de F.X. Bellamy (par ailleurs un sympathique philosophe), qu'est-ce que ça veut dire ? Est-on forcé d'être LR pour être "un bon catho" ? Et, plus encore, dans l'aile réactionnaire et identitaire de LR ? Il y a des Chrétiens aussi dans les autres courants de LR, il y a des Chrétiens (et des Catholiques) au RN, à LREM, dans les décombres du PS, à EELV (Cécile Duflot était une ancienne de la JOC).

Parce que j'ai osé voter en accord avec Laudato si', je me fais traiter de "gauchiste" sur votre page facebook ainsi que sur celle d'Aléthéia (qui s'obstine à mettre sans h, ne respectant par l'orthographe grecque, mais là n'est pas le sujet). C'est fatigant à la longue.

Je suis juste un catholique. Enfin, j'essaie de l'être. J'aime beaucoup le Pape François, visiblement très mal vu par une partie des Chrétiens de France et par leurs évêques, qui lui reprochent de ne pas être assez "identitaire". Personnellement, je ne me sens pas "identitaire". Pour moi, le nationalisme, même à l'échelle européenne, est dangereux. J'ai vécu de longues années en Corse où j'ai vu de près ce qu'était une société totalement vérolée par le culte de l'identité et de l'entre soi. Et, de surcroît, pour moi, l'Eglise n'a rien à voir avec "l'identité européenne". Catholique veut dire universel. Chrétien veut dire disciple du Christ. L'essentiel des croyants (y compris catholiques) ne sont plus sur le continent européen. Et depuis longtemps. Jésus était juif. Paul était Méditerranéen du Sud, de même que tous les apôtres et la plupart des Pères de l'Eglise. Avons-nous si peu de mémoire de nos racines chrétiennes ?

Je ne peux plus, décemment, être un de vos lecteurs. Je ne suis pas de droite identitaire. J'en suis navré.

Bien à vous,

Jean-François Pérès (qui, en plus, porte un nom à consonance sémitique, ce qui m'a plusieurs fois valu des "problèmes" lors d'un renouvellement de papiers d'identité)

(Le 3 juin 2019.)


mardi 28 mai 2019

Prier pour les Chrétiens d'Orient




Dimanche 26 mai, sixième dimanche de Pâques, c'était la journée de prière pour les Chrétiens d'Orient... 

Je sais, je suis un peu en retard... Mais il est toujours temps de prier pour nos frères, les Chrétiens d'Orient...


Prière de l’Œuvre d’Orient

Sous votre protection, Ô très sainte Mère de Dieu,
les chrétiens des Églises d’Orient ont toujours trouvé refuge.
Rassemblez les Chrétiens d’Orient et d’Occident dans l’amour de votre fils
afin que l’unité des Églises ressemble à celle de la Trinité Sainte du Père et du Fils et du Saint Esprit.
Donnez-leur le courage dans les épreuves, la patience dans la persécution, l’espérance dans les conflits.
Ô Vous, vraie fille d’Abraham, faites que les fidèles des trois religions, juive, chrétienne et musulmane, se traitent fraternellement en fils et filles du même Père.
Qu’ils recherchent la paix en cette terre où parut le Prince de la Paix.
Dans la fidélité à l’Église et à sa mission, inspirez aux frères d’Occident la gratitude envers leurs frères d’Orient et à tous la charité qui fait vivre et croire au salut que le Père offre à tous les hommes.
Ô Vierge, comblée de grâce et de bénédiction, intercédez pour nous.


jeudi 23 mai 2019

Macron...

Je n'en peux plus de voir sa tête ! La propagande pro Macron dans les médias devient irrespirable : lors du "grand débat", il squattait sur cinq à six chaînes de télé à la fois ; cette semaine, il a fait "la une" de toute la presse régionale (à l'exception courageuse de deux quotidiens qui ont refusé la relecture de l'interview de Jupiter par les services de l'Elysée, contraire à toute déontologie journalistique). On le voit partout. Dire que, naïf que je suis, j'ai voté pour lui en 2017, suivant les conseils de Bayrou, devenu depuis son laquais (après avoir été remercié, comme tous les ministres MODEM au bout de trois semaines...). J'ai honte de moi ! Il a une politique ultra-libérale, il détricote le pacte social, il désosse la fonction publique, il appauvrit les actuels retraités, il détruit les retraités à venir (avec la retraite à points, point modifié chaque année... délirant !), il a une politique de non accueil des migrants et des réfugiés pire que celle des pires des populistes, il méprise le "peuple", les gens comme moi qui "ne sont rien". Je n'en peux plus. Dire qu'il va être conforté dimanche et réélu dans trois ans, sous le prétexte de "sauver la République"... Quelle République ? Celle qu'il considère comme une simple "start up" ? Dire que ce type a fait des études de philo... Pour en arriver là !

lundi 13 mai 2019

Lundi 13 mai...

Desfois, on n'a pas beaucoup d'imagination pour trouver un titre à un article, un objet à son mail... alors on met la date du jour...

Lundi 13 mai... Dernière ligne droite des européennes. Désolé, je n'en parlerai pas. Le sujet me fatigue.

Lundi 13 mai... Hier, c'était le Quatrième Dimanche de Pâques, le jour où on lit l'Evangile du Bon Pasteur (10ème chapitre de Jean). Hélas, ce fut aussi le jour où un prêtre et six fidèles furent assassinés pendant la messe au Burkina Faso. Prions pour eux. Bien sûr, ça n'a pas vraiment fait la une des journaux français.

Lundi 13 mai... Il y a six jours disparaissait Jean Vanier. Tant a été dit sur cet homme formidable et gigantesque (dans tous les sens du terme !). J'ajouterai simplement que je retrouvais chaque mois avec plaisir sa chronique dans "Panorama". Il va tous nous manquer. Ci-dessous un de ses magnifiques textes : "La beauté humaine". A lire, relire, et méditer.

Et puis, malgré tout, je suis d'humeur guillerette ce matin. Ce week-end, j'ai réécouté pas mal de musique classique. Il faut dire que ces derniers mois j'ai acheté nombreuses compilations et autres anthologies, pour compléter ma discothèque classique qui était assez peu fournie (Tchaikovsky, quelques autres Russes, Beethoven, Richard Strauss et depuis quelque temps Debussy...). Du coup, j'ai redécouvert les Suites de Jazz de Chostakovitch (dont la valse rendue célèbre par une fameuse publicité et aussi, parait-il car je n'ai pas vu le film, par la séquence d'ouverture de "Eyes Wide Shut"). Mais, ce matin, c'est un autre morceau de Shostakovich que je vous propose : sa savoureuse reprise de "Tea For Two", baptisée "Tahiti Trot"... Un vrai régal pour bien commencer la semaine !!!


Je vous laisse avec le texte de Jean Vanier mais également avec une petite blague qui circule en ce moment sur le net...


Une suggestion baptiste pour la reconstruction de Notre Dame de Paris !!
(idéal en vue des J.O. de 2024 !!)

jeudi 2 mai 2019

Il faut tuer le père...

Hier, à la manifestation parisienne, un événement, que j'ai suivi "en direct", est passé, au fil de la journée, un peu inaperçu... Les syndicalistes de la FSU (Fédération syndicale unitaire, les profs quoi) ont été virés du "cortège parisien" lors du "traditionnel défilé du 1er mai" (je déteste cette expression des journalistes !) par quelques "ultras jaunes" sous les applaudissements de la foule (la populace, diraient les mauvaises langues)...

Eh oui ! Il ne faisait pas bon être enseignant hier après-midi du côté de Montparnasse... Mais est-ce si surprenant ? Début décembre, lors du "pic" du mouvement des gilets jaunes, ceux-ci (ainsi qu'une partie de la "base" des syndiqués, dont des enseignants... je me souviens d'échanges sur la page FB du SNES, le syndicat des profs, à l'origine de la FSU et son principal "actionnaire") attendaient un appel à la "grève générale". Cet appel n'est jamais venu. Comme en 2003 lors des manifs contre la réforme des retraites de Fillon (depuis, on a eu deux ou trois autres réformes des retraites en attendant la suivante... mais ce n'est pas le sujet ce jour). Il y avait une "ouverture" pour une "extension du conflit", une "convergence des luttes". Le gouvernement avait peur et était aux abois... Une mobilisation massive aurait été ultra efficace. On connait la suite. On ne refait pas l'Histoire. On ne repasse pas les couverts.

Non, les profs n'allaient pas "se mélanger" à la populace des gilets jaunes... Comme jadis les "intellectuels de gauche", Zola en tête, dénonçaient les barbares de la Commune de Paris. Par contre, on a fait chaque mois, sagement, notre petite grève de profs, la grève traditionnelle, parce que, chez les profs, il y a une tradition : la grève mensuelle (ou au moins trimestrielle). Avouons-le, ça ne sert à rien. Perso, ça m'a mis dans le rouge et forcé à contacter mon banquier. Quant au Ministère de l'Education nationale, ça lui donne des crédits supplémentaires puisqu'à chaque jour de grève c'est une journée de salaire de catégorie A qui est décomptée... De là à dire qu'on finance le Ministère... J'en deviens cynique...

La FSU... Fédération syndicale unitaire, née de l'expulsion en 1992 du SNES par la FEN, la Fédération de l'Education nationale. Fédération... La FEN, en 1947, n'avait pas pu (ou pas voulu) choisir entre la pro-soviétique CGT et la droitière CGT-FO... Résultat, elle avait créé "sa" fédération. Depuis, l'essentiel du corps enseignant vit séparé du monde ouvrier et syndical même s'il y a évidemment, à la base, des actions communes.

Mais le malaise dans la société n'est-il pas plus profond, plus lointain, plus enraciné dans l'origine même de notre nation ? Notre nation est née sur une Révolution sanglante dont il a toujours été interdit d'émettre les moindres critiques (on était, et on est, tout de suite classé dans le camp de la plus abjecte réaction ultra-droitière, et tout et tout...). Or, n'importe quelle société, pour aller de l'avant (c'est pareil pour les individus) doit affronter son passé en face. Ce n'est pas parce qu'on rappellera que tout n'a pas été "rose bonbon" dans la Révolution française qu'on s'opposera pour autant aux immenses progrès démocratiques qui accompagnèrent la dite Révolution (même s'ils mirent plus d'un siècle à arriver, car il fallut passer par la dictature sanglante et expansionniste de Napoléon, les différentes Restaurations et tout et tout puis l'écrasement de la Commune pour arriver finalement à la IIIème République, un siècle après la Révolution). Les Français sont les premiers à demander aux autres peuples à affronter leur passé. Que ne le font-ils pas, sereinement, lucidement, complètement ? La Révolution, Vichy, la guerre d'Algérie... Autant de pages traitées trop souvent de façon idéologique et systématique, quand elles ne sont pas tout simplement passées sous silence. Non, la Révolution n'a pas été "un bloc sympathique" "à prendre ou à laisser". Non, tous les Français n'ont pas été des résistants héroïques. Non, la guerre d'Algérie n'est pas qu'une guerre de décolonisation mais également une guerre civile, y compris au sein de la société française.

Oui, admettons-le, reconnaissons-le, nos valeurs sont construites sur un socle sanglant. Nous avons tué un roi, nous nous sommes joyeusement entretués pendant près d'une décennie, puis nous avons mis l'Europe à feu et à sang... pour développer et exporter la magnifique Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Où est-ce que je veux en venir ? Trivialement, je dirai qu'on ne fait pas d'omelettes sans casser des oeufs. La Révolution n'est pas un dîner de gala, comme disait Mao. Notre nation est née sur le sang et sur l'idée que le peuple a toute légitimité a régulièrement se révolter. Nous l'enseignons en classe. En espérant que nos élèves ne nous écoutent pas... Le problème, c'est qu'à force de dire que le peuple a toute légitimité à se révolter... il finit par le croire... et par le crier dans la rue puis par l'appliquer... Et on se retrouve dans cette situation "semi insurrectionnelle" depuis plusieurs mois.

Plus anecdotiquement, il y a quelques années, il y a eu un "gros mouvement social" appelé "Mai 1968". J'ai eu droit, comme toute ma génération, aux récits exaltés de ceux de la génération qui "avait fait 68"... Mon père était tellement heureux d'en parler... C'était merveilleux. Bon, il a déchanté quand il a vu tous les anciens soixante-huitards, dont certains qu'il avait connu à la fac, devenir des caciques du PS puis des soutiens de Sarkozy puis de Macron... En même temps, cette génération avait marqué durablement tous les champs de la société et imposé sa vision émancipatrice (qu'elle disait) du monde. Toute autorité était par essence contestable. 

Il fallait tuer le père. Ni Dieu ni maître. On connaissait déjà. Mais, là, on allait plus loin. Plus d'autorité familiale, plus d'autorité religieuse. Bon, après tout, c'est l'évolution de la société. Pourquoi pas ? Mais il fallait aller plus loin. Plus d'autorité à l'école. L'école. Le lieu du mal absolu. Le lieu du pouvoir. Le prof. Or, le prof était souvent (toujours) un ancien étudiant, qui souvent avait "fait 68" (je suis enfant d'un couple 68...). Et, en même temps, un bon élève... Là, on confine à la schizophrénie. Des bons élèves contestant l'autorité établie, devenus chargés d'apprendre l'autorité à des mauvais élèves... Des bons élèves à qui on avait expliqué qu'ils étaient l'élite de la société (notamment pour celles et ceux passés, comme mes parents, par "les classes prépas").

Plus de Dieu. Plus de père. Plus de patron. Plus de maître. Plus de prof. Tout ça, c'est "le système". Quant aux syndicats, qui sont désespérément sous-représentatifs en France (à part encore un peu dans l'Education nationale...), ils sont assimilés, eux aussi, comme "les vilains journalistes" à ce système.

Depuis des années, je me dis et je dis : attention, le jour où un mouvement révolutionnaire se mettra, vraiment, en marche, les gens comme moi, profs, fonctionnaires, intellos, on sera le coeur de cible des révoltés, parce qu'on représente tout ce qu'ils détestent. Et ça me fait beaucoup de peine, à moi, qui fut trotskyste (et le reste un peu par "romantisme" débile) quand j'avais vingt ans. Parce que je croyais à la Révolution sympathique. Celle où personne n'est jamais blessé. Où il n'y a pas de dégâts à court, moyen ou long terme...

On n'en est plus là. Le mouvement des gilets jaunes est probablement en train de s'éteindre. Mais il laissera des traces durables dans la société française. A court terme, il va légitimer "le parti de l'ordre" de Macron, curieusement associé aux Républicains et au Rassemblement national (qui joue sur tous les tableaux et commence à faire, lui aussi, partie du système), au prix d'une énorme abstention et d'un fossé de plus en plus grand entre "deux" France : ceux qui sont citoyens (qui votent) et les autres (dont moi, je l'avoue... à quoi bon voter ?... à cause de François Bayrou, j'ai voté pour Macron et je suis donc "co-responsable" de l'arrivée au pouvoir de ce libéralisme autoritaire). Mais à moyen et long terme ? Nul n'est devin.

En novembre dernier, avant "le premier acte" des gilets jaunes, je m'interrogeais sur un mouvement qui pourrait s'installer dans la durée. J'espérais me tromper. On est (déjà) au mois de mai. La casse est devenue hebdomadaire. Minoritaire certes mais applaudie par une partie de la population et enviée par une partie, totalement déboussolée, de la classe politique (n'est-ce pas Jean-Luc ? ancien sénateur socialiste devenu "chef des insoumis").

Quel père vont tuer les enragés de demain ? Hier, outre un commissariat, les "ultra jaunes" ont tenté d'entrer dans une école primaire et un hôpital... Alors, on peut dire que ce sont des décérébrés, des excités, des incontrôlés, peut-être même des manipulés du gouvernement. N'empêche pas que ça fait six mois que ça dure et que ça laissera des traces dans la société et dans l'imaginaire. Il y avait la génération de mon père qui "avait fait 68". Il y aura "la génération des ronds points puis des ultras jaunes"...

A suivre.

mardi 16 avril 2019

Vite, allume la télé, il y a un drame !

J'avoue qu'hier soir, vers 20h, j'avais boycotté la télévision, comme je le fais beaucoup depuis quelques mois (pour le plus grand bien de mon équilibre intérieur !), voulant à tout prix éviter le "énième show Macron"... J'ai reçu un sms laconique m'enjoignant d'allumer la télé... Je suis docile, j'obéis. Et je vois ces flammes à Notre-Dame. Fâcheuse habitude, je m'attends à un nouvel attentat, soit des islamistes, soit d'une fraction radicalisée de l'ultra-gauche ou au contraire de l'extrême droite néo-païenne voire "un coup des gilets jaunes" (je n'ai pas oublié l'Arc de Triomphe...).

Eh non... Il s'agit d'un accident. D'un fait divers. Car, oui, c'est un fait divers. Une église brûle. Ce n'est ni la première ni la dernière. Au milieu des propos catastrophistes des pseudo-éditorialistes, hier soir, il y avait heureusement l'historien des religions Odon Vallet. Il rappela d'abord l'incendie de la cathédrale de Nantes en 1972, également pendant des travaux. Il rappela également que la plupart des églises de France, Notre-Dame comprise, ont plusieurs fois connu des incendies au cours des siècles, essentiellement à cause de la foudre (merci l'invention du paratonnerre !). Bref, c'est triste, c'est même effroyable. Mais ce n'est qu'un fait divers.

Rappelons qu'il n'y a pas eu mort d'hommes. Soulignons, au passage, la bravoure des quelque quatre cents pompiers face à une fournaise montant à certains endroits à plus de 1100 ° C. Chapeau, les gars !

Pour revenir à Notre-Dame-de-Paris en particulier... Rappelons qu'elle en a connu, la vieille dame, des "péripéties" à travers son histoire... Des destructions, des profanations lors de la Révolution Française (c'était ahurissant, hier, de voir Mélenchon, thuriféraire de la Terreur, pleurer devant les cendres de la cathédrale... confondant même ! le bouffeur de curé était redevenu l'ancien sénateur socialiste gentillet), le sacre de Napoléon l'usurpateur (l'homme qui avait trahi à la fois la Révolution, la République et la France pour mettre l'Europe à feu et à sang... visitez la chapelle de Waterloo... vous comprendrez !), et depuis quelques années, cette église était devenue le Disneyland parisien avec des queues monstres pour se faire prendre en selfie devant une statue ou une autre... Une fois ou deux, j'avais tenté d'entrer pour prier (vous savez, à l'origine, ce fut un lieu de culte). J'avais renoncé devant la foule.

La France est un pays riche (si ! si !). Notre-Dame sera reconstruite (on a bien reconstruit à l'identique la cathédrale de Reims détruite par les Allemands pendant le Premier Conflit Mondial). Et la procession des touristes pourra reprendre. 

Dans le même temps, les gouvernements français (toutes couleurs politiques confondues) continueront de diminuer la part du budget consacré à la sauvegarde du patrimoine (on n'est pas les seuls, les Italiens font pareil !). Les églises, les châteaux tomberont en ruine. On organisera des tombolas du patrimoine pour pallier la carence de l'Etat régalien. Sans commentaire.

Revenons à l'incendie de Notre Dame. J'ai été très vite stupéfait et écoeuré. Par les journalistes (notamment ceux de "droite") qui, dès le début de la soirée, ont comparé l'incendie de Notre-Dame au "drame que vit actuellement l'Eglise de France". Ensuite par les politiciens de tout bord, surfant sur la vague (légitime) d'émotion qui submerge le pays. Les larmes de Mélenchon, les tweets des uns et des autres (maintenant, on ne parle plus, on tweete), le discours opportuniste du président Macron...

Une église a brûlé hier. Ces dernières années, à travers le monde, notamment au Moyen-Orient mais aussi en Afrique, des églises (parfois millénaires) ont brûlé (avec parfois des fidèles à l'intérieur), dans l'indifférence générale voire dans la moquerie (à part quelques humanitaires, qui se soucie des Chrétiens d'Orient ou d'Afrique Noire ?). 

C'est la Semaine Sainte (pour les Chrétiens). Prions pour nos frères persécutés qui n'ont plus d'église où prier. Qui doivent se cacher pour prier. A Paris, il y a des dizaines d'églises (souvent très belles d'ailleurs) où les fidèles pourront se rassembler. 

C'est l'homme qui est au coeur du projet divin. Pas des édifices symboles de l'orgueil démesuré des nations, aussi beaux soient-ils.

Puisque tout le monde, notamment les athées anti-croyants, s'émeut aujourd'hui de la destruction d'un lieu de culte, c'est l'occasion de rappeler qu'en France (oui, en France) chaque année plus de mille églises sont profanées. Sans que cela n'émeuve personne. Pas plus tard que la semaine dernière, l'une des églises de Montluçon, où j'habite, a été profanée. Un entrefilet dans la presse régionale. Et c'est tout.

Bonne Semaine Sainte aux croyants de toutes religions, bonne semaine tout court aux agnostiques et cherchant Dieu, et bon courage aux athées.


Addendum : Le but de ce "billet d'humeur" n'est pas de choquer pour choquer ou même de me faire plaisir en faisant des phrases. C'est juste qu'il faut savoir prendre du recul. Il n'y a pas eu mort d'hommes. Des pierres se remontent. D'autres monuments français ont connu des drames semblables voire bien pire (Reims !) et s'en sont relevés. Par contre, la récupération politicienne actuelle est écoeurantissime. On est à deux doigts d'un impôt spécial pour financer la reconstruction. Et, bêtes et naïfs comme sont les Français, ils seraient prêts à le payer...

jeudi 4 avril 2019

Le "bel âge"...

Cette semaine, Le Parisien a publié une enquête qui n'a pas fini de "détonner". Le sujet ? Les seniors (traduisez en français normal : les Français(es) de cinquante ans et plus) qui "ne s'en sortent plus"...
Il fut un temps où avoir cinquante ans, c'était "le bel âge" : on était "encore en forme", pas loin de la retraite et on avait des sous de côté, la maison achetée et les enfants qui travaillaient...
Mais, ça, c'était avant... Une enquête qui montre l'évolution de notre société. Inexorablement. A titre personnel (et pourtant je suis célibataire sans enfant), depuis la rentrée, "je ne m'en sors plus", et je suis "catégorie A"... Un emprunt pour un appartement qui a perdu les trois quarts de sa valeur en dix ans, des taxes locales de plus en plus élevées, un impôt sur le revenu en hausse constante, des charges d'électricité et de gaz en augmentation. L'immeuble où j'habite qui doit chaque année faire des travaux pour "se mettre aux nouvelles normes"... Et je ne parle pas de l'essence. Je vis en ville donc je ne suis pas trop concerné. Mais j'avoue que je ne me balade plus en campagne comme j'aimais à le faire car le plein coûte cher (et en plus ça pollue !). Pour la première fois de ma vie, depuis deux mois, je suis à découvert.
Et puis, la bonne nouvelle, c'est l'âge de la retraite... J'ai calculé (et pourtant je suis fonctionnaire sans "accident de parcours" et j'ai commencé à 22 ans) que je ne partirai pas avant l'âge de 66 ans si je veux avoir mes points... Et le gouvernement n'a pas encore intégré les années de décote pour le financement de la dépendance...
Bref, avoir cinquante ans en 2019 en France... Ce n'est plus "le bel âge"...

mardi 2 avril 2019

La leçon de "démocratie" des nationalistes corses

On peut faire des grèves pendant des mois. On n'obtient rien (souvenez vous du mouvement des grèves contre la réforme Fillon des retraites en 2003).
On peut aussi, si on est "gilet jaune", mettre les Champs Elysées à sac (ce qui n'est pas bien). On n'obtiendra rien non plus.
Par contre, une menace de boycott du "grand débat" par quelques élus locaux et deux "tentatives d'attentats" contre des trésoreries, et, là, même on si on est "Jupiter", on cède...
Une centaine de postes d'enseignants créés en lycée et à l'université et le corse obligatoire (!) jusqu'en terminale...
Ce n'est pas nouveau de céder devant les nationalistes... Lors de mon arrivée en Corse en octobre 1999 (dans un petit collège), il y avait eu un énorme attentat visant la fonction publique à Ajaccio, heureusement sans victime, mais avec de gros dégâts matériels. Avaient suivi des manifestations monstres (on était un an après l'assassinat du Préfet Erignac) pour protester contre la violence. N'empêche, le lendemain des manifestations, le Premier ministre de l'époque, Jospin, avait dit devant l'Assemblée nationale qu'il "comprenait" les demandes des nationalistes et avait rapidement cédé sur pas mal de points...
Triste leçon de démocratie.
J.-F. Pérès

jeudi 21 mars 2019

Bon Nouvel An Perse !

Aujourd'hui, c'est le 21 mars, le Nouvel An Perse (et non le nouvel an de Pérès... désolé !).

Alors, une bonne année à toutes et tous !

A cette occasion, j'en profite pour vous donner ma citation du jour :

"Ce n'est pas l'espoir qui fait vivre, mais l'idée que d'autres ont réussi à le transformer en réalité."

Boualem Sansal, écrivain algérien.

Cité dans l'hebdomadaire Le 1 241 à propos des événements (des manifestations sans violence...) qui se déroulent actuellement en Algérie.

mercredi 20 mars 2019

La citation de Bernanos de la semaine

"C'est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale."

Georges Bernanos

Cité dans l'hebdomadaire Le 1 240 qui se demande si la jeunesse peut sauver la Terre.

A propos du refus de la démission du Cardinal Barbarin par le Pape François...

Juste une rapide réaction en passant...

N'oublions pas qu'avant d'être le Pape François (gloire à lui pour avoir choisi ce patronyme que j'aime particulièrement, Saint François d'Assise étant mon saint patron), Jorge Bergoglio est jésuite... Sa décision est "tout en nuances" et très fine politiquement, notamment "à usage interne" (les catholiques pratiquants, le clergé, la curie romaine). Par contre, c'est une catastrophe "à usage externe" (le "reste du monde", les médias bien sûr, mais aussi toutes celles et tous ceux pour qui la parole du Saint Père compte et les catholiques non pratiquants), surtout quelques jours après la grande réunion sur la pédophilie dans l'Eglise. Je crains que le message du Pape soit inaudible et terriblement mal interprété. Mais c'est un jésuite, il a pesé le pour et le contre...

lundi 18 mars 2019

A propos de Facebook et des autres...

Les événements de ces derniers jours, tant personnels que collectifs, ainsi que la maladie qui m'a tenu éloigné d'internet (pour la paix de mon âme) pendant quelques jours, tout cela m'a donné le temps de réfléchir (ce qui n'est pas du luxe pour le rustre inculte que je suis). J'ai pris une décision (confirmant mon voeu, non tenu, de "Carême de l'Internet") : me retirer définitivement de Facebook. Je l'avais déjà fait il y a quelques années, sur les conseils avisés de ma compagne (que j'ai fait, la pire bêtise de ma vie, de quitter depuis, par orgueil, bêtise et peur du bonheur). Mais j'ai "craqué" : je suis retourné sur ce maudit réseau social. Un moyen fort pratique, d'ailleurs, de garder contact avec mes anciens élèves (notamment de Luri et de Tronget) et quelques anciens collègues (plus rares, l'oubli vient probablement avec l'âge) et des paroissiennes de Sainte-Marie devenues des amies.

Mais Facebook est aussi, hélas, un déversoir de haine, le culte de l'entre soi où on se regroupe avec les gens qui partagent les mêmes ressentiments que nous (ce n'est pas pour rien que les "gilets jaunes" ou les "stylos rouges" sont nés sur des réseaux qui n'ont rien de sociaux puisqu'ils cultivent la consanguinité idéologique de par même les nouveaux paramétrages mis en place par la clique de Mark Zuckerberg au début de 2018).

Facebook est le lieu qui permet en toute impunité à des terroristes de se filmer en direct pour assassiner des gens (comme dans la mal nommée Christchurch en ce vendredi triste vite oublié parce que, comprenez-vous, braves gens, c'était loin là-bas, en Nouvelle-Zélande, et en plus, c'était des musulmans) puis à des millions de voyeurs de "liker" leurs horreurs (on cite même des "élus locaux" français ayant commenté "oeil pour oeil..."... charmant !).

Ce réseau, Facebook, n'a rien de social, de même que ses cousins monstrueux plus branchés et plus prisés des ados (parce qu'en plus Facebook est maintenant devenu un réseau social pour quinquas en mal d'amis et un annuaire de pubs pour magasins en mal de notoriété).

Les réseaux sociaux nous manipulent, à des fins mercantiles, regroupant entre eux des personnes qui pensent pareil. C'est le terreau de tous les conspirationnismes et de tous les individualismes.

30 % de l'énergie mondiale d'électricité sert à alimenter l'Internet. Les réseaux sociaux stockent nos données dans d'immenses "big datas" qui n'ont rien de virtuel et qui sont très très énergivores. Les smartphones, ce doudou de l'homme moderne (que ce soit un homme, une femme, un enfant, un senior branché, etc...), utilisent des métaux rares prélevés dans des pays pauvres par des enfants esclaves. Lors des gentilles marches pour le climat, multiphotographiées par des smartphones dernier cri, il n'y avait pas grand-monde pour rappeler combien ces objets sont polluants et mortifères.

Pour ma part, je reste encore une semaine sur FB pour "régler" les affaires courantes puis je m'en absenterai définitivement. Sans regret. A part, je l'avoue pour mes ancien(ne)s élèves et collègues. Mais la cohérence exige quelques sacrifices.

mardi 5 mars 2019

Bon Mardi Gras !

Aujourd'hui, c'est Mardi Gras... Pour les nouvelles générations qui ne savent pas ce que c'est, c'est le jour où l'on fait bombance avant les quarante jours de Carême (qui durent plus de quarante jours, mais le dimanche, c'est pas vraiment Carême... enfin, bon, c'est compliqué, quoi !). Le Carême, pour les déchristianisés, c'est "le Ramadan des Chrétiens", plus particulièrement des Cathos et des Orthodoxes, parce que tonton Luther avait vivement condamné la pratique du jeûne... Alors, le Carême commence par le Mercredi des Cendres. Pendant le Carême, on fait jeûne et abstinence (de viandes et autres choses qui font plaisir) le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint (jour férié en Alsace et en Allemagne), et on fait abstinence les autres vendredis de Carême (moi je fais abstinence de viandes tous les vendredis de l'année et de plus en plus souvent parce que, la viande, ben, j'évite de plus en plus !). 

Mais, pour Carême, il faut surtout faire abstinence des choses qui nous font bien plaisir... J'ai une amie très chère, pas spécialement pratiquante (mais elle a fait le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle !), qui fait le "Carême du chocolat"... Je vais essayer de m'y tenir ! Il y a aussi le Carême d'autre chose... Le Carême des réseaux sociaux par exemple ! Je vais continuer à aller sur FB, je l'avoue, mais je vais essayer de ne rien "publier" jusqu'à Pâques. De même, je n'écrirai rien sur mon blog jusqu'à Pâques. En outre, je n'utiliserai plus internet que pour raisons professionnelles ou privées jusqu'à Pâques. Plus de mails collectifs et d'énervements quant à l'actualité.

Mais, aujourd'hui, c'est Mardi Gras. Avant l'entrée en Carême, on festoie ! Dernier jour où je peux pleurer sur l'actualité. Comme dans mon message précédent, je vais me désoler sur l'état de l'Eglise catholique romaine... Les affaires de pédophilie trop longtemps étouffées, une partie des évêques du monde (notamment d'Afrique et d'Asie) qui expliquent que "c'est un problème d'Occidentaux", la curie romaine où règne la loi du silence et les magouilles qui accompagnent malheureusement tout lieu de pouvoir... [Et les affaires des religieuses violées par des prêtres les forçant ensuite d'avorter... voir le consternant mais édifiant reportage sur Arte ce soir...] Chacun se tient et tient les autres par les vices secrets des collègues, quels que soient ces vices. Le pauvre Benoît XVI (injustement caricaturé dans la presse parce qu'il était allemand et intellectuel et n'avait pas le charisme ni de son prédécesseur ni de son successeur) a fini par démissionner, constatant l'impossibilité manifeste de réformer l'Eglise. Et pourtant l'Eglise a besoin d'être réformée !

Je lisais récemment un ouvrage sur le Protestantisme... L'auteur, lui-même pasteur réformé, constatait que tous les 500 ans, une nouvelle Eglise chrétienne apparaissait... Il y eut d'abord la création de l'Eglise institutionnelle (peut-être le grand drame de l'Eglise, le jour où elle est devenue institutionnelle avec Constantin), les différents conciles oecuméniques avec les premiers schismes d'Eglises orientales. Au XIème siècle, c'est le schisme entre Catholiques et Orthodoxes. Cinq siècles plus tard, c'est la Réforme (avec l'apparition des Protestantismes) et la Contre-Réforme Catholique. Aux XXème/XXIème siècles, on voit se développer l'Evangélisme et le Pentecôtisme. Est-ce encore une Eglise protestante, ou est-ce une nouvelle Eglise ? A suivre... Il y a eu Vatican II. Il serait peut-être temps qu'il y ait un Vatican III ? (J'ai toujours aimé les trilogies !)

Mais, bon, qu'importe... Celles et ceux d'entre vous qui seront allés jusqu'au bout de ce texte, je vous souhaite un excellent Mardi Gras ! Pour ma part, je vais faire bombance, comme on dit ! 

Et ensuite, promis... Silence ! (ça vous fera des vacances !)

lundi 4 mars 2019

Je suis Catho, je suis complice ?

Je n'en peux plus de me faire traiter de "complice passif des pédophiles de l'Eglise" !! Je réagis aux suites de la grande réunion à Rome des évêques du monde entier pour réagir aux affaires de pédophilie.Les dégâts sont considérables. Et le film de François Ozon, sorti au même moment, va faire des ravages. Sans parler de l'attitude et des propos du président de la CEF (Conférence des Evêques de France) à Rome qui dit à un journaliste de France 5 (je l'ai vu et entendu, j'ai cru à un "fake" mais c'est malheureusement la vérité vraie) "En France, il n'y a que de 2% de risques qu'un enfant tombe sur un prêtre pédophile". Le journaliste lui demande de répéter, se disant qu'il va rectifier sa formule, et lui dit que des parents envoyant leurs enfants au catéchisme peuvent l'écouter, il répond avec ce même affreux argument : "En France, il n'y a que 2% de risques"... Il se rend compte de ce que ces propos provoquent dans une opinion déjà (à juste titre) remontée contre une Eglise qui, c'est hélas un fait, a couvert trop longtemps les actions de certains de ses membres ?! Ce dimanche, pour la première fois, lors de la prière universelle, on a eu une pensée pour les victimes d'abus sexuels... Il était temps ! Depuis des années, on nous demandait de prier pour l'Eglise victime des attaques du monde et jamais pour les enfants victimes. Résultat, on se fait abreuver de quolibets quand on dit autour de soi qu'on est Catholique. Je sais que le Discours sur la Montagne parlait de la joie à être calomnié. Mais calomnié pour défendre le discours du Christ. Pas pour protéger des personnes qui ont abusé d'enfants. C'est triste. L'Eglise s'en remettra. Bien sûr. Mais il faudra du temps. Et elle sera pendant longtemps mal placée pour "faire la morale" à la société...

jeudi 14 février 2019

Bonne fête !

Aujourd'hui, c'est le 14 février... Pendant quelques instants, oublions les gilets jaunes, la réforme de la Fonction publique (qu'est-ce que les fonctionnaires vont prendre ! j'ai des collègues qui suivent, "en temps réel", le dépôt des amendements... c'est un concours Lépine du massacre organisé des fonctionnaires, ces salauds de privilégiés que le grand débat va nettoyer en profondeur... voir mon texte du 10 janvier à ce sujet...), oublions la réforme de l'école (allez ! deux drapeaux dans chaque salle de classe ! relançons l'industrie du nationalisme couturier !), oublions l'antisémitisme plus que rampant, oublions les profanations d'églises dans l'indifférence générale... On respire un grand coup ! On oublie aussi (pour ceux qui s'y intéressent) un instant l'actualité internationale, Trump et son mur, les Oïghours musulmans persécutés en Chine, les Chrétiens d'Orient conduits à l'exil, les nombreux pays où l'homosexualité est encore punie de prison voire de la peine de mort...

On oublie ! J'ai dit ! C'est le 14 février, nom de Zeus ! C'est la Saint-Valentin ! La fête de toutes les amoureuses et de tous les amoureux... amoureux de la vie, amoureux de leur compagne ou de leur compagnon, amoureux de leurs enfants, de leurs parents, de leurs frères et soeurs en humanité et/ou en foi (pour les croyants), amoureuses et amoureux de Dieu aussi (ne les oublions pas !). Bon, c'est bien beau, tout ça. Il y a une fête des amoureux, mais pas une fête des amis ! Avec une amie, quand j'exerçais en Corse, au Collège du Cap, à Luri, on avait décidé unanimement à deux (surtout elle mais je suis très influençable !) que la Saint-Valentin serait aussi la fête des amis ! C'est vrai, quoi. Aimer, c'est aussi aimer ses amis. L'occasion de placer une des plus belles phrases de Jésus (qu'on soit croyant ou pas) : "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis" (au 15ème chapitre de l'Evangile de Jean).

Alors, chère Marina, car ma collègue, alors "emploi jeune" ("young employed people" comme je la surnommais...), aujourd'hui infirmière à Bastia, s'appelait ainsi, ce petit texte t'est dédié !

Ah... J'oubliais, le 14 février, c'est aussi (et surtout car sur Saint Valentin, on ne connait presque rien) la Saint Cyrille & la Saint Méthode... Alors, bonne fête à tous ceux qui écrivent en caractères cyrilliques et bonne fête à tous ceux qui agissent avec méthode... Désolé ! Je sors !