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mercredi 17 avril 2019

Le jour de la trahison

Mercredi Saint. Aujourd'hui, la liturgie nous propose la lecture de la trahison de Judas. L'occasion de rappeler que, jadis, on jeûnait deux fois par semaine, le mercredi et le vendredi. Le mercredi pour commémorer la trahison de Judas. Le vendredi pour commémorer la mort de Jésus Notre Seigneur.

Judas. J'avoue que ce personnage m'a toujours intrigué. Et je ne suis pas le seul. Longtemps, il fut juste classé parmi les traîtres absolus et devint même un nom commun (j'ai un judas à la porte de mon appartement !!). Depuis un siècle et quelque, on assiste sinon à une réhabilitation, en tout cas à une tentative de compréhension du geste de l'individu Judas et plus largement de compréhension de l'individu lui-même. De nombreux écrivains, historiens (et pseudo historiens...) mais aussi des prêtres et des évêques et des mystiques ont disserté longuement sur la figure de Judas. Trahison à but politique ? Amitié déçue ? Geste purement diabolique et comme uniquement inspiré par Satan ? La littérature et le cinéma se sont emparés de Judas. Je rappellerai juste la très belle pièce "Judas" de Marcel Pagnol, une pièce méconnue et qui ne fut montée qu'une fois. Une pièce intéressante où l'auteur, lui-même protestant, explique sa démarche.

Revenons au geste. La trahison. Judas a trahi Jésus. D'autres disciples n'ont pas été brillants lors des dernières heures de la vie de Jésus... Souvenons-nous du reniement de Pierre (dans l'Evangile de Matthieu, il disparait carrément du récit après son reniement, les trois autres évangélistes sont plus cléments avec le fondateur de l'Eglise). Les autres disciples s'échappent à leur tour. Seul le disciple bien-aimé (uniquement dans l'Evangile de Jean) sera présent au moment de la crucifixion. Les disciples ont tous fui. Restent les femmes, Marie, la mère de Jésus, Marie de Magdala (qui sera la première à voir Jésus ressuscité) et quelques autres fidèles. Au moment de la mise au tombeau, deux Pharisiens sympathisants de la cause de Jésus : Nicodème et Joseph d'Arimathie. Toujours pas de disciples... Les disciples se terrent. Certains rentrent chez eux : Jésus ressuscité les accompagnera, c'est le magnifique récit d'Emmaüs, très cher à mon coeur, lu le soir de Pâques.

Mais revenons à la trahison. Judas a trahi. Les autres disciples, je l'ai déjà dit, n'ont pas été "brillants" non plus... Et moi ? Et nous ? En ce Mercredi Saint, il est temps de nous interroger sur notre foi, sur notre rapport à Dieu et au prochain. Nous avons tous trahi un jour ou l'autre. Je ne vais pas ici faire la confession de mes trahisons. Ce n'est pas le sujet du jour. Mais je profiterai de cette journée avant le Triduum Pascal pour réfléchir, rentrer en moi, comme le fils prodigue qui s'interroge avant de revenir vers le Père.

Judas a trahi. Mais, surtout, Judas ne s'est pas repenti. Il n'a pas cru à la miséricorde infinie du Seigneur. Il a commis le péché contre l'Esprit. Après sa forfaiture, il est allé se pendre, désespéré, tellement sûr que Dieu ne lui pardonnerait jamais. Le suicide est rare dans la Bible, très rare chez les Hébreux. On peut citer le premier des rois, Saül, qui se suicide, et le prophète Elie qui a, à un moment, la tentation du suicide. Les Hébreux, comme les Grecs anciens, ne se suicident pas (Oedipe préfère se crever les yeux que de se suicider : il affronte son Destin). A la différence d'autres civilisations : les Romains ou les Japonais, pour citer les plus connus.

Qu'il est difficile de retourner vers le Père. De faire amende honorable. De demander pardon. Au Père. Aux autres. A soi.

Le chemin est long et sinueux qui mène au Seigneur. L'Eglise peut nous aider. La lecture de la Bible peut nous aider. Notre éducation (ma famille m'a beaucoup appris). Nos rencontres nous aident. Dans mon cas, de nombreuses rencontres, avec des prêtres, bien sûr, que ce soit quand j'étais adolescent ou depuis que j'ai repris "le chemin de l'Eglise" au début des Années 2000. Il y a aussi les échanges avec des collègues et amis... Ma principale dans le Cap Corse, un ami féru de l'Evangile de Jean, plusieurs collègues depuis que j'exerce au Lycée Mme de Staël (dont l'une qui me donna l'opportunité d'aller à la messe "pas seulement le dimanche"... je ne la remercierai jamais assez !) et bien sûr "mon ancien prof de grec" (qui a appris le grec pour pouvoir lire l'Evangile dans le texte !) qui m'inspire depuis tant d'années. Qu'elles et ils soient toutes et tous ici remercié(e)s.

Le chemin peut aussi passer par des oeuvres d'arts. Certains seront émus par des monuments, par des tableaux. D'autres par des musiques (sacrées ou non). D'autres encore par des romans ou des essais. Pour ma part, je le confesse, ce fut la redécouverte, au début des Années 2000, du film "La Dernière Tentation du Christ". Un film profondément incompris. Un film haï par les Chrétiens (et pas seulement les Catholiques). Un film méprisé par la critique. Un film qui ne trouva pas son public. Et, pourtant, son réalisateur, Martin Scorsese, lui-même profondément catholique, n'avait aucunement cherché à polémiquer. Beaucoup de gens qui ont critiqué ce film ne l'ont tout simplement pas vu, reprenant la citation d'un célèbre écrivain : "Pas besoin de visiter un bordel pour savoir ce qui s'y déroule". Certes. 

Le film raconte un Jésus très humain qui s'interroge sur sa divinité. Jusque là rien à redire. Vient le moment de la Crucifixion. Là, Jésus voit un ange (sous les traits d'une adorable jeune fille) venir lui retirer les clous et l'inviter à descendre de la croix... pour vivre sa vie... C'est l'ultime tentation mais on ne le sait pas encore. L'ange (prétendu ange) annonce à Jésus qu'il n'est pas au Paradis mais sur Terre, qu'il n'est pas Dieu et qu'il doit vivre sa vie d'homme. Jésus prend femme (le scandale... or tout bon croyant se marie et se multiplie... à part quelques exceptions) et a des enfants. Il vieillit et vit sa vie d'homme jusqu'au jour où il tombe nez à nez avec Paul, l'Apôtre. Le doute s'installe. S'est-il trompé de vie ? Ses disciples lui en veulent beaucoup d'avoir trahi, surtout Judas ! Et, là, on découvre que l'ange... c'est Satan, littéralement le tentateur... Et n'oublions pas qu'il est écrit, dans le récit des tentations de Jésus au Désert, que le tentateur reviendra le tenter... On peut critiquer la naïveté du propos. Mais s'interroger sur l'humanité de Jésus, c'est le coeur du Mystère de l'Incarnation, Dieu fait homme. Au dernier moment, au moment de mourir, Jésus s'interrogerait : et si ce n'était pas là ma mission ? A la fin du film, Jésus reprend son rôle (il n'y a donc là rien de blasphématoire). Il a résisté à la tentation. Pour l'anecdote, la musique, magnifique, est signée Peter Gabriel. Et mon cher David Bowie apparait en Ponce Pilate...

Voilà. Qu'est-ce qui nous fait un jour nous interroger, prendre ou reprendre le chemin qui mène à Jésus ?

La route est longue. La porte est étroite. Mais nous ne sommes pas seuls. Jamais.

Bon Triduum Pascal à toutes et tous !

Dieu vous bénisse.

jeudi 28 mars 2019

Dis, tu me racontes une histoire ?!






 Merci à Valérie pour ce petit clin d'oeil à un auteur qu'elle m'a fait découvrir... et apprécier !!

mercredi 2 juillet 2014

Une année de plus !

Chères toutes ! Chers tous !

Une nouvelle année (scolaire) vient de s'écouler... Pour moi, c'était la première en lycée. Une année riche et intense ! Un autre rythme, de nouveaux collègues, des élèves différents. Une année vraiment passionnante et enthousiasmante. 

Juillet 2014... déjà! Il y a quatre ans, l'Espagne triomphait en Coupe du Monde un certain 11 juillet. J'avais regardé le match de loin (je n'ai jamais aimé cette équipe d'Espagne et son jeu trop compliqué pour moi) dans le bar de l'hôtel où ma douce et tendre et moi-même étions à Saint-Hélier, capitale de l'enchanteresse Jersey. Quatre ans plus tard, l'Espagne a été éliminée au premier tour. La France, par une ironie de l'histoire, va rencontrer en quart de finale l'Allemagne, pas croisée depuis les matchs douloureux de 1986 et surtout 1982 (ah ! Séville !). Si jamais l'Allemagne nous bat encore vendredi, on va en entendre parler pendant cent ans !

Pour l'anecdote, au printemps 2014, j'ai fait mes premiers pas devant la caméra (voir sur ce même blog le lien pour regarder le court métrage d'Harold) dans un film où je jouais le rôle d'un notaire exerçant... à Jersey...

Mais Jersey n'est pas à l'ordre du jour. Pas cette année. Cet été, nous irons faire un petit tour du côté de la Bretagne après la Vendée en 2013. Et plus précisément les Abers et la presqu'île de Crozon... Cap à l'Ouest toutes !

Je profiterai également de cet été pour retrouver Robert Silverberg et Fredric Brown mais aussi pour plonger dans l'oeuvre de Tolkien et faire plus ample connaissance avec celle de Stephen King. 

Une année scolaire écoulée... Une riche année donc, également sur le plan de la "culture personnelle". Ces derniers mois, comme j'ai pu l'écrire sur ce blog, j'ai découvert l'univers de Tolkien, la riche Terre du Milieu. J'ai aussi récemment "révisé" mes fondamentaux : la saga STAR WARS au grand complet revue en DVD, ainsi que les quatre INDIANA JONES... Un plaisir toujours aussi intense ! Enfin, j'ai replongé dans la lecture papillonnante de la Bible, ce qui tombe bien puisque, outre les atlas historiques, je collectionne les éditions de la Bible... Je conseille d'ailleurs vivement ZE BIBLE, une édition rafraîchissante et vivifiante, que l'on soit croyant ou non.

Une nouvelle année, une nouvelle vie aussi. Ma première de totalement urbain après de longues années à exercer dans le rural. J'ai plus de temps pour lire (et ça tombe bien avec toutes ces revues, d'histoire, de sciences sociales et même de maths, que je rapporte chaque week-end du CDI !!) ou traînasser (ce qui est bien agréable !) et je passe moins de temps dans la voiture (et donc j'écoute moins la radio !)...

Le temps passe. Le plus étrange est qu'on ne s'en rend même pas compte. 

Pour finir ce petit article... quelques photos prises, par ma douce et tendre, à l'occasion de la  Journée Portes Ouvertes le 22 février 2014...


Un clavier... comment ça marche ?!

Voilà... voilà...

SNSM forever !!

Forcément, quand on aime les atlas, on aime aussi les globes terrestres !!

Vous pouvez faire une visite complète tout en images du CDI sur le blog du CDI (logique !) :

Je vous souhaite un bel été à toutes et tous !!

lundi 10 février 2014

Premiers pas dans la Comté...

Avant tout, il faut que je vous avoue quelque chose... J'ai peur de lire ! Ne souriez pas ! Ne riez pas ! Imaginez... Quelqu'un qui a "peur" de lire... Et de surcroît un documentaliste dont le métier est (pour partie) de vivre au milieu des livres... Que dirait-on d'un comptable qui a peur des bilans annuels ou d'une infirmière qui blêmirait à la vue du sang ? Remarquez, j'ai connu un médecin qui avait peur de regarder une blessure et qui avait des tendances hypocondriaques affirmées...

Mais revenons à ma peur de lire. Le terme est un peu excessif, l'expression est probablement malheureuse. En fait, les livres m'impressionnent, presque à la façon d'objets magiques, religieux, sacrés. Du coup, j'hésite souvent à en entamer la lecture. Particulièrement pour ce qui est des romans. Les livres m'impressionnent et, du coup, je n'ose pas "entrer dedans", comme si j'étais intimidé à l'idée d'effleurer l'univers intime d'un auteur. Car un livre n'est-il pas la porte d'entrée vers l'intimité de son auteur ? Et ce, quel que soit le genre du livre, que ce soit un essai historique, un roman policier, un recueil de nouvelles. L'auteur y mettra toujours beaucoup de lui-même. 

Enfin, bon, on pourrait théoriser des heures sur ma "peur de lire". Un psy y trouverait peut-être même une cause oedipienne, avec une mère prof de lettres classiques et un père qui répétait et répète toujours à l'envi que la meilleure des consolations est la lecture. Peut-être mon "refus" de lire était-il le dernier acte de révolte d'un adolescent qui n'a pas fini de grandir et de s'accepter...

Une autre raison, bien plus triviale, au fait que j'ai peur de lire, notamment des romans, est que je suis lent et enclin à m'endormir rapidement... Je lis lentement. En tout cas quand je lis par plaisir. Pour raisons professionnelles, j'ai appris à lire vite, à parcourir, à trouver rapidement les infos dans un texte... Du coup, quand je lis par plaisir, je lis plus lentement, et même trop lentement. J'ai tellement peur d'oublier des mots, des idées, qu'il m'arrive de relire plusieurs fois la même page jusqu'à en oublier le sens général et sa place dans l'histoire... En outre, comme je n'aime lire qu'allongé dans mon lit sous ma couette, il m'arrive de m'endormir alors que je lis... Et je n'aime pas ça car, quand je me réveille, je dois repartir de zéro... Oups ! 

Bref, tout ça est très passionnant... En tout cas, je n'ai pas lu un seul roman de septembre 2010 à novembre 2013. Du coup, je comprends aisément les appréhensions que peuvent avoir mes élèves, jadis les collégiens et maintenant les lycéens, devant "un livre à lire". Je ne peux me contenter de leur dire, comme dans un fameux sketch : "Il faut lire !" Ce n'est pas si simple.

Un livre, ça s'apprivoise. La lecture est un plaisir exigeant, parfois même une activité vitale (clin d'oeil à Gérard). Et c'est vrai aussi que, si je ne lis pas pendant de longues périodes, c'est peut-être parce que je sais au fond de moi que quand "je me jette enfin à l'eau" c'est pour des heures et des jours et parfois des semaines, oubliant toutes autres activités, plongeant avec délectation dans l'univers d'un auteur, quel que soit - je me répète - le type d'ouvrage...

Et puis, si la lecture peut être la plus douce des consolations et la plus délectable des distractions, je me dis également (et j'ai souvent dit à mes élèves en "cours de méthodologie") que si toutes les réponses ne sont pas dans les livres (et fort heureusement !), les livres peuvent nous aider à réfléchir. Je pense bien sûr ici aux textes des philosophes. Mais pas seulement. Les histoires, que ce soit les mythes de jadis (j'ai toujours été passionné par la mythologie) ou les contes d'autrefois, ou donc les romans et nouvelles d'aujourd'hui, chaque texte nous apporte les pensées de son auteur, sa vision du monde, ses interrogations...

Enfin, à voir tous ces livres s'entasser chez moi (car si je n'ai pas lu pendant des années j'ai acheté des tas de livres, et pas seulement des atlas historiques, dans la même période !), je me suis dit qu'il fallait vraiment que je commence à les lire, si je voulais avoir l'opportunité d'en lire ne serait-ce qu'un dixième avant que ne vienne un jour la grande faucheuse pour sonner la fin de la récréation. Eh oui... En toute sérénité, je me dis que le compte à rebours a commencé... Il démarre, certes, le jour de la naissance mais il s'accélère après quarante ans, quand on prend conscience qu'on attaque la deuxième mi temps. Certes, je suis très loin du coup de sifflet final (enfin... j'espère !) mais je sais que le temps m'est désormais compté et qu'il faut que j'arrête de le perdre...

J'ai donc repris la lecture de romans en novembre dernier... après des heures passées à regarder ma bibliothèque fournie en ne sachant pas par quel livre j'allais "attaquer" (je fais la même chose avec mes CD et mes DVD et souvent je ne sais pas trancher et je reste dans le silence à attendre de me décider !). J'ai finalement opté pour un livre dont je connaissais l'intrigue car j'en avais vu moult fois l'adaptation cinématographique et aussi parce que je n'avais jamais lu de roman de cet auteur. Il s'agit de "La Ligne verte" de Stephen KING. Par la suite, en novembre-décembre 2013, comme si je voulais "replonger" dans "mes classiques" avant de "naviguer au large", j'ai dévoré un recueil de nouvelles, "Paradoxe perdu", du génial Fredric BROWN, puis je me suis tourné vers mon cher Robert SILVERBERG. D'abord un recueil de nouvelles SF uchroniques (j'adore le genre de l'uchronie) : "Le Nez de Cléopâtre", puis un récit mythologique (tiens... tiens...) : "Le dernier Chant d'Orphée". Pour me détendre, je suis allé voir mon ami James Hadley CHASE, grand auteur de séries noires, dont les titres sont toujours parlants : "Le Requiem des Blondes"... On y trouve des détectives miteux et des gangsters pas très malins et des jolies secrétaires. C'est efficace et distrayant ! J'ai aussi lu "La Vague", "Hannibal Lecter : Les Origines du Mal" et "Le Rôdeur" (un petit polar).

J'ai plus lu en deux mois qu'en quatre ans ! Puis plus rien pendant deux mois (je ne compte pas ici mes revues d'histoire et de géographie, même si j'avoue que même là j'ai un peu laissé tomber et mes "Carto", "Religions & Histoire" et autres s'entassent sur ma table de nuit...). Il faut dire, comme je l'ai écrit dans des précédents "posts" que j'avais à faire avec "Le Seigneur des Anneaux".... Après avoir passé du temps avec les films de Peter JACKSON, il était logique que je me tourne vers l'auteur créateur de cette "oeuvre monde" : J.R.R. TOLKIEN.

Là aussi, j'ai louvoyé... J'ai "surfé" sur le net à lire des articles de wikipedia et de divers sites consacrés à la Terre du Milieu, j'ai lu des articles de revues littéraires (moi ! l'inculte absolu en littérature [en tout cas en "vraie" littérature], parcourir "Lire" et le "Magazine littéraire"... enfer et damnation !) et j'ai parcouru les préfaces des livres de TOLKIEN que j'avais achetés... Puis, ce week-end, après d'ultimes tergiversions (comme en ce moment alors que je vous écris : j'étais parti pour vous parler de ces textes lus et mon préambule a pris toute la place !), je me suis tourné vers le recueil "FAERIE", qui contient, outre l'essai "Du Conte de Fées" (que j'ai hâte de dévorer car l'étude des contes de fées était un sujet que j'aimais évoquer avec les collégiens !), trois histoires... que j'ai donc lues...

Tout d'abord "Le Fermier Gilles de Ham", un conte pittoresque et picaresque, présenté comme une vieille légende du "Petit Royaume" (quelque part en Angleterre...). C'est très drôle, anachronique et plein de clins d'oeil. Puis "Smith de Grand Wootton"... Un joli conte féérique, l'histoire d'un homme qui découvre le pays de Faërie... J'ai découvert que c'était le tout dernier texte paru du vivant de TOLKIEN.

Le dernier texte que j'ai lu est la nouvelle "Feuille, de Niggle". Un texte poétique et très émouvant. Pour la première fois depuis des années, j'ai versé des larmes en lisant un livre... L'histoire est celle de Niggle ("pinailler" en anglais : le philologue TOLKIEN aime à jouer avec les mots !), peintre perfectionniste mais quelque peu velléitaire... Il va abandonner tous ses tableaux en cours pour une "grande oeuvre" très personnelle qui l'obsède : la peinture d'un Arbre, qui était au départ la représentation d'une seule feuille mais l'oeuvre a "enflé", une peinture qu'il aimerait achever avant de partir pour un voyage qui se veut définitif. Mais Niggle est constamment perturbé dans sa réalisation par les contingences extérieures et notamment son voisin Parish (Monsieur Paroisse !). Un jour viendra où Niggle devra partir, abandonner sa toile et se retrouver dans un étrange Asile après un voyage en train... Il y a dans cette nouvelle des accents de Boris VIAN ou de KAFKA. On pense également (ne riez pas !) au final de "LOST" (ceux qui l'ont vu comprendront). C'est un texte superbe et fort, à lire sans délai, d'autant qu'il ne fait qu'une vingtaine de pages...

J'ai donc (enfin) fait mes premiers pas dans la Comté. Je suis certes entré dans l'univers de TOLKIEN "par la petite porte" et je n'ai pas encore rejoint la Terre du Milieu mais j'ai déjà franchi les frontières du pays de Faërie... et c'est un pays merveilleux où je reviendrai souvent désormais !

vendredi 31 janvier 2014

Longtemps je suis passé à côté de la Comté...

Longtemps je suis passé à côté de la Comté...

L'univers de J.R.R. TOLKIEN m'a toujours attiré mais je ne désirais pas m'y aventurer. Pourquoi ? Je ne sais pas... Peut-être par appréhension devant l'immensité du continent que représente son oeuvre... Après tout, les histoires de la Terre du Milieu, au premier rang desquelles on trouve bien sûr "Le Seigneur des Anneaux", représentent le travail de toute une vie, des milliers et milliers de pages écrites et réécrites et corrigées patiemment au fil des ans.

J'ai toujours eu, je l'avoue, un peu d'hésitation avant de me lancer dans des romans ou des films (et séries TV) d'envergure, vous savez... les romans en plusieurs tomes, les gros pavés, les films qui durent plus longtemps que les classiques 90 minutes, les séries télévisées où chaque épisode n'est qu'un chapitre dans une longue histoire qui fait plusieurs dizaines d'heures... Pourquoi ? Peur d'être déçu "au bout du compte" (ce qui ne m'est finalement jamais arrivé), peur des efforts à fournir (car on ne lit pas une saga comme on lit un petit polar, on ne regarde pas une série écrite sur plusieurs saisons comme on regarde un épisode de ci de là pour se détendre le soir après le boulot), peur aussi de "plonger" totalement dedans... Je sais combien je peux devenir "addict" à des romans, des films, des séries... Il n'est que de me rappeler combien la saga STAR WARS a occupé mon imaginaire ces trente dernières années, combien j'ai suivi avec délectation moult séries télé, de TWIN PEAKS à ROME en passant par CODE QUANTUM sans oublier la plus riche de toutes, LOST... et combien j'ai pu plonger avec enthousiasme dans l'oeuvre d'auteurs qui m'ont "tapé dans l'oeil" : Boris Vian, René Barjavel, Agatha Christie, Robert Silverberg, Fredric Brown pour n'en citer que quelques-uns... Il est un auteur dont j'ai soigneusement évité la lecture car j'étais intimidé par la taille de ses livres, c'est Stephen King. J'ai finalement enfin lu "La Ligne verte" (à l'origine paru en "roman feuilleton" et dont j'adore l'adaptation cinématographique) en novembre dernier, après des années sans avoir lu un seul roman...

Mais revenons à TOLKIEN...

Quand j'étais adolescent, j'avais découvert, dans un cinéma de Nice, le film "Le Seigneur des Anneaux", le fameux film d'animation de Ralph Bakhsi réalisé en 1978, qui reprenait les deux premiers tomes de l'histoire... et je l'avais bien apprécié... A la même époque, j'avais emprunté (je me souviens, c'était à la bibliothèque municipale de Menton, en compagnie de ma cousine Françoise), le premier tome de la trilogie de la Terre du Milieu : "La Communauté de l'Anneau". Je l'avais beaucoup apprécié, tout en étant déboussolé : mais, bon sang, c'est où le Gondor ? c'est quoi, exactement, ce Sauron avec un oeil ? Les orques, c'est comme les gobelins ou pas ? J'avais aimé le pittoresque du personnage de Tom Bombadil (joie d'écouter peu après Higelin lui rendre hommage dans l'album "Tombé du Ciel" !) et été fort impressionné par les cavaliers noirs sans visage, les serviteurs zélés du Mordor... Je me souviens avoir alors fait une photocopie de la carte de la Terre du Milieu (déjà le goût des cartes !) pour suivre les pérégrinations des membres de la Communauté de l'Anneau. Mais je n'ai pas poursuivi mon voyage... C'était la fin de l'été et le temps a passé. Je n'ai jamais emprunté les tomes suivants...

C'est d'ailleurs, notamment, à cause du souvenir de cet "échec" (entamer un livre sans le terminer, commencer à regarder une série sans la suivre en entier, pour moi, c'est un peu comme ne pas aller au bout d'une aventure, rester sur le quai et "passer à côté de quelque chose"), que j'ai toujours hésité par la suite à entrer dans une "grande oeuvre", de peur de ne pas arriver au bout et de connaître une autre fois la sensation de la frustration.

Au début des Années 2000 ce fut la sortie, au rythme d'un opus par an, de la fameuse adaptation cinématographique de Peter JACKSON. Je me souviens des circonstances dans lesquelles j'ai vu chacun des trois films... "La Communauté de l'Anneau", ce fut en décembre 2001, avec mon cousin et filleul Jean-Marc (la seule fois qu'on est allés au cinéma ensemble), dans une salle bondée du centre commercial de la Part-Dieu à Lyon (j'arrivais de l'aéroport... je venais de Corse où je vivais alors...). "Les Deux Tours", ce fut dans un cinéma de Bastia, en janvier 2003, avec mon ami et ancien élève Johan. Et, enfin, "Le Retour du Roi", ce fut tout seul, l'après-midi de la veillée de Noël (le 24 décembre donc !), au cinéma de Moulins. Je gardais un souvenir ébloui de ces trois films, même si j'avais trouvé "La Communauté" un peu longue à se mettre en place. J'avais par ailleurs été frappé (mais si je le savais déjà vaguement de façon "livresque") de voir combien George Lucas avait pu s'inspirer (pour ne pas dire autre chose) de la trilogie tolkinienne pour écrire sa trilogie galactique (je parle de la "vraie" trilogie, pas de la prélogie des Années 2000).

Le temps est passé. Je n'ai pas cherché à découvrir les versions longues. L'occasion ne s'est pas non plus présentée. Quand j'ai appris que Peter JACKSON allait réaliser l'adaptation du "Hobbit", je me suis dit : cool ! je n'aurai pas à le lire ! (encore une réaction bien enfantine, non ?!) Puis j'ai appris qu'il allait en tirer deux puis trois films et je me suis dit : oh, non ! il exagère ! on est encore parti pour une trilogie ! Et j'ai renoncé à aller le(s) voir en salle.

Tout aurait pu en rester là... Jusqu'à ce jour de décembre 2013 lors d'une conversation avec mon nouveau collègue du lycée où j'exerce depuis septembre dernier, nouveau collègue mais également ancien condisciple des années de fac d'Histoire (nous étions alors fans de STAR WARS et nous avons découvert, plus de vingt ans plus tard, que nous étions tous deux grands amateurs de LOST, de ROME et de 24... on ne se refait pas !), Pascal... Je lui demandais si, par hasard, il avait le coffret DVD du "Seigneur des Anneaux". Il me dit qu'il avait les versions longues, avec les bonus "qui vont bien"...

Vint le temps du "Christmas Break", ces vacances de Noël qui resteront pour moi synonymes de la (re) découverte de la Terre du Milieu... J'ai (re) découvert la trilogie de Peter JACKSON, en version longue... Je me suis évidemment régalé. J'ai demandé à ma douce et tendre, qui avait les trois tomes du Seigneur des Anneaux de TOLKIEN, de me les prêter. Je me suis ensuite plongé dans les DVD bonus. Près de six heures de documentaires pour chaque film avec notamment trois portraits riches en émotion de JRR TOLKIEN, l'Atlas de la Terre du Milieu (le pied total !) et des reportages sur le travail d'Howard SHORE, l'auteur de la bande originale... J'en ai eu pour un bon mois pour tout visionner !... J'ai fini de les regarder hier soir, avec beaucoup d'émotion... Pendant ce temps, en parallèle, j'ai commencé à acheter des livres de et sur TOLKIEN... "Le Seigneur des Anneaux", bien sûr, mais aussi "Le Hobbit" ou "Faërie"... J'étais néanmoins frustré de constater qu'aucune édition française du "Seigneur (...)" ne possédait tous les appendices et aucune ne proposait l'avant-propos de TOLKIEN (évoqué à plusieurs reprises dans les bonus DVD). Le "perfectionniste collectionneur" que je suis était déjà très agacé par le dilettantisme des éditeurs français ! Heureusement, miraculeusement, grâce à ma douce et tendre, samedi dernier, chez Emmaüs Moulins, alors que nous regardions distraitement les livres d'occasion, j'ai mis la main sur "The Lord of the Rings", édition anglaise de poche intégrale avec tous les appendices et les deux avant-propos... Yes !

Evidemment, pour compléter le tableau de cet enthousiasme débordant qui a pris possession de moi depuis un peu plus d'un mois, j'ai commandé (et reçu la semaine dernière) le coffret de la bande originale des trois films, signée Howard SHORE, ainsi que "The Lord of the Rings Symphony" en deux CD, adaptation des thèmes des trois films en six mouvements symphoniques, comme les six tomes de l'oeuvre de TOLKIEN (chacun des trois "tomes" parus contenant "deux livres"... Tolkien avait d'ailleurs initialement voulu faire paraitre "Le Seigneur des Anneaux" en un seul volume mais son éditeur l'avait persuadé de scinder l'oeuvre en trois tomes et lui avait demandé de donner des titres, dont il n'était pas forcément totalement satisfait, à ces trois tomes). 

J'avoue, qu'outre le plaisir de découvrir l'oeuvre de TOLKIEN (j'ai des heures et des jours et des mois de lecture en perspective !!), j'ai découvert non seulement un univers (ce mot n'est pas excessif pour désigner l'oeuvre de JRR TOLKIEN puisqu'il a inventé non seulement des personnages, des intrigues, des décors, mais également un monde, des langues, une mythologie...) mais aussi une personne attachante et émouvante... TOLKIEN, né en Afrique du Sud, orphelin très jeune, qui se réfugia dans l'étude des langues anciennes, qui fut emporté comme toute sa génération dans le drame de la Première guerre mondiale où il perdit ses meilleurs amis. TOLKIEN, amoureux de poésie (c'est peu de le dire !), tellement passionné par les langues (notamment l'anglo-saxon ou le finnois) qu'il en créa plusieurs, affirmant même qu'il s'était attelé à la rédaction du "Seigneur des Anneaux" pour donner un cadre et des intrigues aux langues qu'il avait inventées. TOLKIEN qui dessina lui-même les cartes de la Terre du Milieu. TOLKIEN qui se définissait comme un Hobbit, ces petits personnages sympathiques, qui vivaient paisiblement dans la Comté et n'auraient voulu pour rien au monde partir à l'aventure (TOLKIEN était d'ailleurs, dit-on, assez casanier), et dont la passion se résumait en une trilogie au programme très très sympathique : manger, boire, fumer ! [De nos jours, tout cela ne serait pas très politiquement correct !]

Ce matin, en écoutant et réécoutant la partition de Howard SHORE accompagnant l'arrivée du magicien Gandalf dans la Comté au début de "La Communauté de l'Anneau", je me suis dit que moi aussi "j'aurais voulu être un Hobbit"... Parcourir la Terre du Milieu, rencontrer moult créatures féroces et êtres merveilleux puis revenir paisiblement au pays et reprendre sa vie d'avant...

Longtemps je suis passé à côté de la Comté... J'ai décidé de m'y installer pour un temps et de m'abreuver à la fontaine de jouvence que représente pour moi l'oeuvre de John Ronald Reuel TOLKIEN...

Namarië !

mardi 6 mai 2008

Un auteur qui gagne à être connu : Fredric BROWN


Ce petit message pour vous conseiller un auteur américain pas très connu, pour lequel j'ai eu le coup de foudre et ça dure depuis trois mois et chaque nouvelle lecture me donne envie d'en lire plus et de découvrir toute son oeuvre. Cet auteur, c'est Fredric BROWN. Si comme moi vous aimez les romans à orientation S.F. ou policiers, mais avec un ton décalé, de l'humour, une certaine tendresse pour ses personnages, du nonsense à foison, une véritable originalité de style... vous allez adorer BROWN ! En plus, il est d'une lecture très agréable et, ce qui est important pour les "moyens lecteurs" dont je fais partie et que les grandes sagas ou les romans à rallonge effraient un peu, ses romans dépassent rarement les deux cents pages et il est l'auteur d'innombrables nouvelles.
Fredric BROWN a écrit sur une courte période de sa vie, dans les Années 1950/60, après avoir fait toute une série de petits boulots (dont bibliothécaire et détective privé). Il excellait dans le genre "pulp", ce qui finalement le desservit car il a longtemps été considéré comme un auteur "mineur" écrivant un peu à la va vite. Pourtant, ses romans (en tout cas ceux que j'ai lus) sont de petits bijoux... Dans le genre policier, je recommande "Tuer n'est pas jouer" (Death can be fun) où un auteur de romans policiers voit les crimes qu'il décrit dans ses romans se réaliser... Je viens de lire également "Meurtres en filigrane", adapté au cinéma en France sous le titre de "Vieille Canaille", l'histoire d'un imprimeur de faux billets entraîné dans une spirale de meurtres... Et, dans le genre S.F., le roman de Brown peut être le plus connu : "Martiens, go home !" C'est un livre complètement délirant, l'histoire d'un auteur de S.F. en manque d'inspiration qui ouvre la porte de chez lui et découvre un Martien. Et les Martiens envahissent la Terre. Et la particularité de ces Martiens, c'est d'être réellement des petits hommes verts, pas méchants méchants mais très taquins, râleurs, envahissants... Un vrai bijou ! D'ailleurs, pour les amateurs de S.F., il est à noter qu'un "grand" du genre rendait régulièrement hommage à Fredric Brown, c'est Philip K. Dick, l'auteur de "Blade Runner"...
Voilà. Je ne peux donc que vous conseiller la lecture de romans de Fredric Brown, qu'on trouve facilement en éditions de poche... Vous ne serez pas déçus. Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus, quelques liens internet...
brown/brown_01.htm
A part ça, tout va bien... Enfin, tout va bien de nouveau... après une période de flottement et un passage un peu difficile. Le beau temps est revenu et j'ai repris certaines activités, comme la lecture (voir ci-dessus !), le théâtre (que ce soit avec les élèves ou avec La Nouvelle Rampe) et je m'apprête à me remettre au sport (ce qui ne sera pas un mal !). Je vis le parfait amour avec ma douce et tendre, elle aussi grande lectrice et qui est actuellement en train de dévorer "Millenium" de Stieg Larsson. Côté ciné, j'attends évidemment le nouvel opus d'Indiana Jones même si je sais qu'il n'est plus l'archéologue fringant d'il y a vingt ans... Dans quelques mois, le nouveau James Bond...
Bien sûr, j'ai vu "Bienvenue chez les Ch'tis !" et j'ai apprécié cette gentille comédie pittoresque que je placerai à côté de "La Soupe aux Choux", "L'Enquête Corse", les Pagnol ou les Don Camillo... un petit monde idéal bien gentil où tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Personnellement, j'apprécie plus les sketchs de Dany Boon. Et j'ai été surpris par contre du succès de ce film... Mais, après tout, les goûts du public sont étranges... Au ciné, c'est donc "Bienvenue chez les Ch'tis !" En littérature, ce fut "Da Vinci Code", polar sympa mais à la fin totalement nulle et qui provoqua toute une sous-littérature autour de Marie-Madeleine et du thème de "l'Eglise nous ment depuis 2000 ans" (avant elle pouvait pas, elle existait pas encore) qui occupa des rayons entiers des librairies pendant de longues années. En politique, l'an passé vit le triomphe de Sarkozy qui est aujourd'hui critiqué par ceux-là même qui l'ont encensé. Les passions du public sont parfois impénétrables...
Bon, en tout cas, je vous souhaite à toutes et tous un joli moi de Mai. Certain(e)s souhaiteront qu'il soit chaud voire agité. D'autres doux et parfumé. Pour ma part, j'en attends beaucoup de bonheur auprès des gens que j'aime et qui m'aiment.
Ah, au fait... Je "pratique" depuis quelques semaines le site internet Copains d'avant... Il m'a déjà permis de retrouver des camarades de l'école primaire et des relations du temps de l'Armée ou des fouilles archéologiques. C'est bien sympathique de savoir ce que deviennent des personnes qu'on a appréciées mais perdu de vue. Certain(e)s d'entre vous me reprochent parfois ces messages collectifs mais c'est un moyen de garder le contact...
Bon mois de Mai !