lundi 10 avril 2006

Un week-end littéraire à Moulins...

Les 8 et 9 avril, à Moulins, c'était la Fête du Livre, la douzième édition, consacrée cette année à l'esprit et à l'humour. Pas mal d'auteurs invités tous plus intéressants les uns que les autres... J'ai personnellement retenu cinq noms... Honneur aux dames, je commencerai par Isabelle ALONSO... J'ai eu la joie, en tant que bénévole de LACME (l'association qui organise la Fête du livre), d'aller la chercher à la gare pour l'emmener à la salle des fêtes le samedi et de la ramener le dimanche, elle ainsi que François REYNAERT. Ce fut l'occasion d'échanger quelques mots. Tout au long de la fête, nous avons pu apprécier la simplicité et la gentillesse de cette fameuse chroniqueuse de "la bande à Ruquier", féministe convaincue... et convaincante... Lors de la table ronde qui lui était dédiée le samedi après-midi, Isabelle Alonso a défendu la parité en politique avec des arguments très solidement pesés et également beaucoup d'humour. La deuxième personne que je retiendrai est donc François Reynaert, également très sympathique et plein d'humour, même si nous n'avons pas eu trop l'occasion de discuter ensemble.
La personne qui aura le plus séduit (avec évidemment Isabelle Alonso) les visiteurs de la Fête du Livre aura été Vincent ROCA qui s'est livré à l'exercice de l'interview-portrait le samedi en fin d'après-midi dans le bar-café-concert "Les Murs ont des Oreilles", salle comble pour l'occasion. Il nous a longuement expliqué son parcours, de prof de maths en Afrique à chroniqueur pour Stéphane Bern. Il nous a offert deux sketchs particulièrement gratinés et très bien sentis avec beaucoup de jeux sur les mots, l'un sur le septième jour quand Dieu crée le vin (mais pas l'alcootest... heureusement pour Lui !), les hommes et les femmes et les Polonais (car Dieu était bourré comme un Polonais !), l'autre sur notre époque inondée de religions et d'excès religieux, deuxième sketche dédié à Dieudonné, "avant qu'il ne dérape chez Fogiel" précise Roca.
Sinon, j'ai pu suivre également l'entretien accordé par Jack CHABOUD, auteur d'ouvrages de vulgarisation sur la franc-maçonnerie et lui-même franc-maçon, et collaborateur de Frédéric Lenoir à la revue "Le Monde des Religions". Chaboud tente dans ses ouvrages de démystifier la franc-maçonnerie, d'en faire un portrait apaisé loin des fantasmes de complots et autres délires ésotériques bien à la mode en ce moment (il n'y a qu'à voir le tapage autour du "Da Vinci Code" - dont j'ai parlé sur ce blog en septembre -, d'abord le gentillet roman de Dan Brown et maintenant le film d'action lourdingue de Ron Howard - qui était plus convaincant quand il jouait dans "American Graffiti"...-). Il remet pas mal de pendules à l'heure et c'est très intéressant, le genre de personnes qui nous donnent l'impression d'apprendre et nous incitent à vouloir en savoir plus.
Enfin, j'ai assisté dimanche après-midi à une conférence de Nicolas WITKOWSKI dont le thème était : "Rire de la science : une entreprise de salut public ?". Lui-même physicien, Witkowski tente de démystifier (démythifier !) notre rapport à la science, ce côté "on n'y comprend rien, on laisse ça aux scientifiques pointus"... Quelques remarques de bon sens ponctuent son intervention comme "Quand on dit d'un savant qu'il est un génie, je me méfie ! C'est souvent l'excuse pour ne pas chercher à comprendre ce qu'il dit." ; "Il ne faut jamais enfermer ensemble des scientifiques et des militaires." ; "Attention au mariage science et politique" ; "Le rationalisme poussé est tout aussi dangereux que l'obscurantisme qu'il prétend combattre" ; "Méfiez-vous des formules toutes faites qui ne veulent rien dire comme Réalité virtuelle, Théorie du chaos ou ADN, le code de la vie"... Et il cite longuement des humoristes, souvent eux-mêmes scientifiques de formation (donc rompus à l'exercice de la logique pure) comme Georges Perec, Pierre Dac (avec le Biglotron) et bien sûr le maître... Boris Vian et sa "Java des Bombes atomiques" qui résume l'intervention de Witkowski : la question n'est pas de savoir construire la bombe mais où est-ce qu'elle va tomber...
Et puis la Fête fut l'occasion de passer de nombreux bons moments avec les organisateurs et bénévoles de LACME, de plaisanter et d'échanger quelques mots avec les différents écrivains présents et les visiteurs venus nombreux, notamment le dimanche. Deux jours bien remplis...
La Fête du Livre était, cette année, placée sous les auspices d'un grand esprit de l'humour qui nous a quittés le 18 avril 1988, voilà déjà dix-huit ans, Pierre Desproges. Je concluerai donc cette petite chronique par la citation de Desproges qui illustrait le programme de la fête :
"Il faut rire de tout. C'est extrêmement important. C'est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans."
(extrait de Vivons heureux en attendant la mort)

vendredi 7 avril 2006

L'Education nationale, c'est trop de la balle !!

Ci-dessous un lien vers un site qui vous permettra d'écouter une chanson top délire puisqu'il s'agit du "Rap du CPE"... Attention ! rien à voir avec le désormais fameux contrat de Dominique et Jacques... Il s'agit ici, dans le jargon de l'Education nationale, des Conseillers principaux d'Education, plus particulièrement d'un CPE fraîchement sorti de l'IUFM et de sa Bretagne natale pour se retrouver dans la banlieue parisienne... Du "3-5" au "9-5"... C'est trop délire comme morceau !! Et assez juste...

Pour revenir au contrat... J'étais trop content lors des manifs de voir les gens réclamer des CDI... En tant que documentaliste, j'aime que les gens veulent plus de Centres de documentation et d'information...

Voila donc "Le Rap du CPE" :

http://www.ac-versailles.fr/etabliss/lyc-cassin-gonesse/Rap%20CPE.htm

A quand le Blues du Doc ?!...

jeudi 6 avril 2006

Joyeux Anniversaire, la Néo-Décadence !!!

Eh oui... Joyeux Anniversaire, la Néo-Décadence !!! Aujourd'hui, ce mouvement artistico-culturel (au moins...), né sur les pentes du Vésuve le 6 avril 1988 après moult rasades de Lacrima Christi (les larmes du Christ ! c'est un signe !!), mais qui s'est développé à Moulins puis Clermont-Ferrrand à la fin des Années 1980, ce mouvement donc a dix-huit ans... L'âge de la majorité !!! Bon anniversaire ("un joyeux non anniversaire !!") à tous les Néo-Décadents et tous les néo-Néo-Décadents qui nous ont rejoints par ce blog... qui est, je le rappelle l'organe officiel de la Néo-Décadence... Néo-décadons ! Néo-décadons ! Il en restera toujours quelque chose... Pour rafraîchir la mémoire de celles et ceux qui en auraient bien besoin, je rempublie ci-dessous l'article intitulé "Retour à la Néo-Décadence", paru en septembre 2005 (au tout début de ce blog donc), qui tente de faire un historique de ce courant littéraire qui laissera des traces... dans nos mémoires... et dans nos foies voire nos poumons... sans parler de nos artères. Suite à l'article, vous retrouverez un commentaire et un joli poème de Doctor Freyd (alias Kawasakid : http://kawasakid.blogspot.com ). C'est pas du bonus de qualité, ça ?
A part ça, la Néo-Décadence semble avoir atteint les plus hautes sphères de l'Etat avec la promulgation-non application, nouveauté institutionnelle qui fait suite à la dissolution quand on a une forte majorité à l'Assemblée... Décidément, le duo Chirac-Villepin va nous manquer, ils sont très très forts !! Mais, bon, cette situation prête difficilement à sourire... Reste le constat qu'on a assisté aux premières manifestations qui rassemblent à la fois des jeunes, des salariés et des retraités... C'est, quoi qu'on dise, rassurant sur la solidarité nationale et - qui sait ? - la fraternité (vous savez, ce truc écrit sur les mairies ?...). Maintenant, il faudrait que tout le monde apprenne à dialoguer avant les prises de décisions, qu'il n'y ait plus des psychodrames permanents dès qu'une réforme se met en place, que les réformes ne ressemblent plus à des marches arrières systématiques, mais ce ne sont que des voeux pieux... Comme dit mon copain Johan dans son blog (http://friendsoukaamelott.over-blog.com/article-2286085.html) : on est des Latins, pas des Nordiques, notre pays s'est construit sur une voire des révolutions... C'est vrai. Mais, bon, on ne peut pas couper la tête à tout le monde et démolir un château pour chaque réforme... Remarquez, avec tous les châteaux du Bourbonnais, on peut en faire des révolutions, on a de la marge !!

Mais revenons à la Néo-Décadence !...

Suite à de pressantes demandes, ce blog va devenir l'organe officiel de la Néo-Décadence... Qu'est-ce que la Néo-Décadence ? Une marque non déposée (on aurait peut-être dû la breveter, eu égard aux sites japonais bizarres qui utilisent l'expression...). Un concept créé en 1988 par une bande de Moulinois allumés...Pour mémoire, rappelons les temps héroïques qui précédèrent l'explosion... Au milieu des Années 1980, Fred K. (a.k.a. Thé) et moi-même avions réalisé des petits journaux polycopiés puis photocopiés : "S.L.W." (pour Spielberg Lucas Williams) et "A.C.V." (pour Actualité Ciné Vidéo). En 1985, on a lancé à plusieurs Les Inqualifiables Associés (dont le cri de guerre est "Whooo ! Eh !") qui, comme son nom l'indique, est un concept très lâche... Deux journaux apparurent successivement : "Hebdoburger" puis "Crac ! boum ! U !"... Fin de l'expérience journalistique.1988 vit l'apparition de petits recueils de poèmes dont les auteurs étaient, entre autres, LJK ou Léon-Joseph Kronstadt (moi-même), Doctor Freyd, Druidomaniac, Teddy Boy, Vladimir Le Pendu, etc... etc...
La date de naissance officielle de la Néo-Décadence ? Le 6 avril 1988. Ce jour-là, j'étais à un voyage de documentalistes (eh oui... déjà). Nous étions sur les pentes du Vésuve à déguster le fameux Lacrima Christi (les larmes du Christ : tout un programme), le vin cultivé sur les sols volcaniques... On commençait à partir et on évoquait l'Empire Romain (normal en Italie !!) et la bonne vieille décadence. Je m'exclamai alors qu'il fallait révolutionner la notion de décadence et ne plus regarder en arrière... La Néo-Décadence était née.
Dans les mois qui suivirent, et pendant deux ans environ, nous réalisâmes quelques recueils qui, ma foi, avec le temps, m'apparaissent plutôt bons... On avait du talent, mais aucun n'a continué. Pas grave !
Dix-sept ans plus tard, sur les conseils du Doctor Freyd et de LJK, je me dis qu'il serait une bonne chose de mettre en ligne quelques-uns des textes de jadis, voire également des créations récentes... J'essaierai périodiquement de taper quelques textes et de les publier sur ce blog... J'ai retrouvé dans mes archives une petite nouvelle "La Semaine très ordinaire de Nino R.", rédigée en 1992 par votre serviteur. Ce sera la première mise en ligne...Voilà. La machine est (re)lancée.
Pour conclure, le mot de passe, créé par Jérôme P., suite à un de mes poèmes :
"Je ferai couler ton sang dans les méandres du Canigou !"...
Tout un programme...
Ah... J'oubliais... C'est quoi, la Néo-Décadence, concrètement ? On pourrait faire notre l'adage suivant : "L'humour noir, c'est la politesse du désespoir"... Nous vénérions Boris VIAN, j'étais fou du groupe MADNESS (le rock, en apparence léger, mais si noir en dedans)... On était fans (déjà) de Star Wars, de quelques bonnes séries british ("Amicalement Vôtre", "Chapeau Melon", "L'Autobus à Impériale"), je découvrais Nino Rota et Fellini (" Le monde est un cirque !"). Surtout, on aimait bien rigoler et picoler et on détestait la déprime gnangnan, les textes à l'eau de rose. On aimait le désespoir, le vrai... Etonnant, non ?!
Commentaire de Kawasakid a.k.a. Dr Freyd...

"Enfin, la Néo-Décadence revient avec un medium digne d'elle... la Toile. Tel un phenix, la Néo-Décadence qui était morte renait en une E-Néo-Décadence qui j'en suis sûr, imprègnera, illuminera le 21ème siècle de ses principes fondateurs. Pour fêter cet évènement et en souligner le caractère fondateur, et aussi parce que je suis en verve, je vous livre ce poème inédit, composé pour la circonstance. Soyons fous, soyons motards, soyons Néo-Décadents."
L'Hymne à l'Arsouille
J'irai frotter du cale-pieds
Sur les départementales,
Puis essorer d'la poignée
Plus loin sur les nationales.
Tant pis si j'me fais flasher
Pour mon allure anormale,
Faudra courrir pour m'attraper,
Je fonce comme un animal.
J'ai qu'une envie c'est rouler,
C'est du bonheur, c'est d'la balle.
Tout c'que j'veux c'est arsouiller,
Mais à un rythme infernal.
J'vois l'paysage défiler,
A l'abri sous l'intégral.
J'sens la vitesse me griser,
Le moteur chante, un régal.
Et les virages de s'enchainer,
Mon coeur et le moteur s'emballent,
Il faut s'y jeter, déhancher,
La trajectoire c'est vital.
Je sens les chevaux cavaler,
Je suis au régime idéal,
Mais lorsqu'ils vont débouler,
Alors ce sera du brutal.
Oh, ça peut mal se terminer,
A pied ou bien à l'hopital,
Qu'importe tant qu'on peut rouler,
Et que l'on ne s'est pas fait mal.
Et puis s'il faut un jour tomber,
Tans pis si cela est fatal.
La balade doit s'achever
Mais pas sur un destin banal...
NB : arsouiller, dans le jargon motard, consiste à faire une promenade entre amis, en général sur des routes viroleuses et à vitesse élevée... à ne pas confondre avec s'arsouiller, pratique à laquelle se livrent les survivants dans le premier bistrot à l'issue de ladite balade...[mercredi, septembre 21, 2005 2:00:23 PM]

lundi 3 avril 2006

Chronique désabusée mais pas tant que ça...

Bon, vendredi soir, notre Jacquot national a inventé la loi promulguée mais pas appliquée... Oups ! Tout constitutionnaliste a du passer le week-end à se prendre des aspirines pour essayer de comprendre ce que ça veut dire concrètement. Pour les partisans du CPE, c'est du blabla plutôt obscur. Pour les opposants, ça sent l'embrouille... Argghhh !
Plus généralement, et sans entrer dans une quelconque polémique, on constate que les 25/35 ans ont très peur de l'avenir. Ma génération, les trentenaires attardés, avait déjà peur de l'avenir mais un peu moins... Malgré tout, nous sommes la première génération à avoir pris de front la crise, le chomage, la précarité... Personnellement, je m'en suis bien sorti mais j'ai des copains qui continuent à galérer à plus de trente ans et bardés de diplômes... La génération "80 % d'une classe d'âge au bac" demande des comptes aux anciens, ceux des Trente Glorieuses et du plein emploi qui n'ont pas su (pas voulu) préparer la réforme des retraites en temps utile, qui utilisent la jeunesse comme une variable d'ajustement dans les entreprises, les anciens soixante-huitards aujourd'hui cyniques et désabusés, qui "ne comprennent pas les jeunes d'aujourd'hui". C'est facile de critiquer les lycéens et étudiants d'aujourd'hui en parlant d'enfants gâtés par la play station et la télé dans la chambre. Ces gamins ont des parents et vivent dans une société, la notre, une société sans repères, sans marques, sans espoir. De toute façon, ce conflit finira comme les précédents... Les leaders étudiants finiront encartés dans des partis politiques. Le gouvernement pondra un ajustement de loi lors de vacances. Les syndicats retourneront à leurs guerres intestines. Les casseurs retourneront emm... les gens de leurs quartiers au quotidien. 2007 verra l'élection triomphale d'Iznogoud... Je me demande même pourquoi on organise encore des élections...
Bref, pas trop d'optimisme du côté de la société ce week-end... Alors je me retourne vers le rugby... Malheureux ! Vendredi soir, en match en retard du Top 14, Montferrand a perdu à Montpellier sur le score sans appel de 42 à 13... Inadmissible pour une équipe qui prétendait il y a peu disputer les phases finales du championnat de France. Ce week-end, en Coupe d'Europe, Toulouse et Perpignan ont respectivement perdu chacune contre une équipe irlandaise. Seul Biarritz a tenu et se retrouve en demi finale en compagnie de Bath et deux provinces irlandaises. Dans le Bouclier (la "petite" coupe d'Europe), ce sont quatre équipes anglaises qui sont en demi finale. Bref, le phénomène du Tournoi s'est confirmé : il y a nivellement des équipes en Europe... En tout cas, c'est pas la joie cette année... Seul espoir : la Coupe du Monde des moins de 21 ans qui aura lieu en juin dans l'Allier et le Puy de Dôme avec de beaux matchs en perspective... Tournons nous vers le football. Mercredi dernier, en quart de finale aller de la Ligue des champions Lyon avait obtenu match nul à domicile contre le Milan A.C. Match nul... C'est marrant comme expression ! En l'occurence, c'était un bon match avec un score vierge mais pas un match nul... Reste que Lyon devra faire le plus dur lors du match retour à l'extérieur demain soir... Et c'est loin, très loin d'être gagné...
Bon, la politique et le social, c'est pas ça. Le sport, c'est pas ça. Alors, je me suis évadé du côté de la bande dessinée, en relisant les "Blake et Mortimer"... Vraiment des albums de grande qualité et palpitants. Tout a déjà été écrit sur le génie de Jacobs, mais je me joins au concert de louanges en disant : il faut lire ou relire ses albums. Par ailleurs, je suis en train de découvrir la bande dessinée "XIII" (eh oui ! je ne connaissais pas !), j'en suis au huitième tome et je me régale. L'an dernier, un copain m'avait fait connaître "Le Décalogue"... excellentissime !!! Du coup, la transition est toute trouvée avec la théologie... Je viens d'acheter un hors série du "Monde de la Bible" sur Chrétiens et Musulmans, les premiers pas de l'Islam, qui complète un ouvrage intitulé "Le Coran et la Bible" (chez Bayard Presse) et aussi un dossier de la revue (excellente) "Histoire et Religion" sur les personnages bibliques dans le Coran. C'est particulièrement intéressant et complet. J'ai également dévoré un hors série du "Monde des Religions" sur le Judaïsme. Bref, j'essaie de comprendre (un peu) les religions de cette bonne vieille planète en sachant que plus on apprend plus on se rend compte qu'on ne sait rien...
Enfin, le théâtre... Vendredi, je suis allé assister à la représentation à Avermes de la pièce "Quelle Famille !" de Francis Joffo, interprétée par Les Ch'tis Théâtreux, dont font partie Jean-François C. et Michel A. (membres également de La Nouvelle Rampe), et mise en scène par Philippe... Un bon vaudeville bien sympathique et l'occasion de retrouver ce monde si particulier de la scène... Cette fois-ci j'étais spectateur mais comme j'avais envie de remonter sur scène. Après la représentation, la troupe m'a invité à partager leur dîner. Un moment très sympa ! Et, du coup, j'ai à nouveau envie de lire des pièces et de jouer... car c'est le mot... Jouer ! Coïncidence, ou hasard, Samantha m'a appelé dimanche pour m'annoncer qu'elle allait avoir un petit frère... Bienvenue au frangin !
Finalement, tout n'est pas gris, loin de là. Le week-end prochain, je participe à la Fête du Livre de Moulins, dont le thème est cette année le rire et l'esprit, avec notamment parmi les invités Isabelle Alonso, François Rheinhart, Vincent Roca... De bons moments en perspective...
Tout n'est pas si gris mais faut pas trop regarder l'actualité, nationale (on reviendra pas sur le CPE) ou internationale (entre les attentats quotidiens en Irak, l'Afrique qui se meurt, la Tchétchénie massacrée et tout le monde s'en fout, le Tibet occupé depuis cinquante ans, etc... etc...). C'est assez terrible de constater que, pour garder un minimum de moral, il ne faut pas trop regarder le monde. Doit-on être égoïste pour être heureux ?
Je dédie cette petite chronique sans prétention à ma tante (du côté paternel) Jeanne-Marie, décédée samedi à l'âge de 78 ans. Elle habitait Brooklyn, elle vivait aux Etats-Unis depuis près de cinquante ans. J'avais toujours dit que j'irai un jour lui rendre visite et j'ai toujours repoussé à l'année suivante... Je ne l'ai vue que deux fois, en 1989 à Paris et en 1990 à L'Escarène (petit village près de Nice où nous avons la maison familiale), en compagnie de sa petite fille Solange. Lord have Mercy on her Soul.

jeudi 30 mars 2006

Chronique d'une semaine pas tout à fait ordinaire...

Lundi 20 mars, c’est le printemps… Enfin ! Dans les faits, c’est pas encore tout à fait ça mais, bon, déjà, le calendrier est à l’heure, c’est ce qui compte, un truc qui marche enfin…

Mardi 21 mars, les centrales syndicales se sont décidées… Il y aura une « grande journée d’action » le mardi 28 mars. On décide de laisser les étudiants et les lycéens seuls une semaine de plus, au risque que le conflit s’envenime et ne dégénère… Remarquez, lorsque le Quartier Latin s’est enflammé une semaine plus tôt, l’opinion s’est subitement rangée du côté des « anti-CPE » après une longue période de flottement et d’indifférence (il y avait les vacances et la grippe aviaire…)… Comme quoi, les banlieues s’enflamment, la France a peur… La Sorbonne est occupée et Paris respire… Je caricature à peine. Là, ce n’est pas simplement quelques bagarres de rues mais on craint de la casse à grande échelle… La suite confirmera les craintes des observateurs. Pour le moment, on est mardi et les syndicats sont arrivés à s’entendre… Ah… Les syndicats français… Si j’étais méchant je dirais qu’il y a plus de syndicats que de syndiqués… Les syndicats français sont le fruit d’une histoire mouvementée, notamment pour ce qui est de leurs divisions homériques… A quand l’application de ce « Tous ensemble ! » entonné lors de chaque manif, à quand sinon la réunification au moins la confédération de plusieurs syndicats ? Les syndicats français sont divisés et sont faibles… Quand on parle du faible effectif des syndiqués en France par opposition à l’Allemagne et à la Scandinavie voire aux Etats-Unis , il faut dire qu'a contrario dans certains pays (comme ceux cités au dessus) la syndicalisation est obligatoire dans certains métiers (ce qui n’est pas le cas en France) ou est en tout cas indispensable pour prendre une mutuelle… Imaginez qu’en France on soit syndiqué dès qu’on est mutualiste… Il y aurait 95 % de syndiqués… Les syndicats sont indispensables pour défendre les travailleurs, ils sont ce qu’en font leurs membres. Comme les partis politiques, ils sont composés de citoyens… Si on veut les changer, on sait ce qui nous reste à faire… Et c’est pas facile et ça demande du temps… Je plaide coupable : je n’ai pas l’âme d’un militant… En tout cas, je me marre à l’écoute de l’appel à la journée d’action du 28 mars… On évite habilement le terme de « grève générale », certains parlent de « journée d’action » pour pas prononcer le mot « grève » comme si c’était un gros mot… Ah ! L’unité, c’est pas facile ! Faut pas choquer les plus prudes…

Mercredi 22 mars. Grande date. J’ai 36 ans… Je fête ça tout seul comme un grand. Un jour peut-être je fêterai mon anniversaire à deux voire à plus. En tout cas, je vote pour…

Jeudi 23 mars. J’ai mal à la tête. Bien fait. J’aurais pas dû reprendre deux fois du vin en regardant des DVD archi-revus… C’est l’anniversaire de ma Surella que je salue ici. Jeudi 23 mars également, les manifestations lycéennes et étudiantes dégénèrent dans de nombreuses villes, notamment Paris… La télé s’empresse de nous passer les images en boucle… Le phénomène de la violence n’est pas nouveau, il est vieux comme l’homme… Par contre, les violences des ados, c’est quelque chose qui est apparu médiatiquement au début des Années 1990 et qu’on a vu notamment lors des manifs contre le CIP (le « SMIC jeunes » de Balladur) en 1994. Pour ce qui est des casseurs, il y en a toujours eu. Pour ce qui est des violences urbaines, on en a pas mal parlé cet automne lors des « révoltes des banlieues ». Non, moi, ce qui m’étonne dans ce conflit, c’est la violence des étudiants et lycéens ordinaires dans leurs établissements, les occupations de facs avec des exactions, des vols, des dégradations. Je ne suis pas donneur de leçons, je suis solidaire du mouvement, j’ai participé longuement au conflit contre Devaquet quand j’étais moi-même lycéen, et j’ai participé à d’autres luttes depuis, comme étudiant puis comme salarié. Mais je n’ai jamais été partisan des blocages. Et s’il y a blocage je suis évidemment contre la casse de matériel. Cette fois-ci on voit des destructions de halls d’établissement et des bibliothèques saccagées… C’est un peu triste. Mais je crois que les enseignants peuvent partiellement plaider coupable. En 2003, lors du conflit des retraites, nombre d’enseignants ont détruit ostensiblement le bouquin de Luc Ferry et ont tenté de bloquer le baccalauréat… Nous sommes censés donner l’exemple… Là, on avait vu des personnes chargées de transmettre le savoir détruire des livres et tenter d’empêcher des examens sanctionnant le dit savoir. C’est scier la branche sur laquelle on est assis, c’est remettre soi-même en cause son autorité… Il y a de nombreuses raisons à la violence surmultipliée de ce conflit (notamment l’usage de plus en plus répandu d’alcool et de stupéfiants par certains jeunes avant de rejoindre les parcours des « manifestants ordinaires ») et il faudrait des études sociologiques poussées… L’EHESS, Ecole des hautes études en sciences sociales, de Paris, a été longuement saccagée par des groupes de casseurs-squatteurs, mélange d’anars, de groupuscules d’extrême droite ou gauche, de petites frappes… J’ai été choqué par cette violence plus que gratuite. On notera que la police a attendu quatre jours pour faire évacuer l’école. Les médias ont besoin d’images spectaculaires et le gouvernement de désordre pour rétablir l’ordre ensuite…

Vendredi 24 mars. Au cinéma, je vais voir « L’Ivresse du Pouvoir » qui passe enfin à Moulins. Du grand Chabrol avec Isabelle Huppert toujours aussi plaisante, la juge d’instruction qui finit par se croire toute puissante, et un François Berléand époustouflant dans le rôle de l’homme d’affaires incarcéré et balancé par ses supérieurs… A noter les apparitions remarquées de Patrick Bruel en requin des finances froid et de Robin Renucci toujours excellentissime en mari délaissé et déprimé… Un film sur le pouvoir, sur les grands marchés, les affaires comme on dit… Un monde opaque et cynique… A voir.

Samedi 25 mars. Appel de mon ami Thé de retour de Madagascar. Joie de parler avec lui après un si long temps… Deux semaines qui sont parues une éternité…

Dimanche 26 mars. Temps printanier voire estival. C’est un plaisir.

Lundi 27 mars. Veille de manifestation… Il y a une certaine tension dans l’air. Les « pro-CPE » accusent les « anti » de refuser les réformes dont la France a besoin… C’est amusant de voir, chaque fois que des gens s’opposent à un texte de loi, qu’en face d’autres gens disent : vous êtes contre tout, vous ne faîtes pas de proposition… Alors, quoi, on n’aurait pas le droit de trouver une loi mauvaise ? Toute nouvelle loi serait intrinsèquement bonne ? Oui, la France a besoin d’évoluer, mais pas à n’importe quel prix. Pourquoi, à moins de 26 ans, on n’aurait pas le droit à un contrat identique aux autres et pourquoi on n’aurait pas le droit à un motif de licenciement ? Personnellement, j’ai obtenu mon concours à 22 ans. On ne m’a pas dit alors : vous n’aurez pas les mêmes droits que vos collègues pendant quatre ans. J’ai eu un an de stage (et pas deux !), et j’avais le même statut que mes collègues. L’intérim et les C.D.D. existent quand on ne veut pas engager quelqu’un en C.D.I. Pourquoi créer un nouveau type de contrat ? En quoi permettrait-il d’embaucher plus facilement ? On peut aussi facilement « virer » quelqu’un qui est en C.D.I. J’ai plusieurs copains qui en ont fait les frais… Par ailleurs, on dit de ci de là que les syndicats (encore eux ! ils seraient responsables de tous les maux… les méchants ! Pauvre France !) font de l’opposition systématique. En l’occurrence, pour le CPE, ils n’ont pas été contactés avant le vote de loi, ni les syndicats de salariés ni les représentants des étudiants et des lycéens ni même les représentants des organisations patronales… Certains, même au MEDEF, trouvent le CPE parfaitement inutile et inefficace… En outre, ce texte de loi est passé par le biais du « 49.3 » alors que le gouvernement dispose d’une majorité confortable aux deux chambres… Elles sont où, les discussions préalables ? On cite toujours l’Allemagne et les pays scandinaves comme modèles de dialogue social mais, là-bas, un gouvernement ne présenterait jamais une loi au Parlement sans qu’elle ait été préalablement discutée par les partenaires sociaux… Si le CPE est vraiment la panacée, alors qu’il repasse devant les députés après un vrai débat entre syndicats et patronat… On peut bien attendre un mois pour appliquer cette loi géniale qui va sauver le pays… Je suis taquin… On peut être pour on contre ce CPE mais, en l’occurrence, qu’on ne dise pas ici que les Français sont allergiques aux réformes de façon systématique. Pour que tous les syndicats soient à ce point unis (souvenons-nous a contrario de la réforme des retraites en 2003 adoptée par certains syndicats dès le début du conflit), pour que le centre démocrate-chrétien se déclare totalement contre le projet et qu’y compris au sein de la majorité et du gouvernement des personnalités trouvent le texte pour le moins inadapté… On serait tous stupides contre Dominique qui aurait raison contre tous ? La belle affaire ! Enfin, attention aux personnes (notamment les adultes entre trente et cinquante ans) qui accusent les jeunes d'être des enfants gâtés, des consommateurs de play station et de télé-réalité ! D'abord, les jeunes sont le fruit de leur éducation. Ensuite, n'oublions pas notre propre jeunesse. A chaque génération il y a des jeunes révoltés. A chaque génération il y a des vieux cons avant l'heure. A chaque génération il y a des gamins pourris gâtés qui se foutent de tout. On a tous fait des conneries. On a tous des préoccupations respectables. Depuis trois mille ans (il suffit de relire Platon) on nous explique que le niveau baisse et que les jeunes n'ont plus de respect... Relativisons et rappelons nous notre propre jeunesse. A trente ans on doit encore être capable de se rappeler ses vingt ans, non ? Et qu'on me cherche pas avec la mémoire ! Pour moi, c'est un sujet sensible ! Quand on a une grand-mère puis une mère qui perdent la mémoire on sait d'autant plus combien c'est important de savoir se souvenir !!

Mardi 28 mars. Les manifs sont un triomphe dans toute la France, les grèves beaucoup moins. Chacun campe sur ses positions. Les syndicats refusent une réunion qui n’a aucune valeur de renégociation. Le premier ministre, isolé au sein même du gouvernement, reste ferme mais à l’écoute… Superbe. Maintenant, alors qu’on est au milieu du gué, au cœur du conflit, on peut déjà s’amuser à se demander qui va tirer profit de cette crise ? Evidemment, en partie, l’extrême gauche ragaillardie et la droite dure qui condamne ostensiblement cette chienlit… C’est surtout, une fois de plus, Nicolas Sarkozy, notre ami Iznogoud, qui apparaît modéré et conciliant face à Villepin… C’est fou ! Quoi qu’il arrive, il gagne à la fin, c’est toujours Nicolas qui récupère la mise !! Trop fort ! Prochain rendez-vous : jeudi 30 mars pour la décision du conseil constitutionnel (c’est fou, ça : des gens espèrent que leur loi soit déclarée pas bonne pour pas avoir à la retirer… subtile, la politique en France !!) puis mardi 4 avril pour la prochaine grève… On n’a pas fini d’en causer !!

Mercredi 29 mars. On parle d’autoriser très officiellement l’addition de copeaux de bois dans le vin pour lui donner du goût, le rendre plus charpenté probablement !!! En tout cas, pour une fois, j’ai envie de me ranger du côté des grincheux du café du commerce et de hurler : pauvre France, ton pinard fout le camp !!! A quand une grève générale pour du vin sans sciures de bois ni sang de bœuf (eh oui… vous saviez pas ?…) ?!

Jeudi 30 mars. La dérégulation, voulue par l’Europe, atteint ses limites… Ou quand le Libéralisme devient absurde… Polémique autour des numéros en « 118 », vous savez, les nouveaux numéros de renseignements qui nous polluent la vie en ce moment… Plus de quinze numéros différents avec des services finalement assez médiocres et fort coûteux… Eh oui, le « 12 » c’était pas bien, c’était du vilain monopole, alors maintenant on a la bonne concurrence… Et personne n’y comprend rien… En même temps, je m’interroge… Qui utilise ces services ? On a les annuaires papier, le minitel, internet… Et, dans mon cas, la dernière fois que j’ai appelé le « 12 », c’était en 1988… Le seul service qui serait intéressant, c’est un annuaire des numéros de portables… Et il semble que ce n’est pas pour demain… Mon rêve d’annuaire des adresses mails… c’est pareil… on est pas près de le voir… Bref, on a presque tous des numéros de portable et des adresses électroniques que personne ne connaît à part nos proches… Finalement, le monde moderne a encore du progrès à faire !!!

mardi 21 mars 2006

L'info me déprime...

L'info me déprime... Il y a maintenant quatre mois (déjà !), alors que j'étais en pleine préparation de la pièce de théâtre "Un Fil à la Patte" (heureux temps !), j'avais complètement décroché de l'actualité et je ne m'en portais pas plus mal... A la radio je n'écoutais que des chansons, je n'avais plus le temps d'allumer la T.V., je lisais des pièces de théâtre... je vivais dans une bulle (de Champagne )... Puis, progressivement, je suis redevenu accro de l'actu, d'abord comme observateur amusé avec les délires sur la grippe aviaire qui devait tous nous emporter (tiens... on n'en parle plus en ce moment...) puis je me suis senti plus concerné avec cette affaire du CPE... Bien sûr, je suis fonctionnaire, donc ce conflit n'est pas le mien, mais je suis sensible à ce qui est proposé aux jeunes... de même que j'étais sensible aux événements de banlieue à l'automne dernier... Et, là, j'ai senti la tension monter, y compris dans les conversations avec les collègues, certains m'expliquant tout bonnement que j'étais un jusqu'au-boutiste, qu'un contrat sans garanties c'était mieux que pas de contrat, que les manifestants étaient anti-démocratiques... Bref, on m'a dit de la fermer... Comme j'aime pas ces temps de tension ! Je devrais me rappeler que le docteur m'a prescrit de jamais parler de politique car ça provoque toujours des disputes. Ni politique, ni religion, ni vie professionnelle (en tant que fonctionnaire enseignant je suis dans l'imaginaire collectif un feignant obsédé par les vacances qui bouffe l'argent des bons contribuables). Jamais. C'est pas bon pour l'amitié. Je devrais faire comme la plupart des gens, parler que de blagues salaces, de la pluie et du beau temps (les Anglais ont tout compris, eux qui ont élevé au rang d'art les conversations insipides) et éventuellement de sport (et encore ! pour moi, les Français ont fait un tournoi médiocre et pour mes copains ils ont été brillantissimes... ils sont pas difficiles et le chauvinisme les aveugle un tantinet). Bref, ne causer de rien de bien important. Parce que, sinon, ben, on débat, on se dispute, on se fache... Viennent les mots définitifs... Pour certains, je suis un infame gauchiste, pour d'autres un sale réac... On me dit Catho intransigeant ou agnostique pervers... Serais-je un centriste extrêmiste que ça ne m'étonnerait pas !!! En tout cas, pour ce qui est du CPE, mes excuses auprès de tout le monde... C'est un projet génial que je ne me permettrai plus de contester. D'abord, je n'y comprends rien, moi qui suis un privilégié dans un secteur protégé... Range tes billes, Superdoc, t'es largué par l'actualité. Retourne écouter tes radios pour jeunes et laisse tomber l'actualité. Dommage parce que c'est un peu mon boulot, l'actualité... Je travaille dans un Centre de documentation et d'information et j'avoue qu'ilo est dur d'observer l'actualité sans de temps en temps vouloir avoir un petit avis et tenter de le partager... En tout cas, ce qui est sûr, je ne serai jamais militant syndical ni politique car je sais pas débattre... Dans un conflit, j'ai tendance à trop vite m'emporter puis à abandonner car je ne sais pas convaincre les autres et, en plus, je m'en veux quand j'ai débattu trop vivement avec quelqu'un : cette nuit j'ai pas dormi en pensant à ce qui s'était passé à table avec les collègues... Enfin, bon, mille excuses auprès de tout le monde pour avoir exprimé mon avis qui n'est pas intéressant car j'y connais rien.
Autre chose... Demain, mercredi 22 mars, j'ai 36 ans... Oups ! La moitié du parcours... Faudrait que je fasse un bilan mais j'aime pas trop les bilans... Surtout, ce qui est triste, c'est que cet anniversaire, je le fêterai tout seul. Bien sûr, j'ai mes parents... mais les lecteurs de ce blog savent bien la situation à la maison avec l'état de ma mère qui empire (heureusement elle suit encore l'actualité... dans le cas d'une personne malade, suivre l'actualité est un signe de bonne santé mentale... clin d'oeil au paragraphe précédent). Bien sûr, j'ai des amis... Mais ils sont loin... J'ai pas de complices... J'en ai plus... Je suis pas fait pour la vie de couple, c'est un fait, mais par contre, la complicité avec un gars ou une fille, c'est bien mon truc, voire avec plusieurs personnes... Sans remonter aux calendes grecques, je me souviens de la petite bande avec Brett, Rup, Laurent en 1997 puis avec la bande de Gennetines en 1997/98... Je me souviens de la complicité si forte avec V.A. en 1997/98 également, une si forte complicité (on s'appelait tous les jours et on se voyait au moins deux fois par semaine sans compter les lettres !!) que j'ai fini par confondre avec de l'amour... Erreur ! Aujourd'hui, je n'ai plus de nouvelles d'elle et qu'est-ce qu'elle me manque... Pendant des années, j'ai cru que je ne revivrais jamais la complicité... Après tout, en vieillissant, ça devient compliqué... Mes copains sont tous bien occupés par leur vie de famille et c'est normal, alors on s'appelle de temps en temps mais c'est pas pareil... Puis, cet automne, le vrai coup de foudre pour Samantha. J'ai cru de nouveau rencontrer et vivre la complicité avec quelqu'un... Et je l'ai vécue pendant quelques semaines de rêve... Puis la normalité est revenue, le quotidien a repris le dessus et on se croise de temps en temps et voilà. Ces dernières semaines, une vraie complicité s'était installée avec mon pote Farid, on se voyait non seulement au boulot mais aussi les week-ends... Et puis, bon, il est parti pour le Sud... Snif ! Décidément, pas de pot !! Alors demain j'aurai pas de complice avec qui partager de bonnes blagues sur le fait que j'ai un an de plus et puis c'est pas grave et puis c'est tout !!! (comme dirait Jim Poipoi avec qui j'ai partagé pendant des années les soirées à Furiani...)
Enfin, petite histoire, hier, j'ai été interviewé par une journaliste de "La Montagne" qui fait un papier sur les bloggueurs de Moulins... Eh ! Eh ! Le début de la gloire ? En bon pessimiste que je suis, j'espère que ça ne m'attirera pas trop d'ennuis de la part de ma hiérarchie, des parents d'élèves voire de personnes qui seraient choquées ou énervées par mes petits textes sans prétention... Mon seul but en écrivant un blog c'est de partager un peu mes humeurs et m'entraîner à écrire... Je ne veux convaincre personne de rien. En tout cas, on verra bien ce que dira cet article qui devrait paraître d'ici à quelques jours. J'ai été surpris de la proposition d'interview mais, après tout, quand on fait un blog, c'est bien pour être lu, y compris par des gens qu'on ne connaît pas... Sinon, on ne met pas ses réflexions et autres états d'âme en ligne...
Voilà. C'est tout pour aujourd'hui, et c'est déjà pas mal. A bientôt pour de nouvelles aventures.

lundi 20 mars 2006

And the winner is...

Et voilà, c'est fait. La France remporte le Tournoi des Six Nations, de façon plutôt fébrile au cours d'un match contre le Pays de Galles qu'on oubliera vite. L'Irlande finit deuxième en battant l'Angleterre en Angleterre... et ça, c'est bon ! Quant à l'Italie, elle perd de trois points (pour une pénalité à deux minutes de la fin du match) contre l'Ecosse à Rome. Etrange Tournoi sans véritable vanqueur. Oui, bien sûr, la France termine première au "goal-average" (marrant d'employer ce terme footballistique au rugby !). Aux points (ancien décompte jusqu'au début des Années 1990), France et Irlande terminent premières ex-aequo. L'Ecosse, qui a battu les deux favoris officiels de ce tournoi (la France et l'Angleterre) termine troisième, l'Angleterre - championne du monde en titre - est quatrième, le Pays de Galles - vainqueur du Grand Chelem l'an dernier - est cinquième et l'Italie termine dernière mais tous les observateurs s'accordent pour dire qu'elle a fait d'énormes progrès... Etrange ce palmarès... Un tournoi de dupes finalement... Pas de gagnant... L'impression que le niveau du rugby européen a bien baissé... Laquelle des équipes de l'Hémisphère Nord tiendrait ne serait-ce qu'une mi-temps contre les All Blacks ou les Wallabies, voire les Springboks ?!... Alors, c'est vrai, cet automne, la France avait brillé, remportant ses quatre tests d'affilée (une première), mais depuis il y a eu ce tournoi avec des matchs hachés sauf le brillant France - Angleterre... On en saura un peu plus en juin... Quoique... Une tournée avec un match en Afrique du Sud (très bien... ça va être chaud) et un autre... en Roumanie... Est-ce le meilleur moyen de préparer la Coupe du Monde qui se rapproche ?... En tout cas, deux joueurs français, deux "anciens", m'ont particulièrement impressionné : Dominici et Castaignède... Heureusement qu'ils étaient là !
Un dernier mot sur le rugby... Montferrand s'est pris plus de quarante points... à Agen... Agen, hasard ou coïncidence, est le lieu où va désormais travailler mon collègue Farid dont on a fêté le départ ces dix derniers jours... Snif ! Dur de voir un copain partir... J'ai eu l'impression (et je l'ai dit à mon ami Gilles d'Ascu) de me retrouver dans la situation de mes collègues de Luri quand je suis parti il y a un an et demi du Cap Corse pour retrouver le Bourbonnais. D'ailleurs, j'ai fait réaliser pour Farid ce que ma collègue Aline avait fait réaliser pour moi (sur une idée de Pierrette pour son propre départ deux ans plus tôt) : un livre d'or par les élèves avec leurs impressions et leurs mots touchants de sincérité avec les fautes d'orthographe et les petits dessins... Il y a un peu plus d'un mois j'avais parcouru mon livre d'or offert lors de mon départ de Luri en 2004. Je ne savais pas alors que Farid allait partir peu après et que je participerais à la réalisation d'un projet semblable... Comme quand on passe le flambeau...
Forcément, un peu de nostalgie... Et, dans la nuit de vendredi à samedi, j'ai encore rêvé non pas que je retournais à Manderley (clin d'oeil au roman "Rebecca") mais à Castellu, mon petit village au fond de la vallée de Luri... Je retrouvais mon appartement avec ses tomettes rouges, ces doubles volets si caractéristiques des maisons corses, l'odeur si particulière du maquis après la pluie, et le soleil à travers les persiennes qui laissent deviner au loin un air de Méditerranée pas si paisible après trois jours de tempête... En plus, vendredi soir, sur Thalassa, il y avait un reportage sur l'Irlande. Avec mes parents, on s'est exclamé : on dirait le Cap !!
Autre nostalgie du vendredi... Je ne sais plus à quelle occasion... Avec mes parents on s'est mis à évoquer Sophie, mon "ex", avec qui j'ai vécu de décembre 1990 à février 1994... A l'époque, elle avait eu un poste à Grasse et avait eu trois jours pour faire sa valise. Le voyage Moulins-Grasse en février 1992 tous les deux avec sa mère en renfort chacun avec trois sacs faits à la va vite fut l'un des plus douloureux moments de ma vie... Nous avons pleuré tout le long du trajet (et il est long !). Nous savions qu'au bout du voyage il y aurait la fin de notre amour. Bien sûr, notre histoire dura encore un peu plus d'un an mais elle s'acheva dans la mesquinerie et le mépris. Si Sophie n'était pas partie, j'aurais peut-être deux ou trois enfants aujourd'hui, puisque nous avions commencé à en parler... Nous aurions peut-être également divorcé puisque statistiquement c'est le lot d'un couple sur trois... Peu importe... Tout cela est bien loin mais il m'arrive forcément d'y repenser... Je crois que j'ai tout oublié depuis bien longtemps et certaines nuits je me réveille après avoir rêvé mon autre vie et je me dis que c'est peut-être l'inverse, que je suis peut-être en train de rêver, que je vais me réveiller et que je vais me retrouver dans les bras de mon épouse pas loin de nos enfants. Ce sont des rêves absurdes mais on ne contrôle pas ses rêves... On peut essayer... Je n'en rêve pas non plus toutes les nuits... C'est de temps en temps, "à l'improviste"... Comme une brise légère, un souffle malicieux...
Vendredi de nostalgie. Samedi matin de déprime avec ma mère qui va pas bien. Elle a toute sa tête, peut tout à fait suivre une conversation et y participer. Mais elle se perd chaque jour un peu plus dans la maison. Elle n'est plus du tout autonome pour la toilette et c'est ce qui m'effraie le plus... On doit s'occuper d'elle comme d'un enfant. C'est ça, la fin de vie ? Retomber en enfance ? La vieillesse et la maladie doivent-elles forcément passer par l'humiliation de ne plus être autonome pour les choses intimes ? Et je suis inquiet pour mon père qui s'épuise moralement et physiquement à assister ma mère et à refuser une aide extérieure (mais quelle aide d'ailleurs ? les aide-malades ont expliqué à mon père qu'ils ne faisaient pas la toilette intime).
Samedi après-midi d'espoir. Avec mon père, nous allons à la manifestation contre le CPE. Nous y retrouvons quelques collègues. D'abord inquiet du nombre de participants, je suis agréablement surpris. Il y a beaucoup de monde. Je ne sais pas ce que ça donnera. Certains parlent d'un appel à la grève générale. Je repense à d'autres conflits. Je ne parlerai pas de 1968 car je n'étais pas né et, en plus, on oublie toujours qu'après mai il y avait eu juin 1968 avec un triomphe de la Droite aux élections. Je me souviens de décembre 1986 auquel j'avais participé... Un million de lycéens et d'étudiants dans la rue. Seuls contre le gouvernement de Chirac on avait fait retirer le projet Devaquet. Et il y avait eu la mort de Malik Oussékine, tué par les brigades volantes (des policiers à moto : l'un conduit et l'autre arrose à coups de matraque). En 1992, la veille de mon écrit de CAPES, j'avais manifesté contre Jospin... 1994, le SMIC jeunes de Balladur, j'étais à l'armée et j'ai suivi ça de loin à la T.V. Décembre 1995, j'étais à Ajaccio, retrait du plan Juppé après des semaines de blocage. Printemps 2000, j'étais à Luri, on fait grève contre Allègre et ses réformes... Allègre saute mais ses réformes sont mises en place. 2003, le printemps du conflit des retraites. Pendant plus d'un mois les enseignants sont en grève, attendant désespérément l'appel à l'extension du conflit et à la grève générale... Je perds quasiment un mois de salaire et je prends mes premiers gaz lacrymos (un copain manquera perdre un oeil) lors des manifs de Bastia... Bref, quelques souvenirs... Une grève générale, pourquoi pas ? Mais faut qu'elle marche. Si elle ne concerne qu'une petite partie de la population, on échouera comme en 2003. Par contre, pour faire de la politique fiction, qui a le plus intérêt à ce que Villepin échoue et perde le bras de fer ? N'est-ce pas encore le bon Nicolas Sarkozy ? On a l'impression que, quoi qu'il arrive, il est là... Trop fort notre Iznogoud !!! Enfin, en écoutant mes élèves et en me fiant à mes propres impressions, il semble que la T.V. ne montre les jeunes que quand il y a des voitures qui crament... En novembre dans les banlieues, aujourd'hui dans le quartier latin... Et les généralisations : "les jeunes savent pas ce qu'ils veulent", "ils sont pas politisés", "ils s'intéressent à rien", "ils sont manipulés", "c'est tous des feignants"... etc... etc... Il n'y a pas "les" jeunes comme il n'y a pas "les" Arabes comme il n'y a pas "les" Corses, etc... etc... Par contre, attention à la fracture générationnelle entre les gouvernants et les moins de quarante ans. Quels que soient les élus de 2007, qu'ils soient de Gauche ou de Droite, qu'ils n'oublient pas que - même si un électeur sur deux a plus de cinquante ans - les forces vives de la Nation ne se recrutent pas chez les retraités. Faudrait pas que nos anciens oublient qui va payer leurs retraites... Si on se retrouve dans des boulots précaires à vie (et je ne parle évidemment pas de moi qui ai la sécurité de l'emploi), il y a un jour où on en aura marre de voir une grande partie de son salaire prélevée pour financer les retraites de personnes qui n'ont pas bien anticipé l'évolution démographique il y a vingt ans...
Voilà. Enfin, dimanche, pour la première fois depuis très longtemps, j'ai ouvert la Bible. Un moment que j'avais plus envie d'entendre l'Esprit me parler parce que je suis trop révolté contre Lui pour l'écouter. Alors, j'ai lu le livre de Job, l'histoire de cet homme très croyant qui perd sa famille, ses biens, sa santé mais pas la vie et qui se met non pas à douter mais à sérieusement se révolter contre ce qui lui arrive. Un petit livre étonnant. J'ai ensuite parcouru "L'Ecclésiaste" : Vanité des Vanités, tout est Vanité... Il n'y a rien de neuf sous le soleil... etc... Puis la lecture des Dix Commendements et d'un extrait de l'Evangile de Jean (les lectures de ce troisième dimanche de Carème) : l'épisode où Jésus, en colère, vire les marchands du Temple... Bref, la Bible version en colère. Je ne sais pas si je suis croyant. Je constate simplement en lisant ces textes combien à travers l'Histoire les hommes se sont interrogés... C'est vrai des Juifs, des Chrétiens, des Musulmans, des Bouddhistes, des religions d'Orient, des philosophes, des athées, etc... C'est finalement cela, l'Humanité, peut-être : s'interroger sur le pourquoi des souffrances qui nous entourent ou nous habitent.
Bonjour chez vous.
Post scriptum : je viens d'apprendre par ma collègue Aline le décès d'Antoine, le sourd-muet de Castellu. Tous les jours ce vieux monsieur, muré dans sa solitude involontaire, allait du hameau de Castellu au hameau de Piazza pour faire quelques courses à l'épicerie chez François (tout un poème cette épicerie !). On se saluait. Une fois, il m'a dit deux mots, ce qui était pour lui un réel exploit, c'était "Bonne Année !". Je n'avais pas pu lui dire au revoir à mon départ de Luri fin août 2004 car il avait été placé en maison de retraite quelques mois auparavant. Car, outre son handicap, il était en train de devenir aveugle et risquait donc d'être renversé par une voiture... Quelle triste fin de vie muré dans le silence et l'obscurité. Paix à son âme.

lundi 13 mars 2006

Le Tournoi des Deux Nations

Comme la victoire est belle ! Comme la victoire est encore plus belle avec la manière ! France - Angleterre fut un de ces matchs de rugby somptueux comme on n'en voit pas tous les jours... Et, bien entendu, je devais aller voir le match à Paris, j'avais une place réservée mais, vendredi soir et jusqu'à samedi matin, j'étais embarqué dans une fiesta monstrueuse avec Farid et des collègues du collège (pour fêter le départ de monsieur vers un pays de rugby... Agen !), donc comme il faut faire des choix dans la vie, j'ai renoncé au match... Snif ! J'ai renoncé à aller voir ce match là, ce France - Angleterre là... Dommage !
Revenons au match, justement... L'art et la manière... Un essai d'entrée de jeu (par Fritz) a annoncé la couleur... Les Bleus ont pris la partie en mains, pour ne plus la lâcher... On notera un léger passage à vide en début de deuxième mi-temps mais la fin de match sera splendide avec l'essai de Traille puis, en toute fin de match, celui de Dominici... Quelle épopée mes amis 31 à 6... Et on ne peut que se poser la question traditionnelle : mais ils sont où les Anglais ? Sans rire, ils ont été bien pâles sur ce match, confirmant un tournoi bien faiblard...
Dans l'actu du tournoi, on notera le superbe match nul des Italiens au Pays de Galles (où est l'équipe du Grand Chelem 2005 ?!). Un plaisir que de voir "les petits nouveaux du Tournoi" enfin tenir la distance à l'extérieur... Et merci à Berbizier qui a réorganisé la Squadra Azzura...
Pour revenir à l'équipe de France, elle jouera à Cardiff son dernier match. Le but ? Battre les Gallois pour gagner le tournoi... En face, seule autre prétendante à la victoire finale, l'Irlande, qui n'a pas été très brillante contre l'Ecosse, dans un match il est vrai victime de conditions météorologiques détestables. Les Irlandais rencontreront l'Angleterre à Twickenham. Alors, on peut espérer la victoire finale de la France... C'est le match de Cardiff et non celui contre l'Angleterre qui est essentiel et qui nous dira si les Bleus sont sur la bonne voie d'un jeu retrouvé... En rugby, il faut transformer l'essai et l'un des gros défauts des Bleus depuis toujours est d'alterner matchs sublimes et bouillies indigestes. Vivement samedi pour voir une équipe de France brillantissime et transcendée !!!
Que la victoire est belle !
Post-scriptum : il y a décidément des week-ends de rêve. L'ASM Clermont Auvergne a battu Narbonne avec le point de bonus à la clé (4 essais marqués) et se trouve à nouveau (théoriquement) relancée pour la fin de saison...
P.S. 2 : Slogan vaseux pour commentaire de lendemain difficile... Le tournoi des deux nations... plus que deux ! à la fin, il ne doit en rester qu'un !... Moi, j'ai trop regardé "Highlander"... Que la Force soit avec les Bleus !!

vendredi 10 mars 2006

Le Tournoi des Quatre Nations

Pour une fois, je vais m'essayer à l'analyse sportive... oups ! c'est pas gagné... en tout cas, je vais jouer comme tout un chacun au petit jeu des pronostics et des commentaires à la "café du commerce" qui nous agacent tellement chez les autres mais que chacun adore pratiquer... Après tout, l'intérêt principal d'assister à un match (que ce soit chez soi, entre potes, au bistrot ou au stade), c'est d'abord de dire un peu n'importe quoi parce que nous on aurait jamais fait rentrer machin en deuxième mi-temps surtout qu'il est mauvais en club et que dès qu'il pleut il tire pas droit... Ah ! la mauvaise foi des supporters qui brûlent ce qu'ils ont adoré, qui théorisent sur un placement de jambes et idéalisent un schéma d'attaque ou de défense... ah ! le tactiquo-technique ! l'occupation du terrain ! le pilonnage intensif de l'adversaire et le jeu au large... Il y a du magique à lire un article commentant un match... On comprend pas forcément tout mais on apprécie l'exaltation de certaines plumes... Personnellement, c'est surtout le rugby qui m'intéresse mais chaque sport a ses poètes... Enfin, je m'excuse à l'avance de mes propos approximatifs : je n'ai jamais joué moi-même au rugby et j'avoue peiner à distinguer certaines fautes lors de regroupements hasardeux mais, bon, ça ne m'empêche pas d'apprécier le spectacle.
Après cette introduction, place à l'un des Tournois des Six Nations les plus ouverts de ces dernières années... Tout d'abord, nous avons tous la mémoire courte... En regardant un peu mes archives (sur le site de l'Equipe et avec les anciens Rugbyrama), j'ai vu qu'en 1999 la France avait perdu trois de ses quatre matchs (c'était encore les Cinq Nations), dont les deux aux Stade de France... et ce après deux années à Grand Chelem et quelques mois avant un parcours somptueux en Coupe du Monde (ah ! la sublime demi-finale contre les Blacks !!)... Comme quoi... Surtout, le vainqueur du Tournoi 1999 fut... l'Ecosse... Eh oui, on l'avait tous oublié...
Alors, le bilan après trois journées ? La France a perdu son match en Ecosse... face à des Ecossais peut-être pas très imaginatifs, mais braves, qui battront l'Angleterre quelques semaines plus tard... A posteriori, cette défaite française devient quasi-honorable... Ah ! Je sens la mauvaise foi pointer... La France a gagné, à Paris, contre l'Irlande puis contre l'Italie... Dans les deux cas, la victoire fut acquise dans la douleur... Personnellement, j'étais au Stade de France (pour la première fois de ma vie... et, finalement, si le stade est joli, on ne retrouve pas l'ambiance de Furiani ou du Michelin... désolé !) lors de France - Italie et le moins qu'on puisse dire est que la première mi-temps fut particulièrement laborieuse. Alors, oui, on a gagné et, en deux matchs on a enquillé pile 80 points... Néanmoins, même si seule la victoire est belle, on a fait appel à des vieux "grognards" pour mener à bien ces victoires... Seront-ils encore là dans un an et demi pour la Coupe du Monde, qui a lieu en France ? Personnellement, je l'espère, mais rien n'est moins sûr et si on peut encore gagner le tournoi sommes-nous dans la bonne voie pour préparer la coupe du monde ?? Il reste les tournées et le tournoi 2007 donc tout est possible... Après tout, je reviens à 1999, on était au fond du trou lors du tournoi. Et, dans un autre sport, celui des manchots (ah ! le football !), en 1998, quelques jours avant la Coupe du Monde, les commentateurs critiquaient ouvertement le jeu animé par Aimé Jacquet... On connaît la suite !
Sinon, pour conclure, le principal intérêt de ce tournoi, et sa fraîcheur finalement, après des années de domination franco-anglaise (sauf l'an dernier et le beau grand chelem gallois), c'est qu'il est donc le plus ouvert depuis longtemps... En théorie, quatre équipes peuvent encore l'emporter : l'Angleterre, la France, l'Irlande, l'Ecosse... Ce week-end, certaines rencontres considérées comme jouées d'avance vont du coup prendre une toute autre importance... Le Pays de Galles reçoit l'Italie... On jouera les Gallois en espérant que le match sera intéressant car les deux équipes sont les plus faibles de ce tournoi... même si l'on peut constater la progression de l'Italie match après match (merci Pierre Berbizier !!). L'Irlande reçoit l'Ecosse... une confrontation qui risque d'être passionnante et déterminante... Et, bien sûr, le classique du chauvinisme, la France accueille l'Angleterre dimanche après-midi qui ne sera pas un long dimanche de fiançailles (ça y est ! je commence à imiter les jeux de mots à deux francs des journalistes de l'Equipe ou du Midi Olympique)...
Bon, ben voilà, que le meilleur gagne, que les matchs soient beaux. Et vive le rugby ! Une pensée pour le Top 14 avec l'équipe de Montferrand (pardon... ASM Clermont Auvergne) qui a raté une bien belle occasion la semaine dernière d'accéder aux demi-finales du championnat... Une occasion ratée de plus... Y a des équipes comme ça qui, saison après saison, échouent aux portes du Paradis... Un jour viendra, j'en suis sûr... Mais c'est une autre histoire...

mardi 7 mars 2006

Un nouveau venu dans les blogs...

Oyez ! Oyez ! Braves gens ! voici l'adresse du blog de Jean-Michel P., fameux prof d'histoire jadis au collège de Luri, celui-là même dont l'adresse mail est poipoi.com ! Son blog, pour le moment, nous conte son grand périple en Amérique du Nord l'été dernier, avec photos et commentaires. Bon, il débute mais c'est déjà le vent du large qui souffle... et ça fait du bien en ces temps où l'Europe sombre dans la grippe aviaire et se délecte dans une morosité toute séculaire (ça veut pas dire grand-chose mais ça m'inspire du matin !!).
Bon voyage virtuel !!
Tout cela me fait penser aux chansons de Brel où le chanteur parle de son "Amérique"... De même que Boris Vian qui évoquait une Amérique où il hésitait à se rendre pour ne pas briser son rêve américain... Combien de chansons évoquent cette Amérique mythique ? Alors, oui, je sais, il y a eu Nixon et le Vietnam, il y a Bush et l'Irak, etc... Mais les anti-Américains primaires qui limitent l'Amérique aux USA et qui limitent les USA à la politique extérieure d'un guignol néo-conservateur (terme absurde par définition : néo ancien ?!), ils me fatiguent. La France, c'est pas uniquement la Guerre d'Algérie. L'Angleterre, c'est pas seulement Jeanne D'Arc. L'Allemagne, c'est pas seulement Adolf. Et les States, c'est pas seulement Bush. Moi, j'aime les Etats-Unis et je rêve d'y aller en vacances (y vivre, c'est une autre paire de manches). Je suis de culture américaine et je n'en ai pas honte. Je n'en suis pas fier non plus. Mais c'est comme ça. Je regarde les séries, les films, plus en tout cas que des séries russes et des films chiliens. Et puis c'est tout ! C'est un peu comme la haine des Parisiens, on oublie que c'est des provinciaux à la base, bien souvent. Pour les Américains, la plupart sont des émigrés, parfois d'assez fraîche date, notamment dans le milieu du cinéma avec tous les Juifs, Irlandais et Italiens que j'aime tant (au hasard : Spielberg, Ford, Coppola)... Voilà, c'est mon petit coucou en passant aux Américains, nos cousins de l'Outre-Atlantique, de même que nous avons nos cousins de l'autre côté de la Méditerranée... et d'ailleurs, d'ailleurs !!

lundi 6 mars 2006

Des nouvelles du front...

Eh oui, après deux semaines de silence informatique, des news de J.-F. le Superdoc !!! Pas de grandes news, et pas très gaies, mais bon, un petit mot pour vous tenir au courant et alimenter mon petit blog sans prétention...
Deux semaines de vacances (ah ! ces enseignants ! toujours en vacances !) à aménager mon appartement à Moulins et retrouver la vie citadine... Deux semaines ponctuées de quelques sorties, dont une très sympa avec mes deux compagnons de l'équipée du "Fil à la Patte", et l'une, le dernier samedi des vacances, où je me suis laissé surprendre par mes vieux démons (Doctor Freyd peut témoigner, d'ailleurs je vais lui demander de me recevoir pour une séance !!). Quelques sorties, donc, quelques films à revoir... Mais surtout, les vacances avançant, la perte de l'équilibre... Un emploi du temps de plus en plus déréglé... Je sais, c'est un peu le principe des vacances, mais j'aime pas quand ça dure trop, car on ne sait plus où on en est, en tout cas moi. Je hais les vacances comme je hais les dimanches... Je plaisante, évidemment, quoi que pour les dimanches... Non, mais, surtout, je crains ce dérèglement insidieux qui fait que je me retrouve assez déboussolé après deux semaines.
Mais, surtout, ces vacances furent marquées par l'aggravation de l'état de santé de ma mère. Elle ne peut presque plus du tout se déplacer. Elle est encore tombée dans l'escalier avant-hier. Elle ne se repère plus du tout dans l'espace. Autant elle peut suivre les conversations et s'intéresser à l'actualité (heureusement), autant elle a perdu toute notion d'orientation voire d'équilibre. Malheureusement, étant donnée l'accélération depuis quelques semaines, encore un mois ou deux et elle sera totalement grabataire. Quant à mon père, logique, il donne des signes fréquents de fatigue et de découragement, avec des coups de colère très fréquents et un rythme de vie complètement marqué par la nécessité de s'occuper à tout moment d'une personne gravement malade. Je crains qu'il ne finisse par avoir une attaque. Quelques jours avec eux lors des vacances m'ont littéralement épuisé. Je sais, c'est pas une excuse ni un prétexte pour ensuite aller picoler et festoyer bêtement mais j'avoue avoir passé quelques jours complètement désorienté (à mon tour !). Je suis content de retrovuer le collège pour avoir un rythme et une hygiène de vie plus sains. Mais j'avoue que j'ai peur maintenant, quand le téléphone sonne, que mon père m'appelle encore une fois pour me dire de venir tout de suite parce que ma mère est retombée et qu'il n'arrive pas à la relever.
Vous m'excuserez de vous raconter ainsi ma petite vie pas très passionnante. Chacune et chacun a ses soucis. Mais il fallait que je vous explique un peu. Parce que je sais pas quand je réécrirai des articles sur ce blog. C'est clair que j'ai plus trop envie de mettre des petits poèmes ou de parler de coups de gueule et de coups de coeur par rapport au ciné, à l'actualité, etc... Mais faudra bien que je continue à vivre. En tout cas, on nous bourre le mou avec la retraite et la nouvelle vie qui nous attend après soixante ans... Ce sera pas le cas de mes parents... Ils ont une fin de vie particulièrement dégueulasse. J'espère mourir jeune ou en tout cas mourir vite. Remarquez, c'est pas nous qui choisissons. Mais cette vie qu'on nous promet tous dans les maisons de retraite... Et nous avons tous une tante, une grand-mère, voire des parents dans ce genre d'établissements. Alors, on sait tous de quoi on parle. Et le pays fait semblant de pas voir. Bientôt, plus de la moitié de la population sera dans ces établissements. La France est un pays en fort vieillissement (comme toute l'Europe) et qui ne s'occupe pas de ses vieux... Un peu schizo, non ?
Allez, je me calme et je bois frais. Après tout, tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir. Et je terminera par cette citation de la chanson que je préfère de Renaud, " Cent Ans" : "Mais la souffrance, c'est très rassurant, ça n'arrive qu'aux vivants." Bon, je suis pas forcément d'accord à 100 % avec l'idée mais la chanson est très belle, où Renaud explique qu'il aimerait bien avoir cent ans "pour jouir enfin du bonheur d'avoir pu traverser cette pute de vie sans se faire écraser"...
Portez vous bien et bonjour chez vous.

mardi 14 février 2006

Un site salutaire...

Petit message pour vous conseiller un site dont la consultation est salutaire, notamment en ces temps de fanatisme. C'est le site http://www.atheisme.org/
Personnellement, il suffit de lire mon blog, je suis croyant, ce n'est un secret pour personne. Je n'en tire ni fierté ni honte, je ne m'en vante pas, je ne m'en cache pas. Mais j'ai toujours été particulièrement attaché à la laïcité (et plus encore de nos jours avec des sociétés multiculturelles), au respect des croyances des un(e)s et des autres, mais aussi au respect des non croyants, des agnostiques, des athées, des mécréants... C'est vrai, quoi ! Chaque fois que l'on parle de religion, c'est pour dire que les religions doivent se respecters les unes les autres... Deux remarques...
Tout d'abord, les gens qui n'ont pas de religion (ce qui ne veut pas dire qu'ils soient forcément athées) ont autant droit au respect que les gens qui pratiquent une religion !!! Les athées doivent être respectés pour leurs convictions ou leur absence de convictions !!! Et, de même que je suis parfois choqué par les attitudes extrêmistes de certains auteurs athées (comme Onfray - voir un de mes précédents textes - assimilant les croyants à des névrosés), je suis choqué par les croyants qui estiment qu'on ne doit respecter que les autres croyants.
Deuxième remarque... Il n'y a rien qui m'agace plus que cette histoire de religions du Livre, de religions monothéistes... On parle des "trois grandes religions"... En quel honneur ? Pourquoi Judaïsme, Christianisme et Islam seraient au dessus des autres religions ?! C'est encore une vision occidentale du monde et je place volontairement l'Islam dans les religions occidentales, par opposition aux religions de l'Asie comme le Bouddhisme, l'Hindouisme ou le Shintoïsme voire les religions d'Amérique et d'Australie comme le Chamanisme. C'est encore une vision de religions conquérantes, particulièrement le Christianisme et l'Islam, deux religions à l'origine des Croisades et de la Guerre Sainte. Et le comble de l'escroquerie c'est cette histoire d'Abraham Père des Croyants... Juifs, Chrétiens, Musulmans, tous frères parce qu'on aurait le même ancêtre... Mais non ! Je ne suis pas d'accord ! Pour moi, tous les hommes sont mes frères, pas seulement les croyants, pas seulement les Monothéistes !!!
Enfin, j'ai ai plus qu'assez que des gens s'arrogent le droit de régenter le monde au nom de principes religieux : ils nous imposent leur morale et ils redessinent les frontières au nom de livres vieux de plusieurs millénaires. C'est marre !!! La religion doit être, dans la sphère du privée, un choix individuel et non irrévocable. La religion n'a pas à se mêler de politique, de morale publique, de culture, etc...
Tout ça pour vous conseiller de nouveau d'aller consulter le site http://www.atheisme.org/
Bonjour chez vous !!

jeudi 9 février 2006

Le centième message

Et le voilà ! Le Père Cent ! Centième message publié sur mon blog sans prétention... Avec un peu de chance peu de monde lira ce message puisque, dans mon précédent texte, j'expliquais que je n'écrirais plus avant un petit moment, n'ayant plus le coeur à causer, notamment suite à une certaine affaire de caricatures, et parce que mes états d'âme finissaient par devenir lassants... Et quand on ne trouve plus les mots, à quoi bon écrire ? Evidemment, vu comme çà...
Alors, je me dis que ce centième texte sera spécialement écrit pour les quelques qui iront faire un tour malgré tout sur mon blog, constatant que je ne me suis pas arrêté d'écrire... D'ailleurs, je crois que je ne pourrais pas m'arrêter d'écrire... C'est un besoin quasi vital désormais. Enfin, ça l'a toujours été. Besoin d'écrire ce que je ressens, ce qui m'interroge, ce que je veux partager, pour comprendre, pour respirer, pour vivre...
Pour ce centième texte, je voudrais évoquer quelqu'un, une personne, la personne qui a peut-être le plus compté dans ma vie... Je crois n'en avoir jamais parlé sur ce blog et, mis à part quelques intimes, personne ne connait son existence dans les gens qui m'ont rencontré depuis moins de dix ans... Il n'est pas une journée sans que je ne pense à elle. Je n'en parle jamais, sinon par allusions. Je sais que je ne la reverrai jamais. Je n'ai même pas de photos. C'était ma meilleure amie.
Sandrine, c'était son nom. On s'est rencontrés en décembre 1986, au moment des grèves et des manifestations contre Devaquet... J'étais en terminale au Lycée Banville. Elle était en seconde (je crois) au Lycée Technique. C'était après la dispersion de la manifestation, sur le parvis de la mairie de Moulins, face au Jacquemart... Des amis communs nous avaient présentés. En fait, il y avait deux Sandrine, C. et B. (je ne donnerai pas leurs pseudos ici car, même si tout cela est très loin, c'est une partie de moi-même trop personnelle pour qu'elle figure sur un blog, même si peu de gens le lisent), la blonde et la brune, deux amies inséparables... Bien sûr, je tombais vite amoureux de Sandrine C. et je reçus comme souvent dans ma vie une fin de non recevoir. Mais elle insista pour que nous soyons amis. Nous le devinmes. A ce moment-là j'étais ami des deux Sandrine. C'était l'époque où l'on s'écrivait toutes les semaines : il n'y avait pas internet et le téléphone même local coûtait très cher pour des lycéens...
En 1987, je suis parti à Clermont-Ferrand en faculté d'Histoire. C'est à l'automne de cette année là que je rencontrais mon premier amour, que je sortais avec une fille pour la première fois (oui, j'étais pas très précoce : j'ai attendu d'avoir 17 ans...), Isabelle, premier baiser devant le Banville, pas le lycée, le bar, toujours à Moulins, évidemment. Mon amitié pour Sandrine grandissait. Nous nous écrivions toujours aussi régulièrement. Je me souviens de quelques jours de bonheur pour les vacances de la Toussaint 1987. Les deux Sandrine et Philippe (un des amis communs) et Thomas étaient descendus trois jours à Clermont chez une copine. Ils m'avaient rendu visite dans ma petite chambre universitaire et j'avais passé une nuit entière à parler avec Sandrine. C'était un temps béni.
L'été 1988 fut un grand moment, celui des vacances à Saint Rémy sur Durolles, un petit village magique près de Thiers... Camping avec les deux Sandrine, Philippe et le copain de Sandrine B. C'est le même été où j'ai pour la première fois fait des fouilles archéologiques. En tout cas, très grande complicité avec Sandrine. Une amitié amoureuse pour moi. Une immense et sincère amitié pour elle. Déjà un quiproquo qu'on n'évoque pas. Je suis retourné à Saint Rémy sur Durolles l'été dernier. C'était la première fois que j'y repassais, plus de quinze ans après... Vous pouvez imaginer mon émotion.
Les années passent. Après Isabelle, longue période de déprime. Je rencontre Nathalie, avec qui je reste un an et demi, mais que je mettrai plus de dix ans à oublier. Puis commence une période assez sombre de ma vie... "Le côté obscur"... En septembre 1990, je suis embauché comme surveillant au Pensionnat Notre Dame, rue du Lycée à Moulins (rue qui marquera ma vie : j'allais y habiter quelques années plus tard et c'est la rue qui me permettra de rejoindre la Nouvelle Rampe... comprenne qui pourra). Les faits ont plus de quinze ans... Ils sont prescrits, j'espère. J'ai vingt ans. Mes élèves ont quasiment le même âge, notamment une certaine Sophie... Ce qui ne doit pas arriver arrive. Je sors avec elle. Et je dérape très vite. Je démissionne de mon poste car je sais la situation intenable. Je jure de ne jamais travailler dans l'Education nationale... Je n'ai pas tenu parole. Je suis resté plus de trois ans avec Sophie.
Durant ces trois ans avec Sophie, je vais faire le vide autour de moi et perdre progressivement mes amis, que j'ai mis des années à retrouver. Seule Sandrine C. restera fidèlement là. On continue à s'écrire, à se voir. J'habite à Clermont, je passe mon CAPES, je suis stagiaire à Aubière. Sandrine, qui est étudiante à Paris, effectue un stage patrimoine (ou un complément de formation, je ne me souviens plus vraiment) à Clermont, ce qui nous permet de nous voir de temps à autre. Au fond de moi, je suis amoureux d'elle, ou en tout cas j'en suis persuadé...
1993... Année terrible. Sophie, suite à un concours dans la fonction publique, est nommée à Grasse, au mois d'avril... Je suis totalement désemparé. Sept cents kilomètres nous séparent désormais. Cette mutation arrive au moment où nous sommes le plus amoureux, comme un coup du Destin. Le voyage pour Grasse sera un des jours les plus sombres de ma vie. Notre histoire durera encore quelques mois mais s'achèvera misérablement... En octobre de la même année je rentre au 7ème régiment d'artillerie à Nevers. Pendant mes quatorze mois de service, la personne qui me remontera le moral par ses nombreux courriers sera Sandrine. Lors d'une permission je passe quelques jours à Nanterre avec elle. Elle est alors étudiante au Louvre mais pense à se réorienter dans la documentation... Elle travaille quelques heures par semaine à la Maison-Fournaise à Chatou, haut lieu des Impressionnistes. Je suis amoureux de Sandrine et je le lui écris. Elle me répond gentiment en éludant le sujet. Peut-être aurait-elle dû mettre les points sur les i ?
Fin 1994, je retourne à la vie civile... Nommé au collège Emile Guillaumin à Moulins, établissement ZEP de huit cents élèves... En vingt quatre heures je passe de la caserne à un monde délirant... pour moi... Le lendemain de mon arrivée un élève me menace de mort... Charmant. Mon amour pour Sandrine devient trop fort. Comme je ne vais pas bien dans ma vie professionnelle et que je me retrouve seul à Moulins sans connaître personne après plus d'une année à vivre en collectivité, je me raccroche à cet amour, impossible, forcément impossible... Début janvier 1995, j'écris à Sandrine que ce n'est plus possible de rester amis, parce que je l'aime trop. C'est un peu illogique ; surtout, je ne lui demande pas son avis et j'évite de parler avec elle, même au téléphone. Forcément, je sens un vide terrible en moi.
Juin 1995, je décide de tenter l'aventure en Corse... J'en ai assez de l'Education nationale et de ces collégiens surexcités voire violents. Une opportunité de poste comme recenseur documentaliste des Monuments historiques se présente à la Direction régionale des Affaires culturelles de Corse, à Ajaccio. J'appelle Sandrine pour lui annoncer la nouvelle. Nous renouons par téléphone et on s'écrit à nouveau. Je passe la voir à Paris lors d'un stage en novembre 1995 puis lors de vacances en mars 1996. On se téléphone toutes les semaines. On s'écrit autant... Mais le mal me reprend et je lui dis de nouveau que je suis amoureux d'elle. Normal, ma vie à Ajaccio est totalement vide. Alors je me réfugie dans ce rêve d'histoire d'amour impossible. Cette fois-ci, nous nous embrouillons par lettre. C'est la rupture, consommée, brutale. En juin de cette année 1996, Sandrine va venir quelques jours en Corse avec l'autre Sandrine et des amis. Ils ne me feront pas signe quand ils passeront à Ajaccio. De toute façon, je ne veux plus penser à elle.
Les années passent. Trois ans à Moulins, dont deux rue du Lycée... En poste au Collège François Villon à Yzeure puis au collège de Cosne d'Allier. J'ai finalement très vite retrouvé l'Education nationale : les élèves me manquaient trop. Mais la Corse me manque à son tour et j'ai surtout l'impression de n'en avoir pas assez profité. Lors d'un passage à Paris, j'essaie de retrouver Sandrine mais elle a déménagé. Je pense de plus en plus souvent à elle. Je me rends compte combien j'ai été stupide. Si nous avions parlé, si je m'étais raisonné, j'aurais progressivement effacé de mon coeur mon sentiment amoureux et notre amitié aurait été consolidée. Mais j'étais brusque, emporté, fataliste. Je cultivais les histoires qui finissaient mal. Je ne me voyais pas passer la trentaine... Résultat : j'ai perdu ma meilleure amie, je l'ai faite souffrir, et elle me manque terriblement.
En 2000, je ne sais pas comment, je lui avais écrit, et j'avais reçu une carte d'elle sans adresse me disant simplement qu'elle ne m'en voulait plus depuis bien longtemps et qu'elle me souhaitait une bonne vie en Corse. C'est tout ce qui me reste d'elle, cette petite carte...
Il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à elle. Je rêve souvent d'elle. J'aimerais l'appeler pour parler du dernier film qu'elle a vu, du dernier livre que j'ai lu, lui raconter les petits potins du boulot, l'écouter me parler d'une exposition de peinture qu'elle a visitée et, à l'occasion, se voir pour un petit repas et un tour en ville. Mais je ne sais pas où elle habite. J'ai cherché par le net à la retrouver, y compris par les moteurs de recherches (qui m'ont permis de retrouver plusieurs personnes), mais rien. Elle a peut-être changé de nom, elle s'est probablement mariée, elle n'a peut-être tout simplement pas l'usage régulier du net, en tout cas pas sous son nom.
Je sais... A quoi bon continuer à la chercher ? Elle n'a probablement nulle envie de me revoir. Je n'en sais rien. Je ne suis plus du tout amoureux d'elle, je suis totalement guéri de ce mal, mais comme j'aimerais la revoir car c'était ma meilleure amie et elle me manque. Je n'ai jamais retrouvé cette complicité avec personne même si il y a bien eu de grands moments avec Valérie-Anne et plus récemment une certaine demoiselle mais ce n'était malgré tout pas pareil : d'abord, ces deux personnes étaient beaucoup plus jeunes et j'étais franchement amoureux d'elles du départ. Avec Sandrine il y avait une relation d'égalité, nous étions comme frère et soeur. Avec Valérie-Anne, pour plaisanter, on s'appelait cousins. Pour la jeune demoiselle, je me sens un peu tonton, elle m'a d'ailleurs dit une fois que j'étais un tonton gâteux...
Cette absence, ce silence, me hantent depuis des années. Je suis seul responsable de cette situation et je le sais bien. C'est la raison qui m'a fait fuir des années durant les amitiés avec des personnes du sexe opposé car je craignais qu'un jour ou l'autre je tombe amoureux et que je souffre de nouveau en détruisant une belle amitié.
J'ai été un peu long mais c'est une confession, pas un flash météo ! Je ne sais pas pourquoi j'ai écrit ces lignes... Pour partager mon secret... Oh, ce n'est pas un grand secret... Il n'y a pas eu mort d'homme. Il y a eu assassinat d'amitié, ce qui reste un crime très grave à mes yeux. Et ça, je ne me le pardonnerai jamais.

mardi 7 février 2006

Mon Dieu que j'l'aime !!...

Bon, d'abord, je vais tout de suite apporter une précision : "Mon Dieu", c'est une forme littéraire. Cela ne signifie nullement que je suis croyant ou non, que j'en tire un quelconque profit, que je m'en vante ou que je caricature le sentiment religieux de tel ou tel ou au contraire l'absence de sentiment religieux, ni que je fasse une distinction entre les uns et les autres... Eh oui, suite aux affaires des caricatures de M***, nous sommes rentrés dans l'ère du super politiquement correct... Alors, pour pas qu'on me brûle une ambassade, je préfère préciser... Ceci étant dit, je peux en venir au sujet de ce texte...

Mon Dieu que j'l'aime ! comme le chantait si bien William Sheller... Oui, comme je l'aime... Je pensais pas que ce fut Dieu possible. Un moment, je me suis dit que cet amour s'estomperait avec le temps, car nous allions cesser de nous voir régulièrement. Que nenni ! Le vieil adage "loin des yeux, loin du coeur" ne s'est pas vérifié. Alors, je me suis dit : au contraire, revois la et tu te lasseras, tu la trouveras banale, futile, pas si jolie que ça, pas très intéressante... Tu parles ! En la revoyant, je l'ai trouvée encore plus belle, particulièrement intelligente et fine, sensible, délicieusement légère également, à la fois forte et fragile, si généreuse et pétillante, un ange, une princesse... Je me suis dit que je cultivais les amours impossibles mais c'est faux. Je ne cultive rien du tout. Je ferais tout pour ne plus être amoureux d'elle. Je préfèrerais aimer une femme de trente ans, prête à me faire trois gosses, avec qui je partagerais des passions simples et que mes copains accepteraient sans un petit sourire ironique ou condescendant. Je n'ai pas choisi de l'aimer parce que c'est une histoire impossible. J'aimerais que cette histoire prenne forme. Je suis comme tout le monde, je suis fait de chair et de sang, les amours platoniques - en plus non réciproques -, c'est pas forcément passionnant... loin de là ! En plus, ces dernières années (depuis la mésaventure de mon coup de foudre passionnel pour Valérie-Anne), je n'ai fréquenté que des femmes ayant atteint la trentaine ou en approchant, sans compter une certaine quarantenaire qui m'avait envoyé promener entre autres raisons à cause de mon trop jeune âge.

Mais qu'importe ! Je n'ai pas choisi de l'aimer mais je ne le regrette pas non plus. Ma vie a tellement changé depuis quelques mois. Cet amour m'a donné tant de force. C'est un amour impossible, la belle affaire ! Qu'est-ce que ça peut faire ? J'irai de par la vie sans souci avec parfois quelques moments de mélancolie mais j'ai appris à garder la tête haute, j'ai même appris à ne plus avoir honte de pleurer... Un jour viendra, j'en suis sûr (fichu optimiste qui croit encore à ces vieux mythes de la femme de sa vie avec qui on fonde une famille... eh oui ! j'ai un idéal petit-bourgeois... comme beaucoup d'entre nous, non ?), où je rencontrerai quelqu'un, "la" personne, même si je n'y crois pas et qu'en plus au fond de moi je ne sais pas bien ce que je ferais d'une vie de famille... je suis trop maladroit pour ça ! Enfin, au cas où, même si je rencontre la personne qui me comblera, quelque part dans mon coeur je penserai toujours à elle, celle dont je dois taire le nom par respect pour elle et pour la protéger des élucubrations d'un trentenaire maniaco-dépressif. C'est ainsi. C'est l'Amour. Depuis longtemps, je n'y croyais plus, en tout cas j'avais des doutes. J'ai retrouvé la Foi, la Foi en l'Amour. Finalement, on y revient : Dieu n'est pas très loin... Non ! Non ! Ne me brûlez pas ! Au Moyen-Age, j'aurais certes fini sur le bûcher et de nos jours je serais décapité par les Intégristes athées ou ultra-croyants pour avoir osé parler de l'Amour comme d'une véritable croyance, d'un culte, d'une religion. Je revendique d'aimer et que ce n'est pas une simple pulsion, c'est une véritable profession de foi... En même temps, je ne cherche pas à convaincre qui que ce soit, pas même moi-même. Je l'aime. C'est tout. C'est Tout.

Ce message sera le dernier sur ce blog avant un petit moment parce que je sais pas trop de quoi causer. J'ai été estomaqué par la polémique des caricatures et, pour la première fois depuis très longtemps, je n'ai pas trouvé les phrases, pas même les mots, parce que je ne comprends décidément plus ce monde où les gens hurlents, brûlent, cassent, par centaines, par milliers, pour des dessins ridicules. Qui a tort ? Qui a raison ? Peut-on rire de tout ? Et la liberté d'expression ? On n'en est même plus là. Comme dirait l'autre, la maison brûle, et il n'est plus temps de chercher à comprendre les causes de l'incendie. Les Américains et leur politique agressive en Irak, les Israéliens et leur intransigeance, les Européens et leur morgue, les Français et leur hypocrisie, les Palestiniens et la corruption de leurs dirigeants, la susceptibilité de tout le monde, mettre Dieu là où il ne doit pas être, mélanger tout et le reste, faire appel à des livres religieux de plus de mille ans pour régenter sa vie et surtout celle des autres, etc... etc... Quelle époque ! Quelle époque sinistre ! Et qu'on ne nous parle plus du XXIème siècle spirituel car l'esprit n'a pas grand-chose à voir avec tout ça. Laissez donc Dieu où il est et foutez-nous la paix avec ça ! J'en sais rien, je sais plus rien. J'ai mes convictions, il m'arrive d'être choqué par telle ou telle phrase, tel ou tel sketch d'humoristes douteux... faut-il pour autant que j'embrase mon quartier, brûle la voiture de mon voisin et insulte tout le monde ? Peut-être. Après tout, c'est moi qui suis peut-être dans le faux. La violence est peut-être le seul moyen d'expression. J'aurais dû brûler "Da Vinci Code" parce qu'un Américain imbécile y prétend que Jésus s'est tapé Marie-Madeleine et qu'ils sont eu des enfants qui furent les ancêtres de Clovis et des Mérovingiens. Je devrais foutre une bombe chez les Guignols toutes les semaines. Ouaip, faudra que j'y pense, tiens. En même temps, j'ai bien aimé ce roman même s'il est mal écrit et historiquement abject. Quant aux Guignols, je ne les rate pas depuis plus de dix ans... Laissons Dieu à sa place, dans le coeur des hommes, pas dans celui des sociétés. Ai-je tort ? Je ne sais pas. La plupart de mes amis sont athées. Dans les trois quarts des pays du monde ils seraient condamnés à mort parce que non croyants... Vous imaginez ça, j'aurais plus d'amis ! Et moi je serais en prison à vie pour doute chronique... Oups ! Pas marrant, tout ça !

Mon Dieu que j'l'aime ! C'est tout ce que je sais et ça je le sais.

mercredi 1 février 2006

Février, enfin !

Février, enfin ! Fini le mois de janvier et son cortège de voeux... Remarquez, cette année, j'ai pas abusé des cartes et j'en ai pas non plus reçu beaucoup... Ceci entraînant celà... Janvier avait commencé dans l'attente de nouvelles de personnes qui m'étaient chères et s'est terminé en compagnie de ces personnes... Comme quoi, patience et... tout finit par arriver... Janvier, drôle de mois... Drôle de mot, ce mot drôle, comme le mot bizarre... Y a rien eu de drôle ni de bizarre. Y a eu tout sauf du drôle et du bizarre ! Un mois de transition entre une ancienne vie à la campagne et une prochaine vie dans la ville où j'ai déjà vécu de nombreuses années, Moulins, et que j'avais quittée pour le Cap Corse... Un mois où la santé de ma mère s'est dégradée... Là aussi, étrange phrase : la santé qui se dégrade... pour ne pas écrire : la maladie qui se renforce ?... Un mois où j'ai retrouvé le goût de virées d'antan, à faire la tourner des bars, finir en boîte et se réveiller en se demandant si on n'avait pas trop dit de bêtises. Un mois entre l'euphorie d'une pièce de théâtre et l'attente de repartir dans une autre aventure (en sachant que ceux avec qui j'avais le plus partagé cette aventure ne seront peut-être pas de la prochaine : Laurent a confirmé hier soir qu'il ne jouerait pas dans la prochaine pièce, Françoise ne veut qu'un petit rôle et Samantha est bien plus enthousiaste mais elle sera à Clermont à partir de septembre...). Un mois dans les cartons.
Janvier est mort. Vive février ! J'attendais beaucoup de janvier. Je n'attends rien de spécial de février. Ce sera le mois de l'installation dans mes nouveaux murs, je vais retrouver la vie urbaine, également un rythme un peu plus équilibré (j'espère !), retourner au cinéma, lire des pièces, aller marcher et courir (en espérant que le temps redevienne un peu plus doux). On verra bien.
Pour "conclure" cet article, quelques citations que j'avais envie de placer depuis un moment mais que je ne savais pas où mettre et que j'ai retrouvées en faisant du rangement, vous savez ces mots griffonnés à la va-vite sur un papier parce qu'on les trouve intéressants puis qu'on laisse traîner et qu'on jette quand on fait du rangement... Là, avant de jeter les bouts de papier, je vais les retranscrire en ligne, d'abord pour en garder une trace (qui ne prendra pas la poussière), ensuite parce que je pense que ces réflexions pourraient intéresser la plupart d'entre vous, celles et ceux qui s'intéressent notamment au processus de création, au cinéma, au jeu d'acteur...
D'abord, une réflexion d'Antonio BANDERAS qui estime que le cinéma est comparable aux plaisirs de la bonne chair... Selon lui, le scénario, c'est la recette. Le tournage, c'est le marché. Le montage correspond au temps de la cuisson. Enfin, la projection signifie "à table !". Bon appêtit... Parfois, le film est indigeste... Peut-être est-ce pour ça qu'on parle de navets ?!
Ensuite, la définition du métier d'acteur par Jodie FOSTER (en français dans le texte car cette personne charmante est parfaitement bilingue) : dire les mots ; sentir les émotions ; faire les gestes. J'avoue approuver totalement et avoir la même démarche. D'autres privilégieront une approche d'abord gestuelle (l'époque est au corps) voire uniquement corporelle. Personnellement, je pense qu'il faut d'abord savoir parler, savoir transmettre des mots, savoir comprendre un texte et le faire sien. Au commencement était le Verbe. Ce n'est pas une simple citation de couleur chrétienne. C'est un fait. Nous existons parce que nous le disons, nous existons par ce que nous disons... Joli jeu de mots et terrain non pas glissant mais très ardu de la métaphysique dans lequel je ne m'aventurerai pas. N'empêche que, pour moi, les mots sont là... Ils sont premiers. Ensuite, s'ils sont maîtrisés, le travail sur le corps et sur la mise en scène devient indispensable et vital. Bien sûr, ce sont là querelles stériles comme de savoir si c'est lapoule ou l'oeuf qui est à l'origine de l'omelette... euh... de la vie...
Enfin, quelques réflexions sur l'écriture d'histoires, sur les thèmes 'éternels'... Ces citations viennent de la postface de la géniale bande dessinée "La Guerre éternelle", écrite par Joe Haldeman et dessinée par Marvano (éditions Dupuis). Les deux auteurs, dans leur correspondance, s'interrogent sur le succès ou l'échec de tel ou tel roman, telle ou telle bande dessinée, telle ou telle histoire. L'un explique qu'il y a une théorie selon laquelle il n'existe que huit canevas possibles pour la fiction, sur lesquels se basent tous les récits... Voici les huit possibilités... "Roméo & Juliette" : un garçon rencontre une fille, ou inversement, et la perd, la retrouve, etc. "Orphée aux Enfers" : la quête de quelqu'un ou quelque chose qui a disparu. "Cendrillon" : le Bien triomphe malgré les difficultés rencontrées au cours du récit. "Faust" : la Faute qui doit être expiée, le Destin qui frappe tôt ou tard. "Circé" : la femme fatale, l'araignée et la mouche... "Achille" : le défaut caché qui met en danger le héros. "Tristan et Yseult" : le triangle classique. "Le Juif errant" : le Voyageur qui n'atteindra jamais son but. Un certain Robin Blake vérifia la véracité de cette théorie des huit canevas. Il trouva un seul film rassemblant toutes les caractéristiques : "Casablanca", film d'ailleurs écrit et tourné dans l'urgence et un peu de bric et de broc... Comme pour signifier que toutes les théories du monde ne valent rien sans la spontanéité du créateur...
Suite à cette liste des huit canevas, l'autre auteur propose un autre angle d'approche : les trois situations du héros... L'homme en conflit avec les circonstances ; l'homme en conflit avec un ou plusieurs autres hommes ; l'homme en conflit avec lui-même. La base du récit reste le conflit. Norman Friedman, par ailleurs, fait la différence entre les histoires de chasse au trésor, les histoires d'hommes et les histoires d'esprit. L'auteur conclue : quand j'écris une histoire je ne pense pas à tous ces trucs, j'essaie de placer un personnage intéressant dans une situation intéressante, et de voir ce qu'il advient. Je vois revenir les problèmes les plus courants des débutants : l'histoire se révèle insoluble et son auteur s'en sort par une médiocre pirouette à la fin de son récit ; au contraire, au bout de deux pages (ou de cinq minutes), on devine déjà comment ça va se terminer. Dans les deux cas, j'abandonne l'affaire. Les autres obstacles sont tous solubles. L'auteur (qui est également professeur de littérature) conclue que chaque expression littéraire peut avoir quatre résultats : distraire, instruire, convaincre ou impressionner, le plus intéressant étant évidemment de combiner les quatre...
Qu'en pensez-vous ?...