jeudi 18 mai 2006

Le Code De Vinci... ou le syndrome de l'adaptation

Eh oui... Pourquoi pas dire "Le Code De Vinci", plutôt que "Da Vinci Code" ? après tout, en Italie par exemple, le titre a été traduit... Le vrai complot, c'est la généralisation des titres non traduits... Plus sérieusement, je suis allé voir le film tiré du fameux roman de Dan Brown dès hier soir... Ce qui m'a incité à aller le voir si vite fut d'abord une soirée sans rien à la T.V. (excusez moi mais la finale de la Ligue des Champions c'est pas mon truc... au vu du résultat et des arbitrages contestables... je n'ai rien raté...) et une chaleur écrasante ainsi qu'un gros coup de blues dû au théâtre (j'en parle brièvement plus bas) à évacuer en allant au cinéma... Enfin, comme j'aime pas le conformisme, le fait que le film soit démoli par la critique m'a incité à aller le voir... Après tout, vous savez ce qu'on dit : quand les critiques sont unanimes contre un film, il est généralement bon... Je me souviens du cas de "Titanic", démoli par la critique avant la sortie du film et qui fut le triomphe de la dernière décennie en salles puis à la T.V. et en vidéo...
Alors, voilà, je suis donc allé voir "Da Vinci Code". Pour ce qui est de mon opinion sur le roman (et surtout sur les contre-vérités historiques véhiculées), j'avais écrit un article sur ce blog en septembre dernier. Appliquant la règle de la rediffusion, je vous le remets ci-dessous en copié-collé pour celles et ceux qui ne l'auraient pas lu ou voudraient se rafraîchir la mémoire. Revenons au film... C'est toujours difficile, une adaptation de roman, surtout d'un roman à succès... On vous attend au tournant... Ron Howard (dont j'ai pas mal apprécié plusieurs films en tant que réalisateur comme "Willow", "Cocoon" ou "Horizons lointains" mais aussi son rôle dans "American Graffiti"...) s'en sort plutôt bien. La première partie du film est un peu poussive (à l'inverse du roman) mais les séquences londoniennes sont plutôt réussies. Le reproche (facile) que l'on peut faire à Howard est finalement d'être resté très proche du roman de Dan Brown... trop proche... Le cinéma est l'art des ellipses et du rythme alors qu'on feuillette un livre et qu'on prend le temps d'en relire les paragraphes obscurs... Au crédit du film, on a d'abord ses deux acteurs principaux. Tom Hanks, en universitaire faussement naïf, nous offre un personnage finalement assez dense. Quant à Audrey Tautou, elle apporte une touche d'humour à son personnage. A ce propos, l'humour est présent, notamment dans la seconde partie du film (ah... les dernières répliques d'Audrey Tautou...), offrant aux spectateurs quelques respirations dans l'intrigue. Les dialogues ont été soignés et on sent que Dan Brown (qui a lui-même dirigé l'adaptation de son roman) a mis de l'eau dans son vin par rapport aux théories de son roman... Le personnage interprété par Tom Hanks relativise considérablement les propos iconoclastes de son ami le professeur Teabing (magistralement interprété par Ian McKellen, qui joua Gandalf dans "Le Seigneur des Anneaux") (au fait, le nom de ce personnage, Leigh Teabing, est l'anagramme des noms des auteurs de "L'Enigme sacrée", ce livre que Dan Brown a impitoyablement pompé... voir mon article ci-dessous). Par contre, la question que je me pose après avoir vu le film, c'est : peut-on le voir sans avoir lu le livre ? C'est pas sûr... car les développements du roman éclairent certains propos menés rapidement dans le film. En conclusion, je conseille aux amateurs de films à mystère avec fond historique (même s'il est ici particulièrement écorné... comme souvent au cinéma) d'aller voir ce film. Ils passeront un bon moment. Les amateurs de cinéma cartésien ou intimiste ainsi que les allergiques au mystère et aux religions (soit parce qu'ils sont enracinés dans leur foi soit au contraire parce qu'ils sont des athées convaincus) s'ennuieront ferme.
Enfin, je souris en voyant les réactions à travers le monde suite à la sortie de ce film... Dans certains pays musulmans et bouddhistes, il est interdit pour blasphème... Par ailleurs, des groupes de catholiques plus ou moins organisés à travers le monde (mais pas l'Eglise de Rome en tant qu'institution) appellent au boycott... L'Opus Dei, au contraire, en profite pour faire des journées portes ouvertes (là, on croit rêver...). Je me souviens encore de la polémique des caricatures du Prophète et, à la fin des Années 1980, déjà à propos de la mise en scène de la liaison supposée Jésus - Marie de Magdala, le boycott massif du film "La Dernière Tentation du Christ" (allant jusqu'à l'incendie d'un cinéma à Paris avec un mort)... film qui, soit dit en passant, m'a personnellement redonné la foi et que j'apprécie de revoir régulièrement malgré ses défauts de réalisation (le réalisateur, Martin Scorsese, n'avait eu aucun financement pour son projet... et ça se sent... à l'inverse de "Gangs of New York" où, là, on voit à chaque image qu'il avait les dollars nécessaires...). Je suis chaque fois consterné par la bêtise humaine, le fanatisme de certains groupes dits religieux. Car de quoi ont peur les croyants ? Si on est si peu convaincu par sa propre foi qu'on soit ébranlé dès qu'une trame romanesque aborde le sujet de sa foi ou que quelques (mauvais) caricaturistes se permettent de faire des amalgames douteux... c'est qu'on est finalement de bien peu de foi (ou qu'en tout cas elle est particulièrement fragile) ! Amis croyants de toutes confessions, vous pouvez aller voir "Da Vinci Code"... vous n'irez pas griller en enfer ! Amis athées, vous pouvez aussi aller voir le film même si je pense que vous vous ennuierez ferme en pestant : "Ah ! comme ils nous ennuient avec leurs histoires de religions !"
Avant de passer à la rediffusion de mon article sur le roman "Da Vinci Code"... Quelques mots de la deuxième lecture de "Inspecteur Grey" (la pièce dans laquelle je joue en octobre)... Progressivement, tout se met en place... Mais je suis abominablement stressé par mon personnage... Je joue le secrétaire du mort, un homme ordinaire, banal, qui commet un délit parce que l'occasion se présente, un homme amoureux dont les avances sont repoussées. Et ce personnage tellement ordinaire me fait un peu peur. Car comment jouer, finalement, celui qui pourrait presque être soi-même ? C'est tellement plus facile de jouer quelqu'un de loin de soi. Je repense à mon personnage de Bouzin dans "Un Fil à la Patte"... J'avais mis du temps à le cerner mais, au terme, c'était un plaisir de jouer cet énergumène entraîné de bout en bout par Feydeau dans une intrigue qu'il ne maîtrise jamais... Là, avec René Dupré, je suis face à quelqu'un de totalement prévisible, qui pourrait être moi... D'un côté, j'ai peur de me perdre dans un tel personnage. De l'autre, j'ai peur de surjouer (pour souligner les sentiments de ce personnage "monsieur tout le monde") voire d'être un peu caricatural justement parce que je forcerais le trait ou au contraire je serais transparent et terne. En plus, mon personnage est le seul dans cette situation... Tous les autres sont bien marqués : les deux inspecteurs (le vieux de la vieille à qui on ne la fait pas et celui qui mène rigoureusement son enquête, entre Colombo et Sherlock Holmes) ; les deux héroïnes (la jeune fille au caractère trempé et sa demi-soeur, femme froide et distante) ; les domestiques (trois seconds rôles qui apportent pas mal d'humour dans une pièce assez sombre). Bref, je suis en plein doute quant au théâtre. Je me suis même demandé si j'allais continuer les répétitions ou pas...
Mais revenons au "Da Vinci Code"... Voici donc mon article, rédigé en septembre 2005.
DA VINCI CODE ou De l'Amour des Complots...

Tout d’abord, je tiens à préciser que j’ai lu ce roman, et en une journée, tellement j’étais «pris» par l’histoire, grâce au style de Dan BROWN, proche de celui de Mary Higgins CLARK : petits chapitres avec un rebondissement appelant la suite... J’ai simplement trouvé la fin plutôt grotesque : les retrouvailles en Ecosse m’ont fait penser à « La Petite Maison dans la Prairie » et l’épilogue avec Marie-Madeleine enterrée dans la Pyramide du Louvre prête largement à sourire... Ensuite, rassurez-vous, je ne vais pas faire d’ultimes révélations sur le sens secret de tel ou tel chapitre...
Mais c’est un bon roman d’aventures. Par contre, ce qui m’énerve, m’agace, voire me fatigue, c’est tous ces lecteurs qui ont redécouvert le monde avec ce roman, et tous les auteurs de guides, contre-guides et contre-contre-guides démystifiant tel ou tel point... Ils ont oublié qu’on a affaire à un roman d’aventures. C’est aussi absurde que d’étudier l’histoire de France en partant des romans d’Alexandre DUMAS ou d’imaginer que l’Arche d’Alliance est dans un entrepôt à Washington (cf. «Les Aventuriers de l’Arche perdue»). Ici, suite à la lecture de l’ouvrage de Dan BROWN, des milliers de personnes sont persuadées que l’Eglise leur ment depuis deux mille ans (pas forcément faux) en leur cachant la liaison entre Jésus et Marie de Magdala, liaison de laquelle serait née Sarah, ancêtre des rois mérovingiens... L’un des indices de cette liaison est le tableau de «La Cène», superbe oeuvre de Léonard De Vinci... Je vous la fais courte... Et la machine à fantasmes et à contre-vérités est lancée...
Quelques rappels par rapport aux "affirmations" tirées de ce roman. Tout d’abord, Jésus, on ne sait même pas s’il a vécu : il n’existe aucune trace archéologique et pas de traces historiques sinon les écrits chrétiens. Bon, mettons qu’il ait existé... Il est décrit par des Evangiles, dont certains ont été retenus par les églises et d’autres non. Les évangiles non retenus ont pris le nom d’apocryphes : cachés. Mais ils ne le sont plus car on peut les trouver chez tout bon libraire !! En l’occurrence, Dan BROWN cite «L’Evangile selon Philippe» où sont évoqués les baisers échangés entre Jésus et Marie de Magdala. Ce texte n’est pas secret... Le choix de garder tel ou tel évangile fut un processus long qui prit des siècles et qui est très bien connu et décrit par de nombreux ouvrages contant l’histoire des conciles et les débats houleux qui ont animé l’Eglise ou plutôt les églises... Après tout, la liste officielle («le canon») et définitive des livres composant la Bible Catholique date du Concile de Trente, soit du XVIème siècle...
Dan BROWN évoque le tableau de «La Cène» par De Vinci et il en fait un de ses principaux arguments sur le complot de l’Eglise depuis 2000 ans. Or, ce tableau, censé décrire un événement de la vie du Christ, a été réalisé plus de quatorze siècles plus tard. Si De Vinci était au courant de quelque chose de secret quinze siècles après c’est que l’Eglise n’a pas su cacher ce fameux secret. Et, en plus, les curés ont été tellement bêtes qu’ils ont laissé ce tableau accroché dans un monastère. La vérité est plus simple : Jean, «le disciple bien-aimé» (ce qui, d’ailleurs, a permis à certains d’évoquer une hypothétique homosexualité de Jésus comme Prieur et Mordillat dans «Jésus contre Jésus»), est représenté en jeune homme presque féminin dans nombre de tableaux de la Renaissance. Et on soupçonne même De Vinci d’avoir peint un de ses amants. Quant à la main en trop, c’est effectivement un mystère, mais déduire d’une main le mariage du Christ, le complot, etc... etc... c’est aller vite en besogne.
Dan BROWN parle d’une notion obscure, l’Eternel Féminin, et nous explique que l’Eglise, en voulant nier l’existence de Marie de Magdala (qui est quand même, selon les évangiles officiels, celle qui annonce la Résurrection de Jésus... pour quelqu’un qu’on oublie elle a un rôle plutôt important !...), a tout fait pour nier le rôle des femmes... Ce ne sont ni les Juifs ni les Chrétiens qui avaient une vision négative de la femme. C’est malheureusement un point partagé par toutes les civilisations ou presque que de nier l’Humanité à la moitié de celle-ci. Allez où vous voudrez, vous verrez des femmes opprimées. Le Judaïsme et le Christianisme ne sont pas à l’origine de l’asservissement de la femme. L’auteur évoque même une scène délirante, étonnamment peu relevée : il parle de célébrations orgiaques dans le Temple de Jérusalem, d’unions entre prêtres et prostituées sacrées... Il mélange tranquillement des rites romains et grecs et les transpose dans le monde hébreu...
Le top, c’est l’idée que Jésus et Marie de Magdala ont eu une descendance et que cette héritière s’est établie en France et est à l’origine des Mérovingiens. Génial ! Enfin un auteur américain qui aime la France et l’aime tellement qu’il lui donne une dynastie royale d’origine divine... Divin ! C’est le cas de le dire... Une affirmation tellement énorme que, même les personnes qui encensent le roman, en disant qu’il leur a tout appris, sont gênées et reconnaissent que, là, il va un peu fort dans son délire...
La plupart des théories fumeuses du «Da Vinci Code» se trouvent dans «L’Enigme sacrée», un ouvrage écrit par trois pseudo-historiens anglais et qui connut un certain succès de librairie dans les Années 1980 (il a été récemment réédité aux éditions J’ai lu). Le seul vrai reproche que je ferai à Dan BROWN, c’est de ne pas citer cet ouvrage qu’il a allégrement utilisé. Les auteurs, qui enquêtèrent sur le fameux abbé Saunières, son trésor supposé et sa tour de Magdala, mêlent les sources, les personnages d’époques diverses et élaborent des hypothèses délirantes. J’ai tenté de lire leur bouquin, j’ai attrapé une grosse migraine avant la cinquantième page.
Pour conclure, je dirai qu’il est un peu délirant de chercher des vérités historiques dans un roman d’aventures. Le thème du complot est un classique qui marche toujours. Dan BROWN use et abuse de cette ficelle. Dans un autre de ses romans il évoque les Francs-Maçons qui font fantasmer beaucoup de monde depuis deux siècles... Et j’aurai une petite réflexion personnelle. Si l’on suppose que Jésus a existé et qu’il était persuadé d’être le Messie (je ne dis pas qu’il l’était, car cela relève de la foi ou non de chacun, mais je dis que lui en était persuadé), qu’il savait ce qui l’attendait, il ne pouvait se permettre de prendre une épouse et surtout d’avoir des enfants, puisqu’il savait qu’il allait à la mort. Et, quand bien même il aurait été amoureux, et alors ? On nous aurait menti ?!... De toute façon, il faudrait se rappeler que l’on a affaire ici à un roman. Enfin, clin d’oeil, si il y avait depuis deux mille ans un complot pour nous cacher la vérité (la chanson de Dutronc : «On nous cache tout, on nous dit rien»), eh bien, le complot, il a échoué car quand on voit le nombre d’exemplaires de ce roman qui ont été vendus... Le secret a été mal gardé ! Le Prieuré de Sion a bien fait son boulot !!!
Voici, enfin, le commentaire d'Isabelle, avec lequel je ne peux être que d'accord :
"Salut Jean-François, j'ai bien aimé ton billet. Je partage largement ton opinion. Pour ma part, j'ai bien compris qu'il s'agit d'un bon roman d'aventures, mais le reproche que je fais à l'auteur, c'est de s'être permis de prétendre que tout ce qu'il raconte est VRAI. Et, en définitive, cela lui enlève même son mérite de "créateur, d'inventeur". Na ! Bisous. Isabelle." C'est vrai que ce qui est gênant dans ce roman, c'est la préface où Dan Brown affirme que tout est vrai, introduisant le doute et la confusion chez le lecteur peu au fait de la réalité historique...

lundi 15 mai 2006

Voyage dans les greniers de ma vie...

Ce week-end fut un grand saut temporel pour moi... Je me suis rendu chez mes parents samedi en fin d'après-midi. Souvent les séjours chez mes parents ont tendance sinon à m'angoisser au moins à me rendre anxieux. Vous qui lisez ce blog savez que l'évolution de la maladie de ma mère me préoccupe beaucoup ainsi que le surmenage que cela provoque chez mon père... Je vais pas en faire des tartines... D'abord, c'est réellement personnel ; ensuite, on n'y peut rien sinon essayer de garder la tête hors de l'eau voire même de garder la tête haute.
En tout cas, j'étais donc chez mes parents ce week-end. Et, comme chaque fois que j'y vais, j'ai fait un bond dans le passé... Normal quand on se retrouve dans sa chambre d'enfant et qu'on trouve parmi les affaires tel ou tel objet souvenir d'une époque plus ou moins lointaine... Toutes et tous connaissez ce sentiment qui nous gagne subitement quand on retrouve un objet complètement insignifiant pour toute autre personne et qui appelle en nous mille et mille sensations et émotions... C'est la fameuse Madeleine de Proust comme me l'a rappelé Laurent (également appelé Général Riomous !). Il est aussi des fois où l'on va soi-même à la recherche de son passé dans un but bien précis... C'est de l'archéologie personnelle en quelque sorte...
Ainsi, samedi, j'ai retrouvé dans un des greniers de mes parents mes figurines de La Guerre des Etoiles qui j'avais acquises quand j'étais ado puis jeune adulte... Je les avais achetées entre 1984 et 1990... J'en avais une quarantaine. Je savais que je les avais toujours : on est très conservateurs dans la famille (d'où la surabondance d'affaires entassées... oups !). Par contre, j'avais complètement oublié que je les avais empaquetées individuellement, indiquant pour chaque figurine son nom et les épisodes dans lesquels elle apparaissait... On reconnait là le futur documentaliste (Superdoc forever !!). J'ai donc retrouvé ces figurines samedi. Depuis un moment, je pensais à les récupérer, et le double déclic fut la Convention Star Wars de Cusset et d'aller chez Jean-François, un des acteurs de La Nouvelle Rampe, et de découvrir chez lui dez centaines de figurines de soldats de l'Empire car il est passionné de Napoléon... Après tout, moi aussi, j'ai mes petites figurines et je me devais de les retrouver. Alors, je vais prochainement m'acheter une vitrine et ramener à la vie mes personnages de la saga de George Lucas... Samedi, en fin d'après-midi, il s'en est fallu de peu que je ne mette pas à jouer par terre comme quand j'étais gamin...
Dimanche, autre bond temporel... J'ai retrouvé mon récit de mon séjour à Saint-Bonnet-près-Riom, l'été de mes quinze ans... C'était en 1985. J'avais fait une semaine de camp vidéo avec une douzaine d'autres ados de Moulins. C'était un séjour organisé par la mairie. On avait appris à faire des petits films et un peu de montage. Ce fut surtout une grande école de la vie... Une semaine d'amitié avec ses tensions mais aussi ses moments fabuleux comme souvent ce genre de séjours. Hélas, comme bien souvent également après des rencontres de vacances, je n'ai pas gardé vraiment contact ensuite avec les autres jeunes (depuis, j'ai toujours peur de perdre contact avec les gens que j'aime, une peur panique). Ce séjour fut essentiel pour moi, je dirai même qu'il fut fondateur. C'était le dernier camp auquel je pouvais participer (j'avais franchi la limite d'âge fatidique des 15 ans). Plus tard, trois ans plus tard, j'ai fait des fouilles archéologiques à Larina (dans l'Isère) et retrouvé cet esprit de camaraderie que j'aime tant (je l'ai retrouvé aussi en 1997 au Grand Bal de l'Europe à Gennetines). J'étais pleinement conscient que je quittais le monde de l'enfance. D'ailleurs, dans mon récit transparaît la peur de vieillir et déjà ma volonté de travailler avec des jeunes pour garder le contact avec la jeunesse... Au cours de ce camp, j'ai vécu tant de choses... Je crois que je mettrai un jour mon récit en ligne pour les personnes que ça intéresse... Avec le récit, j'ai retrouvé les mots des amis à qui je l'avais fait lire, notamment Fred Thé et Fred de Limoges... C'est réconfortant de savoir que vingt ans après nous sommes toujours amis, malgré les vicissitudes de la vie... Cet été fut vraiment un tournant pour moi. C'était au début de cet été 1985 que j'avais découvert le film "Furyo" qui allait marquer ma vie pour les vingt ans qui suivront. Et c'est lors de ce séjour que Valérie, la monitrice que j'adorais tant, me donna ce surnom qui me suit toujours : Jeff. En retrouvant mon récit, j'ai aussi retrouvé les photos du séjour... Les photos de quand j'avais quinze ans... J'étais plutôt pas mal, très grand... par rapport aux autres... ils avaient tous deux ans de moins que moi et surtout j'avais grandi très vite... depuis, tout le monde m'a rattrapé et même doublé. J'avais des abdos et les cheveux blonds en brosse. Quand je revois ces photos, ça me donne la pêche pour continuer mon régime entamé avant les représentations de "Un Fil à la Patte" en décembre. Je ne retrouverai jamais mes quinze ans, évidemment, ce serait absurde et même dangereux... Mais, par contre, en se retrouvant soi-même, on apprend à s'accepter (je n'irai jusqu'à dire s'aimer car pour moi c'est assez inconcevable), à s'assumer et à continuer à vivre... Je concluerai cette petite réflexion par la citation du moniteur du camp de Saint-Bonnet, citation qui m'accompagne depuis des années et que j'avais même mis en exergue sur ce blog : "Si tu sais d'où vient le vent, va où le vent te mène."
Autres bonds temporels, mais beaucoup plus courts... Ceux que permet ce blog... Je me suis amusé l'autre jour à relire quelques textes écrits au cours des mois précédents, l'occasion de mesurer le chemin parcouru et de sourire à telle colère, telle indignation, tel émoi, qui paraissent avec le recul bien dérisoires... ou au contraire voir combien certains sentiments se révèlent et s'affirment... Mais l'introspection, ça va un moment ! Place à l'action ! Je vais retourner jouer avec mes figurines... Plus sérieusement, je vais commencer à apprendre mon rôle pour "Inspecteur Grey". Nous jouons les 24 et 26 octobre. Mardi dernier, c'était la première lecture. J'ai, personnellement, plus de deux cents lignes à apprendre... Pas mal de boulot en perspective... Quelle joie en tout cas de retrouver La Nouvelle Rampe !
Pour terminer ce message, comme à la télévision on a souvent droit à des rediffusions, je vais faire pareil sur ce blog... Je remets en ligne un texte écrit en décembre et qui avait beaucoup plu alors. Et j'avoue que c'est un des textes dont je suis assez fier. Portez vous bien.

CLEOPATRE

Elle a la grâce et l'élégance d'une danseuse
Son rire est franc et généreux
Son regard est tendre et précieux
Parfois elle est un peu soucieuse
Elle a l'énergie et l'innocence des filles de son âge
Je la soupçonne de ne pas être toujours très sage
Elle est libre et fière et fragile à la fois
Elle a mis mon petit coeur en émoi

Shakespeare l'a dit, la vie est un théâtre,
Elle est ma reine, elle est ma Cléopâtre,
Elle est belle à en damner les anges
Je voudrais lui tresser une couronne de louanges
Un moment avec elle est un instant d'éternité
Elle a la douceur des gentilles soirées d'été
Et le caractère bien trempé qui lui sied tant
Elle ira loin, pas avec moi cependant...

Je ne serai certes jamais ni son Jules ni son César
Pour moi, je le sais, il est déjà trop tard...
J'espère seulement qu'elle comprendra mon poème
Moi qui ne lui dirai jamais je t'aime
Pour ne pas importuner la reine de ma vie
Elle devant qui je me prosterne sans souci
Pour lui offrir mon allégeance éternelle...
La vie est parfois un petit peu cruelle.

jeudi 11 mai 2006

Chaleur ! Tendresse ! Contact !


Voilà une sympathique photo... Mon premier vrai repas avec des invités dans mon nouvel appart à Moulins... A gauche de la photo, Mister Johan, qui fut dans une autre vie mon élève à Luri avant d'être étudiant à Nice puis maintenant à Evry. Au centre, moi-même, J.-F. alias Superdoc en train de servir un plat très difficile à préparer (des pâtes !). A droite, Samantha, que je connais depuis bientôt un an, grâce à La Nouvelle Rampe. La photo a été prise le 5 mai par Sophia, la copine de Samantha qui refuse de se faire prendre en photo. A l'arrière-plan, deux tee-shirts... A gauche, un cadeau de ma Surella pour mon anniversaire : le vrai tee-shirt de Superdocforever. A droite, le cadeau de Soleiman (alias Soleil !!) lors de mon départ de Luri en août 2004... Le tee-shirt de Bastia, à l'époque où le SCB était encore en Ligue 1...

Superdoc... forever !


Et voilà une photo que j'apprécie particulièrement, prise par Johan le 7 mai. Voilà donc votre serviteur, dans sa chambre Boulevard de Courtais... Les photos derrière... Sur la bibliothèque, c'est un portrait de ma mère (pris le jour de la naissance de mon neveu Loïc en août 2001). En haut à gauche, Danny Wilde et Brett Sinclair, héros des "Persuaders", alias "Amicalement Vôtre". En haut, à droite, article de La Montagne intitulé "Feydeau, maître du vaudeville", article annonçant "Un Fil à la Patte" joué par La Nouvelle Rampe en décembre 2005...

Les sponsors officiels...


Eh oui... Voilà les sponsors officiels de certaines soirées... A consommer avec modération et sans avaler la fumée... Of course ! Bon, le cendrier est pas trop rempli et il y a une bouteille d'eau minérale pour le côté hygiéniquement correct... Santé !
(Photo prise au matin du lundi 8 mai... après une nuit blanche qui restera dans les annales...)

mardi 9 mai 2006

C'est reparti !...

"Here we go again !" s'exclame C3PO dans "L'Empire contre-attaque" (je crois) alors qu'il est à bord du Faucon Millenium avant une nouvelle aventure dans l'univers de Star Wars... Dans la V.F. Z6PO dit "C'est reparti !"... Et, en effet, c'est reparti... Si je commence ce nouvel article sur mon blog par une allusion à "Star Wars" c'est que, entre autres choses, pendant les vacances de printemps, j'ai eu la joie de rencontrer Anthony DANIELS, l'acteur qui joue C3PO dans les six films de la Saga de George Lucas. Je l'ai vu lors de la Convention Génération Star Wars à Cusset le dimanche 30 avril (site : www.genstarwars.com ), à laquelle je me suis rendu avec mes collègues Laurent et Jean-Michel. La convention en elle-même était fort sympathique avec son lot de fans déguisés et de maquettes mais le moment extraordinaire fut l'échange entre l'acteur Anthony Daniels et le public... L'acteur anglais a répondu très gentiment, et dans un français parfait, à nos questions pendant plus d'une heure... Un vrai régal d'humour, de gentillesses et d'anecdotes que j'essaierai de vous conter dans un prochain article avec quelques photos de la Convention. En tout cas, un an après la sortie de "La Revanche des Sith" et donc la fin de près de trente ans de vie à attendre le prochain épisode, qu'il était bon de retrouver l'univers Star Wars et cette galaxie lointaine, très lointaine.
C'est reparti, pour le blog bien sûr, pour la vie qui continue et l'arrivée de ce mois de mai que j'aime tant, et surtout c'est reparti pour le théâtre et une nouvelle aventure avec La Nouvelle Rampe... Chut ! Je vous en parle plus loin dans cet article... Revenons à ces congés de printemps, attendus et bienvenus, l'occasion de me reposer, de retrouver le temps de lire... J'ai dévoré le hors-série du "Monde de la Bible" sur les rapports (hélas souvent difficiles et conflictuels) entre Chrétiens et Musulmans (avec une étude sur l'Arabie au moment de la prédication du Prophète et les influences des groupes chrétiens et juifs de la région ; un rappel sur les Croisades ; un zoom sur l'Espagne du temps de Al-Andalus). J'ai relu, dix ans après, "Lettres de l'Atlantide", superbe petit roman de Robert SILVERBERG, auteur de SF qui excelle dans les voyages dans le Temps et les paradoxes temporels en s'intéressant avant tout à ses personnages et en ne s'attardant pas sur les descriptions techniques souvent rébarbatives. En parcourant les rayons SF à la Bibliothèque de Moulins, je suis tombé sur les propos de Boris VIAN, amateur de sience-fiction au point de traduire des romans US (comme les livres de VAN VOGT), disant que les auteurs de SF étaient les derniers moralistes de notre temps. Mon père, lui-même prof de philo, aime à dire que les romans de SF sont les contes philosophiques de notre temps...
Les congés furent aussi l'occasion de retrouver le chemin des salles obscures... J'ai vu trois films, trois bonnes comédies... "Jean-Philippe" : mon plus grand éclat de rires depuis très longtemps, l'idée très bonne d'un monde parallèle avec tout ce qui s'en suit... un film dans la veine de "Dans la Peau de John Malkovich" ou de "Grosse Fatigue"... J'ai vu "OSS 117 : Nid d'Espions au Caire", bon film hommage pastiche, clin d'oeil aux films d'espionnage des Années 1950 mais aussi aux B.D. style Tintin ou Blake et Mortimer, avec un moment fascinant : Dujardin chantant "Bambino" en arabe. Enfin, j'ai vu "Camping" avec Dubosc parfait en quarantenaire beauf mais tellement touchant et Gérard Lanvin bourru à souhait. Maintenant, j'attends "Secrets de Famille" et, dans un autre registre, "Da Vinci Code".
Pendant ces vacances, j'ai revu plusieurs personnes... Mister Lawrence, alias Saint Jean, en pleine croisée des chemins (seul lui comprendra l'allusion...) ; Fabienne, l'amie qui m'a trouvé l'appartement à Moulins et qui co-anime le groupe biblique que dirige mon père ; Stéphane, Sophie, Esther, Aymeric ; Frédéric de Limoges, mon frère de sang ; mon oncle Joseph et ma tante Geneviève ; mon ami Johan ; Laurent, Françoise et Théo en direct de Gipcy ; Martine, Lorenzo et Tony, mes anciens voisins de Deux-Chaises (Two Chairs !!) ; et mon idole absolue (au moins !), Samantha... pas vue depuis presque deux mois et qui m'a appris il y a quelques jours qu'elle continuait le théâtre...
Nous y voilà... La Nouvelle Rampe monte une nouvelle pièce, "Inspecteur Grey", pièce policière de Alfred Gragnon et André Faltiani, qui avait été adaptée au cinéma en 1936. Et je fais partie de l'aventure, ainsi que Samantha. C'est même elle qui m'a appris la bonne nouvelle la semaine dernière, double bonne nouvelle : je continue le théâtre, et je le continue avec elle. Nous jouons tous deux dans les trois actes. Voici l'argument de la pièce (que j'ai vulgairement copié-collé sur un site consacré aux pièces de Au théâtre ce Soir) : Un ancien gangster, surnommé "Le Roi Diamant" a été trouvé assassiné d' un coup de feu, à quatre heures de l'après midi, dans son hôtel de Passy. La police judiciaire confie l'affaire à l'inspecteur Grey et à Poussin, un vieux policier routinier. Sept personnes habitent dans cet hôtel particulier : Monique, la femme de la victime, Hélène, la sœur de Monique, le vieux Brown, ancien associé et complice de la victime que celui-ci a recueilli après l'avoir complètement ruiné, le chauffeur Victor, le secrétaire Dupré, la cuisinière et, enfin, la femme de chambre. Bien entendu chacun a un "alibi". Mais, de déductions en déductions, de constatations en constatations, l'inspecteur Grey en arrive à découvrir le coupable après avoir compris le mobile du crime : le "Roi du Diamant" s'apprêtait à partir pour l'Amérique avec une danseuse en abandonnant tout le monde sans un sou. Je joue le secrétaire Dupré et Samantha joue Hélène. Voilà, c'est donc reparti. Nous allons pouvoir de nouveau nous voir régulièrement et j'en suis tellement content.
Je terminerai ce message par une pensée pour ma mère dont la santé décline régulièrement... Comme dit ma soeur, Maman est prisonnière de son corps, elle se voit chaque jour plus impotente, plus dépendante... Et il faut essayer malgré tout de garder le sourire. Je remercie ici Johan qui a écrit sur son blog un superbe texte dédié à ma mère, que je copie ici (je rappelle l'adresse du blog de Johan : http://friendsoukaamelott.over-blog.com/ ). Merci beaucoup Johan, qui m'a rendu visite et avec qui j'ai passé quatre jours et trois soirs fabuleux (notamment une mémorable virée avec Samantha : Les Trois Cloches interprétant Chaleur ! Tendresse ! Contact !... Très difficile à raconter...). Voici le texte...
L'oubli comme souffrance

Oh vie! misérable vie,
Autour de toi tant de misère !
Le monde des hommes te semble différent
Monde d'injustices et de souffrances
L'éclair de l'ouble s'abat chaque jour
Et tu t'éloignes de nous, de toi
Ta mémoire se brise au contact des tiens
La vie se fait difficile
L'espoir se meurt
Enfermée dans ton silence
Ta flamme faiblit et s'éteint
Et sans un cri, en silence
La mort doucement vers toi s'avance...
Johan (25 avril 2006)
Mais la vie continue. La vie doit continuer. The show must go on.
Alors : A bientôt pour de nouvelles aventures !! Et portez vous bien.
P.S. : Finalement, mon ami Gilles, de Bastia, avait raison... J'ai encore des choses à raconter sur mon blog... Je suis un incorrigible bavard !!

jeudi 20 avril 2006

Les gens heureux n'ont pas d'histoire...

Les gens heureux n'ont pas d'histoire... J'adore cette affirmation... Comme cette autre : pour vivre heureux, vivons cachés. Ou encore : cultivons notre jardin.
Revenons à la première phrase... Les gens heureux n'ont pas d'histoire. C'est assez vrai, d'une certaine façon. Quand on va bien, on n'a pas trop à en causer. On est bien avec les personnes qui nous rendent heureux (notre amoureuse ou notre amoureux, nos bons copains, notre famille voire tout simplement les collègues ou les voisins) et on voit pas les autres. Et si on les croise, quand ils nous demandent "Alors, ça va ?", on répond : "Oui, ça va, tout va bien". Et la conversation ne peut que s'arrêter là. Quand ça va, c'est pas évident pour engager la conversation. Faîtes l'essai... Vous constaterez l'évidence. Alors que si vous dîtes "ça va pas trop mal", ou "ça va à peu près", vous commencez déjà à venir intéressant et la conversation s'emballe. Le top c'est de répondre "non, en ce moment, ça va pas trop"... Et vous allez tout de suite susciter l'intérêt de votre interlocuteur... Voire son embarras... Qu'est-ce qui m'a pris de lui poser cette question ? Je vais en avoir pour trois heures à écouter ses confessions et j'ai un rendez-vous dans dix minutes... Oups ! Si, quand quelqu'un vous demande "alors, quoi de neuf ?", vous répondez "oh, pas grand-chose, tout va bien"... La personne sera déçue et s'exclamera : "c'est tout ce que tu racontes ?" Bref, le bonheur est ennuyeux et inintéressant. Aurait-on inventé le malheur pour meubler la conversation ? Qui sait ! Si j'écris cette petite chronique bien inutile c'est parce que je constate comme beaucoup que quand tout va bien on ne prend pas forcément le temps de l'écrire... On n'a pas grand-chose à raconter. (D'ailleurs, des poèmes, des romans, des films, sur le bonheur, y en a pas des masses... Pour qu'une histoire soit bonne il faut du malheur... On parle de l'intérêt dramatique d'une oeuvre... C'est pas pour rien ! Faut du drame !!! De même les actualités heureuses n'intéressent pas grand-monde et les journaux ont besoin de drames divers et variés voire avariés pour maintenir l'intérêt du lecteur ou du téléspectateur !! Le bonheur, c'est la mort de l'info !!) Quand ça va pas on a toujours des tas de choses à dire... Remarquez, c'est pas forcément vrai... Quand on va pas bien, on veut pas toujours en causer et on s'enferme dans sa coquille... Conclusion : ma théorie s'effondre ! N'empêche, quand tout va bien, on n'a pas forcément grand-chose à dire et on se retrouve avec un blog qu'on ne tient plus à jour. Et, comme a contrario si on ne donne pas de nouvelles c'est qu'en général on ne va pas bien je me dois d'écrire une chronique pour dire que... je n'ai rien à dire puisque tout va bien... Ah, bien sûr, l'état de ma mère s'aggrave avec une régularité toute mathématique qui me fait profiter de chaque moment en sa compagnie... Bien sûr, je suis seul depuis si longtemps que je ne sais plus comment ça fait la vie à deux... Mais les bons moments sont si nombreux depuis quelques mois que je me demande presque comment j'ai pu me passer de sorties pendant tant d'années... Et la vie au collège se passe tellement bien, que ce soit avec les élèves ou les collègues... Le monde politique est chaque jour plus passionnant tellement il en est ubuesque... Bref, tout va pour le mieux même si ça pourrait aller encore mieux...
La deuxième affirmation : pour vivre heureux, vivons cachés... Elle m'a toujours intrigué... Elle suppose quand même une retraite, un mise en recul, un éloignement du monde... Faut-il cacher son bonheur pour pas qu'on nous le vole ? Le bonheur ne serait-il pas communicatif (à la différence du rire) et susciterait-il la jalousie ?... Qui sait ?... Mieux vaut faire envie que pitié : pas si sûr ! On revient à la première assertion : si tout va bien, au mieux vous suscitez l'indifférence, au pire la jalousie voire le mépris... S'il est heureux, il en a de la chance, ou il se rend pas compte de tout ce qui devrait le rendre triste : il est égoïste, aveugle et sourd, voire très très bête...
Enfin, la fameuse phrase de Voltaire qui conclue 'Candide' : cultivons notre jardin... Je ne me lancerai pas dans un commentaire sur ce roman extraordinaire et toujours d'actualité (la description des malheurs de son temps a un tel écho dans le notre...). Je dirai simplement par boutade que je n'ai pas la main verte pour me lancer dans l'agriculture domestique...
En conclusion, si en ce moment, vous n'avez pas grand-chose à raconter, que vous aimez à vous cacher et que vous êtes dans votre jardin... Vous êtes probablement très heureux...
Post-scriptum salutaire à cette chronique des temps heureux... Vous-êtes vous une fois posé la question : pourquoi on dit "comment ça va" ? Non... C'est mon ancienne voisine Martine qui m'a donné l'explication de cette formule... Comment ça va, c'est comment on a fait caca... Est-ce qu'on est bien allé ? Eh oui... Et c'est pareil dans toutes les langues... Quand on vous demande comment vous allez, c'est avant tout pour savoir ni vous n'avez pas de problèmes digestifs, si vous êtes bien allé à la selle (j'adore cette expression !!!)... Je crois que, désormais, quand on vous dira "comment ça va ?" vous ne regarderez plus votre interlocuteur de la même façon... C'est pas une raison pour l'envoyer chier !!
Allez, à bientôt pour de nouvelles aventures sur mon blog... Au mois de mai... Joli moi de mai...
Et bonjour chez vous.

lundi 10 avril 2006

Un week-end littéraire à Moulins...

Les 8 et 9 avril, à Moulins, c'était la Fête du Livre, la douzième édition, consacrée cette année à l'esprit et à l'humour. Pas mal d'auteurs invités tous plus intéressants les uns que les autres... J'ai personnellement retenu cinq noms... Honneur aux dames, je commencerai par Isabelle ALONSO... J'ai eu la joie, en tant que bénévole de LACME (l'association qui organise la Fête du livre), d'aller la chercher à la gare pour l'emmener à la salle des fêtes le samedi et de la ramener le dimanche, elle ainsi que François REYNAERT. Ce fut l'occasion d'échanger quelques mots. Tout au long de la fête, nous avons pu apprécier la simplicité et la gentillesse de cette fameuse chroniqueuse de "la bande à Ruquier", féministe convaincue... et convaincante... Lors de la table ronde qui lui était dédiée le samedi après-midi, Isabelle Alonso a défendu la parité en politique avec des arguments très solidement pesés et également beaucoup d'humour. La deuxième personne que je retiendrai est donc François Reynaert, également très sympathique et plein d'humour, même si nous n'avons pas eu trop l'occasion de discuter ensemble.
La personne qui aura le plus séduit (avec évidemment Isabelle Alonso) les visiteurs de la Fête du Livre aura été Vincent ROCA qui s'est livré à l'exercice de l'interview-portrait le samedi en fin d'après-midi dans le bar-café-concert "Les Murs ont des Oreilles", salle comble pour l'occasion. Il nous a longuement expliqué son parcours, de prof de maths en Afrique à chroniqueur pour Stéphane Bern. Il nous a offert deux sketchs particulièrement gratinés et très bien sentis avec beaucoup de jeux sur les mots, l'un sur le septième jour quand Dieu crée le vin (mais pas l'alcootest... heureusement pour Lui !), les hommes et les femmes et les Polonais (car Dieu était bourré comme un Polonais !), l'autre sur notre époque inondée de religions et d'excès religieux, deuxième sketche dédié à Dieudonné, "avant qu'il ne dérape chez Fogiel" précise Roca.
Sinon, j'ai pu suivre également l'entretien accordé par Jack CHABOUD, auteur d'ouvrages de vulgarisation sur la franc-maçonnerie et lui-même franc-maçon, et collaborateur de Frédéric Lenoir à la revue "Le Monde des Religions". Chaboud tente dans ses ouvrages de démystifier la franc-maçonnerie, d'en faire un portrait apaisé loin des fantasmes de complots et autres délires ésotériques bien à la mode en ce moment (il n'y a qu'à voir le tapage autour du "Da Vinci Code" - dont j'ai parlé sur ce blog en septembre -, d'abord le gentillet roman de Dan Brown et maintenant le film d'action lourdingue de Ron Howard - qui était plus convaincant quand il jouait dans "American Graffiti"...-). Il remet pas mal de pendules à l'heure et c'est très intéressant, le genre de personnes qui nous donnent l'impression d'apprendre et nous incitent à vouloir en savoir plus.
Enfin, j'ai assisté dimanche après-midi à une conférence de Nicolas WITKOWSKI dont le thème était : "Rire de la science : une entreprise de salut public ?". Lui-même physicien, Witkowski tente de démystifier (démythifier !) notre rapport à la science, ce côté "on n'y comprend rien, on laisse ça aux scientifiques pointus"... Quelques remarques de bon sens ponctuent son intervention comme "Quand on dit d'un savant qu'il est un génie, je me méfie ! C'est souvent l'excuse pour ne pas chercher à comprendre ce qu'il dit." ; "Il ne faut jamais enfermer ensemble des scientifiques et des militaires." ; "Attention au mariage science et politique" ; "Le rationalisme poussé est tout aussi dangereux que l'obscurantisme qu'il prétend combattre" ; "Méfiez-vous des formules toutes faites qui ne veulent rien dire comme Réalité virtuelle, Théorie du chaos ou ADN, le code de la vie"... Et il cite longuement des humoristes, souvent eux-mêmes scientifiques de formation (donc rompus à l'exercice de la logique pure) comme Georges Perec, Pierre Dac (avec le Biglotron) et bien sûr le maître... Boris Vian et sa "Java des Bombes atomiques" qui résume l'intervention de Witkowski : la question n'est pas de savoir construire la bombe mais où est-ce qu'elle va tomber...
Et puis la Fête fut l'occasion de passer de nombreux bons moments avec les organisateurs et bénévoles de LACME, de plaisanter et d'échanger quelques mots avec les différents écrivains présents et les visiteurs venus nombreux, notamment le dimanche. Deux jours bien remplis...
La Fête du Livre était, cette année, placée sous les auspices d'un grand esprit de l'humour qui nous a quittés le 18 avril 1988, voilà déjà dix-huit ans, Pierre Desproges. Je concluerai donc cette petite chronique par la citation de Desproges qui illustrait le programme de la fête :
"Il faut rire de tout. C'est extrêmement important. C'est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans."
(extrait de Vivons heureux en attendant la mort)

vendredi 7 avril 2006

L'Education nationale, c'est trop de la balle !!

Ci-dessous un lien vers un site qui vous permettra d'écouter une chanson top délire puisqu'il s'agit du "Rap du CPE"... Attention ! rien à voir avec le désormais fameux contrat de Dominique et Jacques... Il s'agit ici, dans le jargon de l'Education nationale, des Conseillers principaux d'Education, plus particulièrement d'un CPE fraîchement sorti de l'IUFM et de sa Bretagne natale pour se retrouver dans la banlieue parisienne... Du "3-5" au "9-5"... C'est trop délire comme morceau !! Et assez juste...

Pour revenir au contrat... J'étais trop content lors des manifs de voir les gens réclamer des CDI... En tant que documentaliste, j'aime que les gens veulent plus de Centres de documentation et d'information...

Voila donc "Le Rap du CPE" :

http://www.ac-versailles.fr/etabliss/lyc-cassin-gonesse/Rap%20CPE.htm

A quand le Blues du Doc ?!...

jeudi 6 avril 2006

Joyeux Anniversaire, la Néo-Décadence !!!

Eh oui... Joyeux Anniversaire, la Néo-Décadence !!! Aujourd'hui, ce mouvement artistico-culturel (au moins...), né sur les pentes du Vésuve le 6 avril 1988 après moult rasades de Lacrima Christi (les larmes du Christ ! c'est un signe !!), mais qui s'est développé à Moulins puis Clermont-Ferrrand à la fin des Années 1980, ce mouvement donc a dix-huit ans... L'âge de la majorité !!! Bon anniversaire ("un joyeux non anniversaire !!") à tous les Néo-Décadents et tous les néo-Néo-Décadents qui nous ont rejoints par ce blog... qui est, je le rappelle l'organe officiel de la Néo-Décadence... Néo-décadons ! Néo-décadons ! Il en restera toujours quelque chose... Pour rafraîchir la mémoire de celles et ceux qui en auraient bien besoin, je rempublie ci-dessous l'article intitulé "Retour à la Néo-Décadence", paru en septembre 2005 (au tout début de ce blog donc), qui tente de faire un historique de ce courant littéraire qui laissera des traces... dans nos mémoires... et dans nos foies voire nos poumons... sans parler de nos artères. Suite à l'article, vous retrouverez un commentaire et un joli poème de Doctor Freyd (alias Kawasakid : http://kawasakid.blogspot.com ). C'est pas du bonus de qualité, ça ?
A part ça, la Néo-Décadence semble avoir atteint les plus hautes sphères de l'Etat avec la promulgation-non application, nouveauté institutionnelle qui fait suite à la dissolution quand on a une forte majorité à l'Assemblée... Décidément, le duo Chirac-Villepin va nous manquer, ils sont très très forts !! Mais, bon, cette situation prête difficilement à sourire... Reste le constat qu'on a assisté aux premières manifestations qui rassemblent à la fois des jeunes, des salariés et des retraités... C'est, quoi qu'on dise, rassurant sur la solidarité nationale et - qui sait ? - la fraternité (vous savez, ce truc écrit sur les mairies ?...). Maintenant, il faudrait que tout le monde apprenne à dialoguer avant les prises de décisions, qu'il n'y ait plus des psychodrames permanents dès qu'une réforme se met en place, que les réformes ne ressemblent plus à des marches arrières systématiques, mais ce ne sont que des voeux pieux... Comme dit mon copain Johan dans son blog (http://friendsoukaamelott.over-blog.com/article-2286085.html) : on est des Latins, pas des Nordiques, notre pays s'est construit sur une voire des révolutions... C'est vrai. Mais, bon, on ne peut pas couper la tête à tout le monde et démolir un château pour chaque réforme... Remarquez, avec tous les châteaux du Bourbonnais, on peut en faire des révolutions, on a de la marge !!

Mais revenons à la Néo-Décadence !...

Suite à de pressantes demandes, ce blog va devenir l'organe officiel de la Néo-Décadence... Qu'est-ce que la Néo-Décadence ? Une marque non déposée (on aurait peut-être dû la breveter, eu égard aux sites japonais bizarres qui utilisent l'expression...). Un concept créé en 1988 par une bande de Moulinois allumés...Pour mémoire, rappelons les temps héroïques qui précédèrent l'explosion... Au milieu des Années 1980, Fred K. (a.k.a. Thé) et moi-même avions réalisé des petits journaux polycopiés puis photocopiés : "S.L.W." (pour Spielberg Lucas Williams) et "A.C.V." (pour Actualité Ciné Vidéo). En 1985, on a lancé à plusieurs Les Inqualifiables Associés (dont le cri de guerre est "Whooo ! Eh !") qui, comme son nom l'indique, est un concept très lâche... Deux journaux apparurent successivement : "Hebdoburger" puis "Crac ! boum ! U !"... Fin de l'expérience journalistique.1988 vit l'apparition de petits recueils de poèmes dont les auteurs étaient, entre autres, LJK ou Léon-Joseph Kronstadt (moi-même), Doctor Freyd, Druidomaniac, Teddy Boy, Vladimir Le Pendu, etc... etc...
La date de naissance officielle de la Néo-Décadence ? Le 6 avril 1988. Ce jour-là, j'étais à un voyage de documentalistes (eh oui... déjà). Nous étions sur les pentes du Vésuve à déguster le fameux Lacrima Christi (les larmes du Christ : tout un programme), le vin cultivé sur les sols volcaniques... On commençait à partir et on évoquait l'Empire Romain (normal en Italie !!) et la bonne vieille décadence. Je m'exclamai alors qu'il fallait révolutionner la notion de décadence et ne plus regarder en arrière... La Néo-Décadence était née.
Dans les mois qui suivirent, et pendant deux ans environ, nous réalisâmes quelques recueils qui, ma foi, avec le temps, m'apparaissent plutôt bons... On avait du talent, mais aucun n'a continué. Pas grave !
Dix-sept ans plus tard, sur les conseils du Doctor Freyd et de LJK, je me dis qu'il serait une bonne chose de mettre en ligne quelques-uns des textes de jadis, voire également des créations récentes... J'essaierai périodiquement de taper quelques textes et de les publier sur ce blog... J'ai retrouvé dans mes archives une petite nouvelle "La Semaine très ordinaire de Nino R.", rédigée en 1992 par votre serviteur. Ce sera la première mise en ligne...Voilà. La machine est (re)lancée.
Pour conclure, le mot de passe, créé par Jérôme P., suite à un de mes poèmes :
"Je ferai couler ton sang dans les méandres du Canigou !"...
Tout un programme...
Ah... J'oubliais... C'est quoi, la Néo-Décadence, concrètement ? On pourrait faire notre l'adage suivant : "L'humour noir, c'est la politesse du désespoir"... Nous vénérions Boris VIAN, j'étais fou du groupe MADNESS (le rock, en apparence léger, mais si noir en dedans)... On était fans (déjà) de Star Wars, de quelques bonnes séries british ("Amicalement Vôtre", "Chapeau Melon", "L'Autobus à Impériale"), je découvrais Nino Rota et Fellini (" Le monde est un cirque !"). Surtout, on aimait bien rigoler et picoler et on détestait la déprime gnangnan, les textes à l'eau de rose. On aimait le désespoir, le vrai... Etonnant, non ?!
Commentaire de Kawasakid a.k.a. Dr Freyd...

"Enfin, la Néo-Décadence revient avec un medium digne d'elle... la Toile. Tel un phenix, la Néo-Décadence qui était morte renait en une E-Néo-Décadence qui j'en suis sûr, imprègnera, illuminera le 21ème siècle de ses principes fondateurs. Pour fêter cet évènement et en souligner le caractère fondateur, et aussi parce que je suis en verve, je vous livre ce poème inédit, composé pour la circonstance. Soyons fous, soyons motards, soyons Néo-Décadents."
L'Hymne à l'Arsouille
J'irai frotter du cale-pieds
Sur les départementales,
Puis essorer d'la poignée
Plus loin sur les nationales.
Tant pis si j'me fais flasher
Pour mon allure anormale,
Faudra courrir pour m'attraper,
Je fonce comme un animal.
J'ai qu'une envie c'est rouler,
C'est du bonheur, c'est d'la balle.
Tout c'que j'veux c'est arsouiller,
Mais à un rythme infernal.
J'vois l'paysage défiler,
A l'abri sous l'intégral.
J'sens la vitesse me griser,
Le moteur chante, un régal.
Et les virages de s'enchainer,
Mon coeur et le moteur s'emballent,
Il faut s'y jeter, déhancher,
La trajectoire c'est vital.
Je sens les chevaux cavaler,
Je suis au régime idéal,
Mais lorsqu'ils vont débouler,
Alors ce sera du brutal.
Oh, ça peut mal se terminer,
A pied ou bien à l'hopital,
Qu'importe tant qu'on peut rouler,
Et que l'on ne s'est pas fait mal.
Et puis s'il faut un jour tomber,
Tans pis si cela est fatal.
La balade doit s'achever
Mais pas sur un destin banal...
NB : arsouiller, dans le jargon motard, consiste à faire une promenade entre amis, en général sur des routes viroleuses et à vitesse élevée... à ne pas confondre avec s'arsouiller, pratique à laquelle se livrent les survivants dans le premier bistrot à l'issue de ladite balade...[mercredi, septembre 21, 2005 2:00:23 PM]

lundi 3 avril 2006

Chronique désabusée mais pas tant que ça...

Bon, vendredi soir, notre Jacquot national a inventé la loi promulguée mais pas appliquée... Oups ! Tout constitutionnaliste a du passer le week-end à se prendre des aspirines pour essayer de comprendre ce que ça veut dire concrètement. Pour les partisans du CPE, c'est du blabla plutôt obscur. Pour les opposants, ça sent l'embrouille... Argghhh !
Plus généralement, et sans entrer dans une quelconque polémique, on constate que les 25/35 ans ont très peur de l'avenir. Ma génération, les trentenaires attardés, avait déjà peur de l'avenir mais un peu moins... Malgré tout, nous sommes la première génération à avoir pris de front la crise, le chomage, la précarité... Personnellement, je m'en suis bien sorti mais j'ai des copains qui continuent à galérer à plus de trente ans et bardés de diplômes... La génération "80 % d'une classe d'âge au bac" demande des comptes aux anciens, ceux des Trente Glorieuses et du plein emploi qui n'ont pas su (pas voulu) préparer la réforme des retraites en temps utile, qui utilisent la jeunesse comme une variable d'ajustement dans les entreprises, les anciens soixante-huitards aujourd'hui cyniques et désabusés, qui "ne comprennent pas les jeunes d'aujourd'hui". C'est facile de critiquer les lycéens et étudiants d'aujourd'hui en parlant d'enfants gâtés par la play station et la télé dans la chambre. Ces gamins ont des parents et vivent dans une société, la notre, une société sans repères, sans marques, sans espoir. De toute façon, ce conflit finira comme les précédents... Les leaders étudiants finiront encartés dans des partis politiques. Le gouvernement pondra un ajustement de loi lors de vacances. Les syndicats retourneront à leurs guerres intestines. Les casseurs retourneront emm... les gens de leurs quartiers au quotidien. 2007 verra l'élection triomphale d'Iznogoud... Je me demande même pourquoi on organise encore des élections...
Bref, pas trop d'optimisme du côté de la société ce week-end... Alors je me retourne vers le rugby... Malheureux ! Vendredi soir, en match en retard du Top 14, Montferrand a perdu à Montpellier sur le score sans appel de 42 à 13... Inadmissible pour une équipe qui prétendait il y a peu disputer les phases finales du championnat de France. Ce week-end, en Coupe d'Europe, Toulouse et Perpignan ont respectivement perdu chacune contre une équipe irlandaise. Seul Biarritz a tenu et se retrouve en demi finale en compagnie de Bath et deux provinces irlandaises. Dans le Bouclier (la "petite" coupe d'Europe), ce sont quatre équipes anglaises qui sont en demi finale. Bref, le phénomène du Tournoi s'est confirmé : il y a nivellement des équipes en Europe... En tout cas, c'est pas la joie cette année... Seul espoir : la Coupe du Monde des moins de 21 ans qui aura lieu en juin dans l'Allier et le Puy de Dôme avec de beaux matchs en perspective... Tournons nous vers le football. Mercredi dernier, en quart de finale aller de la Ligue des champions Lyon avait obtenu match nul à domicile contre le Milan A.C. Match nul... C'est marrant comme expression ! En l'occurence, c'était un bon match avec un score vierge mais pas un match nul... Reste que Lyon devra faire le plus dur lors du match retour à l'extérieur demain soir... Et c'est loin, très loin d'être gagné...
Bon, la politique et le social, c'est pas ça. Le sport, c'est pas ça. Alors, je me suis évadé du côté de la bande dessinée, en relisant les "Blake et Mortimer"... Vraiment des albums de grande qualité et palpitants. Tout a déjà été écrit sur le génie de Jacobs, mais je me joins au concert de louanges en disant : il faut lire ou relire ses albums. Par ailleurs, je suis en train de découvrir la bande dessinée "XIII" (eh oui ! je ne connaissais pas !), j'en suis au huitième tome et je me régale. L'an dernier, un copain m'avait fait connaître "Le Décalogue"... excellentissime !!! Du coup, la transition est toute trouvée avec la théologie... Je viens d'acheter un hors série du "Monde de la Bible" sur Chrétiens et Musulmans, les premiers pas de l'Islam, qui complète un ouvrage intitulé "Le Coran et la Bible" (chez Bayard Presse) et aussi un dossier de la revue (excellente) "Histoire et Religion" sur les personnages bibliques dans le Coran. C'est particulièrement intéressant et complet. J'ai également dévoré un hors série du "Monde des Religions" sur le Judaïsme. Bref, j'essaie de comprendre (un peu) les religions de cette bonne vieille planète en sachant que plus on apprend plus on se rend compte qu'on ne sait rien...
Enfin, le théâtre... Vendredi, je suis allé assister à la représentation à Avermes de la pièce "Quelle Famille !" de Francis Joffo, interprétée par Les Ch'tis Théâtreux, dont font partie Jean-François C. et Michel A. (membres également de La Nouvelle Rampe), et mise en scène par Philippe... Un bon vaudeville bien sympathique et l'occasion de retrouver ce monde si particulier de la scène... Cette fois-ci j'étais spectateur mais comme j'avais envie de remonter sur scène. Après la représentation, la troupe m'a invité à partager leur dîner. Un moment très sympa ! Et, du coup, j'ai à nouveau envie de lire des pièces et de jouer... car c'est le mot... Jouer ! Coïncidence, ou hasard, Samantha m'a appelé dimanche pour m'annoncer qu'elle allait avoir un petit frère... Bienvenue au frangin !
Finalement, tout n'est pas gris, loin de là. Le week-end prochain, je participe à la Fête du Livre de Moulins, dont le thème est cette année le rire et l'esprit, avec notamment parmi les invités Isabelle Alonso, François Rheinhart, Vincent Roca... De bons moments en perspective...
Tout n'est pas si gris mais faut pas trop regarder l'actualité, nationale (on reviendra pas sur le CPE) ou internationale (entre les attentats quotidiens en Irak, l'Afrique qui se meurt, la Tchétchénie massacrée et tout le monde s'en fout, le Tibet occupé depuis cinquante ans, etc... etc...). C'est assez terrible de constater que, pour garder un minimum de moral, il ne faut pas trop regarder le monde. Doit-on être égoïste pour être heureux ?
Je dédie cette petite chronique sans prétention à ma tante (du côté paternel) Jeanne-Marie, décédée samedi à l'âge de 78 ans. Elle habitait Brooklyn, elle vivait aux Etats-Unis depuis près de cinquante ans. J'avais toujours dit que j'irai un jour lui rendre visite et j'ai toujours repoussé à l'année suivante... Je ne l'ai vue que deux fois, en 1989 à Paris et en 1990 à L'Escarène (petit village près de Nice où nous avons la maison familiale), en compagnie de sa petite fille Solange. Lord have Mercy on her Soul.

jeudi 30 mars 2006

Chronique d'une semaine pas tout à fait ordinaire...

Lundi 20 mars, c’est le printemps… Enfin ! Dans les faits, c’est pas encore tout à fait ça mais, bon, déjà, le calendrier est à l’heure, c’est ce qui compte, un truc qui marche enfin…

Mardi 21 mars, les centrales syndicales se sont décidées… Il y aura une « grande journée d’action » le mardi 28 mars. On décide de laisser les étudiants et les lycéens seuls une semaine de plus, au risque que le conflit s’envenime et ne dégénère… Remarquez, lorsque le Quartier Latin s’est enflammé une semaine plus tôt, l’opinion s’est subitement rangée du côté des « anti-CPE » après une longue période de flottement et d’indifférence (il y avait les vacances et la grippe aviaire…)… Comme quoi, les banlieues s’enflamment, la France a peur… La Sorbonne est occupée et Paris respire… Je caricature à peine. Là, ce n’est pas simplement quelques bagarres de rues mais on craint de la casse à grande échelle… La suite confirmera les craintes des observateurs. Pour le moment, on est mardi et les syndicats sont arrivés à s’entendre… Ah… Les syndicats français… Si j’étais méchant je dirais qu’il y a plus de syndicats que de syndiqués… Les syndicats français sont le fruit d’une histoire mouvementée, notamment pour ce qui est de leurs divisions homériques… A quand l’application de ce « Tous ensemble ! » entonné lors de chaque manif, à quand sinon la réunification au moins la confédération de plusieurs syndicats ? Les syndicats français sont divisés et sont faibles… Quand on parle du faible effectif des syndiqués en France par opposition à l’Allemagne et à la Scandinavie voire aux Etats-Unis , il faut dire qu'a contrario dans certains pays (comme ceux cités au dessus) la syndicalisation est obligatoire dans certains métiers (ce qui n’est pas le cas en France) ou est en tout cas indispensable pour prendre une mutuelle… Imaginez qu’en France on soit syndiqué dès qu’on est mutualiste… Il y aurait 95 % de syndiqués… Les syndicats sont indispensables pour défendre les travailleurs, ils sont ce qu’en font leurs membres. Comme les partis politiques, ils sont composés de citoyens… Si on veut les changer, on sait ce qui nous reste à faire… Et c’est pas facile et ça demande du temps… Je plaide coupable : je n’ai pas l’âme d’un militant… En tout cas, je me marre à l’écoute de l’appel à la journée d’action du 28 mars… On évite habilement le terme de « grève générale », certains parlent de « journée d’action » pour pas prononcer le mot « grève » comme si c’était un gros mot… Ah ! L’unité, c’est pas facile ! Faut pas choquer les plus prudes…

Mercredi 22 mars. Grande date. J’ai 36 ans… Je fête ça tout seul comme un grand. Un jour peut-être je fêterai mon anniversaire à deux voire à plus. En tout cas, je vote pour…

Jeudi 23 mars. J’ai mal à la tête. Bien fait. J’aurais pas dû reprendre deux fois du vin en regardant des DVD archi-revus… C’est l’anniversaire de ma Surella que je salue ici. Jeudi 23 mars également, les manifestations lycéennes et étudiantes dégénèrent dans de nombreuses villes, notamment Paris… La télé s’empresse de nous passer les images en boucle… Le phénomène de la violence n’est pas nouveau, il est vieux comme l’homme… Par contre, les violences des ados, c’est quelque chose qui est apparu médiatiquement au début des Années 1990 et qu’on a vu notamment lors des manifs contre le CIP (le « SMIC jeunes » de Balladur) en 1994. Pour ce qui est des casseurs, il y en a toujours eu. Pour ce qui est des violences urbaines, on en a pas mal parlé cet automne lors des « révoltes des banlieues ». Non, moi, ce qui m’étonne dans ce conflit, c’est la violence des étudiants et lycéens ordinaires dans leurs établissements, les occupations de facs avec des exactions, des vols, des dégradations. Je ne suis pas donneur de leçons, je suis solidaire du mouvement, j’ai participé longuement au conflit contre Devaquet quand j’étais moi-même lycéen, et j’ai participé à d’autres luttes depuis, comme étudiant puis comme salarié. Mais je n’ai jamais été partisan des blocages. Et s’il y a blocage je suis évidemment contre la casse de matériel. Cette fois-ci on voit des destructions de halls d’établissement et des bibliothèques saccagées… C’est un peu triste. Mais je crois que les enseignants peuvent partiellement plaider coupable. En 2003, lors du conflit des retraites, nombre d’enseignants ont détruit ostensiblement le bouquin de Luc Ferry et ont tenté de bloquer le baccalauréat… Nous sommes censés donner l’exemple… Là, on avait vu des personnes chargées de transmettre le savoir détruire des livres et tenter d’empêcher des examens sanctionnant le dit savoir. C’est scier la branche sur laquelle on est assis, c’est remettre soi-même en cause son autorité… Il y a de nombreuses raisons à la violence surmultipliée de ce conflit (notamment l’usage de plus en plus répandu d’alcool et de stupéfiants par certains jeunes avant de rejoindre les parcours des « manifestants ordinaires ») et il faudrait des études sociologiques poussées… L’EHESS, Ecole des hautes études en sciences sociales, de Paris, a été longuement saccagée par des groupes de casseurs-squatteurs, mélange d’anars, de groupuscules d’extrême droite ou gauche, de petites frappes… J’ai été choqué par cette violence plus que gratuite. On notera que la police a attendu quatre jours pour faire évacuer l’école. Les médias ont besoin d’images spectaculaires et le gouvernement de désordre pour rétablir l’ordre ensuite…

Vendredi 24 mars. Au cinéma, je vais voir « L’Ivresse du Pouvoir » qui passe enfin à Moulins. Du grand Chabrol avec Isabelle Huppert toujours aussi plaisante, la juge d’instruction qui finit par se croire toute puissante, et un François Berléand époustouflant dans le rôle de l’homme d’affaires incarcéré et balancé par ses supérieurs… A noter les apparitions remarquées de Patrick Bruel en requin des finances froid et de Robin Renucci toujours excellentissime en mari délaissé et déprimé… Un film sur le pouvoir, sur les grands marchés, les affaires comme on dit… Un monde opaque et cynique… A voir.

Samedi 25 mars. Appel de mon ami Thé de retour de Madagascar. Joie de parler avec lui après un si long temps… Deux semaines qui sont parues une éternité…

Dimanche 26 mars. Temps printanier voire estival. C’est un plaisir.

Lundi 27 mars. Veille de manifestation… Il y a une certaine tension dans l’air. Les « pro-CPE » accusent les « anti » de refuser les réformes dont la France a besoin… C’est amusant de voir, chaque fois que des gens s’opposent à un texte de loi, qu’en face d’autres gens disent : vous êtes contre tout, vous ne faîtes pas de proposition… Alors, quoi, on n’aurait pas le droit de trouver une loi mauvaise ? Toute nouvelle loi serait intrinsèquement bonne ? Oui, la France a besoin d’évoluer, mais pas à n’importe quel prix. Pourquoi, à moins de 26 ans, on n’aurait pas le droit à un contrat identique aux autres et pourquoi on n’aurait pas le droit à un motif de licenciement ? Personnellement, j’ai obtenu mon concours à 22 ans. On ne m’a pas dit alors : vous n’aurez pas les mêmes droits que vos collègues pendant quatre ans. J’ai eu un an de stage (et pas deux !), et j’avais le même statut que mes collègues. L’intérim et les C.D.D. existent quand on ne veut pas engager quelqu’un en C.D.I. Pourquoi créer un nouveau type de contrat ? En quoi permettrait-il d’embaucher plus facilement ? On peut aussi facilement « virer » quelqu’un qui est en C.D.I. J’ai plusieurs copains qui en ont fait les frais… Par ailleurs, on dit de ci de là que les syndicats (encore eux ! ils seraient responsables de tous les maux… les méchants ! Pauvre France !) font de l’opposition systématique. En l’occurrence, pour le CPE, ils n’ont pas été contactés avant le vote de loi, ni les syndicats de salariés ni les représentants des étudiants et des lycéens ni même les représentants des organisations patronales… Certains, même au MEDEF, trouvent le CPE parfaitement inutile et inefficace… En outre, ce texte de loi est passé par le biais du « 49.3 » alors que le gouvernement dispose d’une majorité confortable aux deux chambres… Elles sont où, les discussions préalables ? On cite toujours l’Allemagne et les pays scandinaves comme modèles de dialogue social mais, là-bas, un gouvernement ne présenterait jamais une loi au Parlement sans qu’elle ait été préalablement discutée par les partenaires sociaux… Si le CPE est vraiment la panacée, alors qu’il repasse devant les députés après un vrai débat entre syndicats et patronat… On peut bien attendre un mois pour appliquer cette loi géniale qui va sauver le pays… Je suis taquin… On peut être pour on contre ce CPE mais, en l’occurrence, qu’on ne dise pas ici que les Français sont allergiques aux réformes de façon systématique. Pour que tous les syndicats soient à ce point unis (souvenons-nous a contrario de la réforme des retraites en 2003 adoptée par certains syndicats dès le début du conflit), pour que le centre démocrate-chrétien se déclare totalement contre le projet et qu’y compris au sein de la majorité et du gouvernement des personnalités trouvent le texte pour le moins inadapté… On serait tous stupides contre Dominique qui aurait raison contre tous ? La belle affaire ! Enfin, attention aux personnes (notamment les adultes entre trente et cinquante ans) qui accusent les jeunes d'être des enfants gâtés, des consommateurs de play station et de télé-réalité ! D'abord, les jeunes sont le fruit de leur éducation. Ensuite, n'oublions pas notre propre jeunesse. A chaque génération il y a des jeunes révoltés. A chaque génération il y a des vieux cons avant l'heure. A chaque génération il y a des gamins pourris gâtés qui se foutent de tout. On a tous fait des conneries. On a tous des préoccupations respectables. Depuis trois mille ans (il suffit de relire Platon) on nous explique que le niveau baisse et que les jeunes n'ont plus de respect... Relativisons et rappelons nous notre propre jeunesse. A trente ans on doit encore être capable de se rappeler ses vingt ans, non ? Et qu'on me cherche pas avec la mémoire ! Pour moi, c'est un sujet sensible ! Quand on a une grand-mère puis une mère qui perdent la mémoire on sait d'autant plus combien c'est important de savoir se souvenir !!

Mardi 28 mars. Les manifs sont un triomphe dans toute la France, les grèves beaucoup moins. Chacun campe sur ses positions. Les syndicats refusent une réunion qui n’a aucune valeur de renégociation. Le premier ministre, isolé au sein même du gouvernement, reste ferme mais à l’écoute… Superbe. Maintenant, alors qu’on est au milieu du gué, au cœur du conflit, on peut déjà s’amuser à se demander qui va tirer profit de cette crise ? Evidemment, en partie, l’extrême gauche ragaillardie et la droite dure qui condamne ostensiblement cette chienlit… C’est surtout, une fois de plus, Nicolas Sarkozy, notre ami Iznogoud, qui apparaît modéré et conciliant face à Villepin… C’est fou ! Quoi qu’il arrive, il gagne à la fin, c’est toujours Nicolas qui récupère la mise !! Trop fort ! Prochain rendez-vous : jeudi 30 mars pour la décision du conseil constitutionnel (c’est fou, ça : des gens espèrent que leur loi soit déclarée pas bonne pour pas avoir à la retirer… subtile, la politique en France !!) puis mardi 4 avril pour la prochaine grève… On n’a pas fini d’en causer !!

Mercredi 29 mars. On parle d’autoriser très officiellement l’addition de copeaux de bois dans le vin pour lui donner du goût, le rendre plus charpenté probablement !!! En tout cas, pour une fois, j’ai envie de me ranger du côté des grincheux du café du commerce et de hurler : pauvre France, ton pinard fout le camp !!! A quand une grève générale pour du vin sans sciures de bois ni sang de bœuf (eh oui… vous saviez pas ?…) ?!

Jeudi 30 mars. La dérégulation, voulue par l’Europe, atteint ses limites… Ou quand le Libéralisme devient absurde… Polémique autour des numéros en « 118 », vous savez, les nouveaux numéros de renseignements qui nous polluent la vie en ce moment… Plus de quinze numéros différents avec des services finalement assez médiocres et fort coûteux… Eh oui, le « 12 » c’était pas bien, c’était du vilain monopole, alors maintenant on a la bonne concurrence… Et personne n’y comprend rien… En même temps, je m’interroge… Qui utilise ces services ? On a les annuaires papier, le minitel, internet… Et, dans mon cas, la dernière fois que j’ai appelé le « 12 », c’était en 1988… Le seul service qui serait intéressant, c’est un annuaire des numéros de portables… Et il semble que ce n’est pas pour demain… Mon rêve d’annuaire des adresses mails… c’est pareil… on est pas près de le voir… Bref, on a presque tous des numéros de portable et des adresses électroniques que personne ne connaît à part nos proches… Finalement, le monde moderne a encore du progrès à faire !!!

mardi 21 mars 2006

L'info me déprime...

L'info me déprime... Il y a maintenant quatre mois (déjà !), alors que j'étais en pleine préparation de la pièce de théâtre "Un Fil à la Patte" (heureux temps !), j'avais complètement décroché de l'actualité et je ne m'en portais pas plus mal... A la radio je n'écoutais que des chansons, je n'avais plus le temps d'allumer la T.V., je lisais des pièces de théâtre... je vivais dans une bulle (de Champagne )... Puis, progressivement, je suis redevenu accro de l'actu, d'abord comme observateur amusé avec les délires sur la grippe aviaire qui devait tous nous emporter (tiens... on n'en parle plus en ce moment...) puis je me suis senti plus concerné avec cette affaire du CPE... Bien sûr, je suis fonctionnaire, donc ce conflit n'est pas le mien, mais je suis sensible à ce qui est proposé aux jeunes... de même que j'étais sensible aux événements de banlieue à l'automne dernier... Et, là, j'ai senti la tension monter, y compris dans les conversations avec les collègues, certains m'expliquant tout bonnement que j'étais un jusqu'au-boutiste, qu'un contrat sans garanties c'était mieux que pas de contrat, que les manifestants étaient anti-démocratiques... Bref, on m'a dit de la fermer... Comme j'aime pas ces temps de tension ! Je devrais me rappeler que le docteur m'a prescrit de jamais parler de politique car ça provoque toujours des disputes. Ni politique, ni religion, ni vie professionnelle (en tant que fonctionnaire enseignant je suis dans l'imaginaire collectif un feignant obsédé par les vacances qui bouffe l'argent des bons contribuables). Jamais. C'est pas bon pour l'amitié. Je devrais faire comme la plupart des gens, parler que de blagues salaces, de la pluie et du beau temps (les Anglais ont tout compris, eux qui ont élevé au rang d'art les conversations insipides) et éventuellement de sport (et encore ! pour moi, les Français ont fait un tournoi médiocre et pour mes copains ils ont été brillantissimes... ils sont pas difficiles et le chauvinisme les aveugle un tantinet). Bref, ne causer de rien de bien important. Parce que, sinon, ben, on débat, on se dispute, on se fache... Viennent les mots définitifs... Pour certains, je suis un infame gauchiste, pour d'autres un sale réac... On me dit Catho intransigeant ou agnostique pervers... Serais-je un centriste extrêmiste que ça ne m'étonnerait pas !!! En tout cas, pour ce qui est du CPE, mes excuses auprès de tout le monde... C'est un projet génial que je ne me permettrai plus de contester. D'abord, je n'y comprends rien, moi qui suis un privilégié dans un secteur protégé... Range tes billes, Superdoc, t'es largué par l'actualité. Retourne écouter tes radios pour jeunes et laisse tomber l'actualité. Dommage parce que c'est un peu mon boulot, l'actualité... Je travaille dans un Centre de documentation et d'information et j'avoue qu'ilo est dur d'observer l'actualité sans de temps en temps vouloir avoir un petit avis et tenter de le partager... En tout cas, ce qui est sûr, je ne serai jamais militant syndical ni politique car je sais pas débattre... Dans un conflit, j'ai tendance à trop vite m'emporter puis à abandonner car je ne sais pas convaincre les autres et, en plus, je m'en veux quand j'ai débattu trop vivement avec quelqu'un : cette nuit j'ai pas dormi en pensant à ce qui s'était passé à table avec les collègues... Enfin, bon, mille excuses auprès de tout le monde pour avoir exprimé mon avis qui n'est pas intéressant car j'y connais rien.
Autre chose... Demain, mercredi 22 mars, j'ai 36 ans... Oups ! La moitié du parcours... Faudrait que je fasse un bilan mais j'aime pas trop les bilans... Surtout, ce qui est triste, c'est que cet anniversaire, je le fêterai tout seul. Bien sûr, j'ai mes parents... mais les lecteurs de ce blog savent bien la situation à la maison avec l'état de ma mère qui empire (heureusement elle suit encore l'actualité... dans le cas d'une personne malade, suivre l'actualité est un signe de bonne santé mentale... clin d'oeil au paragraphe précédent). Bien sûr, j'ai des amis... Mais ils sont loin... J'ai pas de complices... J'en ai plus... Je suis pas fait pour la vie de couple, c'est un fait, mais par contre, la complicité avec un gars ou une fille, c'est bien mon truc, voire avec plusieurs personnes... Sans remonter aux calendes grecques, je me souviens de la petite bande avec Brett, Rup, Laurent en 1997 puis avec la bande de Gennetines en 1997/98... Je me souviens de la complicité si forte avec V.A. en 1997/98 également, une si forte complicité (on s'appelait tous les jours et on se voyait au moins deux fois par semaine sans compter les lettres !!) que j'ai fini par confondre avec de l'amour... Erreur ! Aujourd'hui, je n'ai plus de nouvelles d'elle et qu'est-ce qu'elle me manque... Pendant des années, j'ai cru que je ne revivrais jamais la complicité... Après tout, en vieillissant, ça devient compliqué... Mes copains sont tous bien occupés par leur vie de famille et c'est normal, alors on s'appelle de temps en temps mais c'est pas pareil... Puis, cet automne, le vrai coup de foudre pour Samantha. J'ai cru de nouveau rencontrer et vivre la complicité avec quelqu'un... Et je l'ai vécue pendant quelques semaines de rêve... Puis la normalité est revenue, le quotidien a repris le dessus et on se croise de temps en temps et voilà. Ces dernières semaines, une vraie complicité s'était installée avec mon pote Farid, on se voyait non seulement au boulot mais aussi les week-ends... Et puis, bon, il est parti pour le Sud... Snif ! Décidément, pas de pot !! Alors demain j'aurai pas de complice avec qui partager de bonnes blagues sur le fait que j'ai un an de plus et puis c'est pas grave et puis c'est tout !!! (comme dirait Jim Poipoi avec qui j'ai partagé pendant des années les soirées à Furiani...)
Enfin, petite histoire, hier, j'ai été interviewé par une journaliste de "La Montagne" qui fait un papier sur les bloggueurs de Moulins... Eh ! Eh ! Le début de la gloire ? En bon pessimiste que je suis, j'espère que ça ne m'attirera pas trop d'ennuis de la part de ma hiérarchie, des parents d'élèves voire de personnes qui seraient choquées ou énervées par mes petits textes sans prétention... Mon seul but en écrivant un blog c'est de partager un peu mes humeurs et m'entraîner à écrire... Je ne veux convaincre personne de rien. En tout cas, on verra bien ce que dira cet article qui devrait paraître d'ici à quelques jours. J'ai été surpris de la proposition d'interview mais, après tout, quand on fait un blog, c'est bien pour être lu, y compris par des gens qu'on ne connaît pas... Sinon, on ne met pas ses réflexions et autres états d'âme en ligne...
Voilà. C'est tout pour aujourd'hui, et c'est déjà pas mal. A bientôt pour de nouvelles aventures.

lundi 20 mars 2006

And the winner is...

Et voilà, c'est fait. La France remporte le Tournoi des Six Nations, de façon plutôt fébrile au cours d'un match contre le Pays de Galles qu'on oubliera vite. L'Irlande finit deuxième en battant l'Angleterre en Angleterre... et ça, c'est bon ! Quant à l'Italie, elle perd de trois points (pour une pénalité à deux minutes de la fin du match) contre l'Ecosse à Rome. Etrange Tournoi sans véritable vanqueur. Oui, bien sûr, la France termine première au "goal-average" (marrant d'employer ce terme footballistique au rugby !). Aux points (ancien décompte jusqu'au début des Années 1990), France et Irlande terminent premières ex-aequo. L'Ecosse, qui a battu les deux favoris officiels de ce tournoi (la France et l'Angleterre) termine troisième, l'Angleterre - championne du monde en titre - est quatrième, le Pays de Galles - vainqueur du Grand Chelem l'an dernier - est cinquième et l'Italie termine dernière mais tous les observateurs s'accordent pour dire qu'elle a fait d'énormes progrès... Etrange ce palmarès... Un tournoi de dupes finalement... Pas de gagnant... L'impression que le niveau du rugby européen a bien baissé... Laquelle des équipes de l'Hémisphère Nord tiendrait ne serait-ce qu'une mi-temps contre les All Blacks ou les Wallabies, voire les Springboks ?!... Alors, c'est vrai, cet automne, la France avait brillé, remportant ses quatre tests d'affilée (une première), mais depuis il y a eu ce tournoi avec des matchs hachés sauf le brillant France - Angleterre... On en saura un peu plus en juin... Quoique... Une tournée avec un match en Afrique du Sud (très bien... ça va être chaud) et un autre... en Roumanie... Est-ce le meilleur moyen de préparer la Coupe du Monde qui se rapproche ?... En tout cas, deux joueurs français, deux "anciens", m'ont particulièrement impressionné : Dominici et Castaignède... Heureusement qu'ils étaient là !
Un dernier mot sur le rugby... Montferrand s'est pris plus de quarante points... à Agen... Agen, hasard ou coïncidence, est le lieu où va désormais travailler mon collègue Farid dont on a fêté le départ ces dix derniers jours... Snif ! Dur de voir un copain partir... J'ai eu l'impression (et je l'ai dit à mon ami Gilles d'Ascu) de me retrouver dans la situation de mes collègues de Luri quand je suis parti il y a un an et demi du Cap Corse pour retrouver le Bourbonnais. D'ailleurs, j'ai fait réaliser pour Farid ce que ma collègue Aline avait fait réaliser pour moi (sur une idée de Pierrette pour son propre départ deux ans plus tôt) : un livre d'or par les élèves avec leurs impressions et leurs mots touchants de sincérité avec les fautes d'orthographe et les petits dessins... Il y a un peu plus d'un mois j'avais parcouru mon livre d'or offert lors de mon départ de Luri en 2004. Je ne savais pas alors que Farid allait partir peu après et que je participerais à la réalisation d'un projet semblable... Comme quand on passe le flambeau...
Forcément, un peu de nostalgie... Et, dans la nuit de vendredi à samedi, j'ai encore rêvé non pas que je retournais à Manderley (clin d'oeil au roman "Rebecca") mais à Castellu, mon petit village au fond de la vallée de Luri... Je retrouvais mon appartement avec ses tomettes rouges, ces doubles volets si caractéristiques des maisons corses, l'odeur si particulière du maquis après la pluie, et le soleil à travers les persiennes qui laissent deviner au loin un air de Méditerranée pas si paisible après trois jours de tempête... En plus, vendredi soir, sur Thalassa, il y avait un reportage sur l'Irlande. Avec mes parents, on s'est exclamé : on dirait le Cap !!
Autre nostalgie du vendredi... Je ne sais plus à quelle occasion... Avec mes parents on s'est mis à évoquer Sophie, mon "ex", avec qui j'ai vécu de décembre 1990 à février 1994... A l'époque, elle avait eu un poste à Grasse et avait eu trois jours pour faire sa valise. Le voyage Moulins-Grasse en février 1992 tous les deux avec sa mère en renfort chacun avec trois sacs faits à la va vite fut l'un des plus douloureux moments de ma vie... Nous avons pleuré tout le long du trajet (et il est long !). Nous savions qu'au bout du voyage il y aurait la fin de notre amour. Bien sûr, notre histoire dura encore un peu plus d'un an mais elle s'acheva dans la mesquinerie et le mépris. Si Sophie n'était pas partie, j'aurais peut-être deux ou trois enfants aujourd'hui, puisque nous avions commencé à en parler... Nous aurions peut-être également divorcé puisque statistiquement c'est le lot d'un couple sur trois... Peu importe... Tout cela est bien loin mais il m'arrive forcément d'y repenser... Je crois que j'ai tout oublié depuis bien longtemps et certaines nuits je me réveille après avoir rêvé mon autre vie et je me dis que c'est peut-être l'inverse, que je suis peut-être en train de rêver, que je vais me réveiller et que je vais me retrouver dans les bras de mon épouse pas loin de nos enfants. Ce sont des rêves absurdes mais on ne contrôle pas ses rêves... On peut essayer... Je n'en rêve pas non plus toutes les nuits... C'est de temps en temps, "à l'improviste"... Comme une brise légère, un souffle malicieux...
Vendredi de nostalgie. Samedi matin de déprime avec ma mère qui va pas bien. Elle a toute sa tête, peut tout à fait suivre une conversation et y participer. Mais elle se perd chaque jour un peu plus dans la maison. Elle n'est plus du tout autonome pour la toilette et c'est ce qui m'effraie le plus... On doit s'occuper d'elle comme d'un enfant. C'est ça, la fin de vie ? Retomber en enfance ? La vieillesse et la maladie doivent-elles forcément passer par l'humiliation de ne plus être autonome pour les choses intimes ? Et je suis inquiet pour mon père qui s'épuise moralement et physiquement à assister ma mère et à refuser une aide extérieure (mais quelle aide d'ailleurs ? les aide-malades ont expliqué à mon père qu'ils ne faisaient pas la toilette intime).
Samedi après-midi d'espoir. Avec mon père, nous allons à la manifestation contre le CPE. Nous y retrouvons quelques collègues. D'abord inquiet du nombre de participants, je suis agréablement surpris. Il y a beaucoup de monde. Je ne sais pas ce que ça donnera. Certains parlent d'un appel à la grève générale. Je repense à d'autres conflits. Je ne parlerai pas de 1968 car je n'étais pas né et, en plus, on oublie toujours qu'après mai il y avait eu juin 1968 avec un triomphe de la Droite aux élections. Je me souviens de décembre 1986 auquel j'avais participé... Un million de lycéens et d'étudiants dans la rue. Seuls contre le gouvernement de Chirac on avait fait retirer le projet Devaquet. Et il y avait eu la mort de Malik Oussékine, tué par les brigades volantes (des policiers à moto : l'un conduit et l'autre arrose à coups de matraque). En 1992, la veille de mon écrit de CAPES, j'avais manifesté contre Jospin... 1994, le SMIC jeunes de Balladur, j'étais à l'armée et j'ai suivi ça de loin à la T.V. Décembre 1995, j'étais à Ajaccio, retrait du plan Juppé après des semaines de blocage. Printemps 2000, j'étais à Luri, on fait grève contre Allègre et ses réformes... Allègre saute mais ses réformes sont mises en place. 2003, le printemps du conflit des retraites. Pendant plus d'un mois les enseignants sont en grève, attendant désespérément l'appel à l'extension du conflit et à la grève générale... Je perds quasiment un mois de salaire et je prends mes premiers gaz lacrymos (un copain manquera perdre un oeil) lors des manifs de Bastia... Bref, quelques souvenirs... Une grève générale, pourquoi pas ? Mais faut qu'elle marche. Si elle ne concerne qu'une petite partie de la population, on échouera comme en 2003. Par contre, pour faire de la politique fiction, qui a le plus intérêt à ce que Villepin échoue et perde le bras de fer ? N'est-ce pas encore le bon Nicolas Sarkozy ? On a l'impression que, quoi qu'il arrive, il est là... Trop fort notre Iznogoud !!! Enfin, en écoutant mes élèves et en me fiant à mes propres impressions, il semble que la T.V. ne montre les jeunes que quand il y a des voitures qui crament... En novembre dans les banlieues, aujourd'hui dans le quartier latin... Et les généralisations : "les jeunes savent pas ce qu'ils veulent", "ils sont pas politisés", "ils s'intéressent à rien", "ils sont manipulés", "c'est tous des feignants"... etc... etc... Il n'y a pas "les" jeunes comme il n'y a pas "les" Arabes comme il n'y a pas "les" Corses, etc... etc... Par contre, attention à la fracture générationnelle entre les gouvernants et les moins de quarante ans. Quels que soient les élus de 2007, qu'ils soient de Gauche ou de Droite, qu'ils n'oublient pas que - même si un électeur sur deux a plus de cinquante ans - les forces vives de la Nation ne se recrutent pas chez les retraités. Faudrait pas que nos anciens oublient qui va payer leurs retraites... Si on se retrouve dans des boulots précaires à vie (et je ne parle évidemment pas de moi qui ai la sécurité de l'emploi), il y a un jour où on en aura marre de voir une grande partie de son salaire prélevée pour financer les retraites de personnes qui n'ont pas bien anticipé l'évolution démographique il y a vingt ans...
Voilà. Enfin, dimanche, pour la première fois depuis très longtemps, j'ai ouvert la Bible. Un moment que j'avais plus envie d'entendre l'Esprit me parler parce que je suis trop révolté contre Lui pour l'écouter. Alors, j'ai lu le livre de Job, l'histoire de cet homme très croyant qui perd sa famille, ses biens, sa santé mais pas la vie et qui se met non pas à douter mais à sérieusement se révolter contre ce qui lui arrive. Un petit livre étonnant. J'ai ensuite parcouru "L'Ecclésiaste" : Vanité des Vanités, tout est Vanité... Il n'y a rien de neuf sous le soleil... etc... Puis la lecture des Dix Commendements et d'un extrait de l'Evangile de Jean (les lectures de ce troisième dimanche de Carème) : l'épisode où Jésus, en colère, vire les marchands du Temple... Bref, la Bible version en colère. Je ne sais pas si je suis croyant. Je constate simplement en lisant ces textes combien à travers l'Histoire les hommes se sont interrogés... C'est vrai des Juifs, des Chrétiens, des Musulmans, des Bouddhistes, des religions d'Orient, des philosophes, des athées, etc... C'est finalement cela, l'Humanité, peut-être : s'interroger sur le pourquoi des souffrances qui nous entourent ou nous habitent.
Bonjour chez vous.
Post scriptum : je viens d'apprendre par ma collègue Aline le décès d'Antoine, le sourd-muet de Castellu. Tous les jours ce vieux monsieur, muré dans sa solitude involontaire, allait du hameau de Castellu au hameau de Piazza pour faire quelques courses à l'épicerie chez François (tout un poème cette épicerie !). On se saluait. Une fois, il m'a dit deux mots, ce qui était pour lui un réel exploit, c'était "Bonne Année !". Je n'avais pas pu lui dire au revoir à mon départ de Luri fin août 2004 car il avait été placé en maison de retraite quelques mois auparavant. Car, outre son handicap, il était en train de devenir aveugle et risquait donc d'être renversé par une voiture... Quelle triste fin de vie muré dans le silence et l'obscurité. Paix à son âme.

lundi 13 mars 2006

Le Tournoi des Deux Nations

Comme la victoire est belle ! Comme la victoire est encore plus belle avec la manière ! France - Angleterre fut un de ces matchs de rugby somptueux comme on n'en voit pas tous les jours... Et, bien entendu, je devais aller voir le match à Paris, j'avais une place réservée mais, vendredi soir et jusqu'à samedi matin, j'étais embarqué dans une fiesta monstrueuse avec Farid et des collègues du collège (pour fêter le départ de monsieur vers un pays de rugby... Agen !), donc comme il faut faire des choix dans la vie, j'ai renoncé au match... Snif ! J'ai renoncé à aller voir ce match là, ce France - Angleterre là... Dommage !
Revenons au match, justement... L'art et la manière... Un essai d'entrée de jeu (par Fritz) a annoncé la couleur... Les Bleus ont pris la partie en mains, pour ne plus la lâcher... On notera un léger passage à vide en début de deuxième mi-temps mais la fin de match sera splendide avec l'essai de Traille puis, en toute fin de match, celui de Dominici... Quelle épopée mes amis 31 à 6... Et on ne peut que se poser la question traditionnelle : mais ils sont où les Anglais ? Sans rire, ils ont été bien pâles sur ce match, confirmant un tournoi bien faiblard...
Dans l'actu du tournoi, on notera le superbe match nul des Italiens au Pays de Galles (où est l'équipe du Grand Chelem 2005 ?!). Un plaisir que de voir "les petits nouveaux du Tournoi" enfin tenir la distance à l'extérieur... Et merci à Berbizier qui a réorganisé la Squadra Azzura...
Pour revenir à l'équipe de France, elle jouera à Cardiff son dernier match. Le but ? Battre les Gallois pour gagner le tournoi... En face, seule autre prétendante à la victoire finale, l'Irlande, qui n'a pas été très brillante contre l'Ecosse, dans un match il est vrai victime de conditions météorologiques détestables. Les Irlandais rencontreront l'Angleterre à Twickenham. Alors, on peut espérer la victoire finale de la France... C'est le match de Cardiff et non celui contre l'Angleterre qui est essentiel et qui nous dira si les Bleus sont sur la bonne voie d'un jeu retrouvé... En rugby, il faut transformer l'essai et l'un des gros défauts des Bleus depuis toujours est d'alterner matchs sublimes et bouillies indigestes. Vivement samedi pour voir une équipe de France brillantissime et transcendée !!!
Que la victoire est belle !
Post-scriptum : il y a décidément des week-ends de rêve. L'ASM Clermont Auvergne a battu Narbonne avec le point de bonus à la clé (4 essais marqués) et se trouve à nouveau (théoriquement) relancée pour la fin de saison...
P.S. 2 : Slogan vaseux pour commentaire de lendemain difficile... Le tournoi des deux nations... plus que deux ! à la fin, il ne doit en rester qu'un !... Moi, j'ai trop regardé "Highlander"... Que la Force soit avec les Bleus !!

vendredi 10 mars 2006

Le Tournoi des Quatre Nations

Pour une fois, je vais m'essayer à l'analyse sportive... oups ! c'est pas gagné... en tout cas, je vais jouer comme tout un chacun au petit jeu des pronostics et des commentaires à la "café du commerce" qui nous agacent tellement chez les autres mais que chacun adore pratiquer... Après tout, l'intérêt principal d'assister à un match (que ce soit chez soi, entre potes, au bistrot ou au stade), c'est d'abord de dire un peu n'importe quoi parce que nous on aurait jamais fait rentrer machin en deuxième mi-temps surtout qu'il est mauvais en club et que dès qu'il pleut il tire pas droit... Ah ! la mauvaise foi des supporters qui brûlent ce qu'ils ont adoré, qui théorisent sur un placement de jambes et idéalisent un schéma d'attaque ou de défense... ah ! le tactiquo-technique ! l'occupation du terrain ! le pilonnage intensif de l'adversaire et le jeu au large... Il y a du magique à lire un article commentant un match... On comprend pas forcément tout mais on apprécie l'exaltation de certaines plumes... Personnellement, c'est surtout le rugby qui m'intéresse mais chaque sport a ses poètes... Enfin, je m'excuse à l'avance de mes propos approximatifs : je n'ai jamais joué moi-même au rugby et j'avoue peiner à distinguer certaines fautes lors de regroupements hasardeux mais, bon, ça ne m'empêche pas d'apprécier le spectacle.
Après cette introduction, place à l'un des Tournois des Six Nations les plus ouverts de ces dernières années... Tout d'abord, nous avons tous la mémoire courte... En regardant un peu mes archives (sur le site de l'Equipe et avec les anciens Rugbyrama), j'ai vu qu'en 1999 la France avait perdu trois de ses quatre matchs (c'était encore les Cinq Nations), dont les deux aux Stade de France... et ce après deux années à Grand Chelem et quelques mois avant un parcours somptueux en Coupe du Monde (ah ! la sublime demi-finale contre les Blacks !!)... Comme quoi... Surtout, le vainqueur du Tournoi 1999 fut... l'Ecosse... Eh oui, on l'avait tous oublié...
Alors, le bilan après trois journées ? La France a perdu son match en Ecosse... face à des Ecossais peut-être pas très imaginatifs, mais braves, qui battront l'Angleterre quelques semaines plus tard... A posteriori, cette défaite française devient quasi-honorable... Ah ! Je sens la mauvaise foi pointer... La France a gagné, à Paris, contre l'Irlande puis contre l'Italie... Dans les deux cas, la victoire fut acquise dans la douleur... Personnellement, j'étais au Stade de France (pour la première fois de ma vie... et, finalement, si le stade est joli, on ne retrouve pas l'ambiance de Furiani ou du Michelin... désolé !) lors de France - Italie et le moins qu'on puisse dire est que la première mi-temps fut particulièrement laborieuse. Alors, oui, on a gagné et, en deux matchs on a enquillé pile 80 points... Néanmoins, même si seule la victoire est belle, on a fait appel à des vieux "grognards" pour mener à bien ces victoires... Seront-ils encore là dans un an et demi pour la Coupe du Monde, qui a lieu en France ? Personnellement, je l'espère, mais rien n'est moins sûr et si on peut encore gagner le tournoi sommes-nous dans la bonne voie pour préparer la coupe du monde ?? Il reste les tournées et le tournoi 2007 donc tout est possible... Après tout, je reviens à 1999, on était au fond du trou lors du tournoi. Et, dans un autre sport, celui des manchots (ah ! le football !), en 1998, quelques jours avant la Coupe du Monde, les commentateurs critiquaient ouvertement le jeu animé par Aimé Jacquet... On connaît la suite !
Sinon, pour conclure, le principal intérêt de ce tournoi, et sa fraîcheur finalement, après des années de domination franco-anglaise (sauf l'an dernier et le beau grand chelem gallois), c'est qu'il est donc le plus ouvert depuis longtemps... En théorie, quatre équipes peuvent encore l'emporter : l'Angleterre, la France, l'Irlande, l'Ecosse... Ce week-end, certaines rencontres considérées comme jouées d'avance vont du coup prendre une toute autre importance... Le Pays de Galles reçoit l'Italie... On jouera les Gallois en espérant que le match sera intéressant car les deux équipes sont les plus faibles de ce tournoi... même si l'on peut constater la progression de l'Italie match après match (merci Pierre Berbizier !!). L'Irlande reçoit l'Ecosse... une confrontation qui risque d'être passionnante et déterminante... Et, bien sûr, le classique du chauvinisme, la France accueille l'Angleterre dimanche après-midi qui ne sera pas un long dimanche de fiançailles (ça y est ! je commence à imiter les jeux de mots à deux francs des journalistes de l'Equipe ou du Midi Olympique)...
Bon, ben voilà, que le meilleur gagne, que les matchs soient beaux. Et vive le rugby ! Une pensée pour le Top 14 avec l'équipe de Montferrand (pardon... ASM Clermont Auvergne) qui a raté une bien belle occasion la semaine dernière d'accéder aux demi-finales du championnat... Une occasion ratée de plus... Y a des équipes comme ça qui, saison après saison, échouent aux portes du Paradis... Un jour viendra, j'en suis sûr... Mais c'est une autre histoire...

mardi 7 mars 2006

Un nouveau venu dans les blogs...

Oyez ! Oyez ! Braves gens ! voici l'adresse du blog de Jean-Michel P., fameux prof d'histoire jadis au collège de Luri, celui-là même dont l'adresse mail est poipoi.com ! Son blog, pour le moment, nous conte son grand périple en Amérique du Nord l'été dernier, avec photos et commentaires. Bon, il débute mais c'est déjà le vent du large qui souffle... et ça fait du bien en ces temps où l'Europe sombre dans la grippe aviaire et se délecte dans une morosité toute séculaire (ça veut pas dire grand-chose mais ça m'inspire du matin !!).
Bon voyage virtuel !!
Tout cela me fait penser aux chansons de Brel où le chanteur parle de son "Amérique"... De même que Boris Vian qui évoquait une Amérique où il hésitait à se rendre pour ne pas briser son rêve américain... Combien de chansons évoquent cette Amérique mythique ? Alors, oui, je sais, il y a eu Nixon et le Vietnam, il y a Bush et l'Irak, etc... Mais les anti-Américains primaires qui limitent l'Amérique aux USA et qui limitent les USA à la politique extérieure d'un guignol néo-conservateur (terme absurde par définition : néo ancien ?!), ils me fatiguent. La France, c'est pas uniquement la Guerre d'Algérie. L'Angleterre, c'est pas seulement Jeanne D'Arc. L'Allemagne, c'est pas seulement Adolf. Et les States, c'est pas seulement Bush. Moi, j'aime les Etats-Unis et je rêve d'y aller en vacances (y vivre, c'est une autre paire de manches). Je suis de culture américaine et je n'en ai pas honte. Je n'en suis pas fier non plus. Mais c'est comme ça. Je regarde les séries, les films, plus en tout cas que des séries russes et des films chiliens. Et puis c'est tout ! C'est un peu comme la haine des Parisiens, on oublie que c'est des provinciaux à la base, bien souvent. Pour les Américains, la plupart sont des émigrés, parfois d'assez fraîche date, notamment dans le milieu du cinéma avec tous les Juifs, Irlandais et Italiens que j'aime tant (au hasard : Spielberg, Ford, Coppola)... Voilà, c'est mon petit coucou en passant aux Américains, nos cousins de l'Outre-Atlantique, de même que nous avons nos cousins de l'autre côté de la Méditerranée... et d'ailleurs, d'ailleurs !!

lundi 6 mars 2006

Des nouvelles du front...

Eh oui, après deux semaines de silence informatique, des news de J.-F. le Superdoc !!! Pas de grandes news, et pas très gaies, mais bon, un petit mot pour vous tenir au courant et alimenter mon petit blog sans prétention...
Deux semaines de vacances (ah ! ces enseignants ! toujours en vacances !) à aménager mon appartement à Moulins et retrouver la vie citadine... Deux semaines ponctuées de quelques sorties, dont une très sympa avec mes deux compagnons de l'équipée du "Fil à la Patte", et l'une, le dernier samedi des vacances, où je me suis laissé surprendre par mes vieux démons (Doctor Freyd peut témoigner, d'ailleurs je vais lui demander de me recevoir pour une séance !!). Quelques sorties, donc, quelques films à revoir... Mais surtout, les vacances avançant, la perte de l'équilibre... Un emploi du temps de plus en plus déréglé... Je sais, c'est un peu le principe des vacances, mais j'aime pas quand ça dure trop, car on ne sait plus où on en est, en tout cas moi. Je hais les vacances comme je hais les dimanches... Je plaisante, évidemment, quoi que pour les dimanches... Non, mais, surtout, je crains ce dérèglement insidieux qui fait que je me retrouve assez déboussolé après deux semaines.
Mais, surtout, ces vacances furent marquées par l'aggravation de l'état de santé de ma mère. Elle ne peut presque plus du tout se déplacer. Elle est encore tombée dans l'escalier avant-hier. Elle ne se repère plus du tout dans l'espace. Autant elle peut suivre les conversations et s'intéresser à l'actualité (heureusement), autant elle a perdu toute notion d'orientation voire d'équilibre. Malheureusement, étant donnée l'accélération depuis quelques semaines, encore un mois ou deux et elle sera totalement grabataire. Quant à mon père, logique, il donne des signes fréquents de fatigue et de découragement, avec des coups de colère très fréquents et un rythme de vie complètement marqué par la nécessité de s'occuper à tout moment d'une personne gravement malade. Je crains qu'il ne finisse par avoir une attaque. Quelques jours avec eux lors des vacances m'ont littéralement épuisé. Je sais, c'est pas une excuse ni un prétexte pour ensuite aller picoler et festoyer bêtement mais j'avoue avoir passé quelques jours complètement désorienté (à mon tour !). Je suis content de retrovuer le collège pour avoir un rythme et une hygiène de vie plus sains. Mais j'avoue que j'ai peur maintenant, quand le téléphone sonne, que mon père m'appelle encore une fois pour me dire de venir tout de suite parce que ma mère est retombée et qu'il n'arrive pas à la relever.
Vous m'excuserez de vous raconter ainsi ma petite vie pas très passionnante. Chacune et chacun a ses soucis. Mais il fallait que je vous explique un peu. Parce que je sais pas quand je réécrirai des articles sur ce blog. C'est clair que j'ai plus trop envie de mettre des petits poèmes ou de parler de coups de gueule et de coups de coeur par rapport au ciné, à l'actualité, etc... Mais faudra bien que je continue à vivre. En tout cas, on nous bourre le mou avec la retraite et la nouvelle vie qui nous attend après soixante ans... Ce sera pas le cas de mes parents... Ils ont une fin de vie particulièrement dégueulasse. J'espère mourir jeune ou en tout cas mourir vite. Remarquez, c'est pas nous qui choisissons. Mais cette vie qu'on nous promet tous dans les maisons de retraite... Et nous avons tous une tante, une grand-mère, voire des parents dans ce genre d'établissements. Alors, on sait tous de quoi on parle. Et le pays fait semblant de pas voir. Bientôt, plus de la moitié de la population sera dans ces établissements. La France est un pays en fort vieillissement (comme toute l'Europe) et qui ne s'occupe pas de ses vieux... Un peu schizo, non ?
Allez, je me calme et je bois frais. Après tout, tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir. Et je terminera par cette citation de la chanson que je préfère de Renaud, " Cent Ans" : "Mais la souffrance, c'est très rassurant, ça n'arrive qu'aux vivants." Bon, je suis pas forcément d'accord à 100 % avec l'idée mais la chanson est très belle, où Renaud explique qu'il aimerait bien avoir cent ans "pour jouir enfin du bonheur d'avoir pu traverser cette pute de vie sans se faire écraser"...
Portez vous bien et bonjour chez vous.