jeudi 8 juin 2006

Perles du "9-5"...

Une de mes collègues, Réjane, professeur d'anglais, l'an dernier stagiaire au Collège de Tronget, a été cette année affectée (quel joli terme) dans un lycée du "9-5" (eh ! oui ! vous savez, y a pas que le "9-3" !), dans la ville qui porte le joli nom de Bip... censuré pour pas qu'il y ait de soucis... Ce qu'elle m'a raconté de cette année apocalyptique est relativement incroyable pour toute personne étrangère à cet univers surréaliste qu'est devenue l'Education nationale dans les grandes villes et leurs périphéries. Je lui ai suggéré de prendre quelques notes pour les mettre sur mon blog et les faire partager (de même que j'ai suggéré à ma Soeur qui a décidé de reprendre des études en Allemagne où le simple fait d'être étudiant devient un parcours du combattant et le fait d'être une femme qui veut travailler est relativement contraire aux bonnes moeurs Outre-Rhin... Nathalie, on attend tes chroniques rhénanes !!). Alors, voilà, Réjane m'a déjà envoyé quelques perles, quelques propos, spécialement pour vous...
Coucou!
Comme promis, voici quelques morceaux choisis, et surtout gardez bien à l'esprit que tout est AUTHENTIQUE!!

Les sourds n'entendent pas comme nous.
X. Y., directrice de la SEGPA du collège *** de B. (95)

C'est la goutte d'eau qui a mis le feu aux poudres.
Idem

Je ne suis pas tombée de la dernière grimace.
Idem

Nos élèves sont peut-être des monstres mais ça pourrait être pire : ça pourrait être des sauvages.
Idem

V. K. : Avant d'être directrice ici, j'étais enseignante au collège des 4 routes.
Moi : Vous enseigniez quoi ?
Elle : Segpa.
Moi : Oui mais quelles matières ?
Elle : Segpa.

Serkan (élève de 2nde 2) : Madame, on fait quoi aujourd'hui ? On fait de l'anglais ?
Moi : ????? Non, aujourd'hui c'est atelier couture.
Serkan (affolé) : Et on va le faire en anglais ?????!!!!!

Nadia (élève de 2nde 9) : Madame votre copain, est-ce qu'il ressemble à Brad Pitt ?
Moi : ??????? Euh non... C'EST Brad Pitt!
Nadia : Non, c'est pas possible, il est déjà avec Angelina. Et je vous aurais vue dans les magazines.
Moi : Euh oui, forcément...
Nadia : Je suis sûre que votre copain, il ressemble à Brad Pitt, non ?
Moi : Euh... T'es de la police?
Nadia : Non non, c'était juste comme ça. Au revoir madame.

Un jour, le proviseur vient dans mon cours de 2nde 2 faire une intervention. Les élèves entrent en classe en passant devant lui et moi, jusqu'au moment où passe Mabrouk...
- Bonjour monsieur, bonjour madame. Madame, c'est qui le chauve à lunettes ???

Au milieu d'un cours de 2nde 9, la collègue d'à côté entre dans ma classe pour me demander des craies. Chose tout à fait anodine, n'est-ce pas ? Eh bien non, car au moment où Julie est entrée, mes élèves se sont exclamés :
- C'est quoi, cette mocheté ?
- C'est qui, celle-là, elle est moche!
- Eh thon, va te cacher!
(Très grand moment de solitude.........................)

Après distribution d'un sujet de compréhension (avec un texte et des questions sur le texte, et où j'avais bien écrit : Questions about the text) :
Erwan
: Madame, les questions sur le texte, elles portent sur le texte ?
Moi : Non, sur le mode d'emploi du micro-ondes!
Erwan (paniqué) : Quel micro-ondes ?????

Une collègue de français se fait inspecter. Au moment où les élèves entrent en classe, l'inspectrice est déjà installée au fond de la salle...
- Eh madame, c'est qui la vieille au fond ???

mardi 6 juin 2006

Humour douteux...

Après les moments difficiles que j'ai évoqués ici même, et pour détendre l'atmosphère, voici un de ces messages collectifs qui circulent sur le net (celui-ci m'a été envoyé par ma chère cousine Christine) et que, pour une fois, je trouve plutôt sympathique voire carrément lourdingue... (mais ça fait du bien de temps en temps !!)
COMMENT RENDRE UNE FEMME HEUREUSE ???
Il me semble que ce n'est pas compliqué !
Pour rendre une femme heureuse, il vous suffit tout bonnement d'être :
1. ami
2. compagnon
3. amant
4. frère
5. père
6. maître
7. éducateur
8. cuisinier
9. charpentier
10. plombier
11. mécanicien
12. décorateur
13. styliste
14. sexologue
15. gynécologue/obstétricien
16. psychologue
[tiens, je viens de me rendre compte qu'il n'y a pas de 17 !!]
18. psychiatre
19. thérapeute
20. audacieux
21. organisateur
22. bon père
23. très propre
24. sympathique
25. athlétique
26. doux
27. attentionné
28. galant
29. intelligent
30. drôle
31. créatif
32. tendre
33. fort
34. compréhensif
35. tolérant
36. prudent
37. ambitieux
38. capable
39. courageux
40. déterminé
41. fiable
42. respectueux
43. passionné
SANS OUBLIER DE :
44. faire souvent des compliments
45. adorer le shopping
46. ne pas faire des histoires
47. être très riche
48. ne pas la stresser
49. ne pas regarder les autres filles
ET EN MÊME TEMPS, IL FAUT AUSSI :
50. faire très attention à elle, sans pour autant être jaloux
51. bien s'entendre avec sa famille, mais tout en lui accordant toujours autant de temps pour elle 52. lui donner de l'espace, tout en se montrant soucieux de là où elle va
IL EST TRÈS IMPORTANT DE :
53. ne jamais oublier :
* anniversaires
* fiançailles
* mariages
Malheureusement, même en observant scrupuleusement ces règles, son bonheur n'est pas garanti, puisqu'elle pourrait se sentir submergée par une vie d'une étouffante perfection, et fuir avec le premier salopard-alcoolique-coureur de jupons qu'elle rencontre.
COMMENT RENDRE UN HOMME HEUREUX :
1. Baiser
2. Lui foutre la paix !
Envoyez simplement ce message à au moins 5 millions de personnes de votre entourage... Cette chaîne a été commencée en 1625 avant ma belle-soeur par un moine moldave passionné d'informatique dans la paroisse de St-Poal-de-Martres au Portugal dans le but de sauver Thérèse, une petite fille gravement malade. Aujourd'hui cette petite fille a 378 ans et elle est atteinte d'un cancer des testicules et d'une fièvre affreuse de la glande thyroïde contractée lors d'un viol par un cerf en période de brame en forêt de Rambouillet proximité d'une marre souillée par des déchets radioactifs malencontreusement tombés d'un avion furtif... De plus, lors d'un safari en Afrique du Sud, avec Nouvelles Frontières, elle s'est fait bouffer un genou et une oreille par un panda importé d'Himalaya en visitant le zoo de Johannesburg. Alors, s'il vous plaît, pour elle, ne brisez pas cette chaîne ! Vous êtes son seul espoir de guérison et en plus, cela vous portera chance! Comme par exemple à ce jeune Irlandais qui, en 1912, fit suivre ce message par SMS. Dans la semaine, il se vit offrir une place pour une croisière inaugurale sur un superbe transatlantique britannique le"P'tit Annick". Lors de ce voyage il découvrit les frissons de l'amour et les bienfaits de la natation. Ne gardez surtout pas ce message dans votre ordinateur plus de16 minutes ou la malédiction s'acharnera sur vous jusqu'au retour des bernaches à cou roux. (et non a Kourou). Il y a un peu plus de 2000 ans, un homme reçut ce message sur son ordinateur portable. Comme sa batterie était vide et qu'il ne pouvait pas la recharger vu qu'il n'y avait pas encore d'électricité à cette époque, il fut crucifié avec des clous rouillés, et comme si cela ne suffisait pas, on lui mit sur la tête une couronne de piquants qui font mal. Plus récemment, le 10 septembre 2001 à New York, Antoine Fishback, webmaster pour la société Vivendi Universal, a reçu cet e-mail a 16h57 sur son micro professionnel. Finissant son travail à 17h00, il négligea de le renvoyer tout de suite. Le lendemain, il mourut renversé par un des camions de pompiers qui allaient porter secours aux victimes du World Trade Center. Ça fait tout de même réfléchir, alors n'hésitez plus ! Renvoyez ce message à tous vos amis. Cela leur portera chance à vie : Chaque fois qu'ils iront aux toilettes, il y aura encore du papier. Chaque fois qu'ils achèteront des saucisses à la volaille, ils bénéficieront de 20 centimes d'euros de réduction immédiate à la caisse. Chaque fois qu'ils mangeront des moules, il n'y aura pas de petits crabes dedans (sauf pour ceux qui aiment bien). Chaque fois qu'il y aura Céline Dion ou Lara Fabian à la radio, le téléphone sonnera. Enfin, ils seront désormais exempts de répondre à tous les messages-chaînes qui nous foutent les boules ! Si vous le faites, en plus, vous recevrez prochainement un bon de réduction de 25 % valable dans tout le catalogue des 3 Cuisses (sauf pages 323 à 332) et moi, je recevrai un bon de parrainage. Ce message a déjà fait 759 874 236 587 fois le tour du monde. Pour Thérèse, pour vous, pour moi, pour tous vos amis, ne brisez pas cette chaîne. Merci.

vendredi 2 juin 2006

Quand les mots manquent...


Hier après-midi ont eu lieu les obsèques de Michel, un moment particulièrement difficile et émouvant, une cérémonie très forte et touchante. Parmi les hommages rendus, il y eut le portrait de Michel vu par ses collègues que dressa Martine, un moment où nous avons presque souri. Il y eut les petits messages de trois élèves du collège. Il y eut le chant de Sarah a capella. Il y eut les lectures d'extraits de la Bible (un passage de l'Epitre aux Corinthiens, je crois, et surtout du Livre de la Sagesse). Et il y eut l'hommage de Sylvie, la compagne de Michel et notre collègue. Lorsqu'elle a, très courageusement, pris la parole, elle a choisi de lire un texte fameux, de WH Auden, "Funeral Blues". Ce texte, certains d'entre vous le connaissent, grâce au film "Quatre Mariages et un Enterrement". Je me permets de mettre un lien vers une page internet où vous retrouverez ce texte en anglais et en français ainsi que quelques mots sur son auteur.
fig_tree/2005/07/wh_auden.html
Comme mes collègues et mes élèves, je suis particulièrement fatigué, épuisé nerveusement et en plus j'ai un peu la crève... Bref, je compte sur les jours qui viennent pour récupérer et retrouver de l'énergie... Et c'est pas forcément évident. Tout d'abord, ma mère va de moins en moins fort... Mercredi après-midi, c'était pas la joie. Et puis il y a la venue de ma tante Anne-Marie, la soeur de mon père. Elle est formidable mais entre elle et mon père c'est souvent électrique et ils ressassent de vieilles rengaines des heures durant... Ah ! La famille ! C'est vraiment pas ma tasse de thé !! Lors du dernier passage de ma tante fin février, ce fut le psychodrame permanent pendant trois jours. J'espère cette fois-ci me préserver un peu en n'assistant qu'à un ou deux repas. J'ai envie de me reposer, d'aller courir (si le temps le permet) comme j'ai repris l'habitude de le faire depuis quelques jours, de penser à rien ou en tout cas à des sujets légers...
Et puis, ce week-end, c'est la Pentecôte. Que vous soyez croyants ou pas, que la Force de l'Esprit soit avec vous tous, avec nous tous. On en a tous bien besoin. La photo qui illustre ce texte, c'est le Jacquemart de Moulins, le symbole absolu de notre petite ville...

lundi 29 mai 2006

Il est parfois dur de trouver les mots...

Il est parfois dur de trouver les mots, et aussi les photos... En l'occurence... Pourquoi la photo ci-dessus (prise par Johan à la Toussaint 2004) ? C'est le Grand Jus, un très beau bar de Moulins qui date de la fin du XIX°. D'abord, je voulais une photo et pas un simple texte. Ensuite, je n'ai pas mille et mille photos à ma disposition... surtout en rapport avec ce que je désirais écrire. En fait, je ne voulais même pas écrire de texte et c'est de lire celui de Poitrenette (voir sur son blog : http://poitrenette.skyblog.com/ ) qui m'a encouragé à écrire quelques lignes.
Voilà. Un de mes collègues, Michel, prof de technologie, est décédé subitement, la semaine dernière, à 54 ans. La mort est toujours quelque chose d'abominable, la mort brutale d'une personne est un choc encore plus terrible. Dans de telles circonstances, j'ai juste envie de me taire, peut-être de pleurer si j'y arrive encore, de rester là en attendant... Vendredi, au collège, l'atmosphère était terriblement lourde et chargée d'émotion, notamment quand, à huit heures, le principal a annoncé dans la cour le décès de Michel. Larmes des élèves, silence des adultes qui se retiennent et moi, quand je prends finalement la classe de sixième dont j'ai la responsabilité à cette heure ci, qui ne peux retenir quelques sanglots puis qui me reprends et bafouille pendant une bonne dizaine de minutes avant de parler normalement. Une journée terrible. Un collège doit être un lieu de vie ; vendredi, c'était un lieu de douleur. J'avais hélas déjà connu ça à Luri voilà deux ans pour le décès d'un ancien élève, tué à dix-sept ans dans un accident de moto, et quelques mois après, le décès du petit frère d'un élève, écrasé en traversant la route à la rencontre de son frère. Le silence pesant des adultes, les larmes étouffées des enfants et on a envie de crier et de leur dire de rire, de courir, de vivre, mais on ne peut pas, on peut juste se taire et attendre que la vie reprenne son cours.
Alors pourquoi cette photo du Grand Jus ? Parce que, au mois de septembre 2004, alors que je venais juste d'être nommé au collège de Tronget, j'étais allé un samedi après-midi voir le film "L'Enquête Corse", film moyen au demeurant mais qui m'avait donné ma première bouffée de nostalgie de l'Ile de Beauté... En sortant du cinéma, alors que je trainais dans Moulins, un peu déboussolé (après tout, cela faisait à peine quelques semaines que j'étais rentré de Corse), j'avais été interpellé par Michel et Sylvie (sa compagne, également collègue du collège) qui m'avaient proposé de boire un verre avec eux au Grand Jus. On avait, évidemment, parlé de la Corse... Ils y étaient d'ailleurs allés cet été là. Je leur avais raconté mes impressions d'exilé permanent et on avait plaisanté et trinqué à ma nouvelle vie dans le Bourbonnais... Voilà, cette photo, pour Michel.
Je terminerai ce texte par une anecdote amusante à propos de Michel. Le matin, au collège, nous avons deux sonneries, une à 7h57 et l'autre à 8h. Imperturbablement, Michel arrivait toujours entre les deux sonneries, la ponctualité incarnée, "le métronome du collège" me disait Laurent tout à l'heure. Qu'il neige, qu'il vente, à 7h59, Michel arrivait... D'ailleurs, quand il nous arrivait, en salle des profs, de ne plus savoir si la deuxième sonnerie avait déjà retenti, il y avait toujours un collègue pour dire : "Non, non, Michel est pas encore arrivé. " C'était un grand mystère des sciences : comment pouvait-il être aussi ponctuel ? D'aucuns l'ont soupçonné de se cacher et d'attendre la première sonnerie... On ne le saura jamais. En tout cas, il ne sera plus là pour nous indiquer qu'il était temps d'y aller et que, donc, la journée commençait vraiment.
Il y a mille et mille choses à dire. Personnellement, je ne le connaissais que depuis un an et demi mais je l'appréciais forcément énormément, une personne originale, directe et chaleureuse.
Michel, où que tu sois, on pense à toi.

mardi 23 mai 2006

Encore quelques mots à propos de Marie de Magdala...

Oui, encore quelques mots à propos de cette Marie-Madeleine qui interroge tant en ce moment, suite à la sortie du "Da Vinci Code". C'est marrant, d'ailleurs, que l'on se pose plus de questions sur elle que sur Marie, la mère de Jésus, alors que les Evangiles "officiels" lui accordent peut-être plus de place qu'à la mère du Nazaréen... En fait, l'idée de ces quelques lignes m'est venue d'un message d'une amie, qui s'est plongée dans la lecture de livres, revues, sites, et finit par ne plus s'y retrouver. Elle n'est pas, je crois (c'est le cas de le dire), ni spécialement croyante, ni athée, ni religieuse, ni fana de l'étrange, simplement curieuse... Et elle a l'impression de se noyer dans tout ce qu'on lit en ce moment...
Voilà ma réponse à son message... Pour Marie-Madeleine et les autres persos de l'Evangile (ou plutôt des Evangiles, "officiels" et apocryphes), je lui donnerai le conseil que m'avait donné un copain (salut Mister Lawrence !!) : il y a beaucoup mieux que tous les bouquins de journalistes avec leurs théories fumeuses, il y a les textes originaux. Faut commencer par là... Les Quatre Evangiles sont disponibles partout. Les principaux apocryphes sont également disponibles en librairies religieuses (ce qui contredit complètement les propos de Brown sur l'Evangile de Philippe qui serait caché : je l'ai acheté dans une librairie catholique...), notamment Philippe, Marie et surtout Thomas. A travers ces ouvrages on voit apparaître certains personnages... Ensuite, il y a deux ou trois excellents dictionnaires de la Bible (dont celui chez Bouquins) qui permettent de retrouver tous les passages citant tel ou tel personnage. Marie de Magdala apparaît dans les quatre Evangiles, notamment chez Jean où elle est la première à voir Jésus après la Résurrection. D'autres femmes apparaissent, parfois confondues avec Marie-Madeleine, comme la pécheresse chez Luc, ou Marie de Béthanie, la soeur de Marthe, ainsi que la femme adultère chez Jean. Certains ont prétendu, de longue date, que toutes ces femmes seraient la même personne, sans s'appuyer sur des éléments tangibles. L'Evangile selon Marie aurait été écrit par des disciples de Marie de Magdala et on y voit une scène où elle se dispute avec Pierre. Dans l'Evangile selon Philippe, il est dit que Jésus avait l'habitude d'embrasser Marie "plus que les autres disciples", ce qui ne veut pas dire qu'il n'embrassait qu'elle ni que c'était des baisers érotiques... Actuellement, je suis en train de lire "Les Femmes de l'Evangile", livre de France Quéré, très grande théologienne protestante (qui traduisit d'ailleurs les apocyphes) hélas décédée. Elle étudie longument dans cet ouvrage toutes les figures féminines qui apparaissent dans les quatre Evangiles. Sinon, un conseil quand on fait des recherches : se méfier des nombreux livres (et revues) d'auteurs pseudo-historiens (comme ceux de "L'Enigme sacrée" qu'a pompé Dan Brown) ou les nombreux sites internet fantaisistes (style Rennes-Le-Château, les complots, tout est dans tout, on nous ment mais moi je détiens la vérité). Dans "La Montagne" du dimanche 21 mai, il y a une excellente chronique de François Taillandier qui évoque le personnage de Marie de Magdala. (Je ne peux, pour des raisons de droits d'auteur, vous la reproduire en copié-collé mais voici un lien internet pour la lire : http://atropcourberlechine.hautetfort.com/archive/2006/05/21/le-messie-et-la-madelon.html ). Et qui pose la vraie question : qu'est-ce qu'on s'en fout qu'il y ait eu une liaison entre Marie et Jésus ? Soit on est croyant et ça ne change rien ; soit on n'est pas croyant et on s'en fout, sauf si on est un lecteur de "Voici"... C'est comme de savoir si le président a des maîtresses ou des fils cachés (voire des vices cachés...). Il est quand même fascinant de voir les gens se passionner pour un sujet digne des romans de gares ou des magazines people. En plus, c'est une vision très occidentale du monde : pour un musulman, à la rigueur, le sujet a vaguement de l'intérêt (Jésus est le personnage le plus cité du Coran)... Pour un Bouddhiste, un Hindouiste, un Shintoiste, et pour les athées du monde entier, qu'est-ce que ça peut bien faire que Jésus ait aimé ou non une femme de façon charnelle ? Alors, en faire, comme le dit Dan Brown, un fondement de notre civilisation... C'est d'une prétention et d'un égocentrisme...
Remettons le "Da Vinci Code" à sa place : un roman à énigmes bien agencé, malgré un style faiblard (très pompé sur le style Mary Higgins Clark : des chapîtres courts avec rebondissement systématique à la dernière ligne) et une fin assez mauvaise ; un film qui est plus une illustration qu'une adaptation... Le reste, comme dirait Shakespeare (qui, lui, était un grand écrivain... et là aussi on peut la jouer mystérieux : le grand Will a-t-il écrit lui-même ses pièces ? étaient-ils plusieurs ? on s'en fout !!! elles sont bien à lire et à jouer et à regarder et c'est tout ce qui compte, non ?) : c'est beaucoup de bruit pour rien.

lundi 22 mai 2006

Superdoc in Paris...


Vendredi 19 mai 2006, grande journée ! En effet, ce jour-là, avec les deux classes de sixième du collège et trois collègues (Lilian, David, Muriel), nous sommes allés à la Capitale... On est parti à 5 h du matin de Tronget... ça calme ! Arrivée sur Paris peu après 10 heures. Le matin, visite des Antiquités égyptiennes au Louvre avec une guide. C'était passionnant. Elle a évoqué les rites et coutumes des Anciens Egyptiens... Nous sommes passés devant la statue du fameux Akhénaton, le pharaon hérétique (fondateur du monothéisme ??? c'est en tout cas la théorie de Sigmund Freud). Nous avons admiré le fameux scribe au regard si expressif qui défie le temps... Après les Antiquités, petit tour dans la grande galerie pour voir quelques fameux tableaux comme Le Radeau de la Méduse ou Le Serment des Horaces... Et, bien sûr, halte obligée devant La Joconde (tableau qui a encore plus de succès en ce moment à cause du film Da Vinci Code) et le Jean-Baptiste de Leonardo da Vinci (qui parait encore plus efféminé que le Saint Jean de la Cène que Dan Brown prend pour Marie Madeleine...) ainsi que les somptueuses Noces de Cana... J'avais oublié comme ces tableaux étaient merveilleux... J'ai hâte de retourner au Louvre et de passer des heures à les admirer... Quel choc esthétique ! Les élèves étaient littéralement renversés devant tant de chefs d'oeuvre... Au Louvre, j'ai également admiré la fameuse pyramide inversée (voir plus loin dans ce blog) que je regarde différemment après avoir vu le film de Ron Howard...
Après le Louvre, pique nique dans le Jardin des Tuileries et, là, joie de voir Johan. Je l'avais prévenu de mon passage à Paris mais c'était tellement compliqué pour le créneau horaire (d'ailleurs, on est arrivé avec vingt minutes de retard aux Tuileries car un groupe s'était perdu dans le Louvre... je veux pas être mauvaise langue mais c'est l'autre groupe qui s'est perdu !!) que j'étais persuadé qu'on ne se verrait finalement pas. Et bien non ! Alors que j'entamais mon sandwich, j'entendis une voix familière me saluer... C'était Mister Johan qui m'avait retrouvé, en compagnie de Pierre-Paul, un ami à lui, originaire de Castagniccia et sous-officier dans l'Armée de l'Air. On a pu bavarder un moment et causer un peu de la Corse...
L'après-midi, nous avons fait un tour de bateau mouche... C'était absolument génial, la première fois que je prenais le bateau sur la Seine, l'occasion de voir la Capitale autrement... Ah ! Paris ! J'avais oublié combien cette ville était belle... Revoir tous ces monuments, ces lieux que j'aime tant... Quand j'étais petit, avec mes parents, nous allions à Paris chaque année en février... Nous logions à la Résidence universitaire d'Antony (c'est là que mes parents avaient habité jusqu'à ma naissance, avant d'être mutés à Moulins). J'adorais ces jours au cours desquels nous visitions les musées et allions voir la famille (une partie de ma famille paternelle, celle d'origine corse, vit sur Paris). Plus tard, j'ai passé des moments fabuleux à Paris, à différentes occasions... lors de concerts de Depeche Mode, quand je suis allé voir Isabelle (ma première copine) et que nous avons marché toute une nuit dans le Quartier Latin et l'Ile de la Cité par un froid de canard, pour le Bicentenaire de la Révolution française (le bal du 13 juillet 1989 avec près de 100 000 personnes sur la Place de la Bastille), puis lorsque j'allais voir mon amie Sandrine (alors que je travaillais à Ajaccio). En 1998, j'étais allé seul quatre jours à Paris, l'occasion de marcher énormément et de redécouvrir des quartiers que je ne connaissais plus. Je suis repassé à Paris au printemps 2000, le temps d'une halte chez ma Soeur (qui vivait alors à Palaiseau) avant de prendre l'avion pour la Corse... Depuis, je n'étais pas retourné à Paris, si je fais exception de mon passage éclair en février pour le match de rugby France - Italie... Et comme Paris me manquait et je l'avais oublié ! C'est clair que je vais maintenant y retourner, pas plus tard que cet été. Il y a tant de choses à voir... "Tant de choses à voir et à z-entendre" comme dirait Boris Vian (qui avait rédigé un Manuel de Saint-Germain-des-Prés)...
Après le bateau mouche, tour en car... L'Etoile, Les Champs-Elysées, la Concorde, le Palais-Bourbon, le Quartier Latin... Puis le retour tranquille vers notre bon vieux Bourbonnais... Retour à Tronget vers 23h30 avec des images plein la tête. Je n'avais pas été autant ébloui lors d'une sortie scolaire depuis la fabuleuse excursion à Scandola (la sublime réserve naturelle au sud de Calvi... j'y étais allé en 2001 avec ma collègue Patricia).
Ci-dessous, quelques photos prises au cours de cette belle journée... D'autres viendront, assurément, pour illustrer ce blog...

Trocadero...



Deux photos prises du car... Photos clins d'oeil à la pièce de théâtre que j'ai commencé de répéter, à savoir "Inspecteur Grey"... Pourquoi ? Parce que, au début du premier acte, quand les deux détectives m'interrogent (ou plutôt interrogent René Dupré, secrétaire du défunt, le diamantaire Jeffries, homme richissime et haïssable) sur mon emploi du temps de l'après-midi, je leur réponds : "(...) Ayant fini mes courses, j'étais descendu du métro à la station Trocadero et je rentrais tranquillement à pied." L'inspecteur Poussin me réplique alors : "A pied ?... C'est encore assez loin." et je lui réponds "J'aime beaucoup marcher et il faisait beau." (Cette réplique, c'est tout moi, car j'adore marcher en ville, notamment - évidemment - à Paris.) Je vous avais écrit, dans un précédent message sur ce blog, que je ne savais trop comment prendre mon personnage de Dupré et que j'étais en plein doute... Je m'en suis entretenu avec Philippe (mon metteur en scène), avec Françoise (qui joue un petit rôle cette année et surtout assiste Philippe à la mise en scène) et bien sûr avec Samantha. Françoise m'a conseillé, pour pallier l'insignifiance du personnage, de jouer la carte du cynisme. Philippe reconnaissait qu'un rôle proche de soi (en tout cas pas trop éloigné) était souvent difficile à jouer, avec le risque de surjouer ou au contraire celui d'être effacé... Pas facile de jouer Monsieur Tout Le Monde ! Quant à Samantha, fort logiquement, elle me fit remarquer qu'il y avait différents rôles et qu'on ne jouait pas forcément ce qui nous plaisait de prime abord. Elle non plus n'a pas un rôle très facile à jouer. Mais, justement, là est le challenge. Et je suis tellement content qu'une nouvelle aventure théâtrale commence ! J'ai tout l'été pour travailler mon rôle... et pour l'apprendre (233 lignes... pour quelqu'un comme moi qui n'a pas de mémoire... c'est assez rude !!).

La Dame de Fer


Elle est pas jolie, la vieille dame de fer ? Cette Tour Eiffel, inaugurée en 1889 pour le Centenaire de la Révolution française, d'abord haïe par les Parisiens, puis devenue un symbole incontournable de la Capitale et qui faillit être détruite à l'orée du XXème siècle et ne dut sa survie que grâce à l'antenne de radio... Aujourd'hui, il paraitrait absurdissime (voire abracadabrantesque !) de s'en séparer...
(Photo prise le vendredi 19 mai 2006 depuis un bateau mouche... bzzzzzzz ! ça, c'est fait !)

Superdoc envoyé spécial !!


Photo prise quelques instants avant d'embarquer à bord d'un bateau mouche au pied de la Tour Eiffel... Il a l'air un peu dérangé, l'envoyé spécial !!...

Notre Dame...


Tout a été dit sur Notre Dame de Paris... Là, une photo prise depuis un bateau mouche... Vendredi 19 mai 2006 fut une grande date pour moi puisque c'est la première fois de ma vie que je suis monté à bord d'un bateau mouche... Et c'était génial ! On voit Paris autrement, notamment Notre Dame... Fabuleux !

La Pyramide du Louvre


La Pyramide du Louvre... un monument de Paris que j'apprécie particulièrement et dont je ne me lasse pas... Dire que, lors de sa construction, tant de gens avaient crié au scandale, estimant que c'était une hérésie de placer à l'entrée du palais du Louvre ce bâtiment de verre et d'acier... Et, finalement, tout le monde s'y est fait et je trouve, au contraire, que le mariage architectural est particulièrement réussi. Sur cette photo, j'apprécie particulièrement cet instantané d'histoire de France qui nous est proposé... Au premier plan, l'Arc de Triomphe du Carrousel, qui date de l'époque napoléonienne. Au second plan, la fameuse pyramide de verre, construite à la fin du XXème siècle. Au fond, le Louvre, le château historique de Paris. La photo est prise depuis le jardin des Tuileires, endroit très plaisant et lieu jadis du palais des Tuileries détruit lors de la Commune... Paris, ville d'histoire et d'art... Je sais... c'est un lieu commun un peu pompeux mais c'est tellement vrai ! I love Paris !!...

Le Tombeau de Marie de Magdala


Eh oui... J'ai pas pu m'en empêcher... Comme, après avoir lu et surtout vu "Da Vinci Code", j'ai eu l'occasion de me rendre au Louvre... il fallait que je puisse à mon tour, comme Tom Hanks (ou plutôt Robert Langdon !), aller me recueillir au-dessus de la tombe supposée de la Madelon, aussi connue sous le nom de Marie-Madeleine, ou "la meuf à Jésus", voire la maman à la petite Sarah et l'ancêtre des Mérovingiens et de Brett Sinclair (ben oui... puisque Sophie Neveu, interprétée par Audrey Tautou, serait en fait une Saint-Clair)... Ah ! Tout ça ouvre de sacrées perspectives...
En tout cas, plus sérieusement, j'ai redécouvert ce fameux monument qu'est la Pyramide du Louvre mais aussi la fabuleuse Pyramide inversée qui serait donc le tombeau de Maria Magdalena... Une réussite architecturale remarquable.

Les Capcorsins d'adoption...


Voici une photo de Johan et de moi-même, prise vendredi 19 mai au Jardin des Tuileries (si... si...) par Pierre-Paul. Comme vous n'êtes pas sans le savoir, Johan fut mon élève dans une autre vie au Collège de Luri. Il était arrivé en Corse un an avant moi et on a quitté tous les deux l'Ile de Beauté en août 2004. Depuis, il est venu me voir plusieurs fois à Deux Chaises et dernièrement à Moulins. Qu'écrire de plus sinon que c'est un sacré personnage, qui s'est lancé dans l'écriture de nouvelles policières... Quelqu'un de bien, tout simplement. Quelqu'un en qui on peut faire confiance. Pas comme moi... Je m'explique... Pour les gens qui me connaissent un peu, un de mes gros défauts, sinon mon principal défaut, c'est de ne pas savoir faire confiance dans les gens. J'ai une peur panique d'être trahi... Du coup, je pars souvent "le premier"... Tromper pour ne pas être trompé. Ce n'est pas joli joli tout ça... Ensuite, je regrette et je tente de renouer des liens distendus... Ajoutez à cela une bonne part de mélancolie et des sautes d'humeur... Bref, les personnes qui arrivent à rester mes amis malgré tout méritent assurément une médaille. Pour revenir à Johan, lui, il en mérite probablement au moins deux... Ce qui nous a rapprochés, c'est notre situation particulière... Deux Continentaux, deux "pinzuti", qui ont vécu des années merveilleuses dans le Cap Corse, et qui ont du un jour repartir et qui ont dans leur coeur la nostalgie de la Corse et surtout de tous les amis qu'ils ont là-bas... FORZA CAPICORSU !!!
Rappel de l'adresse du blog de Johan :

jeudi 18 mai 2006

Le Code De Vinci... ou le syndrome de l'adaptation

Eh oui... Pourquoi pas dire "Le Code De Vinci", plutôt que "Da Vinci Code" ? après tout, en Italie par exemple, le titre a été traduit... Le vrai complot, c'est la généralisation des titres non traduits... Plus sérieusement, je suis allé voir le film tiré du fameux roman de Dan Brown dès hier soir... Ce qui m'a incité à aller le voir si vite fut d'abord une soirée sans rien à la T.V. (excusez moi mais la finale de la Ligue des Champions c'est pas mon truc... au vu du résultat et des arbitrages contestables... je n'ai rien raté...) et une chaleur écrasante ainsi qu'un gros coup de blues dû au théâtre (j'en parle brièvement plus bas) à évacuer en allant au cinéma... Enfin, comme j'aime pas le conformisme, le fait que le film soit démoli par la critique m'a incité à aller le voir... Après tout, vous savez ce qu'on dit : quand les critiques sont unanimes contre un film, il est généralement bon... Je me souviens du cas de "Titanic", démoli par la critique avant la sortie du film et qui fut le triomphe de la dernière décennie en salles puis à la T.V. et en vidéo...
Alors, voilà, je suis donc allé voir "Da Vinci Code". Pour ce qui est de mon opinion sur le roman (et surtout sur les contre-vérités historiques véhiculées), j'avais écrit un article sur ce blog en septembre dernier. Appliquant la règle de la rediffusion, je vous le remets ci-dessous en copié-collé pour celles et ceux qui ne l'auraient pas lu ou voudraient se rafraîchir la mémoire. Revenons au film... C'est toujours difficile, une adaptation de roman, surtout d'un roman à succès... On vous attend au tournant... Ron Howard (dont j'ai pas mal apprécié plusieurs films en tant que réalisateur comme "Willow", "Cocoon" ou "Horizons lointains" mais aussi son rôle dans "American Graffiti"...) s'en sort plutôt bien. La première partie du film est un peu poussive (à l'inverse du roman) mais les séquences londoniennes sont plutôt réussies. Le reproche (facile) que l'on peut faire à Howard est finalement d'être resté très proche du roman de Dan Brown... trop proche... Le cinéma est l'art des ellipses et du rythme alors qu'on feuillette un livre et qu'on prend le temps d'en relire les paragraphes obscurs... Au crédit du film, on a d'abord ses deux acteurs principaux. Tom Hanks, en universitaire faussement naïf, nous offre un personnage finalement assez dense. Quant à Audrey Tautou, elle apporte une touche d'humour à son personnage. A ce propos, l'humour est présent, notamment dans la seconde partie du film (ah... les dernières répliques d'Audrey Tautou...), offrant aux spectateurs quelques respirations dans l'intrigue. Les dialogues ont été soignés et on sent que Dan Brown (qui a lui-même dirigé l'adaptation de son roman) a mis de l'eau dans son vin par rapport aux théories de son roman... Le personnage interprété par Tom Hanks relativise considérablement les propos iconoclastes de son ami le professeur Teabing (magistralement interprété par Ian McKellen, qui joua Gandalf dans "Le Seigneur des Anneaux") (au fait, le nom de ce personnage, Leigh Teabing, est l'anagramme des noms des auteurs de "L'Enigme sacrée", ce livre que Dan Brown a impitoyablement pompé... voir mon article ci-dessous). Par contre, la question que je me pose après avoir vu le film, c'est : peut-on le voir sans avoir lu le livre ? C'est pas sûr... car les développements du roman éclairent certains propos menés rapidement dans le film. En conclusion, je conseille aux amateurs de films à mystère avec fond historique (même s'il est ici particulièrement écorné... comme souvent au cinéma) d'aller voir ce film. Ils passeront un bon moment. Les amateurs de cinéma cartésien ou intimiste ainsi que les allergiques au mystère et aux religions (soit parce qu'ils sont enracinés dans leur foi soit au contraire parce qu'ils sont des athées convaincus) s'ennuieront ferme.
Enfin, je souris en voyant les réactions à travers le monde suite à la sortie de ce film... Dans certains pays musulmans et bouddhistes, il est interdit pour blasphème... Par ailleurs, des groupes de catholiques plus ou moins organisés à travers le monde (mais pas l'Eglise de Rome en tant qu'institution) appellent au boycott... L'Opus Dei, au contraire, en profite pour faire des journées portes ouvertes (là, on croit rêver...). Je me souviens encore de la polémique des caricatures du Prophète et, à la fin des Années 1980, déjà à propos de la mise en scène de la liaison supposée Jésus - Marie de Magdala, le boycott massif du film "La Dernière Tentation du Christ" (allant jusqu'à l'incendie d'un cinéma à Paris avec un mort)... film qui, soit dit en passant, m'a personnellement redonné la foi et que j'apprécie de revoir régulièrement malgré ses défauts de réalisation (le réalisateur, Martin Scorsese, n'avait eu aucun financement pour son projet... et ça se sent... à l'inverse de "Gangs of New York" où, là, on voit à chaque image qu'il avait les dollars nécessaires...). Je suis chaque fois consterné par la bêtise humaine, le fanatisme de certains groupes dits religieux. Car de quoi ont peur les croyants ? Si on est si peu convaincu par sa propre foi qu'on soit ébranlé dès qu'une trame romanesque aborde le sujet de sa foi ou que quelques (mauvais) caricaturistes se permettent de faire des amalgames douteux... c'est qu'on est finalement de bien peu de foi (ou qu'en tout cas elle est particulièrement fragile) ! Amis croyants de toutes confessions, vous pouvez aller voir "Da Vinci Code"... vous n'irez pas griller en enfer ! Amis athées, vous pouvez aussi aller voir le film même si je pense que vous vous ennuierez ferme en pestant : "Ah ! comme ils nous ennuient avec leurs histoires de religions !"
Avant de passer à la rediffusion de mon article sur le roman "Da Vinci Code"... Quelques mots de la deuxième lecture de "Inspecteur Grey" (la pièce dans laquelle je joue en octobre)... Progressivement, tout se met en place... Mais je suis abominablement stressé par mon personnage... Je joue le secrétaire du mort, un homme ordinaire, banal, qui commet un délit parce que l'occasion se présente, un homme amoureux dont les avances sont repoussées. Et ce personnage tellement ordinaire me fait un peu peur. Car comment jouer, finalement, celui qui pourrait presque être soi-même ? C'est tellement plus facile de jouer quelqu'un de loin de soi. Je repense à mon personnage de Bouzin dans "Un Fil à la Patte"... J'avais mis du temps à le cerner mais, au terme, c'était un plaisir de jouer cet énergumène entraîné de bout en bout par Feydeau dans une intrigue qu'il ne maîtrise jamais... Là, avec René Dupré, je suis face à quelqu'un de totalement prévisible, qui pourrait être moi... D'un côté, j'ai peur de me perdre dans un tel personnage. De l'autre, j'ai peur de surjouer (pour souligner les sentiments de ce personnage "monsieur tout le monde") voire d'être un peu caricatural justement parce que je forcerais le trait ou au contraire je serais transparent et terne. En plus, mon personnage est le seul dans cette situation... Tous les autres sont bien marqués : les deux inspecteurs (le vieux de la vieille à qui on ne la fait pas et celui qui mène rigoureusement son enquête, entre Colombo et Sherlock Holmes) ; les deux héroïnes (la jeune fille au caractère trempé et sa demi-soeur, femme froide et distante) ; les domestiques (trois seconds rôles qui apportent pas mal d'humour dans une pièce assez sombre). Bref, je suis en plein doute quant au théâtre. Je me suis même demandé si j'allais continuer les répétitions ou pas...
Mais revenons au "Da Vinci Code"... Voici donc mon article, rédigé en septembre 2005.
DA VINCI CODE ou De l'Amour des Complots...

Tout d’abord, je tiens à préciser que j’ai lu ce roman, et en une journée, tellement j’étais «pris» par l’histoire, grâce au style de Dan BROWN, proche de celui de Mary Higgins CLARK : petits chapitres avec un rebondissement appelant la suite... J’ai simplement trouvé la fin plutôt grotesque : les retrouvailles en Ecosse m’ont fait penser à « La Petite Maison dans la Prairie » et l’épilogue avec Marie-Madeleine enterrée dans la Pyramide du Louvre prête largement à sourire... Ensuite, rassurez-vous, je ne vais pas faire d’ultimes révélations sur le sens secret de tel ou tel chapitre...
Mais c’est un bon roman d’aventures. Par contre, ce qui m’énerve, m’agace, voire me fatigue, c’est tous ces lecteurs qui ont redécouvert le monde avec ce roman, et tous les auteurs de guides, contre-guides et contre-contre-guides démystifiant tel ou tel point... Ils ont oublié qu’on a affaire à un roman d’aventures. C’est aussi absurde que d’étudier l’histoire de France en partant des romans d’Alexandre DUMAS ou d’imaginer que l’Arche d’Alliance est dans un entrepôt à Washington (cf. «Les Aventuriers de l’Arche perdue»). Ici, suite à la lecture de l’ouvrage de Dan BROWN, des milliers de personnes sont persuadées que l’Eglise leur ment depuis deux mille ans (pas forcément faux) en leur cachant la liaison entre Jésus et Marie de Magdala, liaison de laquelle serait née Sarah, ancêtre des rois mérovingiens... L’un des indices de cette liaison est le tableau de «La Cène», superbe oeuvre de Léonard De Vinci... Je vous la fais courte... Et la machine à fantasmes et à contre-vérités est lancée...
Quelques rappels par rapport aux "affirmations" tirées de ce roman. Tout d’abord, Jésus, on ne sait même pas s’il a vécu : il n’existe aucune trace archéologique et pas de traces historiques sinon les écrits chrétiens. Bon, mettons qu’il ait existé... Il est décrit par des Evangiles, dont certains ont été retenus par les églises et d’autres non. Les évangiles non retenus ont pris le nom d’apocryphes : cachés. Mais ils ne le sont plus car on peut les trouver chez tout bon libraire !! En l’occurrence, Dan BROWN cite «L’Evangile selon Philippe» où sont évoqués les baisers échangés entre Jésus et Marie de Magdala. Ce texte n’est pas secret... Le choix de garder tel ou tel évangile fut un processus long qui prit des siècles et qui est très bien connu et décrit par de nombreux ouvrages contant l’histoire des conciles et les débats houleux qui ont animé l’Eglise ou plutôt les églises... Après tout, la liste officielle («le canon») et définitive des livres composant la Bible Catholique date du Concile de Trente, soit du XVIème siècle...
Dan BROWN évoque le tableau de «La Cène» par De Vinci et il en fait un de ses principaux arguments sur le complot de l’Eglise depuis 2000 ans. Or, ce tableau, censé décrire un événement de la vie du Christ, a été réalisé plus de quatorze siècles plus tard. Si De Vinci était au courant de quelque chose de secret quinze siècles après c’est que l’Eglise n’a pas su cacher ce fameux secret. Et, en plus, les curés ont été tellement bêtes qu’ils ont laissé ce tableau accroché dans un monastère. La vérité est plus simple : Jean, «le disciple bien-aimé» (ce qui, d’ailleurs, a permis à certains d’évoquer une hypothétique homosexualité de Jésus comme Prieur et Mordillat dans «Jésus contre Jésus»), est représenté en jeune homme presque féminin dans nombre de tableaux de la Renaissance. Et on soupçonne même De Vinci d’avoir peint un de ses amants. Quant à la main en trop, c’est effectivement un mystère, mais déduire d’une main le mariage du Christ, le complot, etc... etc... c’est aller vite en besogne.
Dan BROWN parle d’une notion obscure, l’Eternel Féminin, et nous explique que l’Eglise, en voulant nier l’existence de Marie de Magdala (qui est quand même, selon les évangiles officiels, celle qui annonce la Résurrection de Jésus... pour quelqu’un qu’on oublie elle a un rôle plutôt important !...), a tout fait pour nier le rôle des femmes... Ce ne sont ni les Juifs ni les Chrétiens qui avaient une vision négative de la femme. C’est malheureusement un point partagé par toutes les civilisations ou presque que de nier l’Humanité à la moitié de celle-ci. Allez où vous voudrez, vous verrez des femmes opprimées. Le Judaïsme et le Christianisme ne sont pas à l’origine de l’asservissement de la femme. L’auteur évoque même une scène délirante, étonnamment peu relevée : il parle de célébrations orgiaques dans le Temple de Jérusalem, d’unions entre prêtres et prostituées sacrées... Il mélange tranquillement des rites romains et grecs et les transpose dans le monde hébreu...
Le top, c’est l’idée que Jésus et Marie de Magdala ont eu une descendance et que cette héritière s’est établie en France et est à l’origine des Mérovingiens. Génial ! Enfin un auteur américain qui aime la France et l’aime tellement qu’il lui donne une dynastie royale d’origine divine... Divin ! C’est le cas de le dire... Une affirmation tellement énorme que, même les personnes qui encensent le roman, en disant qu’il leur a tout appris, sont gênées et reconnaissent que, là, il va un peu fort dans son délire...
La plupart des théories fumeuses du «Da Vinci Code» se trouvent dans «L’Enigme sacrée», un ouvrage écrit par trois pseudo-historiens anglais et qui connut un certain succès de librairie dans les Années 1980 (il a été récemment réédité aux éditions J’ai lu). Le seul vrai reproche que je ferai à Dan BROWN, c’est de ne pas citer cet ouvrage qu’il a allégrement utilisé. Les auteurs, qui enquêtèrent sur le fameux abbé Saunières, son trésor supposé et sa tour de Magdala, mêlent les sources, les personnages d’époques diverses et élaborent des hypothèses délirantes. J’ai tenté de lire leur bouquin, j’ai attrapé une grosse migraine avant la cinquantième page.
Pour conclure, je dirai qu’il est un peu délirant de chercher des vérités historiques dans un roman d’aventures. Le thème du complot est un classique qui marche toujours. Dan BROWN use et abuse de cette ficelle. Dans un autre de ses romans il évoque les Francs-Maçons qui font fantasmer beaucoup de monde depuis deux siècles... Et j’aurai une petite réflexion personnelle. Si l’on suppose que Jésus a existé et qu’il était persuadé d’être le Messie (je ne dis pas qu’il l’était, car cela relève de la foi ou non de chacun, mais je dis que lui en était persuadé), qu’il savait ce qui l’attendait, il ne pouvait se permettre de prendre une épouse et surtout d’avoir des enfants, puisqu’il savait qu’il allait à la mort. Et, quand bien même il aurait été amoureux, et alors ? On nous aurait menti ?!... De toute façon, il faudrait se rappeler que l’on a affaire ici à un roman. Enfin, clin d’oeil, si il y avait depuis deux mille ans un complot pour nous cacher la vérité (la chanson de Dutronc : «On nous cache tout, on nous dit rien»), eh bien, le complot, il a échoué car quand on voit le nombre d’exemplaires de ce roman qui ont été vendus... Le secret a été mal gardé ! Le Prieuré de Sion a bien fait son boulot !!!
Voici, enfin, le commentaire d'Isabelle, avec lequel je ne peux être que d'accord :
"Salut Jean-François, j'ai bien aimé ton billet. Je partage largement ton opinion. Pour ma part, j'ai bien compris qu'il s'agit d'un bon roman d'aventures, mais le reproche que je fais à l'auteur, c'est de s'être permis de prétendre que tout ce qu'il raconte est VRAI. Et, en définitive, cela lui enlève même son mérite de "créateur, d'inventeur". Na ! Bisous. Isabelle." C'est vrai que ce qui est gênant dans ce roman, c'est la préface où Dan Brown affirme que tout est vrai, introduisant le doute et la confusion chez le lecteur peu au fait de la réalité historique...

lundi 15 mai 2006

Voyage dans les greniers de ma vie...

Ce week-end fut un grand saut temporel pour moi... Je me suis rendu chez mes parents samedi en fin d'après-midi. Souvent les séjours chez mes parents ont tendance sinon à m'angoisser au moins à me rendre anxieux. Vous qui lisez ce blog savez que l'évolution de la maladie de ma mère me préoccupe beaucoup ainsi que le surmenage que cela provoque chez mon père... Je vais pas en faire des tartines... D'abord, c'est réellement personnel ; ensuite, on n'y peut rien sinon essayer de garder la tête hors de l'eau voire même de garder la tête haute.
En tout cas, j'étais donc chez mes parents ce week-end. Et, comme chaque fois que j'y vais, j'ai fait un bond dans le passé... Normal quand on se retrouve dans sa chambre d'enfant et qu'on trouve parmi les affaires tel ou tel objet souvenir d'une époque plus ou moins lointaine... Toutes et tous connaissez ce sentiment qui nous gagne subitement quand on retrouve un objet complètement insignifiant pour toute autre personne et qui appelle en nous mille et mille sensations et émotions... C'est la fameuse Madeleine de Proust comme me l'a rappelé Laurent (également appelé Général Riomous !). Il est aussi des fois où l'on va soi-même à la recherche de son passé dans un but bien précis... C'est de l'archéologie personnelle en quelque sorte...
Ainsi, samedi, j'ai retrouvé dans un des greniers de mes parents mes figurines de La Guerre des Etoiles qui j'avais acquises quand j'étais ado puis jeune adulte... Je les avais achetées entre 1984 et 1990... J'en avais une quarantaine. Je savais que je les avais toujours : on est très conservateurs dans la famille (d'où la surabondance d'affaires entassées... oups !). Par contre, j'avais complètement oublié que je les avais empaquetées individuellement, indiquant pour chaque figurine son nom et les épisodes dans lesquels elle apparaissait... On reconnait là le futur documentaliste (Superdoc forever !!). J'ai donc retrouvé ces figurines samedi. Depuis un moment, je pensais à les récupérer, et le double déclic fut la Convention Star Wars de Cusset et d'aller chez Jean-François, un des acteurs de La Nouvelle Rampe, et de découvrir chez lui dez centaines de figurines de soldats de l'Empire car il est passionné de Napoléon... Après tout, moi aussi, j'ai mes petites figurines et je me devais de les retrouver. Alors, je vais prochainement m'acheter une vitrine et ramener à la vie mes personnages de la saga de George Lucas... Samedi, en fin d'après-midi, il s'en est fallu de peu que je ne mette pas à jouer par terre comme quand j'étais gamin...
Dimanche, autre bond temporel... J'ai retrouvé mon récit de mon séjour à Saint-Bonnet-près-Riom, l'été de mes quinze ans... C'était en 1985. J'avais fait une semaine de camp vidéo avec une douzaine d'autres ados de Moulins. C'était un séjour organisé par la mairie. On avait appris à faire des petits films et un peu de montage. Ce fut surtout une grande école de la vie... Une semaine d'amitié avec ses tensions mais aussi ses moments fabuleux comme souvent ce genre de séjours. Hélas, comme bien souvent également après des rencontres de vacances, je n'ai pas gardé vraiment contact ensuite avec les autres jeunes (depuis, j'ai toujours peur de perdre contact avec les gens que j'aime, une peur panique). Ce séjour fut essentiel pour moi, je dirai même qu'il fut fondateur. C'était le dernier camp auquel je pouvais participer (j'avais franchi la limite d'âge fatidique des 15 ans). Plus tard, trois ans plus tard, j'ai fait des fouilles archéologiques à Larina (dans l'Isère) et retrouvé cet esprit de camaraderie que j'aime tant (je l'ai retrouvé aussi en 1997 au Grand Bal de l'Europe à Gennetines). J'étais pleinement conscient que je quittais le monde de l'enfance. D'ailleurs, dans mon récit transparaît la peur de vieillir et déjà ma volonté de travailler avec des jeunes pour garder le contact avec la jeunesse... Au cours de ce camp, j'ai vécu tant de choses... Je crois que je mettrai un jour mon récit en ligne pour les personnes que ça intéresse... Avec le récit, j'ai retrouvé les mots des amis à qui je l'avais fait lire, notamment Fred Thé et Fred de Limoges... C'est réconfortant de savoir que vingt ans après nous sommes toujours amis, malgré les vicissitudes de la vie... Cet été fut vraiment un tournant pour moi. C'était au début de cet été 1985 que j'avais découvert le film "Furyo" qui allait marquer ma vie pour les vingt ans qui suivront. Et c'est lors de ce séjour que Valérie, la monitrice que j'adorais tant, me donna ce surnom qui me suit toujours : Jeff. En retrouvant mon récit, j'ai aussi retrouvé les photos du séjour... Les photos de quand j'avais quinze ans... J'étais plutôt pas mal, très grand... par rapport aux autres... ils avaient tous deux ans de moins que moi et surtout j'avais grandi très vite... depuis, tout le monde m'a rattrapé et même doublé. J'avais des abdos et les cheveux blonds en brosse. Quand je revois ces photos, ça me donne la pêche pour continuer mon régime entamé avant les représentations de "Un Fil à la Patte" en décembre. Je ne retrouverai jamais mes quinze ans, évidemment, ce serait absurde et même dangereux... Mais, par contre, en se retrouvant soi-même, on apprend à s'accepter (je n'irai jusqu'à dire s'aimer car pour moi c'est assez inconcevable), à s'assumer et à continuer à vivre... Je concluerai cette petite réflexion par la citation du moniteur du camp de Saint-Bonnet, citation qui m'accompagne depuis des années et que j'avais même mis en exergue sur ce blog : "Si tu sais d'où vient le vent, va où le vent te mène."
Autres bonds temporels, mais beaucoup plus courts... Ceux que permet ce blog... Je me suis amusé l'autre jour à relire quelques textes écrits au cours des mois précédents, l'occasion de mesurer le chemin parcouru et de sourire à telle colère, telle indignation, tel émoi, qui paraissent avec le recul bien dérisoires... ou au contraire voir combien certains sentiments se révèlent et s'affirment... Mais l'introspection, ça va un moment ! Place à l'action ! Je vais retourner jouer avec mes figurines... Plus sérieusement, je vais commencer à apprendre mon rôle pour "Inspecteur Grey". Nous jouons les 24 et 26 octobre. Mardi dernier, c'était la première lecture. J'ai, personnellement, plus de deux cents lignes à apprendre... Pas mal de boulot en perspective... Quelle joie en tout cas de retrouver La Nouvelle Rampe !
Pour terminer ce message, comme à la télévision on a souvent droit à des rediffusions, je vais faire pareil sur ce blog... Je remets en ligne un texte écrit en décembre et qui avait beaucoup plu alors. Et j'avoue que c'est un des textes dont je suis assez fier. Portez vous bien.

CLEOPATRE

Elle a la grâce et l'élégance d'une danseuse
Son rire est franc et généreux
Son regard est tendre et précieux
Parfois elle est un peu soucieuse
Elle a l'énergie et l'innocence des filles de son âge
Je la soupçonne de ne pas être toujours très sage
Elle est libre et fière et fragile à la fois
Elle a mis mon petit coeur en émoi

Shakespeare l'a dit, la vie est un théâtre,
Elle est ma reine, elle est ma Cléopâtre,
Elle est belle à en damner les anges
Je voudrais lui tresser une couronne de louanges
Un moment avec elle est un instant d'éternité
Elle a la douceur des gentilles soirées d'été
Et le caractère bien trempé qui lui sied tant
Elle ira loin, pas avec moi cependant...

Je ne serai certes jamais ni son Jules ni son César
Pour moi, je le sais, il est déjà trop tard...
J'espère seulement qu'elle comprendra mon poème
Moi qui ne lui dirai jamais je t'aime
Pour ne pas importuner la reine de ma vie
Elle devant qui je me prosterne sans souci
Pour lui offrir mon allégeance éternelle...
La vie est parfois un petit peu cruelle.

jeudi 11 mai 2006

Chaleur ! Tendresse ! Contact !


Voilà une sympathique photo... Mon premier vrai repas avec des invités dans mon nouvel appart à Moulins... A gauche de la photo, Mister Johan, qui fut dans une autre vie mon élève à Luri avant d'être étudiant à Nice puis maintenant à Evry. Au centre, moi-même, J.-F. alias Superdoc en train de servir un plat très difficile à préparer (des pâtes !). A droite, Samantha, que je connais depuis bientôt un an, grâce à La Nouvelle Rampe. La photo a été prise le 5 mai par Sophia, la copine de Samantha qui refuse de se faire prendre en photo. A l'arrière-plan, deux tee-shirts... A gauche, un cadeau de ma Surella pour mon anniversaire : le vrai tee-shirt de Superdocforever. A droite, le cadeau de Soleiman (alias Soleil !!) lors de mon départ de Luri en août 2004... Le tee-shirt de Bastia, à l'époque où le SCB était encore en Ligue 1...

Superdoc... forever !


Et voilà une photo que j'apprécie particulièrement, prise par Johan le 7 mai. Voilà donc votre serviteur, dans sa chambre Boulevard de Courtais... Les photos derrière... Sur la bibliothèque, c'est un portrait de ma mère (pris le jour de la naissance de mon neveu Loïc en août 2001). En haut à gauche, Danny Wilde et Brett Sinclair, héros des "Persuaders", alias "Amicalement Vôtre". En haut, à droite, article de La Montagne intitulé "Feydeau, maître du vaudeville", article annonçant "Un Fil à la Patte" joué par La Nouvelle Rampe en décembre 2005...

Les sponsors officiels...


Eh oui... Voilà les sponsors officiels de certaines soirées... A consommer avec modération et sans avaler la fumée... Of course ! Bon, le cendrier est pas trop rempli et il y a une bouteille d'eau minérale pour le côté hygiéniquement correct... Santé !
(Photo prise au matin du lundi 8 mai... après une nuit blanche qui restera dans les annales...)

mardi 9 mai 2006

C'est reparti !...

"Here we go again !" s'exclame C3PO dans "L'Empire contre-attaque" (je crois) alors qu'il est à bord du Faucon Millenium avant une nouvelle aventure dans l'univers de Star Wars... Dans la V.F. Z6PO dit "C'est reparti !"... Et, en effet, c'est reparti... Si je commence ce nouvel article sur mon blog par une allusion à "Star Wars" c'est que, entre autres choses, pendant les vacances de printemps, j'ai eu la joie de rencontrer Anthony DANIELS, l'acteur qui joue C3PO dans les six films de la Saga de George Lucas. Je l'ai vu lors de la Convention Génération Star Wars à Cusset le dimanche 30 avril (site : www.genstarwars.com ), à laquelle je me suis rendu avec mes collègues Laurent et Jean-Michel. La convention en elle-même était fort sympathique avec son lot de fans déguisés et de maquettes mais le moment extraordinaire fut l'échange entre l'acteur Anthony Daniels et le public... L'acteur anglais a répondu très gentiment, et dans un français parfait, à nos questions pendant plus d'une heure... Un vrai régal d'humour, de gentillesses et d'anecdotes que j'essaierai de vous conter dans un prochain article avec quelques photos de la Convention. En tout cas, un an après la sortie de "La Revanche des Sith" et donc la fin de près de trente ans de vie à attendre le prochain épisode, qu'il était bon de retrouver l'univers Star Wars et cette galaxie lointaine, très lointaine.
C'est reparti, pour le blog bien sûr, pour la vie qui continue et l'arrivée de ce mois de mai que j'aime tant, et surtout c'est reparti pour le théâtre et une nouvelle aventure avec La Nouvelle Rampe... Chut ! Je vous en parle plus loin dans cet article... Revenons à ces congés de printemps, attendus et bienvenus, l'occasion de me reposer, de retrouver le temps de lire... J'ai dévoré le hors-série du "Monde de la Bible" sur les rapports (hélas souvent difficiles et conflictuels) entre Chrétiens et Musulmans (avec une étude sur l'Arabie au moment de la prédication du Prophète et les influences des groupes chrétiens et juifs de la région ; un rappel sur les Croisades ; un zoom sur l'Espagne du temps de Al-Andalus). J'ai relu, dix ans après, "Lettres de l'Atlantide", superbe petit roman de Robert SILVERBERG, auteur de SF qui excelle dans les voyages dans le Temps et les paradoxes temporels en s'intéressant avant tout à ses personnages et en ne s'attardant pas sur les descriptions techniques souvent rébarbatives. En parcourant les rayons SF à la Bibliothèque de Moulins, je suis tombé sur les propos de Boris VIAN, amateur de sience-fiction au point de traduire des romans US (comme les livres de VAN VOGT), disant que les auteurs de SF étaient les derniers moralistes de notre temps. Mon père, lui-même prof de philo, aime à dire que les romans de SF sont les contes philosophiques de notre temps...
Les congés furent aussi l'occasion de retrouver le chemin des salles obscures... J'ai vu trois films, trois bonnes comédies... "Jean-Philippe" : mon plus grand éclat de rires depuis très longtemps, l'idée très bonne d'un monde parallèle avec tout ce qui s'en suit... un film dans la veine de "Dans la Peau de John Malkovich" ou de "Grosse Fatigue"... J'ai vu "OSS 117 : Nid d'Espions au Caire", bon film hommage pastiche, clin d'oeil aux films d'espionnage des Années 1950 mais aussi aux B.D. style Tintin ou Blake et Mortimer, avec un moment fascinant : Dujardin chantant "Bambino" en arabe. Enfin, j'ai vu "Camping" avec Dubosc parfait en quarantenaire beauf mais tellement touchant et Gérard Lanvin bourru à souhait. Maintenant, j'attends "Secrets de Famille" et, dans un autre registre, "Da Vinci Code".
Pendant ces vacances, j'ai revu plusieurs personnes... Mister Lawrence, alias Saint Jean, en pleine croisée des chemins (seul lui comprendra l'allusion...) ; Fabienne, l'amie qui m'a trouvé l'appartement à Moulins et qui co-anime le groupe biblique que dirige mon père ; Stéphane, Sophie, Esther, Aymeric ; Frédéric de Limoges, mon frère de sang ; mon oncle Joseph et ma tante Geneviève ; mon ami Johan ; Laurent, Françoise et Théo en direct de Gipcy ; Martine, Lorenzo et Tony, mes anciens voisins de Deux-Chaises (Two Chairs !!) ; et mon idole absolue (au moins !), Samantha... pas vue depuis presque deux mois et qui m'a appris il y a quelques jours qu'elle continuait le théâtre...
Nous y voilà... La Nouvelle Rampe monte une nouvelle pièce, "Inspecteur Grey", pièce policière de Alfred Gragnon et André Faltiani, qui avait été adaptée au cinéma en 1936. Et je fais partie de l'aventure, ainsi que Samantha. C'est même elle qui m'a appris la bonne nouvelle la semaine dernière, double bonne nouvelle : je continue le théâtre, et je le continue avec elle. Nous jouons tous deux dans les trois actes. Voici l'argument de la pièce (que j'ai vulgairement copié-collé sur un site consacré aux pièces de Au théâtre ce Soir) : Un ancien gangster, surnommé "Le Roi Diamant" a été trouvé assassiné d' un coup de feu, à quatre heures de l'après midi, dans son hôtel de Passy. La police judiciaire confie l'affaire à l'inspecteur Grey et à Poussin, un vieux policier routinier. Sept personnes habitent dans cet hôtel particulier : Monique, la femme de la victime, Hélène, la sœur de Monique, le vieux Brown, ancien associé et complice de la victime que celui-ci a recueilli après l'avoir complètement ruiné, le chauffeur Victor, le secrétaire Dupré, la cuisinière et, enfin, la femme de chambre. Bien entendu chacun a un "alibi". Mais, de déductions en déductions, de constatations en constatations, l'inspecteur Grey en arrive à découvrir le coupable après avoir compris le mobile du crime : le "Roi du Diamant" s'apprêtait à partir pour l'Amérique avec une danseuse en abandonnant tout le monde sans un sou. Je joue le secrétaire Dupré et Samantha joue Hélène. Voilà, c'est donc reparti. Nous allons pouvoir de nouveau nous voir régulièrement et j'en suis tellement content.
Je terminerai ce message par une pensée pour ma mère dont la santé décline régulièrement... Comme dit ma soeur, Maman est prisonnière de son corps, elle se voit chaque jour plus impotente, plus dépendante... Et il faut essayer malgré tout de garder le sourire. Je remercie ici Johan qui a écrit sur son blog un superbe texte dédié à ma mère, que je copie ici (je rappelle l'adresse du blog de Johan : http://friendsoukaamelott.over-blog.com/ ). Merci beaucoup Johan, qui m'a rendu visite et avec qui j'ai passé quatre jours et trois soirs fabuleux (notamment une mémorable virée avec Samantha : Les Trois Cloches interprétant Chaleur ! Tendresse ! Contact !... Très difficile à raconter...). Voici le texte...
L'oubli comme souffrance

Oh vie! misérable vie,
Autour de toi tant de misère !
Le monde des hommes te semble différent
Monde d'injustices et de souffrances
L'éclair de l'ouble s'abat chaque jour
Et tu t'éloignes de nous, de toi
Ta mémoire se brise au contact des tiens
La vie se fait difficile
L'espoir se meurt
Enfermée dans ton silence
Ta flamme faiblit et s'éteint
Et sans un cri, en silence
La mort doucement vers toi s'avance...
Johan (25 avril 2006)
Mais la vie continue. La vie doit continuer. The show must go on.
Alors : A bientôt pour de nouvelles aventures !! Et portez vous bien.
P.S. : Finalement, mon ami Gilles, de Bastia, avait raison... J'ai encore des choses à raconter sur mon blog... Je suis un incorrigible bavard !!

jeudi 20 avril 2006

Les gens heureux n'ont pas d'histoire...

Les gens heureux n'ont pas d'histoire... J'adore cette affirmation... Comme cette autre : pour vivre heureux, vivons cachés. Ou encore : cultivons notre jardin.
Revenons à la première phrase... Les gens heureux n'ont pas d'histoire. C'est assez vrai, d'une certaine façon. Quand on va bien, on n'a pas trop à en causer. On est bien avec les personnes qui nous rendent heureux (notre amoureuse ou notre amoureux, nos bons copains, notre famille voire tout simplement les collègues ou les voisins) et on voit pas les autres. Et si on les croise, quand ils nous demandent "Alors, ça va ?", on répond : "Oui, ça va, tout va bien". Et la conversation ne peut que s'arrêter là. Quand ça va, c'est pas évident pour engager la conversation. Faîtes l'essai... Vous constaterez l'évidence. Alors que si vous dîtes "ça va pas trop mal", ou "ça va à peu près", vous commencez déjà à venir intéressant et la conversation s'emballe. Le top c'est de répondre "non, en ce moment, ça va pas trop"... Et vous allez tout de suite susciter l'intérêt de votre interlocuteur... Voire son embarras... Qu'est-ce qui m'a pris de lui poser cette question ? Je vais en avoir pour trois heures à écouter ses confessions et j'ai un rendez-vous dans dix minutes... Oups ! Si, quand quelqu'un vous demande "alors, quoi de neuf ?", vous répondez "oh, pas grand-chose, tout va bien"... La personne sera déçue et s'exclamera : "c'est tout ce que tu racontes ?" Bref, le bonheur est ennuyeux et inintéressant. Aurait-on inventé le malheur pour meubler la conversation ? Qui sait ! Si j'écris cette petite chronique bien inutile c'est parce que je constate comme beaucoup que quand tout va bien on ne prend pas forcément le temps de l'écrire... On n'a pas grand-chose à raconter. (D'ailleurs, des poèmes, des romans, des films, sur le bonheur, y en a pas des masses... Pour qu'une histoire soit bonne il faut du malheur... On parle de l'intérêt dramatique d'une oeuvre... C'est pas pour rien ! Faut du drame !!! De même les actualités heureuses n'intéressent pas grand-monde et les journaux ont besoin de drames divers et variés voire avariés pour maintenir l'intérêt du lecteur ou du téléspectateur !! Le bonheur, c'est la mort de l'info !!) Quand ça va pas on a toujours des tas de choses à dire... Remarquez, c'est pas forcément vrai... Quand on va pas bien, on veut pas toujours en causer et on s'enferme dans sa coquille... Conclusion : ma théorie s'effondre ! N'empêche, quand tout va bien, on n'a pas forcément grand-chose à dire et on se retrouve avec un blog qu'on ne tient plus à jour. Et, comme a contrario si on ne donne pas de nouvelles c'est qu'en général on ne va pas bien je me dois d'écrire une chronique pour dire que... je n'ai rien à dire puisque tout va bien... Ah, bien sûr, l'état de ma mère s'aggrave avec une régularité toute mathématique qui me fait profiter de chaque moment en sa compagnie... Bien sûr, je suis seul depuis si longtemps que je ne sais plus comment ça fait la vie à deux... Mais les bons moments sont si nombreux depuis quelques mois que je me demande presque comment j'ai pu me passer de sorties pendant tant d'années... Et la vie au collège se passe tellement bien, que ce soit avec les élèves ou les collègues... Le monde politique est chaque jour plus passionnant tellement il en est ubuesque... Bref, tout va pour le mieux même si ça pourrait aller encore mieux...
La deuxième affirmation : pour vivre heureux, vivons cachés... Elle m'a toujours intrigué... Elle suppose quand même une retraite, un mise en recul, un éloignement du monde... Faut-il cacher son bonheur pour pas qu'on nous le vole ? Le bonheur ne serait-il pas communicatif (à la différence du rire) et susciterait-il la jalousie ?... Qui sait ?... Mieux vaut faire envie que pitié : pas si sûr ! On revient à la première assertion : si tout va bien, au mieux vous suscitez l'indifférence, au pire la jalousie voire le mépris... S'il est heureux, il en a de la chance, ou il se rend pas compte de tout ce qui devrait le rendre triste : il est égoïste, aveugle et sourd, voire très très bête...
Enfin, la fameuse phrase de Voltaire qui conclue 'Candide' : cultivons notre jardin... Je ne me lancerai pas dans un commentaire sur ce roman extraordinaire et toujours d'actualité (la description des malheurs de son temps a un tel écho dans le notre...). Je dirai simplement par boutade que je n'ai pas la main verte pour me lancer dans l'agriculture domestique...
En conclusion, si en ce moment, vous n'avez pas grand-chose à raconter, que vous aimez à vous cacher et que vous êtes dans votre jardin... Vous êtes probablement très heureux...
Post-scriptum salutaire à cette chronique des temps heureux... Vous-êtes vous une fois posé la question : pourquoi on dit "comment ça va" ? Non... C'est mon ancienne voisine Martine qui m'a donné l'explication de cette formule... Comment ça va, c'est comment on a fait caca... Est-ce qu'on est bien allé ? Eh oui... Et c'est pareil dans toutes les langues... Quand on vous demande comment vous allez, c'est avant tout pour savoir ni vous n'avez pas de problèmes digestifs, si vous êtes bien allé à la selle (j'adore cette expression !!!)... Je crois que, désormais, quand on vous dira "comment ça va ?" vous ne regarderez plus votre interlocuteur de la même façon... C'est pas une raison pour l'envoyer chier !!
Allez, à bientôt pour de nouvelles aventures sur mon blog... Au mois de mai... Joli moi de mai...
Et bonjour chez vous.

lundi 10 avril 2006

Un week-end littéraire à Moulins...

Les 8 et 9 avril, à Moulins, c'était la Fête du Livre, la douzième édition, consacrée cette année à l'esprit et à l'humour. Pas mal d'auteurs invités tous plus intéressants les uns que les autres... J'ai personnellement retenu cinq noms... Honneur aux dames, je commencerai par Isabelle ALONSO... J'ai eu la joie, en tant que bénévole de LACME (l'association qui organise la Fête du livre), d'aller la chercher à la gare pour l'emmener à la salle des fêtes le samedi et de la ramener le dimanche, elle ainsi que François REYNAERT. Ce fut l'occasion d'échanger quelques mots. Tout au long de la fête, nous avons pu apprécier la simplicité et la gentillesse de cette fameuse chroniqueuse de "la bande à Ruquier", féministe convaincue... et convaincante... Lors de la table ronde qui lui était dédiée le samedi après-midi, Isabelle Alonso a défendu la parité en politique avec des arguments très solidement pesés et également beaucoup d'humour. La deuxième personne que je retiendrai est donc François Reynaert, également très sympathique et plein d'humour, même si nous n'avons pas eu trop l'occasion de discuter ensemble.
La personne qui aura le plus séduit (avec évidemment Isabelle Alonso) les visiteurs de la Fête du Livre aura été Vincent ROCA qui s'est livré à l'exercice de l'interview-portrait le samedi en fin d'après-midi dans le bar-café-concert "Les Murs ont des Oreilles", salle comble pour l'occasion. Il nous a longuement expliqué son parcours, de prof de maths en Afrique à chroniqueur pour Stéphane Bern. Il nous a offert deux sketchs particulièrement gratinés et très bien sentis avec beaucoup de jeux sur les mots, l'un sur le septième jour quand Dieu crée le vin (mais pas l'alcootest... heureusement pour Lui !), les hommes et les femmes et les Polonais (car Dieu était bourré comme un Polonais !), l'autre sur notre époque inondée de religions et d'excès religieux, deuxième sketche dédié à Dieudonné, "avant qu'il ne dérape chez Fogiel" précise Roca.
Sinon, j'ai pu suivre également l'entretien accordé par Jack CHABOUD, auteur d'ouvrages de vulgarisation sur la franc-maçonnerie et lui-même franc-maçon, et collaborateur de Frédéric Lenoir à la revue "Le Monde des Religions". Chaboud tente dans ses ouvrages de démystifier la franc-maçonnerie, d'en faire un portrait apaisé loin des fantasmes de complots et autres délires ésotériques bien à la mode en ce moment (il n'y a qu'à voir le tapage autour du "Da Vinci Code" - dont j'ai parlé sur ce blog en septembre -, d'abord le gentillet roman de Dan Brown et maintenant le film d'action lourdingue de Ron Howard - qui était plus convaincant quand il jouait dans "American Graffiti"...-). Il remet pas mal de pendules à l'heure et c'est très intéressant, le genre de personnes qui nous donnent l'impression d'apprendre et nous incitent à vouloir en savoir plus.
Enfin, j'ai assisté dimanche après-midi à une conférence de Nicolas WITKOWSKI dont le thème était : "Rire de la science : une entreprise de salut public ?". Lui-même physicien, Witkowski tente de démystifier (démythifier !) notre rapport à la science, ce côté "on n'y comprend rien, on laisse ça aux scientifiques pointus"... Quelques remarques de bon sens ponctuent son intervention comme "Quand on dit d'un savant qu'il est un génie, je me méfie ! C'est souvent l'excuse pour ne pas chercher à comprendre ce qu'il dit." ; "Il ne faut jamais enfermer ensemble des scientifiques et des militaires." ; "Attention au mariage science et politique" ; "Le rationalisme poussé est tout aussi dangereux que l'obscurantisme qu'il prétend combattre" ; "Méfiez-vous des formules toutes faites qui ne veulent rien dire comme Réalité virtuelle, Théorie du chaos ou ADN, le code de la vie"... Et il cite longuement des humoristes, souvent eux-mêmes scientifiques de formation (donc rompus à l'exercice de la logique pure) comme Georges Perec, Pierre Dac (avec le Biglotron) et bien sûr le maître... Boris Vian et sa "Java des Bombes atomiques" qui résume l'intervention de Witkowski : la question n'est pas de savoir construire la bombe mais où est-ce qu'elle va tomber...
Et puis la Fête fut l'occasion de passer de nombreux bons moments avec les organisateurs et bénévoles de LACME, de plaisanter et d'échanger quelques mots avec les différents écrivains présents et les visiteurs venus nombreux, notamment le dimanche. Deux jours bien remplis...
La Fête du Livre était, cette année, placée sous les auspices d'un grand esprit de l'humour qui nous a quittés le 18 avril 1988, voilà déjà dix-huit ans, Pierre Desproges. Je concluerai donc cette petite chronique par la citation de Desproges qui illustrait le programme de la fête :
"Il faut rire de tout. C'est extrêmement important. C'est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans."
(extrait de Vivons heureux en attendant la mort)

vendredi 7 avril 2006

L'Education nationale, c'est trop de la balle !!

Ci-dessous un lien vers un site qui vous permettra d'écouter une chanson top délire puisqu'il s'agit du "Rap du CPE"... Attention ! rien à voir avec le désormais fameux contrat de Dominique et Jacques... Il s'agit ici, dans le jargon de l'Education nationale, des Conseillers principaux d'Education, plus particulièrement d'un CPE fraîchement sorti de l'IUFM et de sa Bretagne natale pour se retrouver dans la banlieue parisienne... Du "3-5" au "9-5"... C'est trop délire comme morceau !! Et assez juste...

Pour revenir au contrat... J'étais trop content lors des manifs de voir les gens réclamer des CDI... En tant que documentaliste, j'aime que les gens veulent plus de Centres de documentation et d'information...

Voila donc "Le Rap du CPE" :

http://www.ac-versailles.fr/etabliss/lyc-cassin-gonesse/Rap%20CPE.htm

A quand le Blues du Doc ?!...

jeudi 6 avril 2006

Joyeux Anniversaire, la Néo-Décadence !!!

Eh oui... Joyeux Anniversaire, la Néo-Décadence !!! Aujourd'hui, ce mouvement artistico-culturel (au moins...), né sur les pentes du Vésuve le 6 avril 1988 après moult rasades de Lacrima Christi (les larmes du Christ ! c'est un signe !!), mais qui s'est développé à Moulins puis Clermont-Ferrrand à la fin des Années 1980, ce mouvement donc a dix-huit ans... L'âge de la majorité !!! Bon anniversaire ("un joyeux non anniversaire !!") à tous les Néo-Décadents et tous les néo-Néo-Décadents qui nous ont rejoints par ce blog... qui est, je le rappelle l'organe officiel de la Néo-Décadence... Néo-décadons ! Néo-décadons ! Il en restera toujours quelque chose... Pour rafraîchir la mémoire de celles et ceux qui en auraient bien besoin, je rempublie ci-dessous l'article intitulé "Retour à la Néo-Décadence", paru en septembre 2005 (au tout début de ce blog donc), qui tente de faire un historique de ce courant littéraire qui laissera des traces... dans nos mémoires... et dans nos foies voire nos poumons... sans parler de nos artères. Suite à l'article, vous retrouverez un commentaire et un joli poème de Doctor Freyd (alias Kawasakid : http://kawasakid.blogspot.com ). C'est pas du bonus de qualité, ça ?
A part ça, la Néo-Décadence semble avoir atteint les plus hautes sphères de l'Etat avec la promulgation-non application, nouveauté institutionnelle qui fait suite à la dissolution quand on a une forte majorité à l'Assemblée... Décidément, le duo Chirac-Villepin va nous manquer, ils sont très très forts !! Mais, bon, cette situation prête difficilement à sourire... Reste le constat qu'on a assisté aux premières manifestations qui rassemblent à la fois des jeunes, des salariés et des retraités... C'est, quoi qu'on dise, rassurant sur la solidarité nationale et - qui sait ? - la fraternité (vous savez, ce truc écrit sur les mairies ?...). Maintenant, il faudrait que tout le monde apprenne à dialoguer avant les prises de décisions, qu'il n'y ait plus des psychodrames permanents dès qu'une réforme se met en place, que les réformes ne ressemblent plus à des marches arrières systématiques, mais ce ne sont que des voeux pieux... Comme dit mon copain Johan dans son blog (http://friendsoukaamelott.over-blog.com/article-2286085.html) : on est des Latins, pas des Nordiques, notre pays s'est construit sur une voire des révolutions... C'est vrai. Mais, bon, on ne peut pas couper la tête à tout le monde et démolir un château pour chaque réforme... Remarquez, avec tous les châteaux du Bourbonnais, on peut en faire des révolutions, on a de la marge !!

Mais revenons à la Néo-Décadence !...

Suite à de pressantes demandes, ce blog va devenir l'organe officiel de la Néo-Décadence... Qu'est-ce que la Néo-Décadence ? Une marque non déposée (on aurait peut-être dû la breveter, eu égard aux sites japonais bizarres qui utilisent l'expression...). Un concept créé en 1988 par une bande de Moulinois allumés...Pour mémoire, rappelons les temps héroïques qui précédèrent l'explosion... Au milieu des Années 1980, Fred K. (a.k.a. Thé) et moi-même avions réalisé des petits journaux polycopiés puis photocopiés : "S.L.W." (pour Spielberg Lucas Williams) et "A.C.V." (pour Actualité Ciné Vidéo). En 1985, on a lancé à plusieurs Les Inqualifiables Associés (dont le cri de guerre est "Whooo ! Eh !") qui, comme son nom l'indique, est un concept très lâche... Deux journaux apparurent successivement : "Hebdoburger" puis "Crac ! boum ! U !"... Fin de l'expérience journalistique.1988 vit l'apparition de petits recueils de poèmes dont les auteurs étaient, entre autres, LJK ou Léon-Joseph Kronstadt (moi-même), Doctor Freyd, Druidomaniac, Teddy Boy, Vladimir Le Pendu, etc... etc...
La date de naissance officielle de la Néo-Décadence ? Le 6 avril 1988. Ce jour-là, j'étais à un voyage de documentalistes (eh oui... déjà). Nous étions sur les pentes du Vésuve à déguster le fameux Lacrima Christi (les larmes du Christ : tout un programme), le vin cultivé sur les sols volcaniques... On commençait à partir et on évoquait l'Empire Romain (normal en Italie !!) et la bonne vieille décadence. Je m'exclamai alors qu'il fallait révolutionner la notion de décadence et ne plus regarder en arrière... La Néo-Décadence était née.
Dans les mois qui suivirent, et pendant deux ans environ, nous réalisâmes quelques recueils qui, ma foi, avec le temps, m'apparaissent plutôt bons... On avait du talent, mais aucun n'a continué. Pas grave !
Dix-sept ans plus tard, sur les conseils du Doctor Freyd et de LJK, je me dis qu'il serait une bonne chose de mettre en ligne quelques-uns des textes de jadis, voire également des créations récentes... J'essaierai périodiquement de taper quelques textes et de les publier sur ce blog... J'ai retrouvé dans mes archives une petite nouvelle "La Semaine très ordinaire de Nino R.", rédigée en 1992 par votre serviteur. Ce sera la première mise en ligne...Voilà. La machine est (re)lancée.
Pour conclure, le mot de passe, créé par Jérôme P., suite à un de mes poèmes :
"Je ferai couler ton sang dans les méandres du Canigou !"...
Tout un programme...
Ah... J'oubliais... C'est quoi, la Néo-Décadence, concrètement ? On pourrait faire notre l'adage suivant : "L'humour noir, c'est la politesse du désespoir"... Nous vénérions Boris VIAN, j'étais fou du groupe MADNESS (le rock, en apparence léger, mais si noir en dedans)... On était fans (déjà) de Star Wars, de quelques bonnes séries british ("Amicalement Vôtre", "Chapeau Melon", "L'Autobus à Impériale"), je découvrais Nino Rota et Fellini (" Le monde est un cirque !"). Surtout, on aimait bien rigoler et picoler et on détestait la déprime gnangnan, les textes à l'eau de rose. On aimait le désespoir, le vrai... Etonnant, non ?!
Commentaire de Kawasakid a.k.a. Dr Freyd...

"Enfin, la Néo-Décadence revient avec un medium digne d'elle... la Toile. Tel un phenix, la Néo-Décadence qui était morte renait en une E-Néo-Décadence qui j'en suis sûr, imprègnera, illuminera le 21ème siècle de ses principes fondateurs. Pour fêter cet évènement et en souligner le caractère fondateur, et aussi parce que je suis en verve, je vous livre ce poème inédit, composé pour la circonstance. Soyons fous, soyons motards, soyons Néo-Décadents."
L'Hymne à l'Arsouille
J'irai frotter du cale-pieds
Sur les départementales,
Puis essorer d'la poignée
Plus loin sur les nationales.
Tant pis si j'me fais flasher
Pour mon allure anormale,
Faudra courrir pour m'attraper,
Je fonce comme un animal.
J'ai qu'une envie c'est rouler,
C'est du bonheur, c'est d'la balle.
Tout c'que j'veux c'est arsouiller,
Mais à un rythme infernal.
J'vois l'paysage défiler,
A l'abri sous l'intégral.
J'sens la vitesse me griser,
Le moteur chante, un régal.
Et les virages de s'enchainer,
Mon coeur et le moteur s'emballent,
Il faut s'y jeter, déhancher,
La trajectoire c'est vital.
Je sens les chevaux cavaler,
Je suis au régime idéal,
Mais lorsqu'ils vont débouler,
Alors ce sera du brutal.
Oh, ça peut mal se terminer,
A pied ou bien à l'hopital,
Qu'importe tant qu'on peut rouler,
Et que l'on ne s'est pas fait mal.
Et puis s'il faut un jour tomber,
Tans pis si cela est fatal.
La balade doit s'achever
Mais pas sur un destin banal...
NB : arsouiller, dans le jargon motard, consiste à faire une promenade entre amis, en général sur des routes viroleuses et à vitesse élevée... à ne pas confondre avec s'arsouiller, pratique à laquelle se livrent les survivants dans le premier bistrot à l'issue de ladite balade...[mercredi, septembre 21, 2005 2:00:23 PM]

lundi 3 avril 2006

Chronique désabusée mais pas tant que ça...

Bon, vendredi soir, notre Jacquot national a inventé la loi promulguée mais pas appliquée... Oups ! Tout constitutionnaliste a du passer le week-end à se prendre des aspirines pour essayer de comprendre ce que ça veut dire concrètement. Pour les partisans du CPE, c'est du blabla plutôt obscur. Pour les opposants, ça sent l'embrouille... Argghhh !
Plus généralement, et sans entrer dans une quelconque polémique, on constate que les 25/35 ans ont très peur de l'avenir. Ma génération, les trentenaires attardés, avait déjà peur de l'avenir mais un peu moins... Malgré tout, nous sommes la première génération à avoir pris de front la crise, le chomage, la précarité... Personnellement, je m'en suis bien sorti mais j'ai des copains qui continuent à galérer à plus de trente ans et bardés de diplômes... La génération "80 % d'une classe d'âge au bac" demande des comptes aux anciens, ceux des Trente Glorieuses et du plein emploi qui n'ont pas su (pas voulu) préparer la réforme des retraites en temps utile, qui utilisent la jeunesse comme une variable d'ajustement dans les entreprises, les anciens soixante-huitards aujourd'hui cyniques et désabusés, qui "ne comprennent pas les jeunes d'aujourd'hui". C'est facile de critiquer les lycéens et étudiants d'aujourd'hui en parlant d'enfants gâtés par la play station et la télé dans la chambre. Ces gamins ont des parents et vivent dans une société, la notre, une société sans repères, sans marques, sans espoir. De toute façon, ce conflit finira comme les précédents... Les leaders étudiants finiront encartés dans des partis politiques. Le gouvernement pondra un ajustement de loi lors de vacances. Les syndicats retourneront à leurs guerres intestines. Les casseurs retourneront emm... les gens de leurs quartiers au quotidien. 2007 verra l'élection triomphale d'Iznogoud... Je me demande même pourquoi on organise encore des élections...
Bref, pas trop d'optimisme du côté de la société ce week-end... Alors je me retourne vers le rugby... Malheureux ! Vendredi soir, en match en retard du Top 14, Montferrand a perdu à Montpellier sur le score sans appel de 42 à 13... Inadmissible pour une équipe qui prétendait il y a peu disputer les phases finales du championnat de France. Ce week-end, en Coupe d'Europe, Toulouse et Perpignan ont respectivement perdu chacune contre une équipe irlandaise. Seul Biarritz a tenu et se retrouve en demi finale en compagnie de Bath et deux provinces irlandaises. Dans le Bouclier (la "petite" coupe d'Europe), ce sont quatre équipes anglaises qui sont en demi finale. Bref, le phénomène du Tournoi s'est confirmé : il y a nivellement des équipes en Europe... En tout cas, c'est pas la joie cette année... Seul espoir : la Coupe du Monde des moins de 21 ans qui aura lieu en juin dans l'Allier et le Puy de Dôme avec de beaux matchs en perspective... Tournons nous vers le football. Mercredi dernier, en quart de finale aller de la Ligue des champions Lyon avait obtenu match nul à domicile contre le Milan A.C. Match nul... C'est marrant comme expression ! En l'occurence, c'était un bon match avec un score vierge mais pas un match nul... Reste que Lyon devra faire le plus dur lors du match retour à l'extérieur demain soir... Et c'est loin, très loin d'être gagné...
Bon, la politique et le social, c'est pas ça. Le sport, c'est pas ça. Alors, je me suis évadé du côté de la bande dessinée, en relisant les "Blake et Mortimer"... Vraiment des albums de grande qualité et palpitants. Tout a déjà été écrit sur le génie de Jacobs, mais je me joins au concert de louanges en disant : il faut lire ou relire ses albums. Par ailleurs, je suis en train de découvrir la bande dessinée "XIII" (eh oui ! je ne connaissais pas !), j'en suis au huitième tome et je me régale. L'an dernier, un copain m'avait fait connaître "Le Décalogue"... excellentissime !!! Du coup, la transition est toute trouvée avec la théologie... Je viens d'acheter un hors série du "Monde de la Bible" sur Chrétiens et Musulmans, les premiers pas de l'Islam, qui complète un ouvrage intitulé "Le Coran et la Bible" (chez Bayard Presse) et aussi un dossier de la revue (excellente) "Histoire et Religion" sur les personnages bibliques dans le Coran. C'est particulièrement intéressant et complet. J'ai également dévoré un hors série du "Monde des Religions" sur le Judaïsme. Bref, j'essaie de comprendre (un peu) les religions de cette bonne vieille planète en sachant que plus on apprend plus on se rend compte qu'on ne sait rien...
Enfin, le théâtre... Vendredi, je suis allé assister à la représentation à Avermes de la pièce "Quelle Famille !" de Francis Joffo, interprétée par Les Ch'tis Théâtreux, dont font partie Jean-François C. et Michel A. (membres également de La Nouvelle Rampe), et mise en scène par Philippe... Un bon vaudeville bien sympathique et l'occasion de retrouver ce monde si particulier de la scène... Cette fois-ci j'étais spectateur mais comme j'avais envie de remonter sur scène. Après la représentation, la troupe m'a invité à partager leur dîner. Un moment très sympa ! Et, du coup, j'ai à nouveau envie de lire des pièces et de jouer... car c'est le mot... Jouer ! Coïncidence, ou hasard, Samantha m'a appelé dimanche pour m'annoncer qu'elle allait avoir un petit frère... Bienvenue au frangin !
Finalement, tout n'est pas gris, loin de là. Le week-end prochain, je participe à la Fête du Livre de Moulins, dont le thème est cette année le rire et l'esprit, avec notamment parmi les invités Isabelle Alonso, François Rheinhart, Vincent Roca... De bons moments en perspective...
Tout n'est pas si gris mais faut pas trop regarder l'actualité, nationale (on reviendra pas sur le CPE) ou internationale (entre les attentats quotidiens en Irak, l'Afrique qui se meurt, la Tchétchénie massacrée et tout le monde s'en fout, le Tibet occupé depuis cinquante ans, etc... etc...). C'est assez terrible de constater que, pour garder un minimum de moral, il ne faut pas trop regarder le monde. Doit-on être égoïste pour être heureux ?
Je dédie cette petite chronique sans prétention à ma tante (du côté paternel) Jeanne-Marie, décédée samedi à l'âge de 78 ans. Elle habitait Brooklyn, elle vivait aux Etats-Unis depuis près de cinquante ans. J'avais toujours dit que j'irai un jour lui rendre visite et j'ai toujours repoussé à l'année suivante... Je ne l'ai vue que deux fois, en 1989 à Paris et en 1990 à L'Escarène (petit village près de Nice où nous avons la maison familiale), en compagnie de sa petite fille Solange. Lord have Mercy on her Soul.