lundi 7 décembre 2009

La côte est de Jersey...

Nous sommes arrivés peu après 8 h, heure anglaise, à Jersey, le jeudi 6 août 2009, après une traversée Saint-Malo - Jersey d'un peu plus d'une heure.
Après une courte halte à Saint-Hélier pour nous repérer sur la carte et nous préparer psychologiquement à la conduite à l'anglaise, nous avons pris la route de la côte est de l'île, et plus précisément les communes de Grouville et de Saint-Martin...
Arrivés au bout de la route de Sainte Catherine nous avons dégusté de fameux scones (servis avec moult crème chantilly + beurre + confiture de fraise !!) et pu apprécier l'hospitalité jersiaise en étant servis par une petite dame très sympathique...
Royal Bay of Grouville
Le château de Mont-Orgueil et le port de Gorey



St-Catherine's Bay

Quelques pas dans Saint-Hélier...

Nous n'avons pas pris beaucoup de photos à Saint-Hélier, la capitale de Jersey... D'abord parce que l'après-midi que nous y avons passée fut le seul moment de notre séjour où il a plu et nous étions donc assez soucieux de pouvoir nous abriter... Ensuite... ben... ça nous donne une bonne raison de retourner à Jersey l'an prochain !
Saint-Hélier est une ville assez étonnante. Lorsqu'on débarque du ferry, on a l'impression de tomber directement sur un quartier d'affaires de toute ville moderne actuelle. La façade maritime de la ville n'est pas spécialement heureuse : immeubles de banques essentiellement... Puis il y a le centre-ville so british avec les rues étroites et les boutiques toutes plus pittoresques les unes que les autres... Enfin, les quartiers résidentiels qui rappellent certains quartiers chic de Londres avec de très belles maison... Bref, une ville contrastée et très agréable à visiter... de préférence à pied...

Ah ! Les vaches de Jersey... N'oublions pas que nous sommes en Normandie... Les habitants sont très fiers de leurs vaches et de tous les produits laitiers, notamment la crème chantilly que l'on retrouve en grande quantité un peu partout...
Dans le centre-ville, les panneaux sont dans les trois langues : anglais, français et jersiais.
Le jersiais est un dialecte normand qui n'est presque plus parlé de nos jours. Pour l'anecdote, il fut jadis parlé non seulement à Jersey mais en Gaspésie (région orientale du Québec).

The Norfolk Lodge Hotel

Lors de notre escale jersiaise, Valérie et moi sommes descendus au Norfolk Lodge Hotel à Saint-Hélier... Ce n'était pas notre choix initial puisque nous avions envisagé de réserver un bed & breakfast à Saint-Aubin... Mais ce dernier était complet... Et l'opérateur recommandé par notre agence de voyage Thomas Cook, à savoir Gaéland Ashlings, nous a proposé "par défaut" le Norfolk Lodge...
Et nous n'avons vraiment pas été déçus ! C'est un hôtel charmant et très confortable que nous recommandons vivement à quiconque veut passer quelques jours à Jersey. Outre les chambres qui sont spacieuses, l'hôtel dispose d'une très belle salle de restauration où l'on peut petit-déjeuner... ah ! le breakfast avec le bacon, les oeufs, les beans... On peut aussi y dîner... ce qui est fort pratique. Il y a également un bar et une salle de bal... Autre atout particulièrement notable : la piscine couverte... C'est très très sympa de pouvoir faire quelques "longueurs" et se délasser après une journée de balade... Enfin... last but not least... l'accueil ! Tout à fait ex-cep-tion-nel !!! D'ailleurs, tout au long de notre séjour, nous avons été très bien accueillis partout où nous nous sommes rendus.
Tiens... Une petite suggestion aux hôteliers français... Que ce soit à Jersey ou Guernesey, les chambres disposent toujours d'une bouilloire et de sachets de thé et de café à disposition... C'est un petit plus bien agréable !
Pour l'anecdote, le Norfolk Lodge fait partie de la chaîne des hôtels... Morvan...
Autres atouts de l'hôtel : un parking d'une cinquantaine de places (très pratique dans une ville où le système de parking est tellement... particulier...) et la proximité du centre-ville de Saint-Hélier (une vingtaine de minutes à pied).


vendredi 4 décembre 2009

La baie de Saint-Aubin

Le 7 août, Valérie et moi avons fait un tour quasi complet de Jersey, "dans le sens des aiguilles d'une montre", au départ de la capitale de l'île, Saint-Hélier... Première halte... la baie de Saint-Aubin (spéciale dédicace pour Delphine et Nicolas... ils comprendront...), à l'ouest de Saint-Hélier. Nous nous sommes arrêtés le long de Victoria Avenue et avons fait quelques pas sur la plage... Un moment magique ! Tout simplement.

Saint-Aubin
Des cabines de bain sorties tout droit de "Benny Hill" !!
Au loin : Elisabeth Castle, la forteresse qui protège la baie...


La pointe de Corbière

A la pointe sud-ouest de Jersey, un endroit absolument magnifique... la pointe de Corbière... Je savais que Corbières était synonyme d'un bon vin du sud-ouest de la France... Je sais désormais que c'est également l'un des plus beaux panoramas de Jersey !!




Au sud de la baie de Saint-Ouen...

Dialogue avec une mouette...




Pas facile de bavarder avec une mouette anglaise (ou plutôt anglo-normande !!). Il y a le barrage de la langue. Mais nous partageons un appêtit commun pour les sardines... C'est peut-être le début d'une belle amitié !!...

En direct de Corbière !


A l'extrême sud-ouest de Jersey, le phare de La Corbière... Un site magnifique...

Au nord-ouest de Jersey...

Au nord-ouest de Jersey, sur la commune de Saint-Ouen (encore un nom qui fleure bon "la France profonde" et me fait toujours penser à Boris Vian et Henri Salvador... "dimanche matin, j'vais à Saint-Ouen... l'marché aux puces battait déjà son plein"... il s'agit bien évidemment de la chanson "Trompette d'occasion"...)... Tout au bout, donc, de l'île de Jersey... Tout au bout du Chemin du Château, après avoir longé le champ de courses de Jersey... on arrive dans un endroit magique et "hors du temps"...
On y trouve les ruines du château de Grosnez, un point de repère qui figure également sur la pièce de 50 pence de Jersey. [A ce propos, Jersey et Guernesey ont chacune leur propre monnaie : la livre jersiaise et la livre guernesiaise...] J'aime particulièrement les ruines, notamment du Moyen-Age, surtout quand, comme pour Grosnez Castle, elles dégagent un tel mystère... On devine que ce château fut jadis une place forte importante et stratégique dans la défense de l'île. Des drames ont peut-être eu lieu ici... Une terre balayée par les vents... La lande désertique... On peut vite, très vite, imaginer mille et une histoires, "entre chien et loup", perdus dans le brouillard... Et puis, la forme même des ruines restantes me fait penser à toute autre chose... Le film "Il était une fois dans l'Ouest" et le flash-back terrible : "Joue pour ton grand-frère"... Ceux qui ont vu le film comprendront... J'imagine bien une pendaison fort peu honorable en ce lieu à l'abri des regards indiscrets de la marée-chaussée... Tiens, il me semble entendre quelques notes d'harmonica...


http://en.wikipedia.org/wiki/Grosnez_Castle



Au loin, une tour de blockaus, vestige de l'occupation nazie des Iles Anglo-Normandes...

jeudi 3 décembre 2009

Attention aux écureuils !!!!

Non ! Non ! Ceci n'est pas un panneau nous signalant l'arrivée imminente d'un banquier de la Caisse d'Epargne Ecureuil mais bien un signal de danger nous avertissant de la possibilité du passage sur la route d'écureuils... Authentique ! Un panneau vu au détour d'une petite route de Jersey... Attention ! Les nutty squirrels sont de retour... On se croirait dans un Tex Avery !!...

La côte nord-est de Jersey...

Après un solide repas dans l'auberge qui fait face à l'église Saint-John (clin d'oeil à Laurent alias Saint-Jean !), Valérie et moi avons terminé notre "tour de Jersey" en nous promenons sur le littoral nord-est de l'île et à l'intérieur des terres, sur les communes de Saint-John et de Saint-Martin... Les noms des rues et des chemins, quasiment toujours en français voire en jersiais (dialecte apparenté au normand), sont toujours empreints d'une certaine poésie... J'en cite quelques-uns... Route des Issues, Rue de la Mare des Prés, Rue des Platons, Rue d'Egypte, Route d'Ebenezer (Scrooge ??), Route des Côtes du Nord, Route des Pelles, ou encore Bonne Nuit Bay...








A la fin de notre périple jersiais (les 6 et 7 août 2009), nous sommes retournés "là où tout avait commencé"... la veille... à savoir un sympathique bistrot, tout au bout de la route de Sainte Catherine, face à la baie du même nom. Dans ce sympathique endroit, nous avons dégusté (et pour moi c'était la première fois de ma vie) les fameux scones... accompagnés de crème chantilly, de beurre et de confiture de fraise, le tout en très grande quantité. Nous avons été les deux fois été très chaleureusement servis par une dame plus que sympathique que nous avons surnommée Tatie Catherine et à laquelle nous pensons souvent ! Il est clair que lorsque nous retournerons à Jersey nous ferons un tour au bout de la route de Sainte Catherine...
Une bizarrerie, liée probablement à la taille maximale d'une page mensuelle du blog, a fait que n'apparaissent plus les autres articles du mois de décembre 2009, qui sont quand même au nombre de cinq. Mais pas de panique ! Vous pouvez les consulter en cliquant sur les liens ci-dessous :
Voilà. C'est réparé...

mercredi 2 décembre 2009

Le château de Mont-Orgueil

Le magnifique château de Mont-Orgueil (un nom qui en jette, non ?!) est situé sur la côte est de Jersey et il domine le village de Gorey... Sa construction remonte au XIIIème siècle et il fut longtemps considéré comme invulnérable du fait d’être entouré par la mer sur trois côtés. Mais l’invention de la poudre à canon amoindrit son rôle au profit du château Elisabeth (Elisabeth Castle) au large de Saint-Hélier au XVIIème siècle.




La baie de Gorey
[Après l'article intitulé "2 décembre", vous trouverez d'autres articles consacrés à Jersey ainsi que plusieurs articles consacrés à Guernesey...]

2 décembre 2009

Comment donner un titre à l'article qui va suivre ? Dans trois jours, celà fera un an que ma mère est morte... Un an déjà. Je ne vais pas employer le mot "anniversaire" car je le trouve indécent et déplacé. Je ne vais pas non plus vous embêter avec mes états d'âme. Outre qu'ils ne regardent que moi, je n'ai plus ni le besoin ni l'envie de m'épancher "publiquement" par le biais d'un blog... Une psychothérapie depuis bientôt deux ans, la vie en couple depuis un an et demi et aussi un lent et profond cheminement font que je ne pratique plus "l'introspection en ligne" comme jadis.
J'ai néanmoins toujours un blog, bien sûr, qui me permet de vous faire partager mes souvenirs de vacances... Un "carnet de voyages" comme on dit de nos jours... Je suis actuellement en train de "mettre en ligne" les photos de notre séjour à Saint-Malo et dans les Iles Anglo-Normandes cet été.
Je pourrais aussi certes vous faire partager mes "coups de gueule"... J'avais rédigé l'autre jour un texte sur l'écologiquement correct, le technologiquement correct, un texte intitulé "Bienvenue dans un monde techno-écologi-correct"... et j'ai renoncé à le mettre en ligne... Je n'ai plus envie de bavasser sur mes contemporains et sur moi-même. D'ailleurs, qui suis-je pour "juger" le monde alentour ? Et j'avoue que j'en ai assez d'avoir toujours une vision critique et négative de tout et du reste. Un peu d'optimisme ne fait pas de mal... Mais, bon, si d'aucuns sont intéressés par le dit texte (qui ne reflète pas mon état d'esprit actuel), vous le trouverez sur les commentaires de mon blog... C'est un texte en colère d'un amoureux des livres qui craint la disparition soi-disant nécessaire des livres, jugés rétrogrades, polluants et peut-être bientôt nuisibles... au profit du "e-book"...
Mais passons. 2 décembre 2009. Il y a tout juste un an, j'écrivais un texte intitulé "Le temps de l'attente" :
Un an est passé... Le temps du "travail de deuil"... Comme cette expression me déplait, vous pouvez pas imaginer ! Ce n'est pas un travail... Non, je préfère l'expression (tellement mitterrandienne) : "Il faut laisser du temps au temps". Oui, c'est celà. Le temps qui n'efface pas la peine mais la rend supportable, tolérable, vivable. De toute façon, on n'a pas le choix. Ou l'on s'enfonce dans la tristesse et la déprime ou l'on continue à vivre. Et vivre, ce n'est pas survivre. C'est avoir des projets, des amis, des passions... Je ne dirai pas que ma vie fut "globalement souriante" ces derniers mois... Bien un petit coup de déprime de ci de là. Mais j'essaie de "positiver", d'aller de l'avant, de regarder le monde avec un oeil un peu plus bienveillant, un peu moins cynique et désabusé, lucide et sans illusion certes mais également un peu candide et émerveillé parce que la vie est décidément trop courte pour passer son temps à tirer une tronche de quatre mètres de haut... Non, c'était pas ça, l'expression de ma mère... Elle, elle nous reprochait, à ma soeur et à moi, quand nous traînions des journées entières de nos vies d'adolescents désoeuvrés à travers la maison, elle nous reprochait de, je cite... "errer comme des âmes en peine"... On reconnaît là la prof de lettres classiques !
J'avais écrit, quelques jours après le décès de ma mère, un texte biographique. Vous pouvez, si vous le désirer, le relire :
Par ailleurs, je n'oublie pas cette fichue maladie d'Alzheimer, et "les maladies apparentées", ces saletés de maladies neuro-dégénératives, qui ne sont pas des "maladies de vieux" comme nous avons tendance à le croire (et c'est même "rassurant" de se dire que c'est des "maladies de vieux", on se dit qu'on ne risque rien... que c'est "dans l'ordre des choses")... Je rappellerai que ma mère a été diagnostiquée à l'âge de 57 ans et elle s'est éteinte dans sa 64ème année...
Je n'oublie pas cette saleté de "cancer du cerveau", cette horrible bestiole qui vous bouffe de l'intérieur, s'attaquant à nos "petites cellules grises" de façon aléatoire... puisque l'un oubliera d'abord les noms de ses amis d'école primaire, un autre le chemin pour aller bosser et un troisième les gestes nécessaires pour effectuer des petits travaux ménagers... Mais, au bout du chemin, c'est la dégringolade, la lente et inexorable déchéance, le regard des autres qui change... C'est l'humiliation au quotidien parce qu'on ne peut plus se laver, s'habiller, se nourrir... Et puis c'est la subtile désintégration sociale entretenue particulièrement par le corps médical qui nous dit que "le malade est dans son monde"... Non, messieurs les pontes en blouse blanche, désolé, mais ma mère était "là", et bien là, parfois un peu dans le brouillard, surtout à la fin, mais elle était pleinement consciente d'être diminuée et malade. C'est "rassurant" de se répéter que le malade est dans son petit univers mais ça l'est beaucoup moins quand on prend conscience que cet univers est peuplé des fantômes du passé, d'angoisses de plus en plus présentes et de la certitude absolue qu'on déraille et qu'on ne peut rien y faire... On devient totalement prisonnier de son corps et de sa maladie.
Toutes les maladies sont terribles. Il n'y a pas de "compétition", comme certains tentent de le faire croire parfois, entre les maladies, les malades, les proches... Il ne devrait pas y en avoir. La maladie de ma mère n'a duré que sept ans et son agonie que deux ans... Comparé au calvaire des personnes ayant un proche gravement handicapé suite à un accident ou aux parents dont l'enfant souffre de troubles sévères... Je sais relativiser. D'autant que, pour ma soeur et pour moi, ce n'était pas une maladie de tous les instants. Mon père, lui, a vécu au quotidien, j'allais écrire au chevet de ma mère... Il serait le seul à pouvoir parler vraiment de ce que c'est que l'accompagnement... J'avais parfois émis des réserves quant au fait que ma mère restait "à domicile". Ses deux hospitalisations furent une catastrophe et son placement en maison de retraite a précipité son agonie... Elle n'a survécu que quatre mois dans une "institution spécialisée"... Je n'en tire pas de conclusion sur les maisons de retraite. La marraine de ma mère, bientôt centenaire, vit dans une de ces maisons depuis près de dix ans et tout va bien pour elle.
La maladie. La mort. Tout ça... Tout ça... C'est des sujets qu'on n'aime pas trop aborder. Moi le premier. Tendance à noyer le poisson si un collègue ou un ami venait à s'épancher. En même temps, soyons lucides... On va tous y passer. Il ne s'agit ni d'occulter ni de se complaire dans le morbide ou les commémorations... Il s'agit de vivre avec.
2 décembre... J'ai pas voulu attendre le 5 décembre pour écrire... Donc j'ai pris de l'avance... Et puis, bon, le 2 décembre, les amateurs d'Histoire le savent bien, c'est une date éminemment "napoléonienne"... on y trouve le meilleur comme le pire...
Je concluerai ce message par deux textes écrits "jadis" pour évoquer la maladie de ma mère...
Merci d'avoir pris quelques minutes pour me lire.
Bonjour chez vous.

Aloïs

Maman, chaque jour tu disparais un peu plus
Chaque jour, ton cerveau rétrécit
Et le monde pour toi n’est plus qu’un théâtre d’ombres.
La somme de tes peurs hante mes jours et mes nuits.
Comment pourrais-je t’aider ?
Comment même essayer d’écrire ce que je ressens ?
Tu te perds dans la maison et tu te perds dans ta tête.
Un jour prochain tu ne connaîtras plus mon nom.
En quelques mois ton état s’est terriblement dégradé.
J’étais revenu pour te retrouver et à mon tour je me perds.
Souvent, tu restes là, triste et désemparée,
Tu connais l’inéluctabilité de ton destin...
Sinistre compte à rebours :
Demain peut-être ?
Et tu commences à chercher tes mots
Et tu sens le vide sous tes pieds.
Le sentiment de chute est la pire des terreurs
Et cette araignée qui tisse sa toile dans ta tête
Dévorant chaque jour plus de neurones
Et se régalant avec ton âme...
Et la société s’en fout,
Tu n’as que soixante ans,
Elle est belle, la vie !
Mais pas pour toi, pas pour nous.
Maman, ne pars pas trop vite.
On a encore tant à vivre.

(2 novembre 2005)

Et un texte écrit par mon ami Johan...

L'oubli comme souffrance

Oh vie ! misérable vie,
Autour de toi tant de misère !
Le monde des hommes te semble différent
Monde d'injustices et de souffrances
L'éclair de l'oubli s'abat chaque jour
Et tu t'éloignes de nous, de toi
Ta mémoire se brise au contact des tiens
La vie se fait difficile
L'espoir se meurt
Enfermée dans ton silence
Ta flamme faiblit et s'éteint
Et sans un cri, en silence
La mort doucement vers toi s'avance...

(25 avril 2006)

mardi 1 décembre 2009

Un peu de Corse à Jersey...


Lors de notre virée anglo-normande, j'ai été surpris -notamment à Jersey- par toutes ces tours qui jalonnent le littoral... J'ai appris qu'on les appelait les Tours Martello (Martello Towers). Ces tours avaient un but défensif : prévenir les invasions des méchants Français, notamment lors des guerres napoléonniennes... Des tours défensives parsemant le littoral... Quiconque a visité la Corse fera vite le rapprochement... En même temps, je me suis dit que "je voyais la Corse partout", d'autant que la végétation et les paysages de Jersey avaient un côté méditerranéen certain (climat doux du fait du Gulf Stream).
En allant me renseigner plus avant sur internet, j'ai réalisé que je n'avais pas eu tort de faire le rapprochement entre les tours Martello et les tours gênoises qui ponctuent le paysage de la Corse... En effet, c'est à la suite du siège de la Corse et plus particulièrement de la tour de la Mortella (sur la côte est des Agriates) par les navires britanniques menés par Nelson en 1794, que les ingénieurs anglais décidèrent de construire tout un chapelet de tours pour protéger les côtes d'Angleterre et d'Irlande. Des tours Martello furent même édifiées dans plusieurs colonies britanniques, comme à l'Ile Maurice, au Canada ou en Australie...
Ainsi, une bataille acharnée au nord de la Corse donna le nom (quelque peu déformé : Mortella devenant Martello...) à tout un système de défense du littoral britannique... D'ailleurs, à ce propos, la Corse porte toujours les stigmates des canons de Nelson... à Mortella évidemment, dans le Nebbiu, mais aussi bien sûr dans le Cap Corse où la fameuse tour Santa Maria di a Chjapella (un endroit cher à mon coeur et où je me suis souvent baigné...) est à jamais marquée par les bombardements du redoutable amiral anglais qui laissa son oeil droit en Corse lors du siège de Calvi... Et toc !
Pour en savoir plus sur les tours Martello :
Et sur la tour de la Mortella :
Et pour revoir la tour Santa Maria di a Chiapella :

Bienvenue chez les Crapauds !!


Le crapaud... Les habitants de Jersey sont surnommés par leurs voisins des autres îles anglo-normandes "les crapauds" (à prononcer avec l'accent anglais, of course !!) car Jersey est la seule de ces îles où on peut trouver ces fameuses petites bestioles... De leur côté, les habitants de Jersey surnomment ceux de Guernesey les Anes (ou Donkeys)...
Il faut dire que l'inimitié entre les deux principales îles de l'archipel anglo-normand est ancienne. Elle a été exacerbée lors de la Première Révolution Anglaise (appelée aussi English Civil War), au milieu du XVIIème siècle. En effet, lors de celle-ci, Guernesey, comme la plupart des territoires de la Couronne britannique, s'était ralliée aux partisans de Cromwell contre la dynastie des Stuart.
De son côté, Jersey accueillit alors Charles, Prince de Galles, héritier au trône. À la suite de l’exécution de son père Charles Ier (car, on l'oublie souvent, les Anglais ont aussi coupé la tête à un de leurs rois... près d'un siècle avant les Français...) , le prince héritier fut proclamé roi sur la place du marché de Saint-Hélier le 17 février 1649. Jersey fut donc le premier pays à reconnaître le nouveau roi. Après la restauration de la dynastie en 1660, le roi Charles II montra sa reconnaissance pour l’abri offert par Jersey en offrant la masse en argent que l’on peut encore voir aujourd’hui aux séances de la Cour Royale de Jersey et des États de Jersey. George de Carteret, Bailli de Jersey, reçut des terres en Amérique du Nord et ce fut la fondation de l’état du New Jersey...

D'une île à l'autre...

Après deux journées et demi passées à Jersey, Valérie et moi avons repris le ferry, direction Guernesey... Mais il est clair que nous reviendrons à Jersey pour visiter l'île de façon un peu plus approfondie et notamment son zoo, Durrell Wildlife...

Elisabeth Castle, la forteresse qui protège le port de Saint-Hélier

Leaving Jersey...


Au large de la côte sud de Jersey...



A l'intérieur du ferry...

La traversée est assez rapide... Comptez une heure entre Saint-Malo et Jersey et également une heure entre Jersey et Guernesey sans oublier le décalage horaire puisque les Iles Anglo-Normandes sont à l'heure anglaise... Les ferries sont très confortables. A bord, outre un service de restauration rapide, on trouve une boutique, un bureau de change et un "duty free" puisque l'on se retrouve en eaux internationales... L'occasion, pour les amateurs, de faire le plein de parfums, d'alcools et de tabacs.
Bref, c'est la petite croisière bien sympathique, surtout qu'on a eu un temps plutôt (très) favorable... Je ne dis pas que j'aurais été si enthousiaste avec la mer démontée et avis de tempête sur la Manche...