mercredi 27 janvier 2016

Retour aux sources...


Photo extraite du film FURYO...

David Bowie nous a quittés un lundi de janvier... Un lundi triste. Un jour blême. Bien sûr, je ne connaissais pas David Bowie personnellement... quoique... Ne le connaissions-nous pas tous personnellement ? En tout cas, au moins celles et ceux d'entre nous qui aimaient sa musique, ses chansons (comme il a touché à tous les courants musicaux, on a toutes et tous eu l'occasion d'apprécier au moins une période de sa riche carrière !), ses apparitions (trop rares) au cinéma, son sens permanent de l'innovation et de l'avant-garde, son personnage (ou plutôt ses multiples personnages).

Bref, on connaissait tous un peu David... Et on était nombreux en ce 11 janvier 2016 à être très très malheureux. Sans mauvais jeu de mots, il y avait bien un esprit du 11 janvier, mais ce n'était pas le même...

Pour parler de moi (ce qui est encore ce que je sais faire de mieux, ou de moins mal...), la disparition de Bowie m'a d'abord laissé froid. Comme tout événement (personnel comme extérieur), j'ai un problème à réagir immédiatement (c'est une des raisons qui font que je dois souvent voir un film deux fois pour l'apprécier !). En outre, j'ai soupçonné soit un "fake" de quelques plaisantins des réseaux sociaux soit, "pire", la plus grosse campagne de promotion pour un album... Après tout, "Blackstar" venait de sortir. Je ne l'avais pas acheté mais j'en avais déjà entendu des extraits sur les ondes et des documentaires sur Bowie réapparaissaient à la télé... Mais non... Google Actualités ne parlait pas d'une mauvaise plaisanterie. Le Major Tom était bien mort... ou plutôt il était définitivement en orbite. Bon, pas de larmes pour Ziggy Stardust, c'était déjà fait depuis son suicide sur scène en 1973. Mais, bon, j'étais malheureux pour Aladdin Sane, The Thin White Duke et bien sûr Lazarus que je n'avais pas encore eu l'honneur de rencontrer. Je pensais aussi à Jack Celliers, le personnage qui m'a fait rencontrer David Bowie quand j'étais adolescent, son rôle clé dans le film FURYO alias MERRY XMAS, MR LAWRENCE...

Et, là, j'ai été déboussolé, abattu, sidéré. J'ai déjà eu de la peine pour des personnages "publics", des personnes hors du cercle familial ou amical. C'est d'ailleurs surprenant de se dire qu'on a de la peine pour des gens qu'on n'a jamais rencontrés. Mais, comme je l'ai déjà sous-entendu plus haut, ces gens là nous sont tellement familiers, notamment quand il s'agit (en tout cas dans mon cas) de musiciens, d'acteurs, de réalisateurs... Je me souviens, au hasard et sans ordre ni chronologique ni d'importance de la peine ressentie, du choc que furent pour moi le départ abrupt de Freddie Mercury, la mort d'Yves Montand ou de Henri Salvador, l'enterrement tellement émouvant de Federico Fellini (avec sa femme Giulietta Masina, effondrée) ou la mort de Marcello Mastroianni sans oublier le décès du compositeur Maurice Jarre voire, je l'avoue, la mort de Michael Jackson (car, même si je n'étais plus sensible depuis un moment à sa musique, j'avais été bercé une partie de mon adolescence par ce chanteur)... J'ai évoqué, sur mon blog, certains de ces "deuils collectifs".

Mais je reviens à David Bowie... Je ne vais pas ici parler du personnage à mille facettes ni tenter d'analyser les apports de Bowie à la musique, mais aussi à l'évolution des moeurs ou encore à la mode sans parler de son rapport à la science-fiction... Je ne vais pas non plus me risquer à un commentaire discographique... Je m'essaierai peut-être un jour à l'exercice (très risqué !).

Simplement, depuis un peu plus de deux semaines, j'ai replongé dans les disques de Bowie... J'ai acheté son dernier opus, "BlackStar", mais quelqu'un qui m'est très proche me l'a pour le moment confisqué (clin d'oeil...). Du coup, je me suis rabattu sur son avant-dernier album : "The Next Day", ma foi fort intéressant. Et j'ai replongé dans le passé tellement riche et protéiforme de Bowie... "Aladdin Sane" et ses sonorités cabaret ambiance fin de siècle voire fin du monde. Les albums tellement novateurs pour l'époque, et encore aujourd'hui, "Low" et "Heroes", qui ont tellement influencé les courants new wave et electro (du coup, je me suis remis à écouter Depeche Mode... j'y reviens plus loin !). "Let's Dance", idéal en bagnole... Et tous les souvenirs attachés à tant et tant de chansons, d'albums (Gérard m'offrit "Space Oddity" pour mes 17 ans...), de films aussi ("Furyo" bien sûr mais aussi le rigolo "Labyrinth" ou le film un peu raté mais sympatoche "Absolute Beginners" sans oublier son apparition dans "Moi, Christiane F." ainsi que dans "Twin Peaks : Fire walk withe me")... Sans parler des liens avec d'autres artistes... J'ai d'abord connu la chanson "Amsterdam" par David Bowie avant de découvrir l'originale de Jacques Brel (d'ailleurs uniquement enregistrée en public, cas unique chez le génial chanteur belge)... si ! si ! D'ailleurs, Brel et Bowie ont pas mal de points communs (dont une autre chanson : "My Death"...).

En fait, voilà plus de trente ans que Bowie faisait partie de ma vie. Bien sûr, ce ne fut pas un compagnonnage au quotidien. Je l'ai découvert par étapes, par périodes, avec des longs moments d'absence... Mais toujours il revenait...Pour l'anecdote, mes deux DVD cadeaux de départ du collège de Luri en 2004 furent "La Dolce Vita" de Fellini avec Mastroianni et le double DVD des vidéos de Bowie...

David est parti. Après la sidération et la tristesse, ce fut donc le temps de la redécouverte. Et aussi celui du partage. Les coups de fil avec Docteur Freyd et Mister Thé... qui eux aussi ont replongé dans l'univers du grand David...

Et il m'est même arrivé plus... Bowie m'a donné envie d'écouter autre chose. Si j'avais recommencé ces derniers temps à écouter de la musique, je peinais toujours avec la pop. Je reprochais souvent à mes anciennes amours de ne pas se renouveler, d'utiliser souvent les mêmes ficelles finalement lassantes... Ce qui n'a jamais été le cas de Bowie qui était toujours là où on ne l'attendait pas et qui n'a jamais cédé ni à la facilité (dès qu'il maîtrisait un genre il allait en tenter un autre, démarche qu'on retrouve un peu au cinéma avec Kubrick voire Ridley Scott et aussi dans une moindre mesure Steven Spielberg) ni à la démagogie (Bowie n'a jamais imposé à personne sa ou ses façons de voir le monde, il n'a pas joué les porte-étendards et était très discret quant à ses engagements caritatifs).

Bref, je n'écoute plus de pop depuis longtemps. J'ai eu un revival Madness lors de la sortie du magnifique et très original album "The Liberty of Norton Folgate" et dans une moindre mesure son successeur "Oui oui si si ja ja da da". Mais ce fut à peu près tout... Et, là, subitement, l'envie de réécouter Depeche Mode, le groupe que j'ai suivi de 1984 à 1992 comme un fan absolu (je les ai vus trois fois en concert sur la période) avant de m'en éloigner, surtout après le départ de Alan Wilder. J'avais bien acheté un disque de temps en temps mais sans prendre le temps de l'écouter. Là, j'ai enfin acheté leur dernier album (qui date de 2013) : "Delta Machine", et j'ai apprécié, retrouvant ce qui a toujours fait leur charme, la voix de Dave Gahan, les mélodies de Martin L. Gore et ses préoccupations religieuses omniprésentes (Bowie avait aussi des questionnements sur le sujet : voir notamment "Loving the Alien"). Et si je vous disais que j'ai acheté ces derniers jours, histoire de replonger tous azimuts, un live des Doors en 1968 et un live de Jeff Buckley à Chicago en 1995...

Tout ça grâce à David ! Le Docteur Freyd a raison quand il m'a écrit que ces derniers jours ont été pour lui (et moi donc !) comme un "bon coup de pied au c..." pour replonger dans la musique, celle de Bowie d'abord mais aussi toutes celles que nous avons aimées, que nous aimons et que nous aimerons.

Après la mort d'un artiste, je me dis toujours : "Ah ! Je vais enfin pouvoir me faire l'intégrale !" Dans le cas de Bowie, ça relève de la mission impossible. Outre que son oeuvre est immense (même sur le nombre d'albums studios, tout le monde n'est pas d'accord), il y a tellement de pépites, d'inédits, de raretés, de démos et autres sessions alternatives sans parler des lives... C'est un univers d'une richesse extraordinaire !

David Bowie est mort mais il est toujours là... Et, après avoir réussi sa vie, il aura fait une sortie magistrale : assister à la première de la comédie musicale "Lazarus" (titre tellement évocateur !), interprétée notamment par Michael C. Hall (Dexter !), fin décembre puis sortir pour son 69ème anniversaire l'album "BlackStar" avant de tirer sa révérence dans la discrétion la plus totale.

Le Major Tom n'a pas fini de tourner... Mais saurons-nous enfin un jour s'il y a de la vie sur Mars ? De toute façon, nous sommes tous des héros pour juste une journée. Et le temps peut nous changer. Il suffit juste de mettre ses chaussures rouges et de danser le blues...



Petites pépites au hasard...

Velvet Goldmine, une rareté enregistrée pendant les sessions de Ziggy :
https://www.youtube.com/watch?v=EfRgd9REzAs

Station to Station, version "Christiane F." :
https://www.youtube.com/watch?v=KxtqJxq2yck

Crystal Japan, un single au Japon, totalement inconnu en Europe :
https://www.youtube.com/watch?v=Xm2ciX0_UP8


lundi 11 janvier 2016

Y a-t-il une vie sur Mars ?

Jour de deuil pour Jack Celliers.

Toutes les personnes qui ont vu "Merry Christmas, Mr. Lawrence" (FURYO) comprendront.

Repose en paix, David BOWIE.

jeudi 7 janvier 2016

Vieillir

Au fil des jours trop courts
J'ai perdu jusqu'au goût de l'amour.
Que sont devenus les rires d'autrefois
Quand je m'aventurais au fond des bois ?
La vie n'est plus qu'une lente désespérance
Avant que de se perdre dans des cris de démence.

Je regarde en arrière et je pleure,
Je pense à demain et j'ai peur.
Je sais que bientôt je ne saurai plus rien.
Je sais que bientôt je ne serai plus rien.
Mon Dieu, mon Dieu, où t'es-tu égaré ?
O moi, ô moi, tu m'as laissé tomber !

Comment je m'appelle ? Comment tu t'appelles ?
Redis moi ton nom, redis moi ton nom.
Il fait nuit, il fait nuit.
C'est toi qui m'appelle ? toi qui m'appelle ?
Allons, allons, pardon, pardon,
Il fait nuit... Il fait nuit...


(Ecrit le 2 janvier 2016.)

mardi 5 janvier 2016

Le jour d'après

Quel bonheur d'être le lendemain de la rentrée ! Eh oui, cette fois, la rentrée est passée donc tout va mieux ! Le plus dur est fait ! Les nausées sont un (pas si) lointain souvenir (quelle nuit infernale !), restes du "stress" de la rentrée mais aussi des (quelques) excès des vacances... une crise de foie (mais pas de foi... enfin... ça dépend des fois !).

Ce petit message polluant à destination de vos boîtes aux lettres pour vous remercier collectivement pour vos encouragements à mon encontre pour que je continue à écrire sur ce blog. Ces encouragements me touchent vivement. J'en profite pour "rassurer" certaines et certains d'entre vous : je vais bien, tout va bien. Et ce n'est pas qu'une formule. Promis, j'essaierai à l'avenir de séparer de façon plus explicite ce qui relève de l'écume des jours, des coups de colère, de déprime (et non de dépression) et autres énervements, de ce qui est au fond de moi. 

Alors, oui, moi, ça va. Mais autour de moi, comme tout le monde j'imagine, beaucoup de choses m'agacent. En outre, j'arrive à un âge où la génération précédente montre des signes de faiblesse et on se rapproche progressivement des années où l'on est de plus en plus souvent au chevet d'un parent ou d'un ami malade. Et ça n'est pas très réjouissant. D'autant qu'à titre personnel, j'ai "déjà donné" du temps de la maladie de ma mère, même si alors j'étais plus jeune, un peu "chien fou" et totalement livré à mes divers excès et démons. Heureusement qu'alors ma douce et tendre, ainsi que des ami(e)s et de la famille, m'ont soutenu. 

Donc voilà (la conclusion typique quand on ne sait pas quoi écrire !). Je vais bien, tout va bien !

Je vous souhaite de nouveau à toutes et tous, et sans aucune amertume mal placée, une bonne et heureuse année 2016... Paix, santé, prospérité !

Prenez soin de vous et des personnes que vous aimez et qui vous aiment.

lundi 4 janvier 2016

Pas envie... mais alors, pas envie du tout !

Bonjour à toutes et tous !

J'avais promis que je ne polluerai pas vos boîtes aux lettres en 2016... J'ai menti ! Ou plutôt, ceci n'est pas une pollution mais un message à haute teneur qualité environnementale... Alors, pour commencer, et pour s'en débarrasser... Je vous souhaite à toutes et tous une bonne et heureuse année 2016 !!!

Bon, elle commence très mal, cette année, par "les commémorations de Charlie"... Ah... Charlie !... Pour toute une partie de l'intelligentsia (dont certains de mes collègues amoureux du sociologue Emmanuel Todd), les gens qui ont manifesté leur émotion au lendemain des attentats de janvier sont le symbole d'une France blanche, aigrie, raciste, islamophobe... N'en jetez plus ! Pour une autre partie de l'élite (dont d'autres de mes collègues et dont pas mal de dignitaires de ma très chère Eglise catholique), les mêmes gens sont des imbéciles, des "moutons", des inconscients. Pour les musulmans (et pas seulement les islamistes), nous étions des sales blasphémateurs. Et, même pour les survivants de Charlie Hebdo, nous n'étions pas forcément des gens bien. Bref, pour à peu près tout ce que la France compte de gens intelligents, manifester son émotion début janvier 2015 était la preuve d'une bêtise incommensurable... On n'est pas près de me reprendre à aller dans un cortège... Je n'aurai qu'un seul (immense) regret : je n'ai pas manifesté au lendemain de la tuerie de l'école juive de Toulouse en 2012 et c'est bien un signe que quelque chose ne va pas dans notre pays et dans ma tête : nous nous sommes déplacés (en masse et, peut-être, à juste titre... même si c'est pour nous faire insulter par tout ce que la France compte de gens intelligents et diplômés) pour pleurer des caricaturistes mais nous n'avons rien dit quand des enfants ont été abattus simplement parce qu'ils étaient juifs. C'était en France. En 2012. Honte à nous. Vergogna a noi !

Alors, me direz-vous, vivement 2017... Tu parles ! C'est l'année de l'élection présidentielle puis des fantoches de l'assemblée nationale... Ben oui, depuis l'instauration du quinquennat et l'inversion du calendrier (merci Chirac et Jospin...), la France vit "au rythme de l'élection permanente"... En attendant, on nous prépare une réforme constitutionnelle aux petits oignons... Bon, alors, vivement 2018 ! Tiens, pourquoi pas ?! P..., deux ans !!!!!!!

L'année commence mal, très mal. Pas envie d'y retourner... Au boulot, je parle. Jamais eu aussi peu envie. Samedi, je suis allé revoir "Le Réveil de la Force"... Quel bijou ! Plaisir de retourner dans ma galaxie lointaine, très lointaine, loin de la France et de son nombrilisme... Dimanche soir, je suis allé revoir "Spectre", histoire d'oublier un temps la déprime pré-rentrée... Quel bonheur ! Ce film est encore plus agréable à la revoyure !... Et je confirme que conduire une Clio après avoir vu Bond faire des prouesses sur une Aston Martin DB10, ben, ce n'est pas facile du tout !

En tout cas, en sortant de ma séance, je n'avais qu'une envie : tracer ma route ! Partir loin de Montluçon, de cette petite ville provinciale pluvieuse et snobinarde, ne pas retourner dans ce lycée où tout le monde vous regarde d'un air hautain, parce que vous êtes le documentaliste, c'est-à-dire le type qui surveille que les livres ne s'envolent pas et qui crie aux élèves "silence" régulièrement...

Ce matin, en me réveillant, j'avais la nausée, au propre comme au figuré. A peine j'allume la radio, j'entends la pub pour le prochain Charlie Hebdo où un long édito s'apprête à vomir sur tous les croyants du monde, parce que, forcément, si ces braves caricaturistes ont été abattus, ce n'est pas par des dingues mais par les croyants de toute la planète, dont une partie (moi le premier) a prié pour eux. Mais, bon, serrons les dents. J'ai éteint ma radio pour "déjeuner en paix". J'ai rallumé la radio dans ma voiture, par réflexe, et là, on nous parlait des exécutions en Arabie Saoudite (ce gentil pays avec lequel nous commerçons sereinement) qui avaient provoqué des manifestations monstres en Iran (cette vilaine dictature où, soit dit en passant, les minorités religieuses sont acceptées, à la différence de l'Arabie Saoudite ; cette méchante république qui compte beaucoup plus de députées femmes que la France...). J'ai éteint de nouveau ma radio. Faut que je me méfie de l'info !

Bref, je pourrais bien m'éloigner de Montluçon... mais pour aller où ? de toute façon, j'ai un emprunt qui court jusqu'en 2022... argghhh !) Autant rester où je suis. De toute façon, je suis trop vieux pour aller vivre ailleurs. Il me reste, comme au héros de "Brazil", de m'évader par le rêve... Les psys pourront en conclure que je fais un déni de réalité. Et alors ?

Bonne année, quand même. "Et la santé !"

Pour ma part, cette année 2016 sera marquée par le signe du cinéma, des séries télé (ces trucs de beaufs que méprisent nombre de mes collègues), de la musique, de la lecture et aussi de la prière. 

J'aurais bien des souhaits, comme tout le monde : paix, sérénité, tolérance... Mais je crois bien que ce n'est pas pour 2016... Ensuite, à chacune et chacun d'entre nous de faire un tout petit peu autour de soi pour, sinon apporter de la Lumière, lutter pour limiter l'extension du domaine des Ténèbres.

Pace e Salute !

jeudi 31 décembre 2015

Juste avant la fin de l'année...

Un petit coucou rapide avant la fin de cette grande année 2015... Une année qui nous laissera toutes et tous un goût plus qu'amer, mais bon, il y a aussi eu du bon, individuellement et probablement collectivement aussi...

A titre individuel, j'aurai une pensée pour notre séjour, ma douce et tendre et moi, du côté de Saint-Brévin et Saint-Nazaire, ainsi que notre escapade en Périgord aux Eyzies... Et puis il y eut ce merveilleux concert de Jean-Louis MURAT un certain 13 novembre 2015 à Guéret... Nous étions encore "innocents" à ce moment-là. A notre retour à l'hôtel, nous avons appris ce qui s'était passé à Paris... Sans commentaire.

Je ne reviendrai pas sur l'actualité récente... Un président qui nous la joue "je change la constitution" parce qu'il est incapable de combattre le terrorisme, un premier ministre et un ministre de l'intérieur qui chantent en permanence le refrain du "on est en guerre", histoire de nous mettre la pression et de nous préparer à "l'état d'urgence permanent", des médias serviles qui répètent ce qu'on leur demande de dire (les "événements d'Ajaccio" des 24/25 décembre en sont une démonstration flagrante, rappelant aux gens qui les ont vécus de l'intérieur les "événements de Luri" de septembre 2003 où, là aussi, on a vu des médias fabriquer de toutes pièces des informations pour servir le pouvoir), des bombardements en toute indifférence sur des populations civiles au Moyen-Orient, des migrants qui se noient chaque jour, etc...

Heureusement, il y a "l'esprit de Noël", que l'on soit chrétien, croyant, agnostique ou même athée. Certes, le côté "consommation exacerbée tout le monde va se gaver" est un peu pénible mais, cette année, je n'aurais pas le coeur à critiquer mes concitoyens. On a toutes et tous envie de profiter de la vie. Si pour certain(e)s, ça s'accompagne d'excès de table, de courses folles et tout et tout... et alors ?! Tant mieux !

Pour ma part, je m'étais fixé plusieurs missions pour les vacances... Lecture, cinéma, musique...

* Lectures.
J'ai lu, sur les conseils de ma collègue de travail, "Les Jardins de Lumière" d'Amin Maalouf, excellent roman historique qui raconte l'histoire tragique du prophète Mani. Un livre lumineux, sans mauvais jeu de mots, très agréable à lire. Un hymne à la tolérance.

* Cinéma.
1 - "Spectre". Nous sommes allés le voir le week-end dernier. Un bon Bond de la période Craig, loin quand même de l'intensité dramatique de "Casino Royale" et de ce bijou que fut "Skyfall". On est dans les Bond de bonne qualité, distrayants, mais on n'est pas dans le "top five". Reste un film que je reverrai avec plaisir, non mais !
2 - "Le Pont des Espions"... Oups... J'ai raté le dernier Spielberg... Vivement la sortie en DVD !
3 - "Star Wars VII : Le Réveil de la Force"... Ah ! la ! la ! Nous l'avons vu il y a deux jours... Quel choc ! Je n'avais pas éprouvé un tel plaisir au cinéma depuis bien longtemps. On est loin de la poussive prélogie (notamment "La menace fantôme" et son dramatique Jar Jar Bings...) qui m'avait laissé sur ma faim, même si c'était une trilogie (pour les non fans : les épisodes I-II-III, réalisés en 1999-2002-2005) de grande qualité et d'une riche intensité dramatique (trop peut-être). J'ai retrouvé le souffle de la première trilogie (les épisodes IV-V-VI, réalisée en 1977-1980-1983). Alors, bien sûr, George Lucas lui-même a critiqué ce nouvel opus mais c'est lui qui a choisi de "se séparer de son bébé"... (ah ! BB8 !) Certes, J.J. Abrams a réalisé un film qui plaira aux fans mais pourquoi bouder le plaisir ?! Outre l'histoire qui m'a bluffé (alors que j'avais, je l'avoue, quelques appréhensions), j'ai été plus que séduit par la musique de John Williams (ah ! le magnifique thème de Rey !), par le retour de Harrison Ford, par les décors que j'ai trouvé magnifiques, par le travail sur la photographie... Un film que j'irai revoir assurément ! Enfin retourner dans "ma" (notre !) galaxie lointaine, très lointaine... Après tout, j'attendais ce film depuis plus de trente ans !

* Musique.
J'ai "vaincu" mon appréhension et je peux de nouveau écouter des chants corses sans me mettre à pleurer de vaine nostalgie (voir mes textes précédents). Et je ne me suis pas privé. J'ai aussi replongé dans ma passion première : les bandes originales de films ! Hier, je me suis précipité pour acheter (entre autres) la B.O. de "The Force awakens"... et je l'ai écoutée religieusement en rentrant chez moi (comme le conseille J.J. Abrams dans le touchant texte qui accompagne le CD). Ces derniers jours ont aussi été accompagnés par "The Hobbit & The Lord of the Rings Film Music Collection" (un magnifique double CD).

Bref, les vacances ne sont pas encore terminées que je peux dire que j'ai fait presque un sans-faute pour cette mission !!

Alors, après des messages parfois bien sombres, je conclurai cette année 2015 de façon souriante en vous promettant de ne plus vous "polluer" vos boîtes aux lettres par mes états d'âme dans les semaines à venir... Après tout, la Force s'est réveillée !!

Portez vous bien !

lundi 21 décembre 2015

Un grand pas en avant !

Ce qui s'est passé la semaine dernière en Corse est tout simplement historique. Je ne ferai pas d'analyse politique, d'abord parce que je n'en suis pas capable, ensuite parce que ce n'est pas le moment (analyser à chaud, c'est le privilège des journalistes incompétents et des politiciens désoeuvrés, pas des historiens sérieux), enfin parce que d'un côté mes amis continentaux ne comprendraient pas forcément et de l'autre n'étant plus en Corse depuis onze ans je me garderais bien de prendre part au débat.

Simplement, je suis heureux comme je ne l'ai pas été depuis si longtemps. J'ai enfin retrouvé ma fierté. Ces derniers temps, j'ai tellement eu honte d'être Français (le résultat des élections mais aussi le nombrilisme hexagonal et le côté "donneur de leçons au monde entier"), Catholique (tous ces fachos homophobes qui polluent les églises par leur haine de l'autre), Occidental (notre façon, à nous Européens sécularisés, à mépriser tout ce qui n'est pas notre façon de vivre, notre obsession de la consommation, notre mépris de tout ce qui est spiritualité). Et pourtant, j'ai continué à être Français (même si je n'ai pas chanté "La Marseillaise" lors des rassemblement de "Charlie" et encore moins en novembre), Catholique (j'apprends au quotidien à m'initier à la prière), Occidental (parce que je ne saurais pas être autre chose, je suis déterminé par ma naissance, mon lieu de vie et le métier que j'exerce).

Mais je ne suis pas que ça. J'ai aussi une partie de moi qui est profondément Corse, avec tout ce que cela veut dire. Il y a l'histoire familiale (la famille Pérès de Peri, j'ai déjà évoqué le sujet) et puis ma vie tout simplement. Un an à la Direction régionale des Affaires culturelles à Ajaccio et cinq ans au Collège du Cap à Luri, ça vous change une vie.

Alors, forcément, quand la Corse semble, enfin, après des siècles souvent sombres, pouvoir accéder à la maîtrise de son destin, c'est un rêve qui se réalise. L'île qui a vu la première constitution démocratique moderne donnant le droit de vote aux femmes en plein XVIIIème siècle (en France, il a fallu attendre la fin de la deuxième guerre mondiale...), sa révolution écrasée par les troupes françaises à Ponte Novu, cette île que j'aime tant, riche en paradoxes, qui a connu tant et tant de douleurs, de violences, mais aussi qui fut la première région française libérée pendant la deuxième guerre mondiale et qui fut le porte-avions des Alliés pour reconquérir le sud de l'Europe face aux barbares nazis (c'est de Corse que s'envolait Saint-Exupéry pour ses missions).

La Corse qui accède à son destin. Ce sentiment tellement jubilatoire, cet enthousiasme qui me donne envie d'entonner "un chant de joie" comme le disait Natale Luciani (membre fondateur du groupe Canta U Populu Corsu, que j'ai eu la chance de connaître à la DRAC de Corse, et qui est disparu tragiquement dans un accident de voiture il y a quelques années) : ALLEGRIA !

Et l'espoir qui renait aussi pour toute la France... Car, comme je l'ai écrit plus haut, je suis aussi Français. Même s'il y a le FN et ses relents de haine, même s'il y a Bernard Tapie, même s'il y a tous ces politiciens véreux et vérolés, il y a Le Drian qui dit quelques mots en breton au Conseil régional de Bretagne, il y a Bayrou qui parle de la richesse des langues régionales. Face aux dinosaures anti-régionalistes, peut-être trouverons-nous enfin la fierté dans chacune de nos régions de forcer Paris à signer enfin la charte des langues régionales et minoritaires. La France admettra peut-être enfin qu'elle est plurielle et que c'est la diversité qui crée la richesse. E PLURIBUS UNUM, comme l'écrivait Saint Augustin et comme l'ont repris les Etats-Uniens. IN VARIETATE CONCORDIA est la devise de l'Union Européenne. Bien sûr, ce n'est pas facile tous les jours de s'entendre avec les autres, déjà qu'on a de la peine "entre nous" , voire que chacun de nous a de la peine a s'entendre avec lui-même (je connais bien le sujet !). Je rêve qu'un jour la France se réconcilie avec elle-même... Doux rêve d'un utopiste. Pourquoi pas ?

Mais je reviendrai à la Corse pour ma conclusion. Et je me permettrai de citer un certain Jean-Jacques Rousseau, auteur d'un Projet de Constitution pour la Corse, qui écrivait dans "Le Contrat Social" cette fameuse phrase : « Il est encore en Europe un pays capable de législation : c'est l'île de Corse. La valeur et la constance avec laquelle ce brave peuple a su recouvrer et défendre sa liberté, mériterait bien que quelque homme sage lui apprît à la conserver. J'ai quelque pressentiment qu'un jour cette île étonnera l'Europe ».

Oui, quelle belle page d'Histoire est en train de s'écrire sous nos yeux ! Comme j'aurais aimé être Bastia le soir du dimanche 13 décembre ! Et comme j'aurais aimé être devant l'Assemblée de Corse ce jeudi 16 décembre... Imaginez la banderole très StarWarsienne : CHE A FORZA SIA CUN VOI ! Oui, aujourd'hui, j'ai enfin le courage d'écrire sur mon blog : "So Corsu e ne so fieru".

Bonnes fêtes de fin d'année à toutes et tous.

Cù Amicizia.

Je citerai pour finir le premier couplet du DIU VI SALVE, REGINA, l'hymne national corse, qui place l'île sous la protection de la Sainte Vierge (ouh ! la ! la ! je connais des laïcards anti-régionalistes qui vont hurler...) :

Diu vi salvi, Regina
E Madre universale,
Per cui favor si sale 
Al Paradisu.

mercredi 16 décembre 2015

La vie est belle

"Pour bien des gens, la vie est une lente désespérance." disait Henry David Thoreau, cité par Keating dans Le Cercle des Poètes disparus. Et comme il avait raison. Je me souviens, c'était il y a déjà vingt-cinq ans, mon ami Fred Thé me confiait sa déception face au monde du travail et au monde des adultes en général. A l'époque, pour ma part, j'étais encore bercé d'illusions. Depuis, je suis devenu à mon tour "vieux, usé, fatigué", comme dirait l'autre, comme le prouve mon précédent texte.

Mais... non ! La vie est belle, bordel !

Peu de gens le savent mais Roberto Benigni a baptisé son film "La vita è bella" en hommage à une phrase de Léon Trotski (sacré Léon !), alors poursuivi par les sbires staliniennes (qui finiront par avoir sa peau, et d'une façon particulièrement atroce), regardant sa femme dans son jardin et s'exclamant, malgré tous les soucis et toutes les menaces : "La vie est belle !". [Je rappellerai ici que ce film cite la Barcarolle des Contes d'Hoffmann mis en musique par Offenbach... voir mon texte sur "Un petit tour au grenier"...]

"La vie est belle", c'est aussi le titre français du fabuleux film "It's a wonderful Life" de Frank Capra, un des plus beaux films que je connaisse, un des plus désespérés aussi, tout en étant tellement optimiste... Oui, il y a peut-être là une contradiction... Je ne sais pas. Je sais juste que ce film est tellement riche, un conte de Noël irrésistible (c'est de saison).

Enfin, bon, ce petit mot en guise de post-scriptum à mon précédent texte sur le plafond de verre, pour remercier les personnes qui m'ont témoigné de leur sympathie et de leur amitié. Une fois de plus, je réalise à cette occasion combien toutes et tous nous partageons "l'humaine condition" : des soucis de santé, des parents ou des amis malades, des contrariétés au travail, des questions existentielles, la peur du néant et du vide intersidéral de nos vies...

Je m'en veux de m'être épanché et d'avoir une fois de plus oublié qu'il n'y a pas que ma petite personne sur cette bonne vieille planète. Comme disait Trotski : "Malgré tout, la vie est belle !"

Belles fêtes de fin d'année à toutes et tous.

Et, pour finir, je citerai "Merry Xmas, Mr Lawrence" alias "Furyo" : "Joyeux Noël, Lawrence ! Joyeux Noël, Monsieur Lawrence"... tandis que démarre la lancinante musique de Ryuichi Sakamoto... "Father Christmas is Santa Claus !" J'ai aussi en tête le final bouleversant de "La Dolce Vita" quand le héros bascule définitivement du côté obscur de l'âge adulte, renonçant à l'espoir incarné par la jeune fille qui l'interpelle sur une plage d'Italie au lendemain d'une fête trop arrosée comme seuls les adultes en font, parce qu'il n'y a qu'en buvant qu'ils croient retrouver un instant leur âme d'enfant...

Le plafond de verre

Un jour, on arrive au bout du chemin. C'est une voie sans issue. On est face à un mur. Que faire ? Retourner sur ses pas ? Escalader le mur ? Se cogner la tête contre les briques en attendant que ça passe ? Mais ça ne passe pas.

J'ai atteint mon plafond de verre, pour prendre une expression fort jolie hélas détournée ces derniers jours par des chroniqueurs politiques en mal d'inspiration. Pour parler en termes plus "DRH", je suis la vivante réalisation du "principe de Peter". Je cite wikipedia : « dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s'élever à son niveau d'incompétence », avec pour corollaire : « Avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d'en assumer la responsabilité. ».

Voilà trois ans quasi jour pour jour... C'était le jour de la fin du monde, vous savez, la prédiction des Mayas, le 21 décembre 2012... mon Dieu ! comme tout ça parait loin !... C'était donc il y a trois ans... Le jour de mon inspection... Pour les gens qui ne sont pas dans l'Education nationale, petite explication : nous sommes plus ou moins (souvent moins que plus : dans mon cas c'était seulement la deuxième fois en plus de vingt ans de carrière) régulièrement "inspectés". A ce propos, j'en profite pour confirmer la rumeur : il n'y a aucune visite médicale dans l'Education nationale. On peut faire toute une carrière sans voir une seule fois la médecine du travail. Nous sommes hors contrôle... Avec tout ce que ça peut sous-entendre...

J'ai donc été inspecté le 21 décembre 2012. J'étais alors au collège Charlotte Delbo de Tronget, où j'avais fait sereinement ma neuvième rentrée. Tout allait plutôt bien dans ce collège rural où "j'avais fait mon trou", une fois de retour sur le Continent après mes cinq ans merveilleux au Collège du Cap à Luri. L'inspectrice, satisfaite, semble-t-il, de mon travail, me conseilla d'aller voir ailleurs, de prendre le large, de me mesurer au vaste monde... Et si vous alliez travailler en lycée ? L'idée m'avait déjà traversé l'esprit au printemps précédent, du fait que j'avais déménagé de Moulins pour Montluçon, mais ce ne fut alors qu'une idée vague.

Là, notamment pendant les vacances de Noël, le poison s'est lentement répandu dans mes neurones... Aller bosser en lycée ? Pourquoi pas ? Je pensais terminer ma carrière en lycée. A 42 ans (alors), c'était un peu tôt pour parler de fin de carrière mais pourquoi pas tenter l'aventure ? J'ai oublié à ce moment là l'avertissement d'un de mes anciens principaux : "Attention, Monsieur Pérès, à ne pas quitter la proie pour l'ombre". On sait ce qu'on perd, on ne sait jamais ce qu'on trouve.

Mais... Mais... Mais... L'idée de ne plus avoir à faire la route, notamment en hiver, était séduisante. L'idée de voir d'autres têtes aussi. Et surtout l'idée, malsaine mais moteur de l'humanité depuis la nuit des temps, de se montrer ambitieux, de tenter le diable (tiens... tiens...), de se prouver et de prouver aux autres que l'on était capable de relever un "challenge", un défi, une nouvelle aventure... Et puis ça allait en jeter... Travailler dans un grand lycée, où en plus il y avait des classes préparatoires (ces fameuses "prépas" que je n'avais pas osé affronter quand j'étais étudiant, parce que j'avais eu peur et aussi, avouons le, parce que je n'avais clairement pas le niveau)... J'allais désormais jouer dans la cour des grands.

Hélas. On croit trouver un grand lycée enthousiasmant où tout le monde est sympathique. On découvre un lycée de province, qui jalouse son voisin de palier (la guerre fait rage avec "l'autre lycée" de la même agglomération). Un établissement où beaucoup d'enseignants mettront plus d'un an à vous dire bonjour. Un espace finalement anonyme où l'on attend du documentaliste d'ouvrir dix heures par jour et cinq jours par semaine, point barre. Si ! Il faut aussi répondre présent dans l'instant à toutes les sollicitations. 

C'est là que j'ai découvert combien mon métier était différent en collège et en lycée, surtout en collège rural où on met la main à la pâte pour un peu tout, où on peut lancer plein de projets, participer à diverses activités avec plus ou moins de bonheur... Et souvent plus ! Que ce soit à Villon dans les Années 1990, à Luri ou à Tronget, j'avais animé un atelier théâtre et organisé des spectacles. Bien sûr, c'était "amateur". Mais, là, dans un lycée avec option théâtre, il devenait désormais totalement impossible pour moi d'imaginer encore animer un atelier théâtre. D'abord, on m'a expliqué que le mot "atelier" n'était pas politiquement correct et surtout pas digne d'un enseignement de lycée. Ensuite, ben, forcément, je n'aurais de toute façon pas eu (du tout) le niveau.

Finies les activités annexes, qui parfois m'agaçaient mais faisaient aussi le sel de mon métier... L'initiation à la sécurité routière, l'exercice annuel d'évacuation de car, la visite des élèves de sixième aux résidents de la maison de retraite locale... Bien sûr, tout ça, pour des profs de lycée, ça fait au mieux "oeuvre de patronage" sympathique, au pire un truc tellement minable et risible. Eux, ils préparent leurs élèves au bac et aux grandes écoles et aux universités prestigieuses. Des gamins de collèges ruraux, dans des zones plutôt pauvres (que ce soit Luri ou Tronget, ce n'était pas l'Eldorado question ressources économiques), certain(e)s n'en ont jamais vu et/ou ne veulent plus en voir.

Je suis devenu un bibliothécaire dans un immense centre de documentation qui donne le vertige. Beaucoup beaucoup de livres et aussi beaucoup beaucoup de fauche... C'en est d'ailleurs désespérant. Pas une semaine sans que je constate la disparition d'ouvrages... Que ce soit à Luri ou à Tronget, je n'avais jamais vu ça. 

Points positifs... Il y en a bien sûr. Une direction (l'ancienne comme la nouvelle) qui nous laisse les coudées franches. Des personnels administratifs et de service fort sympathiques, avec qui on partage, face à nombre d'enseignants, cette désagréable (humiliante même) impression d'être "le petit personnel de service". Et surtout, surtout, des élèves polis, intéressants, intelligents (trop d'ailleurs parfois... c'est là que je réalise que je ne suis vraiment pas "à jour" intellectuellement !). Enfin, et c'est notoire, quelques collègues vraiment très sympathiques, qui m'ont accueilli dès les premiers jours, et avec qui je peux plaisanter quand j'ai l'occasion de les croiser car, dans un grand lycée, on peut ne pas voir certains collègues pendant des mois... Et, bizarrement, c'est toujours les personnes avec qui on a le moins à échanger, les personnes qui vous toisent pour ne pas parler de mépris (je finis par devenir parano), ce sont ces personnes là qu'on croise le plus souvent... Dommage !

J'ai cru être à la hauteur. Je ne le suis pas. Je suis désespérément médiocre. Pas mauvais, bien sûr. Je fais "le job". Mais rien de plus. De toute façon, je ne peux pas faire plus. Je me lève chaque matin la boule au ventre, l'envie de pleurer me prend quand je sors de chez moi et le soir je rentre épuisé nerveusement. Bien sûr, j'ai la sécurité de l'emploi, les vacances et tout le blabla de ces salauds de fonctionnaires parasites que la majorité des Français rêve de mettre face au peloton d'exécution pour l'exemple.

Mais cette impression d'inutilité, de non épanouissement, de néant même... Est-ce l'âge ? Le fait de ne pas avoir de projet (au sens étymologique du terme : je n'ai aucune capacité de "me projeter"...) et la terreur de passer toute ma carrière (plus de vingt ans encore) enfermé dans un poste où je prouve jour après jour mon incompétence crasse. L'impression désagréable d'être dans "Un jour sans fin", la poésie et la musique en moins. Ajoutez à cela mon âge, la pendule qui tourne, les personnes autour de moi qui vieillissent et la nuit les souvenirs du temps jadis qui me hantent. Des nuits sans sommeil, des jours sans entrain.

Voie sans issue. Impasse. 

Soyez très prudent(e) le jour où l'on vous propose "une promotion"... C'est, généralement, le début de la fin. Tout le monde n'a pas les épaules pour changer de poste, tout le monde n'a pas l'ambition, l'orgueil et le minimum d'égoïsme indispensable pour "monter en grade". Certains resteront "hommes du rang" toute leur vie. Après tout, pendant mon service militaire, j'étais "première classe", et ça m'allait très bien. J'aurais fait un bien mauvais brigadier (l'équivalent de caporal dans l'infanterie, mais moi je servais dans l'artillerie), et pire encore si j'avais été sous-officier voire officier de réserve.

Dieu sait que je suis égocentrique et narcissique (le psy m'avait dit une fois, du temps où je le fréquentais, que je souffrais de "blessures narcissiques", je n'ai toujours pas bien compris ce que ça voulait dire), mais je ne pense pas être égoïste. Il faut l'être un minimum pour avoir de l'ambition. Je manque désespérément d'ambition. Par ailleurs, je suis très (trop !) sensible au climat qui m'entoure. Même si tout le monde, depuis trois ans, me conseille de "faire avec", de ne pas tenir compte du mauvais esprit qui peut régner autour de moi (voire parfois à mon encontre), je n'y arrive pas. 

J'en ai même perdu le goût du cinéma, tellement peur d'être jugé par les censeurs intellectuels qui m'entourent pour mes goûts trop populaires et médiocres. Je ne suis pas allé voir le dernier James Bond, que j'attendais impatiemment. Il faut dire que les événements du 13 novembre m'ont temporairement sevré de l'envie de voir des films avec des explosions. Je n'irai probablement pas voir le dernier Star Wars. Pas d'envie. Plus d'envie. La peur de la foule aussi, je l'avoue, et un peu l'overdose face à "l'effet Disney". Perdu le goût des séries télé, à force d'entendre "Ah ! Nous, on n'a pas la télé !" avec le regard condescendant des élites vers la plèbe qui perd son temps devant des séries. Ne parlons pas des lectures... Ce n'est pas de la littérature, voyons !

Bien sûr, après-demain, c'est les vacances. La magie de Noël. Egalement le gavage imposé et le rappel criant que je n'ai pas d'enfant et plus beaucoup de famille. Mais qu'importe. C'est les vacances. Certes. Mais dans deux semaines et demi, je replongerai. Le retour au lycée. Les mêmes collègues, le même mépris, le même climat. Et pour combien d'années encore ? Toute la vie ?

Le problème ne vient pas des autres mais de la perception que j'ai d'eux. Le problème vient de moi. Mais que faire ? Fuir ? Mais où ? Et je suis trop vieux pour partir et j'ai malgré tout quelques attaches (et pas des moindres !) ici, même si j'ai toujours l'impression de "ne pas être d'ici". Curieuse, cette impression de ne pas se sentir chez soi. Je ne l'avais pas du tout à Tronget, ni à Luri. J'étais chez moi là bas, au milieu des miens. Tout n'était pas toujours rose, il y a même eu des moments tendus et quelques coups de gueule épiques mais nous étions comme une famille. En ces temps de fêtes, l'esprit de famille me manque encore plus. Je ne pensais pas que j'écrirais ça un jour... Peut-être ai-je fini par briser mon plafond de verre ?


lundi 7 décembre 2015

Un petit tour au grenier...

Hier, c'était dimanche. Non, non, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous parler des élections... Je ne suis pas vraiment un fin analyste politique. En plus, "ma" région, qui aurait jadis dû s'intituler Auvergne-Bourbonnais et est devenue, "par simplification administrative", Auvergne, a été purement et simplement absorbée, engloutie, colonisée par les outrecuidants sans âme de Rhône-Alpes. Non à l'envahisseur en col blanc pour qui l'ouest de l'Allier et tout le Cantal ne seront même pas des noms sur une carte... Mais revenons à nos moutons (quoique, dans nos pâturages, ce sont surtout des vaches... je m'égare !).

Hier, c'était donc dimanche, un de ces dimanches ennuyeux à mourir, comme les chantait si magnifiquement Charles Trénet. Vous savez, quand on traîne son cafard toute la journée. Outre ma déprime liée à la nostalgie de la Corse, une Corse rêvée, idéalisée, ma Terre Sainte à moi... C'était le triste septième anniversaire de la mort de ma mère, ma maman à moi (et pas qu'à moi d'ailleurs). Envie de rien. Impossible de lire quoi que ce soit. Je me serais bien affalé devant la télé, un bon débat politique nul qui m'aurait distrait... Mais non, pour cause d'élections, il était interdit de parler de politique... Il faut respecter le temps de réflexion des citoyens... Et plonger les dépressifs dans une dépression encore plus profonde... Ce n'était plus une dépression, c'était devenu le gouffre de Padirac, et non pas le gouffre de pas d'Irak.

J'ai bien tenté de trouver le réconfort dans la Liturgie des Heures et dans la lecture de "L'imitation de Jésus-Christ". Mais ça n'a pas marché plus que ça. J'étais vraiment mal, comme on dit, en ce dimanche après-midi de décembre, tandis que dehors il faisait un beau soleil et que le petit peuple de France se précipitait dans les marchés de Noël pour acheter des produits artisanaux fabriqués par des petits enfants au fin fond du Bengladesh...

Et, en réfléchissant à ce qui avait été le (en tout cas le principal) déclencheur de cette déprime, le revisionnage de quelques séquences du film "L'enquête corse", je me suis rappelé que j'étais un grand sensible (mais pas un sentimental, d'aucuns m'ont déjà reproché ma froideur à l'égard de mes contemporains et mon absence totale d'empathie, ce à quoi je réponds : j'ai un coeur, bon, il est en pierre mais j'ai un coeur !). Et que le danger guette pour moi de plonger dans la pire des apathies nostalgico-mélancoliques rien qu'en écoutant un morceau de musique qui me rappellera "le bon temps"... 

Du coup, et je l'ai déjà évoqué, je me construis ma carapace. Et j'évite d'écouter de la musique, moi jadis mélomane absolu (la tonne de CD que j'ai dans mon salon est bien là pour le prouver et, d'ailleurs, même si je n'écoute plus de musique, je continue d'acheter des CD... "pour plus tard"). Car je sais que le démon rôde, tapi dans l'ombre, comme dirait un certain Saint Pierre. Oui, le démon est là qui sait que la musique (ainsi que certains films mais on peut quand même plus facilement éviter de regarder un film) est mon talon d'Achille à moi... Et d'entendre telle ou telle chanson, tel ou tel air, et me revoilà totalement déprimé, ne croyant plus à rien, prostré, prêt à replonger avec délice (car j'aime à ce moment là le goût étrange et envoûtant du désespoir) dans le néant de mon passé recomposé.

Je parle de démon mais on peut aussi parler d'inconscient, de subconscient, de ce que vous voulez. Vous comprenez ce que je veux dire. Pour certain(e)s, ce sera un parfum, pour d'autres un plat (ah ! la Madeleine de Proust !), pour d'autres encore un vêtement (la fameuse scène dans "Rebecca")... Pour moi, comme pour beaucoup je suppose, c'est la musique...

Mais j'en ai marre, moi, à la fin, de ne plus pouvoir écouter de musique et de me retrouver comme une chiffe molle parce que j'aurai écouté une chanson qui jadis me faisait exulter ! Zut et triple zut ! Et si j'affrontais mon démon, si je le regardais en face pour une fois ?! Quand on est préparé, on sait peut-être mieux résister. Si au lieu de me retrouver dans la cave de mes émotions à chaque morceau de musique entendu à la radio, à la télé, au supermarché (si ! ça m'est déjà arrivé, la déprime du caddie !), je choisissais d'aller dans le grenier de mes souvenirs, pour y piocher les bons morceaux qui dépriment bien, mais en toute connaissance de cause.

Après tout, je me souviens d'une amie qui voyait et revoyait "La ligne verte" (sublime film adapté d'un roman non moins sublime ! et dans le film il y a cette si belle chanson qui sert de référent mémoire au héros... on n'en sort pas !... "Heaven, I'm in heaven !"...) et qui me disait : ce film me fait toujours pleurer. Et elle m'expliquait que, comme ça, elle pleurait un bon coup et ça lui purgeait son cafard. Les intellos critiques appellent ça la catharsis.

Dimanche après-midi, j'ai d'abord écouté en boucle "La Barcarolle" des Contes d'Hoffmann d'Offenbach... Morceau que j'adore depuis toujours mais que je ne pouvais plus écouter car, pour moi, il avait "l'ochju" (le mauvais oeil) : je l'avais entendu à la radio la veille de la mort de ma grand-mère puis la veille de la mort de ma mère... J'ai ensuite choisi d'écouter quelques morceaux de la BO de "Good bye Lenin !", film qui me rappelle tant ma maman. J'ai continué par "Where dreams are born", de John Williams, extrait de la BO du film "A.I.", morceau que j'avais écouté en boucle en rentrant à Castellu (le village où j'habitais en Corse) en revenant de l'enterrement de ma grand-mère. J'ai conclu par la chanson "Mare di China" de Chjami Aghjalesi, une si belle ballade qui évoque pour moi et la Corse et l'Indochine de jadis qu'a pu connaître, justement, ma grand-mère.

Bizarrement, après cette "overdose" musicale, je me sentais bien, tellement bien, tellement mieux. Libéré. J'avais regardé mon démon en face. J'étais monté dans mon grenier y mettre un peu d'ordre. Je pouvais retourner vaquer à mes occupations, tout en sachant que mes souvenirs m'attendent là haut, tranquillement. J'avais même l'impression étrange, genre la scène finale du "Retour du Jedi", que tous "mes chers disparus" (et ils commencent à s'accumuler) me regardaient avec un sourire bienveillant. 

Je sais bien qu'il y aura toujours chez moi cette cave qui me fait si peur, cette cave bien sombre et au sol accidenté. Mais, bon, on a tous nos petits recoins qui nous terrifient sans qu'on veuille l'admettre. Heureusement, je n'ai pas de cabane au fond du jardin (pas celle de Cabrel / Gerra), vous savez, celle où il faut absolument aller récupérer quelque objet indispensable un soir de nuit sans lune... Bon courage !

vendredi 4 décembre 2015

La grande tentation

Chacun(e) d'entre nous a des rêves. Parfois il les oublie, parfois il les enterre, parfois il les ignore. Certain(e)s réalisent leur rêve. D'autres doivent renoncer à leur rêve.

J'avais un rêve : aller travailler et vivre en Corse. La terre de mes ancêtres (une petite partie de mes ancêtres, pour être précis, originaire du village de Peri, non loin d'Aiacciu... euh... Ajaccio). Dès mon premier contact avec la Corse, alors que j'étais jeune adolescent, lors de vacances avec mes parents, je suis tombé amoureux (et le mot est faible, croyez-moi) de cette île. Nous sommes allés trois étés de suite en Corse, comme un voyage un peu plus en profondeur chaque année. Nous sommes d'abord allés du côté de Porti Vechju (ah ! les aiguilles de Bavella ! Zonza !). L'été suivant, ce fut la Haute-Corse, depuis le camping de Macinaghju (c'est à cette occasion que j'ai découvert le Cap Corse... Capi Corsu... l'isula di l'isula, comme dit "la pub"... mais c'est tellement vrai !), le Cap Corse, Bastia, la Balagne... La troisième année, nous avons rayonné depuis Corti mais nous avons craqué et avons fini notre séjour une nouvelle fois à Macinaghju. Plusieurs fois, nous nous étions rendus, mes parents, ma soeur et moi, à Peri, découvrir "le berceau des Pérès", la chapelle familiale, le cousin corse (qui vivait à Neuilly neuf mois sur douze mais avait "la maison familiale" au pays... paese...).

C'était les Années 1980, le combat pour l'autonomie. Dans mon délire d'adolescent, j'avais même commencé la rédaction d'une constitution corse... Sans commentaire ! Je ne serai jamais un grand juriste ! J'ai vite renoncé à mon projet.

Les années ont passé. Mais je rêvais toujours de la Corse. Je me suis même fait "casser la gueule" une fois parce que, au sortir d'un bistrot à Clermont, j'avais dit que j'étais corse... C'était quelques jours avant de passer mon écrit de CAPES... Je n'en ai pas souvent parlé.

Les années ont continué de passer... les échecs aussi, personnels et sentimentaux et professionnels... En 1995, j'ai eu soudain une opportunité fabuleuse : aller travailler comme "recenseur documentaliste des monuments historiques" à la Direction régionale des affaires culturelles d'Ajaccio... J'ai sauté sur l'occasion. Ce fut une merveilleuse année, une initiation à la vie... sauf que mon boulot de documentaliste de l'Education nationale me manquait... J'ai retrouvé dès 1996 "la maison enseignement" et la région Auvergne et mon cher Bourbonnais. Parce que de vivre en Corse m'avait aussi fait découvrir combien j'aimais le Bourbonnais... Rien n'est simple, n'est-ce pas ? 

Mais au fond de moi j'avais un goût d'occasion manquée, un rendez-vous raté, une tentative avortée... Après trois ans d'exercice en collège dont un à Cosne d'Allier, là même où j'ai découvert ce qu'était un collège rural, j'ai demandé ma mutation pour la Corse, sûr que je ne l'obtiendrais pas la première année... Et, pourtant, Dieu (ou le Destin ou le hasard ou tout simplement suffisamment de "points" pour pouvoir muter) était avec moi... J'avais posé en premier voeu le collège de Luri dans le Cap, région que j'avais redécouverte à l'occasion d'une journée de formation lors de mon année à la DRAC d'Ajaccio.

Et me voici arrivé au Collège du Cap pour la rentrée 1999... Tout de suite, je m'y sentis à l'aise. La deuxième année fut un peu plus difficile parce que, après l'enthousiasme des débuts, ce fut le temps de la déprime parce que j'étais loin de mes amis et surtout de mes parents. J'ai alors demandé ma mutation pour rentrer sur le Continent. Dieu merci, je n'ai pas eu cette mutation. Et je suis resté en Corse... Peu de temps après, quelques semaines après le 11 septembre de triste mémoire, ma grand-mère décède. Les derniers temps, elle perdait un peu la tête. Le médecin avait évoqué Alzheimer. Toujours cette même année 2001, un jour de décembre, ma mère m'appelle pour m'apprendre que le médecin avait diagnostiqué chez elle la maladie d'Alzheimer. Ce jour-là, j'ai compris ce que signifiait l'expression "sentir le sol se dérober sous ses pieds".

Fin 2003, l'état de santé de ma mère s'était beaucoup dégradé. Il devenait évident pour moi que je me devais de me rapprocher de mes parents. Et j'ai pris la décision de demander ma mutation pour le Continent... J'ai déjà évoqué ce jour de printemps 2004 (dans un texte publié sur ce blog en mars 2014) où j'ai pleuré toutes les larmes de corps parce que j'avais obtenu ma mutation et que je savais que j'allais quitter la Corse. J'allais dire au revoir à mon rêve.

On peut enterrer un rêve au fond de soi, bien profond, en espérant qu'il ne viendra pas vous hanter, pas même au coeur des nuits d'insomnie... Et pourtant... Il n'y a pas de pire ennemi que soi-même... Alors on tente de se préserver, de se protéger, on se construit son mur (comme le chantaient si bien les Pink Floyd). J'ai bien vite pris conscience que tout ce qui avait rapport avec la Corse provoquait en moi des montées de nostalgie et des envies folles de tout plaquer pour repartir vivre là-bas.

J'ai arrêté d'écouter des chants corses. Bye bye Canta U Populu Corsu, Chjami Aghjalesi et tous les autres... J'ai évité soigneusement les émissions télévisées qui parlaient de la Corse... Je ne relis pas "Astérix en Corse" (même si je l'ai en triple exemplaire dont un, forcément, en langue corse). Je veille soigneusement à ne pas revoir "L'Enquête corse" (qui, par ailleurs, n'est pas un grand film mais reste une petite comédie bien sympathique et distrayante)...

Je me souviens de ce jour de septembre 2004 où j'avais découvert "L'enquête corse" dans un cinéma de Moulins. Cette morsure au coeur qui m'avait pris à ce moment-là... Et, heureusement, j'avais croisé un couple de collègues de Tronget qui m'avaient invité à boire un verre au "Grand Jus" (les Moulinois comprendront). Mais, depuis, chaque fois, j'évite de revoir ne serait-ce que quelques instants de ce film.

Il est repassé hier soir sur TMC... J'ai bien fait gaffe mais, à un moment, je suis tombé dessus en faisant "mon tour de zapette"... et je suis resté scotché pendant vingt minutes à pleurer devant les paysages qui défilaient... J'ai profité de l'arrivée chez le grand-père pour aller dans ma chambre et lire. Bravache, j'ai rallumé la télé en prenant mon déca... et le film n'était pas encore fini, l'occasion de voir le générique de fin et Tzek et Pido (tous ceux qui connaissent la Corse comprendront) expliquer "qu'on peut rire des Corses mais... faut pas !" dans un grand éclat de rire.

Comment trouver le sommeil après ? Tout vous revient à la figure... Les routes de Corse, les balades dans la montagne, le sentier des douaniers, la plage, le vin de Patrimoniu, la charcuterie et le fromage mais surtout les amis avec qui j'ai partagé tant de moments... Et cette île, cette île qui m'appelait, et qui m'appelle. Et l'envie de repartir, de demander ma mutation, de retourner vivre et travailler en Corse, même si j'en suis parti il y a plus de dix ans et que je n'y suis même pas retourné pour des vacances (sauf dans des rêves assez fréquents où je prends l'avion pour quelques jours du côté de Luri...). "Voilà ce que la nuit j'imagine dans mon délire", pour quasi paraphraser une chanson de Jacques Brel...

Elle est là, ma grande tentation à moi... Tout plaquer pour repartir vivre en Corse. Repartir. L'appel de la Corse, comme chez d'autres l'appel de la mer : la fin du film "Marius" de Pagnol où Fanny comprend qu'elle ne pourra pas retenir indéfiniment son Marius de partir sur un bateau pour aller à la découverte du monde.

Comprenne qui pourra. Pardonne qui osera.

La vie continue. "Il faut faire avec". Il faut savoir vivre avec ses rêves. Malgré ses rêves. Au delà de ses rêves. Ce n'est pas toujours facile. Mais qui a dit que résister à la tentation était chose aisée ?...

jeudi 3 décembre 2015

Quoi de neuf ? Que du vieux !

Eh oui... Fallait que ça finisse par arriver : un matin, on se lève, on est vieux. Vieux, usé, fatigué.

En même temps, il y avait des signes avant-coureurs : des années qu'on sentait la lente désespérance du quotidien prendre le dessus sur l'enthousiasme des jeunes années. Mais, bon, cette fois, on y est : on est vieux. 

C'est comme passer du Côté Obscur, la Force en moins.

Bizarrement, on n'est pas plus sage. Encore une fable que cette histoire de sagesse qui s'acquiert avec les années... Non, on est juste un peu plus râleur, un peu plus grognon, un peu plus pâlichon. Bref, on est tout tristounet, tout gris, tout rabougri.

C'est la vie !

Des mois, peut-être des années que je n'ai rien écrit. Et je n'ai rien à écrire, sinon pour me plaindre de moi, de mes collègues, de mes contemporains... C'est diablement ennuyeux, tout ça ! Quand on se laisse rattraper par l'instantanéité du présent, on finit par oublier de vivre. Et, un jour, la souffrance, la maladie, la vieillesse qui touchent nos proches les plus chers, nous rappellent à notre finitude.

Alors, que reste-t-il ? L'ivresse ? La prière ? La futilité ? Cochez la ou les case(s) qui vous convient (nent) le mieux...

Donc je ne me plaindrai pas. Pas envie. "Et à qui tout raconter ?" comme le dit si bien la chanson "La Folie" des Stranglers... Nous avons tous nos petits soucis, on ne va pas se charger avec ceux des autres. Et puis, il y a des choses plus graves dans le monde. Notre pays est en guerre, a dit notre président bien-aimé. En plus, les hordes migratoires sont à nos portes, nous préviennent nos intellectuels Cassandre, tandis que certaines des nouvelles "méga-régions françaises" s'apprêtent à basculer dans la mélasse ultra-droitière. Mais, au-delà de notre joli pays qui s'est réveillé malheureux un matin de novembre, il y a le monde que nous redécouvrons... Comme les Américains un matin de septembre 2001, nous avons découvert que le monde est monde et que l'Histoire continue et nous entraîne dans ses méandres parfois, ses tourbillons par moments, ses tempêtes à l'occasion.

Alors, que faire ? comme dirait l'ami Lénine. Prier ? Qui sait ? Boire, baiser, bouffer, la règle des 3 B ? Vaste programme... 

Pour ma part, outre que je resterai discret sur les propositions précédentes (en précisant que, côté boisson, pour ma part ce sera cocktail sans alcool), j'opterai notamment pour la lecture et l'étude... Sans partir dans les grandes phrases sur l'ignorance terreau de l'intolérance, auxquelles on pourrait opposer que pour être heureux il faut nécessairement être idiot, je crois quand même que la proximité avec l'écrit (sur papier ou sur tablette), c'est l'opportunité de la communion dans le silence avec la pensée d'un (e) autre, que ce soit par un texte de distraction, de réflexion, de polémique, qu'importe... La lecture est un baume tellement apaisant en temps de crise. Et notamment la lecture des Anciens... Relire les Stoïciens. Redécouvrir les Psaumes. Plonger dans "L'imitation de Jésus-Christ" (le livre le plus imprimé après la Bible à l'époque moderne et jusqu'au XIXème siècle). L'occasion de prendre de la hauteur, de relativiser, de saisir "le temps long". Ce qui est vrai de chacun est vrai d'une société et vrai d'un pays... Un peu de recul. Halte aux tweets ! Non aux hashtags ! Vive le dièse !

J'espère que je reprendrai le chemin du clavier avant un an... D'ici là, bon Avent aux Chrétiens ! Bonnes fêtes de fin d'année à tous !

Et que la Force soit avec nous ! On en a tous besoin ! Ardemment.

mercredi 1 avril 2015

Monsieur CDI vous salue bien !!

Magnifique, mon "bureau d'ordinateur", non ?
Petite revue de presse !!!


Images de l'expo "Deux mois après" réalisée après les attentats de début janvier





Quelques nouveautés (vues depuis mon bureau)



mercredi 19 novembre 2014

Moi, moi et encore moi...






Le ridicule ne tue pas : la preuve... les deux photos ci-dessus qui font peur même au narcissique égocentré que je suis... L'autoportrait, rebaptisé "selfie" depuis quelques mois, fait des ravages ! Deux "photos" de moi-même (oups !) prises à un mois d'écart dans mon cher CDI... Mais ce "post" est surtout un prétexte. Je ne parlerai pas de moi ou si peu... Je n'en ai plus guère l'envie et je n'ai pas spécialement d'inspiration ni même le temps de causer...

Sachez juste, chers lecteurs qui par hasard ou suite à un mail intempestif de ma part tombez sur cette "page internet", sachez juste que tout va bien pour moi. Je suis très content dans mon nouveau CDI où j'ai pu enfin réaliser une exposition qui me tient particulièrement à coeur, consacrée à la géopolitique, à la géographie politique et historique et aux atlas historiques... Celles et ceux qui me connaissent ne seront pas surpris !


Sachez par ailleurs que j'ai repris le chemin de l'Eglise et donc des églises. Je ne m'étendrai pas sur le sujet. La foi et la pratique religieuse sont du domaine de l'intime (c'est en tout cas mon humble avis) et, en plus, la plupart des personnes qui m'entourent sont des bouffeurs de curés et des athées pratiquants donc si je ne veux pas me faire lapider pour superstition monothéiste trinitaire je n'insisterai pas. 

Enfin, cet été, grâce à un collègue (et ancien condisciple de fac d'histoire), j'ai découvert la saga LE FLEUVE DE L'ETERNITE de P.J. FARMER... Comment dire ? C'est une saga, un cycle comme on dit chez les amateurs de "littérature de genre" (expression que je déteste par ailleurs !), qui oscille entre roman d'aventure, science-fiction, réflexions philosophiques, uchronie / dystopie... C'est bourré de références historiques et religieuses sans que ce soit pédant pour autant. C'est totalement jubilatoire ! Moi qui ai toujours peur des "gros pavés", j'ai quand même dévoré près de 2000 pages (cinq romans plus quelques nouvelles) en deux mois et demi... Un grand voyage qui m'a laissé un peu essoufflé... J'avoue que, depuis, je n'ai pas encore rouvert de roman.

Bonjour chez vous !

mercredi 2 juillet 2014

Une année de plus !

Chères toutes ! Chers tous !

Une nouvelle année (scolaire) vient de s'écouler... Pour moi, c'était la première en lycée. Une année riche et intense ! Un autre rythme, de nouveaux collègues, des élèves différents. Une année vraiment passionnante et enthousiasmante. 

Juillet 2014... déjà! Il y a quatre ans, l'Espagne triomphait en Coupe du Monde un certain 11 juillet. J'avais regardé le match de loin (je n'ai jamais aimé cette équipe d'Espagne et son jeu trop compliqué pour moi) dans le bar de l'hôtel où ma douce et tendre et moi-même étions à Saint-Hélier, capitale de l'enchanteresse Jersey. Quatre ans plus tard, l'Espagne a été éliminée au premier tour. La France, par une ironie de l'histoire, va rencontrer en quart de finale l'Allemagne, pas croisée depuis les matchs douloureux de 1986 et surtout 1982 (ah ! Séville !). Si jamais l'Allemagne nous bat encore vendredi, on va en entendre parler pendant cent ans !

Pour l'anecdote, au printemps 2014, j'ai fait mes premiers pas devant la caméra (voir sur ce même blog le lien pour regarder le court métrage d'Harold) dans un film où je jouais le rôle d'un notaire exerçant... à Jersey...

Mais Jersey n'est pas à l'ordre du jour. Pas cette année. Cet été, nous irons faire un petit tour du côté de la Bretagne après la Vendée en 2013. Et plus précisément les Abers et la presqu'île de Crozon... Cap à l'Ouest toutes !

Je profiterai également de cet été pour retrouver Robert Silverberg et Fredric Brown mais aussi pour plonger dans l'oeuvre de Tolkien et faire plus ample connaissance avec celle de Stephen King. 

Une année scolaire écoulée... Une riche année donc, également sur le plan de la "culture personnelle". Ces derniers mois, comme j'ai pu l'écrire sur ce blog, j'ai découvert l'univers de Tolkien, la riche Terre du Milieu. J'ai aussi récemment "révisé" mes fondamentaux : la saga STAR WARS au grand complet revue en DVD, ainsi que les quatre INDIANA JONES... Un plaisir toujours aussi intense ! Enfin, j'ai replongé dans la lecture papillonnante de la Bible, ce qui tombe bien puisque, outre les atlas historiques, je collectionne les éditions de la Bible... Je conseille d'ailleurs vivement ZE BIBLE, une édition rafraîchissante et vivifiante, que l'on soit croyant ou non.

Une nouvelle année, une nouvelle vie aussi. Ma première de totalement urbain après de longues années à exercer dans le rural. J'ai plus de temps pour lire (et ça tombe bien avec toutes ces revues, d'histoire, de sciences sociales et même de maths, que je rapporte chaque week-end du CDI !!) ou traînasser (ce qui est bien agréable !) et je passe moins de temps dans la voiture (et donc j'écoute moins la radio !)...

Le temps passe. Le plus étrange est qu'on ne s'en rend même pas compte. 

Pour finir ce petit article... quelques photos prises, par ma douce et tendre, à l'occasion de la  Journée Portes Ouvertes le 22 février 2014...


Un clavier... comment ça marche ?!

Voilà... voilà...

SNSM forever !!

Forcément, quand on aime les atlas, on aime aussi les globes terrestres !!

Vous pouvez faire une visite complète tout en images du CDI sur le blog du CDI (logique !) :

Je vous souhaite un bel été à toutes et tous !!

mardi 1 juillet 2014

A l'occasion du cinquantenaire du LEM...




Photos prises par ma douce et tendre lors du cinquantenaire du lycée Mme de Staël, plus connu par les Montluçonnais sous le nom de LEM, le vendredi 27 septembre 2013...

C'était mon premier mois au lycée et il y a donc maintenant presque un an... Une année scolaire est passée depuis !

Mon Dieu, le Temps passe !

En même temps, il y a des raccourcis spacio-temporels... Comme en 1982, il y a Allemagne - Algérie puis Allemagne - France !!!

lundi 19 mai 2014

Superdoc de retour à Paris !

J'ai peut-être changé d'établissement scolaire, la tradition de la journée à Paris au printemps se maintient... Ainsi, j'ai participé à la sortie scolaire d'un groupe d'élèves de seconde à la capitale le lundi 12 mai... Une journée fort bien remplie et très sympathique quoique crevante (levé à 2h et couché à minuit... trois jours au moins pour m'en remettre : c'est bien la preuve que je n'ai plus vingt ans... même plus quarante d'ailleurs !!) et particulièrement arrosée (ah ! la remontée des Jardins des Tuileries aux Invalides sous une pluie battante... un grand moment !).


Elle est pas belle, la tour Eiffel ?!

En pleine réflexion... oui, ça m'arrive parfois...

Suivez le guide !!



mardi 13 mai 2014

Boba et nous !

Le 3 mai 2014 (veille du "Star Wars Day : May the Fourth be with U" !), Jean-Michel, Laurent et son fils Théo et moi-même nous sommes rendus à la Convention STAR WARS de Cusset comme quasi chaque année depuis 2005 !... Un moment extraordinaire, hors du temps. Comme je l'ai écrit sur la page Facebook des Héritiers de la Force :

Bravo pour l'édition 2014 et vivement 2015 !
C'était, comme chaque année, un grand moment de bonheur et de convivialité.
L'espace de quelques heures, tout oublier, et se retrouver avec d'autres fans et aussi le grand public dans une ambiance bon enfant.

Que du bonheur !
Merci merci encore !

Et, pour cette édition 2014, parmi les invités, il y avait le grand, l'immense, le mythique BOBA FETT... Le chasseur de primes qui a fait frémir toute la galaxie ! L'homme responsable de la capture de Han Solo ! J'étais très content d'enfin le rencontrer... ou plutôt - bien sûr - l'acteur qui l'interpréta : Jeremy BULLOCH dont on ne soulignera jamais assez la gentillesse et la disponibilité. Quant à Jean-Michel, qui est inspiré par le mercenaire mandalorien depuis de nombreuses années, il a pu présenter à Jeremy Bulloch, qui a admiré son travail,  le casque qu'il a réalisé.


Jean-Michel présente son casque à Jeremy Bulloch

Jeremy alias Boba et Jean-Mi !



Boba et moi !!



Plus d'infos sur l'édition 2014 (et les précédentes !) de la Convention STAR WARS de Cusset :
http://leblog.genstarwars.com/

Une belle brochette galactique !!


Rencontre au sommet lors de la Convention STAR WARS 2014 à Cusset... Pensez donc : votre serviteur en compagnie de la princesse Amidala, d'un fameux scout-trooper (hello Laurent !) et de mon cher Comte Dooku, l'idole de tous les séparatistes de la galaxie !


On ne s'en lassera jamais !!

On a tous besoin de la tendresse d'un wookie !!!