mercredi 16 décembre 2015

Le plafond de verre

Un jour, on arrive au bout du chemin. C'est une voie sans issue. On est face à un mur. Que faire ? Retourner sur ses pas ? Escalader le mur ? Se cogner la tête contre les briques en attendant que ça passe ? Mais ça ne passe pas.

J'ai atteint mon plafond de verre, pour prendre une expression fort jolie hélas détournée ces derniers jours par des chroniqueurs politiques en mal d'inspiration. Pour parler en termes plus "DRH", je suis la vivante réalisation du "principe de Peter". Je cite wikipedia : « dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s'élever à son niveau d'incompétence », avec pour corollaire : « Avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d'en assumer la responsabilité. ».

Voilà trois ans quasi jour pour jour... C'était le jour de la fin du monde, vous savez, la prédiction des Mayas, le 21 décembre 2012... mon Dieu ! comme tout ça parait loin !... C'était donc il y a trois ans... Le jour de mon inspection... Pour les gens qui ne sont pas dans l'Education nationale, petite explication : nous sommes plus ou moins (souvent moins que plus : dans mon cas c'était seulement la deuxième fois en plus de vingt ans de carrière) régulièrement "inspectés". A ce propos, j'en profite pour confirmer la rumeur : il n'y a aucune visite médicale dans l'Education nationale. On peut faire toute une carrière sans voir une seule fois la médecine du travail. Nous sommes hors contrôle... Avec tout ce que ça peut sous-entendre...

J'ai donc été inspecté le 21 décembre 2012. J'étais alors au collège Charlotte Delbo de Tronget, où j'avais fait sereinement ma neuvième rentrée. Tout allait plutôt bien dans ce collège rural où "j'avais fait mon trou", une fois de retour sur le Continent après mes cinq ans merveilleux au Collège du Cap à Luri. L'inspectrice, satisfaite, semble-t-il, de mon travail, me conseilla d'aller voir ailleurs, de prendre le large, de me mesurer au vaste monde... Et si vous alliez travailler en lycée ? L'idée m'avait déjà traversé l'esprit au printemps précédent, du fait que j'avais déménagé de Moulins pour Montluçon, mais ce ne fut alors qu'une idée vague.

Là, notamment pendant les vacances de Noël, le poison s'est lentement répandu dans mes neurones... Aller bosser en lycée ? Pourquoi pas ? Je pensais terminer ma carrière en lycée. A 42 ans (alors), c'était un peu tôt pour parler de fin de carrière mais pourquoi pas tenter l'aventure ? J'ai oublié à ce moment là l'avertissement d'un de mes anciens principaux : "Attention, Monsieur Pérès, à ne pas quitter la proie pour l'ombre". On sait ce qu'on perd, on ne sait jamais ce qu'on trouve.

Mais... Mais... Mais... L'idée de ne plus avoir à faire la route, notamment en hiver, était séduisante. L'idée de voir d'autres têtes aussi. Et surtout l'idée, malsaine mais moteur de l'humanité depuis la nuit des temps, de se montrer ambitieux, de tenter le diable (tiens... tiens...), de se prouver et de prouver aux autres que l'on était capable de relever un "challenge", un défi, une nouvelle aventure... Et puis ça allait en jeter... Travailler dans un grand lycée, où en plus il y avait des classes préparatoires (ces fameuses "prépas" que je n'avais pas osé affronter quand j'étais étudiant, parce que j'avais eu peur et aussi, avouons le, parce que je n'avais clairement pas le niveau)... J'allais désormais jouer dans la cour des grands.

Hélas. On croit trouver un grand lycée enthousiasmant où tout le monde est sympathique. On découvre un lycée de province, qui jalouse son voisin de palier (la guerre fait rage avec "l'autre lycée" de la même agglomération). Un établissement où beaucoup d'enseignants mettront plus d'un an à vous dire bonjour. Un espace finalement anonyme où l'on attend du documentaliste d'ouvrir dix heures par jour et cinq jours par semaine, point barre. Si ! Il faut aussi répondre présent dans l'instant à toutes les sollicitations. 

C'est là que j'ai découvert combien mon métier était différent en collège et en lycée, surtout en collège rural où on met la main à la pâte pour un peu tout, où on peut lancer plein de projets, participer à diverses activités avec plus ou moins de bonheur... Et souvent plus ! Que ce soit à Villon dans les Années 1990, à Luri ou à Tronget, j'avais animé un atelier théâtre et organisé des spectacles. Bien sûr, c'était "amateur". Mais, là, dans un lycée avec option théâtre, il devenait désormais totalement impossible pour moi d'imaginer encore animer un atelier théâtre. D'abord, on m'a expliqué que le mot "atelier" n'était pas politiquement correct et surtout pas digne d'un enseignement de lycée. Ensuite, ben, forcément, je n'aurais de toute façon pas eu (du tout) le niveau.

Finies les activités annexes, qui parfois m'agaçaient mais faisaient aussi le sel de mon métier... L'initiation à la sécurité routière, l'exercice annuel d'évacuation de car, la visite des élèves de sixième aux résidents de la maison de retraite locale... Bien sûr, tout ça, pour des profs de lycée, ça fait au mieux "oeuvre de patronage" sympathique, au pire un truc tellement minable et risible. Eux, ils préparent leurs élèves au bac et aux grandes écoles et aux universités prestigieuses. Des gamins de collèges ruraux, dans des zones plutôt pauvres (que ce soit Luri ou Tronget, ce n'était pas l'Eldorado question ressources économiques), certain(e)s n'en ont jamais vu et/ou ne veulent plus en voir.

Je suis devenu un bibliothécaire dans un immense centre de documentation qui donne le vertige. Beaucoup beaucoup de livres et aussi beaucoup beaucoup de fauche... C'en est d'ailleurs désespérant. Pas une semaine sans que je constate la disparition d'ouvrages... Que ce soit à Luri ou à Tronget, je n'avais jamais vu ça. 

Points positifs... Il y en a bien sûr. Une direction (l'ancienne comme la nouvelle) qui nous laisse les coudées franches. Des personnels administratifs et de service fort sympathiques, avec qui on partage, face à nombre d'enseignants, cette désagréable (humiliante même) impression d'être "le petit personnel de service". Et surtout, surtout, des élèves polis, intéressants, intelligents (trop d'ailleurs parfois... c'est là que je réalise que je ne suis vraiment pas "à jour" intellectuellement !). Enfin, et c'est notoire, quelques collègues vraiment très sympathiques, qui m'ont accueilli dès les premiers jours, et avec qui je peux plaisanter quand j'ai l'occasion de les croiser car, dans un grand lycée, on peut ne pas voir certains collègues pendant des mois... Et, bizarrement, c'est toujours les personnes avec qui on a le moins à échanger, les personnes qui vous toisent pour ne pas parler de mépris (je finis par devenir parano), ce sont ces personnes là qu'on croise le plus souvent... Dommage !

J'ai cru être à la hauteur. Je ne le suis pas. Je suis désespérément médiocre. Pas mauvais, bien sûr. Je fais "le job". Mais rien de plus. De toute façon, je ne peux pas faire plus. Je me lève chaque matin la boule au ventre, l'envie de pleurer me prend quand je sors de chez moi et le soir je rentre épuisé nerveusement. Bien sûr, j'ai la sécurité de l'emploi, les vacances et tout le blabla de ces salauds de fonctionnaires parasites que la majorité des Français rêve de mettre face au peloton d'exécution pour l'exemple.

Mais cette impression d'inutilité, de non épanouissement, de néant même... Est-ce l'âge ? Le fait de ne pas avoir de projet (au sens étymologique du terme : je n'ai aucune capacité de "me projeter"...) et la terreur de passer toute ma carrière (plus de vingt ans encore) enfermé dans un poste où je prouve jour après jour mon incompétence crasse. L'impression désagréable d'être dans "Un jour sans fin", la poésie et la musique en moins. Ajoutez à cela mon âge, la pendule qui tourne, les personnes autour de moi qui vieillissent et la nuit les souvenirs du temps jadis qui me hantent. Des nuits sans sommeil, des jours sans entrain.

Voie sans issue. Impasse. 

Soyez très prudent(e) le jour où l'on vous propose "une promotion"... C'est, généralement, le début de la fin. Tout le monde n'a pas les épaules pour changer de poste, tout le monde n'a pas l'ambition, l'orgueil et le minimum d'égoïsme indispensable pour "monter en grade". Certains resteront "hommes du rang" toute leur vie. Après tout, pendant mon service militaire, j'étais "première classe", et ça m'allait très bien. J'aurais fait un bien mauvais brigadier (l'équivalent de caporal dans l'infanterie, mais moi je servais dans l'artillerie), et pire encore si j'avais été sous-officier voire officier de réserve.

Dieu sait que je suis égocentrique et narcissique (le psy m'avait dit une fois, du temps où je le fréquentais, que je souffrais de "blessures narcissiques", je n'ai toujours pas bien compris ce que ça voulait dire), mais je ne pense pas être égoïste. Il faut l'être un minimum pour avoir de l'ambition. Je manque désespérément d'ambition. Par ailleurs, je suis très (trop !) sensible au climat qui m'entoure. Même si tout le monde, depuis trois ans, me conseille de "faire avec", de ne pas tenir compte du mauvais esprit qui peut régner autour de moi (voire parfois à mon encontre), je n'y arrive pas. 

J'en ai même perdu le goût du cinéma, tellement peur d'être jugé par les censeurs intellectuels qui m'entourent pour mes goûts trop populaires et médiocres. Je ne suis pas allé voir le dernier James Bond, que j'attendais impatiemment. Il faut dire que les événements du 13 novembre m'ont temporairement sevré de l'envie de voir des films avec des explosions. Je n'irai probablement pas voir le dernier Star Wars. Pas d'envie. Plus d'envie. La peur de la foule aussi, je l'avoue, et un peu l'overdose face à "l'effet Disney". Perdu le goût des séries télé, à force d'entendre "Ah ! Nous, on n'a pas la télé !" avec le regard condescendant des élites vers la plèbe qui perd son temps devant des séries. Ne parlons pas des lectures... Ce n'est pas de la littérature, voyons !

Bien sûr, après-demain, c'est les vacances. La magie de Noël. Egalement le gavage imposé et le rappel criant que je n'ai pas d'enfant et plus beaucoup de famille. Mais qu'importe. C'est les vacances. Certes. Mais dans deux semaines et demi, je replongerai. Le retour au lycée. Les mêmes collègues, le même mépris, le même climat. Et pour combien d'années encore ? Toute la vie ?

Le problème ne vient pas des autres mais de la perception que j'ai d'eux. Le problème vient de moi. Mais que faire ? Fuir ? Mais où ? Et je suis trop vieux pour partir et j'ai malgré tout quelques attaches (et pas des moindres !) ici, même si j'ai toujours l'impression de "ne pas être d'ici". Curieuse, cette impression de ne pas se sentir chez soi. Je ne l'avais pas du tout à Tronget, ni à Luri. J'étais chez moi là bas, au milieu des miens. Tout n'était pas toujours rose, il y a même eu des moments tendus et quelques coups de gueule épiques mais nous étions comme une famille. En ces temps de fêtes, l'esprit de famille me manque encore plus. Je ne pensais pas que j'écrirais ça un jour... Peut-être ai-je fini par briser mon plafond de verre ?


lundi 7 décembre 2015

Un petit tour au grenier...

Hier, c'était dimanche. Non, non, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous parler des élections... Je ne suis pas vraiment un fin analyste politique. En plus, "ma" région, qui aurait jadis dû s'intituler Auvergne-Bourbonnais et est devenue, "par simplification administrative", Auvergne, a été purement et simplement absorbée, engloutie, colonisée par les outrecuidants sans âme de Rhône-Alpes. Non à l'envahisseur en col blanc pour qui l'ouest de l'Allier et tout le Cantal ne seront même pas des noms sur une carte... Mais revenons à nos moutons (quoique, dans nos pâturages, ce sont surtout des vaches... je m'égare !).

Hier, c'était donc dimanche, un de ces dimanches ennuyeux à mourir, comme les chantait si magnifiquement Charles Trénet. Vous savez, quand on traîne son cafard toute la journée. Outre ma déprime liée à la nostalgie de la Corse, une Corse rêvée, idéalisée, ma Terre Sainte à moi... C'était le triste septième anniversaire de la mort de ma mère, ma maman à moi (et pas qu'à moi d'ailleurs). Envie de rien. Impossible de lire quoi que ce soit. Je me serais bien affalé devant la télé, un bon débat politique nul qui m'aurait distrait... Mais non, pour cause d'élections, il était interdit de parler de politique... Il faut respecter le temps de réflexion des citoyens... Et plonger les dépressifs dans une dépression encore plus profonde... Ce n'était plus une dépression, c'était devenu le gouffre de Padirac, et non pas le gouffre de pas d'Irak.

J'ai bien tenté de trouver le réconfort dans la Liturgie des Heures et dans la lecture de "L'imitation de Jésus-Christ". Mais ça n'a pas marché plus que ça. J'étais vraiment mal, comme on dit, en ce dimanche après-midi de décembre, tandis que dehors il faisait un beau soleil et que le petit peuple de France se précipitait dans les marchés de Noël pour acheter des produits artisanaux fabriqués par des petits enfants au fin fond du Bengladesh...

Et, en réfléchissant à ce qui avait été le (en tout cas le principal) déclencheur de cette déprime, le revisionnage de quelques séquences du film "L'enquête corse", je me suis rappelé que j'étais un grand sensible (mais pas un sentimental, d'aucuns m'ont déjà reproché ma froideur à l'égard de mes contemporains et mon absence totale d'empathie, ce à quoi je réponds : j'ai un coeur, bon, il est en pierre mais j'ai un coeur !). Et que le danger guette pour moi de plonger dans la pire des apathies nostalgico-mélancoliques rien qu'en écoutant un morceau de musique qui me rappellera "le bon temps"... 

Du coup, et je l'ai déjà évoqué, je me construis ma carapace. Et j'évite d'écouter de la musique, moi jadis mélomane absolu (la tonne de CD que j'ai dans mon salon est bien là pour le prouver et, d'ailleurs, même si je n'écoute plus de musique, je continue d'acheter des CD... "pour plus tard"). Car je sais que le démon rôde, tapi dans l'ombre, comme dirait un certain Saint Pierre. Oui, le démon est là qui sait que la musique (ainsi que certains films mais on peut quand même plus facilement éviter de regarder un film) est mon talon d'Achille à moi... Et d'entendre telle ou telle chanson, tel ou tel air, et me revoilà totalement déprimé, ne croyant plus à rien, prostré, prêt à replonger avec délice (car j'aime à ce moment là le goût étrange et envoûtant du désespoir) dans le néant de mon passé recomposé.

Je parle de démon mais on peut aussi parler d'inconscient, de subconscient, de ce que vous voulez. Vous comprenez ce que je veux dire. Pour certain(e)s, ce sera un parfum, pour d'autres un plat (ah ! la Madeleine de Proust !), pour d'autres encore un vêtement (la fameuse scène dans "Rebecca")... Pour moi, comme pour beaucoup je suppose, c'est la musique...

Mais j'en ai marre, moi, à la fin, de ne plus pouvoir écouter de musique et de me retrouver comme une chiffe molle parce que j'aurai écouté une chanson qui jadis me faisait exulter ! Zut et triple zut ! Et si j'affrontais mon démon, si je le regardais en face pour une fois ?! Quand on est préparé, on sait peut-être mieux résister. Si au lieu de me retrouver dans la cave de mes émotions à chaque morceau de musique entendu à la radio, à la télé, au supermarché (si ! ça m'est déjà arrivé, la déprime du caddie !), je choisissais d'aller dans le grenier de mes souvenirs, pour y piocher les bons morceaux qui dépriment bien, mais en toute connaissance de cause.

Après tout, je me souviens d'une amie qui voyait et revoyait "La ligne verte" (sublime film adapté d'un roman non moins sublime ! et dans le film il y a cette si belle chanson qui sert de référent mémoire au héros... on n'en sort pas !... "Heaven, I'm in heaven !"...) et qui me disait : ce film me fait toujours pleurer. Et elle m'expliquait que, comme ça, elle pleurait un bon coup et ça lui purgeait son cafard. Les intellos critiques appellent ça la catharsis.

Dimanche après-midi, j'ai d'abord écouté en boucle "La Barcarolle" des Contes d'Hoffmann d'Offenbach... Morceau que j'adore depuis toujours mais que je ne pouvais plus écouter car, pour moi, il avait "l'ochju" (le mauvais oeil) : je l'avais entendu à la radio la veille de la mort de ma grand-mère puis la veille de la mort de ma mère... J'ai ensuite choisi d'écouter quelques morceaux de la BO de "Good bye Lenin !", film qui me rappelle tant ma maman. J'ai continué par "Where dreams are born", de John Williams, extrait de la BO du film "A.I.", morceau que j'avais écouté en boucle en rentrant à Castellu (le village où j'habitais en Corse) en revenant de l'enterrement de ma grand-mère. J'ai conclu par la chanson "Mare di China" de Chjami Aghjalesi, une si belle ballade qui évoque pour moi et la Corse et l'Indochine de jadis qu'a pu connaître, justement, ma grand-mère.

Bizarrement, après cette "overdose" musicale, je me sentais bien, tellement bien, tellement mieux. Libéré. J'avais regardé mon démon en face. J'étais monté dans mon grenier y mettre un peu d'ordre. Je pouvais retourner vaquer à mes occupations, tout en sachant que mes souvenirs m'attendent là haut, tranquillement. J'avais même l'impression étrange, genre la scène finale du "Retour du Jedi", que tous "mes chers disparus" (et ils commencent à s'accumuler) me regardaient avec un sourire bienveillant. 

Je sais bien qu'il y aura toujours chez moi cette cave qui me fait si peur, cette cave bien sombre et au sol accidenté. Mais, bon, on a tous nos petits recoins qui nous terrifient sans qu'on veuille l'admettre. Heureusement, je n'ai pas de cabane au fond du jardin (pas celle de Cabrel / Gerra), vous savez, celle où il faut absolument aller récupérer quelque objet indispensable un soir de nuit sans lune... Bon courage !

vendredi 4 décembre 2015

La grande tentation

Chacun(e) d'entre nous a des rêves. Parfois il les oublie, parfois il les enterre, parfois il les ignore. Certain(e)s réalisent leur rêve. D'autres doivent renoncer à leur rêve.

J'avais un rêve : aller travailler et vivre en Corse. La terre de mes ancêtres (une petite partie de mes ancêtres, pour être précis, originaire du village de Peri, non loin d'Aiacciu... euh... Ajaccio). Dès mon premier contact avec la Corse, alors que j'étais jeune adolescent, lors de vacances avec mes parents, je suis tombé amoureux (et le mot est faible, croyez-moi) de cette île. Nous sommes allés trois étés de suite en Corse, comme un voyage un peu plus en profondeur chaque année. Nous sommes d'abord allés du côté de Porti Vechju (ah ! les aiguilles de Bavella ! Zonza !). L'été suivant, ce fut la Haute-Corse, depuis le camping de Macinaghju (c'est à cette occasion que j'ai découvert le Cap Corse... Capi Corsu... l'isula di l'isula, comme dit "la pub"... mais c'est tellement vrai !), le Cap Corse, Bastia, la Balagne... La troisième année, nous avons rayonné depuis Corti mais nous avons craqué et avons fini notre séjour une nouvelle fois à Macinaghju. Plusieurs fois, nous nous étions rendus, mes parents, ma soeur et moi, à Peri, découvrir "le berceau des Pérès", la chapelle familiale, le cousin corse (qui vivait à Neuilly neuf mois sur douze mais avait "la maison familiale" au pays... paese...).

C'était les Années 1980, le combat pour l'autonomie. Dans mon délire d'adolescent, j'avais même commencé la rédaction d'une constitution corse... Sans commentaire ! Je ne serai jamais un grand juriste ! J'ai vite renoncé à mon projet.

Les années ont passé. Mais je rêvais toujours de la Corse. Je me suis même fait "casser la gueule" une fois parce que, au sortir d'un bistrot à Clermont, j'avais dit que j'étais corse... C'était quelques jours avant de passer mon écrit de CAPES... Je n'en ai pas souvent parlé.

Les années ont continué de passer... les échecs aussi, personnels et sentimentaux et professionnels... En 1995, j'ai eu soudain une opportunité fabuleuse : aller travailler comme "recenseur documentaliste des monuments historiques" à la Direction régionale des affaires culturelles d'Ajaccio... J'ai sauté sur l'occasion. Ce fut une merveilleuse année, une initiation à la vie... sauf que mon boulot de documentaliste de l'Education nationale me manquait... J'ai retrouvé dès 1996 "la maison enseignement" et la région Auvergne et mon cher Bourbonnais. Parce que de vivre en Corse m'avait aussi fait découvrir combien j'aimais le Bourbonnais... Rien n'est simple, n'est-ce pas ? 

Mais au fond de moi j'avais un goût d'occasion manquée, un rendez-vous raté, une tentative avortée... Après trois ans d'exercice en collège dont un à Cosne d'Allier, là même où j'ai découvert ce qu'était un collège rural, j'ai demandé ma mutation pour la Corse, sûr que je ne l'obtiendrais pas la première année... Et, pourtant, Dieu (ou le Destin ou le hasard ou tout simplement suffisamment de "points" pour pouvoir muter) était avec moi... J'avais posé en premier voeu le collège de Luri dans le Cap, région que j'avais redécouverte à l'occasion d'une journée de formation lors de mon année à la DRAC d'Ajaccio.

Et me voici arrivé au Collège du Cap pour la rentrée 1999... Tout de suite, je m'y sentis à l'aise. La deuxième année fut un peu plus difficile parce que, après l'enthousiasme des débuts, ce fut le temps de la déprime parce que j'étais loin de mes amis et surtout de mes parents. J'ai alors demandé ma mutation pour rentrer sur le Continent. Dieu merci, je n'ai pas eu cette mutation. Et je suis resté en Corse... Peu de temps après, quelques semaines après le 11 septembre de triste mémoire, ma grand-mère décède. Les derniers temps, elle perdait un peu la tête. Le médecin avait évoqué Alzheimer. Toujours cette même année 2001, un jour de décembre, ma mère m'appelle pour m'apprendre que le médecin avait diagnostiqué chez elle la maladie d'Alzheimer. Ce jour-là, j'ai compris ce que signifiait l'expression "sentir le sol se dérober sous ses pieds".

Fin 2003, l'état de santé de ma mère s'était beaucoup dégradé. Il devenait évident pour moi que je me devais de me rapprocher de mes parents. Et j'ai pris la décision de demander ma mutation pour le Continent... J'ai déjà évoqué ce jour de printemps 2004 (dans un texte publié sur ce blog en mars 2014) où j'ai pleuré toutes les larmes de corps parce que j'avais obtenu ma mutation et que je savais que j'allais quitter la Corse. J'allais dire au revoir à mon rêve.

On peut enterrer un rêve au fond de soi, bien profond, en espérant qu'il ne viendra pas vous hanter, pas même au coeur des nuits d'insomnie... Et pourtant... Il n'y a pas de pire ennemi que soi-même... Alors on tente de se préserver, de se protéger, on se construit son mur (comme le chantaient si bien les Pink Floyd). J'ai bien vite pris conscience que tout ce qui avait rapport avec la Corse provoquait en moi des montées de nostalgie et des envies folles de tout plaquer pour repartir vivre là-bas.

J'ai arrêté d'écouter des chants corses. Bye bye Canta U Populu Corsu, Chjami Aghjalesi et tous les autres... J'ai évité soigneusement les émissions télévisées qui parlaient de la Corse... Je ne relis pas "Astérix en Corse" (même si je l'ai en triple exemplaire dont un, forcément, en langue corse). Je veille soigneusement à ne pas revoir "L'Enquête corse" (qui, par ailleurs, n'est pas un grand film mais reste une petite comédie bien sympathique et distrayante)...

Je me souviens de ce jour de septembre 2004 où j'avais découvert "L'enquête corse" dans un cinéma de Moulins. Cette morsure au coeur qui m'avait pris à ce moment-là... Et, heureusement, j'avais croisé un couple de collègues de Tronget qui m'avaient invité à boire un verre au "Grand Jus" (les Moulinois comprendront). Mais, depuis, chaque fois, j'évite de revoir ne serait-ce que quelques instants de ce film.

Il est repassé hier soir sur TMC... J'ai bien fait gaffe mais, à un moment, je suis tombé dessus en faisant "mon tour de zapette"... et je suis resté scotché pendant vingt minutes à pleurer devant les paysages qui défilaient... J'ai profité de l'arrivée chez le grand-père pour aller dans ma chambre et lire. Bravache, j'ai rallumé la télé en prenant mon déca... et le film n'était pas encore fini, l'occasion de voir le générique de fin et Tzek et Pido (tous ceux qui connaissent la Corse comprendront) expliquer "qu'on peut rire des Corses mais... faut pas !" dans un grand éclat de rire.

Comment trouver le sommeil après ? Tout vous revient à la figure... Les routes de Corse, les balades dans la montagne, le sentier des douaniers, la plage, le vin de Patrimoniu, la charcuterie et le fromage mais surtout les amis avec qui j'ai partagé tant de moments... Et cette île, cette île qui m'appelait, et qui m'appelle. Et l'envie de repartir, de demander ma mutation, de retourner vivre et travailler en Corse, même si j'en suis parti il y a plus de dix ans et que je n'y suis même pas retourné pour des vacances (sauf dans des rêves assez fréquents où je prends l'avion pour quelques jours du côté de Luri...). "Voilà ce que la nuit j'imagine dans mon délire", pour quasi paraphraser une chanson de Jacques Brel...

Elle est là, ma grande tentation à moi... Tout plaquer pour repartir vivre en Corse. Repartir. L'appel de la Corse, comme chez d'autres l'appel de la mer : la fin du film "Marius" de Pagnol où Fanny comprend qu'elle ne pourra pas retenir indéfiniment son Marius de partir sur un bateau pour aller à la découverte du monde.

Comprenne qui pourra. Pardonne qui osera.

La vie continue. "Il faut faire avec". Il faut savoir vivre avec ses rêves. Malgré ses rêves. Au delà de ses rêves. Ce n'est pas toujours facile. Mais qui a dit que résister à la tentation était chose aisée ?...

jeudi 3 décembre 2015

Quoi de neuf ? Que du vieux !

Eh oui... Fallait que ça finisse par arriver : un matin, on se lève, on est vieux. Vieux, usé, fatigué.

En même temps, il y avait des signes avant-coureurs : des années qu'on sentait la lente désespérance du quotidien prendre le dessus sur l'enthousiasme des jeunes années. Mais, bon, cette fois, on y est : on est vieux. 

C'est comme passer du Côté Obscur, la Force en moins.

Bizarrement, on n'est pas plus sage. Encore une fable que cette histoire de sagesse qui s'acquiert avec les années... Non, on est juste un peu plus râleur, un peu plus grognon, un peu plus pâlichon. Bref, on est tout tristounet, tout gris, tout rabougri.

C'est la vie !

Des mois, peut-être des années que je n'ai rien écrit. Et je n'ai rien à écrire, sinon pour me plaindre de moi, de mes collègues, de mes contemporains... C'est diablement ennuyeux, tout ça ! Quand on se laisse rattraper par l'instantanéité du présent, on finit par oublier de vivre. Et, un jour, la souffrance, la maladie, la vieillesse qui touchent nos proches les plus chers, nous rappellent à notre finitude.

Alors, que reste-t-il ? L'ivresse ? La prière ? La futilité ? Cochez la ou les case(s) qui vous convient (nent) le mieux...

Donc je ne me plaindrai pas. Pas envie. "Et à qui tout raconter ?" comme le dit si bien la chanson "La Folie" des Stranglers... Nous avons tous nos petits soucis, on ne va pas se charger avec ceux des autres. Et puis, il y a des choses plus graves dans le monde. Notre pays est en guerre, a dit notre président bien-aimé. En plus, les hordes migratoires sont à nos portes, nous préviennent nos intellectuels Cassandre, tandis que certaines des nouvelles "méga-régions françaises" s'apprêtent à basculer dans la mélasse ultra-droitière. Mais, au-delà de notre joli pays qui s'est réveillé malheureux un matin de novembre, il y a le monde que nous redécouvrons... Comme les Américains un matin de septembre 2001, nous avons découvert que le monde est monde et que l'Histoire continue et nous entraîne dans ses méandres parfois, ses tourbillons par moments, ses tempêtes à l'occasion.

Alors, que faire ? comme dirait l'ami Lénine. Prier ? Qui sait ? Boire, baiser, bouffer, la règle des 3 B ? Vaste programme... 

Pour ma part, outre que je resterai discret sur les propositions précédentes (en précisant que, côté boisson, pour ma part ce sera cocktail sans alcool), j'opterai notamment pour la lecture et l'étude... Sans partir dans les grandes phrases sur l'ignorance terreau de l'intolérance, auxquelles on pourrait opposer que pour être heureux il faut nécessairement être idiot, je crois quand même que la proximité avec l'écrit (sur papier ou sur tablette), c'est l'opportunité de la communion dans le silence avec la pensée d'un (e) autre, que ce soit par un texte de distraction, de réflexion, de polémique, qu'importe... La lecture est un baume tellement apaisant en temps de crise. Et notamment la lecture des Anciens... Relire les Stoïciens. Redécouvrir les Psaumes. Plonger dans "L'imitation de Jésus-Christ" (le livre le plus imprimé après la Bible à l'époque moderne et jusqu'au XIXème siècle). L'occasion de prendre de la hauteur, de relativiser, de saisir "le temps long". Ce qui est vrai de chacun est vrai d'une société et vrai d'un pays... Un peu de recul. Halte aux tweets ! Non aux hashtags ! Vive le dièse !

J'espère que je reprendrai le chemin du clavier avant un an... D'ici là, bon Avent aux Chrétiens ! Bonnes fêtes de fin d'année à tous !

Et que la Force soit avec nous ! On en a tous besoin ! Ardemment.

mercredi 1 avril 2015

Monsieur CDI vous salue bien !!

Magnifique, mon "bureau d'ordinateur", non ?
Petite revue de presse !!!


Images de l'expo "Deux mois après" réalisée après les attentats de début janvier





Quelques nouveautés (vues depuis mon bureau)



mercredi 19 novembre 2014

Moi, moi et encore moi...






Le ridicule ne tue pas : la preuve... les deux photos ci-dessus qui font peur même au narcissique égocentré que je suis... L'autoportrait, rebaptisé "selfie" depuis quelques mois, fait des ravages ! Deux "photos" de moi-même (oups !) prises à un mois d'écart dans mon cher CDI... Mais ce "post" est surtout un prétexte. Je ne parlerai pas de moi ou si peu... Je n'en ai plus guère l'envie et je n'ai pas spécialement d'inspiration ni même le temps de causer...

Sachez juste, chers lecteurs qui par hasard ou suite à un mail intempestif de ma part tombez sur cette "page internet", sachez juste que tout va bien pour moi. Je suis très content dans mon nouveau CDI où j'ai pu enfin réaliser une exposition qui me tient particulièrement à coeur, consacrée à la géopolitique, à la géographie politique et historique et aux atlas historiques... Celles et ceux qui me connaissent ne seront pas surpris !


Sachez par ailleurs que j'ai repris le chemin de l'Eglise et donc des églises. Je ne m'étendrai pas sur le sujet. La foi et la pratique religieuse sont du domaine de l'intime (c'est en tout cas mon humble avis) et, en plus, la plupart des personnes qui m'entourent sont des bouffeurs de curés et des athées pratiquants donc si je ne veux pas me faire lapider pour superstition monothéiste trinitaire je n'insisterai pas. 

Enfin, cet été, grâce à un collègue (et ancien condisciple de fac d'histoire), j'ai découvert la saga LE FLEUVE DE L'ETERNITE de P.J. FARMER... Comment dire ? C'est une saga, un cycle comme on dit chez les amateurs de "littérature de genre" (expression que je déteste par ailleurs !), qui oscille entre roman d'aventure, science-fiction, réflexions philosophiques, uchronie / dystopie... C'est bourré de références historiques et religieuses sans que ce soit pédant pour autant. C'est totalement jubilatoire ! Moi qui ai toujours peur des "gros pavés", j'ai quand même dévoré près de 2000 pages (cinq romans plus quelques nouvelles) en deux mois et demi... Un grand voyage qui m'a laissé un peu essoufflé... J'avoue que, depuis, je n'ai pas encore rouvert de roman.

Bonjour chez vous !

mercredi 2 juillet 2014

Une année de plus !

Chères toutes ! Chers tous !

Une nouvelle année (scolaire) vient de s'écouler... Pour moi, c'était la première en lycée. Une année riche et intense ! Un autre rythme, de nouveaux collègues, des élèves différents. Une année vraiment passionnante et enthousiasmante. 

Juillet 2014... déjà! Il y a quatre ans, l'Espagne triomphait en Coupe du Monde un certain 11 juillet. J'avais regardé le match de loin (je n'ai jamais aimé cette équipe d'Espagne et son jeu trop compliqué pour moi) dans le bar de l'hôtel où ma douce et tendre et moi-même étions à Saint-Hélier, capitale de l'enchanteresse Jersey. Quatre ans plus tard, l'Espagne a été éliminée au premier tour. La France, par une ironie de l'histoire, va rencontrer en quart de finale l'Allemagne, pas croisée depuis les matchs douloureux de 1986 et surtout 1982 (ah ! Séville !). Si jamais l'Allemagne nous bat encore vendredi, on va en entendre parler pendant cent ans !

Pour l'anecdote, au printemps 2014, j'ai fait mes premiers pas devant la caméra (voir sur ce même blog le lien pour regarder le court métrage d'Harold) dans un film où je jouais le rôle d'un notaire exerçant... à Jersey...

Mais Jersey n'est pas à l'ordre du jour. Pas cette année. Cet été, nous irons faire un petit tour du côté de la Bretagne après la Vendée en 2013. Et plus précisément les Abers et la presqu'île de Crozon... Cap à l'Ouest toutes !

Je profiterai également de cet été pour retrouver Robert Silverberg et Fredric Brown mais aussi pour plonger dans l'oeuvre de Tolkien et faire plus ample connaissance avec celle de Stephen King. 

Une année scolaire écoulée... Une riche année donc, également sur le plan de la "culture personnelle". Ces derniers mois, comme j'ai pu l'écrire sur ce blog, j'ai découvert l'univers de Tolkien, la riche Terre du Milieu. J'ai aussi récemment "révisé" mes fondamentaux : la saga STAR WARS au grand complet revue en DVD, ainsi que les quatre INDIANA JONES... Un plaisir toujours aussi intense ! Enfin, j'ai replongé dans la lecture papillonnante de la Bible, ce qui tombe bien puisque, outre les atlas historiques, je collectionne les éditions de la Bible... Je conseille d'ailleurs vivement ZE BIBLE, une édition rafraîchissante et vivifiante, que l'on soit croyant ou non.

Une nouvelle année, une nouvelle vie aussi. Ma première de totalement urbain après de longues années à exercer dans le rural. J'ai plus de temps pour lire (et ça tombe bien avec toutes ces revues, d'histoire, de sciences sociales et même de maths, que je rapporte chaque week-end du CDI !!) ou traînasser (ce qui est bien agréable !) et je passe moins de temps dans la voiture (et donc j'écoute moins la radio !)...

Le temps passe. Le plus étrange est qu'on ne s'en rend même pas compte. 

Pour finir ce petit article... quelques photos prises, par ma douce et tendre, à l'occasion de la  Journée Portes Ouvertes le 22 février 2014...


Un clavier... comment ça marche ?!

Voilà... voilà...

SNSM forever !!

Forcément, quand on aime les atlas, on aime aussi les globes terrestres !!

Vous pouvez faire une visite complète tout en images du CDI sur le blog du CDI (logique !) :

Je vous souhaite un bel été à toutes et tous !!

mardi 1 juillet 2014

A l'occasion du cinquantenaire du LEM...




Photos prises par ma douce et tendre lors du cinquantenaire du lycée Mme de Staël, plus connu par les Montluçonnais sous le nom de LEM, le vendredi 27 septembre 2013...

C'était mon premier mois au lycée et il y a donc maintenant presque un an... Une année scolaire est passée depuis !

Mon Dieu, le Temps passe !

En même temps, il y a des raccourcis spacio-temporels... Comme en 1982, il y a Allemagne - Algérie puis Allemagne - France !!!

lundi 19 mai 2014

Superdoc de retour à Paris !

J'ai peut-être changé d'établissement scolaire, la tradition de la journée à Paris au printemps se maintient... Ainsi, j'ai participé à la sortie scolaire d'un groupe d'élèves de seconde à la capitale le lundi 12 mai... Une journée fort bien remplie et très sympathique quoique crevante (levé à 2h et couché à minuit... trois jours au moins pour m'en remettre : c'est bien la preuve que je n'ai plus vingt ans... même plus quarante d'ailleurs !!) et particulièrement arrosée (ah ! la remontée des Jardins des Tuileries aux Invalides sous une pluie battante... un grand moment !).


Elle est pas belle, la tour Eiffel ?!

En pleine réflexion... oui, ça m'arrive parfois...

Suivez le guide !!



mardi 13 mai 2014

Boba et nous !

Le 3 mai 2014 (veille du "Star Wars Day : May the Fourth be with U" !), Jean-Michel, Laurent et son fils Théo et moi-même nous sommes rendus à la Convention STAR WARS de Cusset comme quasi chaque année depuis 2005 !... Un moment extraordinaire, hors du temps. Comme je l'ai écrit sur la page Facebook des Héritiers de la Force :

Bravo pour l'édition 2014 et vivement 2015 !
C'était, comme chaque année, un grand moment de bonheur et de convivialité.
L'espace de quelques heures, tout oublier, et se retrouver avec d'autres fans et aussi le grand public dans une ambiance bon enfant.

Que du bonheur !
Merci merci encore !

Et, pour cette édition 2014, parmi les invités, il y avait le grand, l'immense, le mythique BOBA FETT... Le chasseur de primes qui a fait frémir toute la galaxie ! L'homme responsable de la capture de Han Solo ! J'étais très content d'enfin le rencontrer... ou plutôt - bien sûr - l'acteur qui l'interpréta : Jeremy BULLOCH dont on ne soulignera jamais assez la gentillesse et la disponibilité. Quant à Jean-Michel, qui est inspiré par le mercenaire mandalorien depuis de nombreuses années, il a pu présenter à Jeremy Bulloch, qui a admiré son travail,  le casque qu'il a réalisé.


Jean-Michel présente son casque à Jeremy Bulloch

Jeremy alias Boba et Jean-Mi !



Boba et moi !!



Plus d'infos sur l'édition 2014 (et les précédentes !) de la Convention STAR WARS de Cusset :
http://leblog.genstarwars.com/

Une belle brochette galactique !!


Rencontre au sommet lors de la Convention STAR WARS 2014 à Cusset... Pensez donc : votre serviteur en compagnie de la princesse Amidala, d'un fameux scout-trooper (hello Laurent !) et de mon cher Comte Dooku, l'idole de tous les séparatistes de la galaxie !


On ne s'en lassera jamais !!

On a tous besoin de la tendresse d'un wookie !!!

mercredi 23 avril 2014

Aux Bourbons... ou... mes premiers pas au cinéma !

Chères toutes, chers tous, 

J'écrivais précédemment que j'avais fait un casting dans le lycée où j'exerce (le Lycée Madame de Staël de Montluçon) pour un second rôle dans le court métrage d'un élève de terminale option CAV (cinéma audiovisuel), Harold BRUCHET. Le tournage de la scène où je jouais a eu lieu début avril. Un moment très intéressant !

Le film, intitulé AUX BOURBONS, a été projeté au festival CINE EN HERBE de Montluçon mi avril. Il a obtenu le Grand Prix dans sa catégorie. J'ai été très ému d'assister à la projection, bien sûr parce que c'était la première fois que je me voyais sur grand écran (comme le dit mon collègue de philosophie qui s'occupe de Ciné en Herbe : "C'est bon pour l'ego !") mais surtout parce que c'était un moment magique que de découvrir ce film auquel j'avais cru, dont j'avais essayé d'imaginer à quoi il ressemblerait en lisant le script et dont j'avais participé au tournage de quelques scènes...

Mais assez parlé !

Voici le lien internet pour voir ce court métrage :

Palmarès 2014 de Ciné en Herbe :

mercredi 9 avril 2014

Normalité... anormalité...

Ce petit texte de réflexions sans prétention, jetées au hasard, en écho à mon message précédent sur le questionnement quant à l'anormalité supposée de l'acte d'écrire, ce petit texte donc, je le dédie volontiers à ma douce et tendre, qui m'encourage dans l'écriture (et qui elle même écrit ! et fort talentueusement et avec plus d'opiniâtreté que moi !), à Gérard (que je connais maintenant depuis plus de trente ans et qui m'a toujours apporté de bons conseils), à ma cousine Françoise (grande lectrice devant l'Eternel !) et à Laurent alias Saint-Jean (qui sait trouver les mots quand il faut). Je vais même me permettre d'outrageusement piller leurs propos et les échanges que nous avons eus ces derniers jours suite à mon message précédent et à la nouvelle "La Porte".

Tout d'abord, je suis content : jusqu'à présent, je n'ai pas eu d'écho défavorable ou négatif quant à "La Porte". Je ne parle pas de mon éventuel style mais du fond de la nouvelle. C'est quand même l'histoire d'un type qui saute par la fenêtre et je craignais les messages et commentaires sur le fait que j'avais décidément des idées noires, que c'était la preuve que j'étais quelqu'un de perturbé et tout et tout...

Et tout ça m'amène au coeur de mon propos... Cette peur de l'anormalité... Oui, je me répète, j'ai peur d'écrire parce que j'ai peur d'être anormal. Contrairement à ce que m'a écrit Gérard, je suis persuadé que pour beaucoup de personnes écrire n'est pas normal. Ce n'est pas forcément une maladie, une pathologie majeure, mais c'est quand même un signe de dérangement. Je reconnais que je suis influencé dans ma réflexion par le discours des psys qui est omniprésent dans la société moderne depuis quelques décennies et dans ma vie depuis un certain été 2008 (les plus "courageux" et les plus "anciens" lecteurs de mon blog se souviendront de ce "fameux" été 2008 où j'ai connu un "passage à vide" qui continue de me poursuivre, ne serait-ce que pour les assurances de santé puisque, depuis mon séjour - volontaire - à l'hôpital, je suis surtaxé et non couvert pour certains risques... et ce pour le restant de mes jours).. Oui, je culpabilise parce que j'écris. En même temps, écrire est devenu d'une banalité affligeante... Après tout, n'était-ce pas ce que j'écrivais dans la revue de presse du blog du CDI de mon lycée en octobre dernier, à propos d'un dossier de la revue Sciences Humaines : 

Sciences humaines 253 nous propose un dossier joliment intitulé "Ecrire, du roman au SMS" et part du constat que nos sociétés sont devenues "graphomanes"... Du tweet intempestif à la tentation littéraire, tout le monde écrit, partout, à tout âge, pour dire tout et n'importe quoi... Alors que l'on prédisait il y a vingt ans à peine la fin de l'écrit, l'inverse exact s'est produit : dans l'histoire de l'humanité, on n'a jamais autant rédigé qu'aujourd'hui...

Voilà que je me cite maintenant !

J'ai l'impression, depuis de nombreuses années, de ne pas être normal. Parce que j'écris, bien sûr. J'en ai déjà parlé, j'ai jeté la plupart de mes carnets intimes d'adolescence car je les considérais comme un signe de ma différence. Plus tard, j'ai tellement entendu dire, quand je proposais à certaines personnes mes textes, qu'il s'agissait d'élucubrations et d'autres termes bien moins polis et que je ne reproduirai pas ici, que j'ai caché en moi cette envie d'écrire et de "parler de moi". Je ne voulais pas gêner. Bien sûr, je me permets encore, de ci de là, d'envoyer un message collectif où je m'épanche mais, déjà, grand progrès par rapport à il y a quelques années, je n'ose plus (sauf après ivresse, ce qui n'est pas près de m'arriver de nouveau) appeler des relations ou des amis. J'ai toujours peur de déranger autrui avec mes petites histoires. Je me répète que je suis inintéressant pour autrui. Je ne veux pas déranger.

Comme beaucoup de monde (enfin, c'est ce que je me dis, mais probablement que je me dis ça pour me rassurer et me persuader que je ne suis pas si anormal que ça), je peine à trouver ma place dans la société actuelle. En bon "extrême centriste", terme qui me convient finalement au-delà de la boutade, je ne me retrouve ni dans "la vraie vie" de la "société de consommation"... vous savez, la publicité, le dernier smartphone nouvelle génération machin truc illimité, les vacances au soleil en été, le ski en hiver, la maison à crédit, la télé réalité, les chaînes infos et tout et tout... ni non plus dans "la bulle des intellos", cet espace un peu protégé et un peu "sectaire", les abonnés à "Télérama" et aux "Inrocks" qui n'ont pas la télé et écoutent "France Inter" doctement... Ni la culture de masse ni la culture refuge.

Du coup, je ne pratique ni les loisirs de l'élite ni ceux du "peuple"... Je n'ai pas leurs envies. Ou j'ai un peu des envies des deux. Et surtout je n'ai pas les bonnes envies au bon moment. L'impression d'être à ma place nulle part. Considéré comme un sale petit intello snobinard par certains et comme un gros abruti inculte par les autres. Les deux propositions sont d'ailleurs probablement toutes deux un peu vraies et ne sont finalement pas contradictoires !

Et, là où j'aggrave mon cas, c'est que je n'ai pas envie de choisir. Eternel extrême centriste (je me répète !). Je ne veux pas choisir entre la culture de masse et la culture élitiste. J'aime regarder une bonne série (qui a souvent plus de fond qu'on ne pourrait le supposer de façon superficielle) et lire des revues spécialisées d'histoire des religions... C'est vrai que je cultive mon côté bizarre : je me souviens du regard un peu consterné d'un de mes anciens chefs d'établissement quand je lui avais dit que je collectionnais les atlas historiques. On sentait qu'il avait pitié de moi. Je collectionne les atlas historiques, je me plonge dans des séries télévisées avec délectation, et je ne sais plus où je voulais en venir avec ma démonstration... 

On pourra objecter qu'après tout "il n'y a pas de mal à se faire du bien"... Du moment que j'ai trouvé la ou les activités qui me font du bien, les passions qui me permettent de m'épanouir, de m'accomplir ! Tout va bien ! Je n'en suis pas si sûr. J'ai toujours peur d'être jugé sur mes passions que d'aucun(e)s jugeraient (jugeront) (ont déjà jugé !) dérisoires... Faire du bricolage, entretenir son jardin, pratiquer une activité sportive... ça, c'est utile ! Lire des livres, regarder des séries télés... c'est bien un truc de feignants, ça,  non mais !

J'irai plus loin. Je culpabilise à l'idée même de "me faire du bien". On pourra probablement voir là un vieux fonds de culture judéo-chrétienne (tout en sachant que toute société, toute religion est bâtie sur les notions de bien et de mal et certainement aussi de culpabilité), probablement également des bribes de stoïcisme mal digéré (ce qui n'est pas contradictoire avec le fonds judéo-chrétien) et bien sûr la peur des psys et de leurs jugements définitifs. Quand j'écris "psys", je pense aux médecins spécialisés, aux professionnels du secteur, mais également au personnel soignant en général et aussi à toutes les personnes qui font de "la psychologie de comptoir" (qu'il m'arrive également d'exercer)... Vous savez : partir de l'observation d'un geste ou d'une parole de quelqu'un et en tirer une conclusion définitive. Puisque je parlais plus haut de religion... J'ai plus peur d'être jugé par mes contemporains que par Dieu lui-même ! J'ai toujours été effrayé voire paralysé par le "qu'en dira-t-on"... Restes d'un provincialisme poussiéreux ? d'une éducation très "petite bourgeoisie du XXème siècle" ? Pas sûr. Je crois qu'on a toutes et tous peur d'être jugés. Or, notre société, que ce soit dans ses milieux élitistes ou dans le petit peuple, a élevé le jugement au rang de valeur cardinale. Pas une émission de télé réalité où on n'est pas noté. Et pour les étudiants la course au cursus universitaire à rallonge avec chaque année l'épreuve des examens et des concours. Il faut être com-pé-ti-tif !!! Et si vous n'êtes pas en course, vous restez sur le bas côté, en marge avant que d'être rejetés comme anormaux.

Qui est normal ? Qui est anormal ? Qu'est-ce que la norme ? Pour rester un instant encore dans le domaine de la psychologie et de la psychiatrie, il y a à peine vingt ans, l'OMS (Organisation mondiale de la santé) classait l'homosexualité dans les maladies mentales et la plupart des psychiatres expliquaient qu'un enfant de divorcés avait toutes les "chances" d'être "perturbé" dans son développement. En vingt ans, le nombre de personnes classées "bipolaires" a été multiplié par dix aux Etats-Unis, devenant même un "phénomène de mode" (toutes les "stars" du show-business font leur "coming out" de bipolarité), notamment parmi les adolescents. Autant de personnes, soit dit en passant, à qui l'on va prescrire à vie des médicaments.

Pour dépasser la "médecine" et l'industrie pharmaceutique, et retourner à la littérature, j'ai en tête un roman magnifique de Moravia : "Le Conformiste", l'histoire d'un homme qui cherche à se fondre dans la masse, dans une période trouble de l'histoire italienne... Je pense aussi à une nouvelle de Jean-Paul Sartre (je ne suis pas fanatique de Sartre mais ses nouvelles, le fameux recueil "Le Mur", sont un délice !) : "L'enfance d'un chef" ou le parcours d'un jeune homme dans les Années Trente... une dérive malsaine assez fascinante...

Recherche de la normalité, peur de la folie... Si j'ai une "monomanie" c'est bien celle là. Je rêve d'être comme tout le monde. Mais qui est tout le monde ?

Bonjour chez vous !

Post scriptum : 

Après avoir découvert "Les Emmurés" de Serge Brussolo, sur les conseils de ma collègue, un excellent polar inquiétant aux notes fantastiques (une journaliste en mal d'inspiration qui enquête sur un immeuble où furent emmurées vivantes une quinzaine de personnes...), je suis en train de lire "Shining", de Stephen King... Et je découvre la dérive de Jack, ancien professeur de littérature, apprenti écrivain prometteur mais en panne d'inspiration, un peu trop porté sur la bouteille, caractériel et colérique, doux comme un agneau entre deux inexpliqués accès de violence... Je choisis bien mes lectures ! Et ce n'est pas volontaire : j'étais parti pour lire un roman fantastique, "le" classique de Stephen King, et j'y trouve le portrait d'un homme qui sombre dans la folie... Mais je n'en suis qu'à la moitié de ce très addictif roman qui parle aussi d'un enfant lumière aux pouvoirs étranges et d'un hôtel quand même bien particulier...

vendredi 4 avril 2014

Ecrire est une faiblesse ?

L'acte d'écrire est-il une faiblesse ? un signe de dérangement mental ? la preuve d'une inadaptation sociale ? Voilà des questions qui m'agitent depuis quelque temps. Je me les posais déjà autrefois par rapport au fait d'écrire un blog, quelque chose entre le journal intime et le carnet de bord. Je me disais bien qu'il y avait un problème à exposer sa vie, ses réflexions, ses doutes au regard (et au jugement !) des autres. J'ai moult fois renoncé à continuer comme j'avais jadis détruit consciencieusement mes journaux intimes du temps de l'adolescence. Mais j'étais rassuré et encouragé par Gérard, tandis que d'autres personnes (comme Françoise ou Fred Thé) m'invitaient à ne plus "me livrer". En éternel centriste, j'ai renoncé à renoncer à mon blog (même si en 2007 j'ai failli le supprimer d'où le changement d'adresse internet) mais j'ai progressivement évité de trop me dévoiler et surtout j'ai arrêté d'y écrire, sinon par quelques messages épisodiques.

Voilà pour le blog. Ces derniers temps, je me suis repris au jeu de l'écriture. D'abord, une novella, "Premier rendez-vous", écrite le mois dernier... Quelque chose qu'on pourrait un peu rapprocher de l'autofiction, (terme aujourd'hui très à la mode) si l'on tient absolument à mettre une étiquette de genre. J'ai ensuite écrit une short story, "Inspiration", puis un texte hybride, "Ivresse". Tout ça en moins d'un mois. D'un côté, la joie de pouvoir écrire. De l'autre, une inquiétude grandissante. Tout d'abord, l'appréhension bien traditionnelle de la page blanche. Qu'écrire ? Que raconter ? Et comment ? Comme si on se mettait à soi-même la pression : regardez, j'écris des histoires... euh... en fait, je n'ai aucune idée de ce que je vais écrire ! Mais le syndrome de la page blanche est finalement sympathique et sans danger, surtout quand on n'a pas décidé de vivre exclusivement de sa plume (ou de son clavier !).

Non. La vraie terreur est ailleurs. Etre anormal parce qu'on écrit. Ecrire... D'abord, qu'est-ce que ça signifie ? Qu'est-ce que c'est que ce loisir égoïste et solitaire ? On imagine la personne non insérée socialement qui a besoin d'écrire pour créer des personnages et vivre par procuration.  Après tout, si j'écris, c'est que je ne vais pas bien. CQFD ? Et si écrire était tout simplement un loisir comme un autre, un plaisir tout aussi respectable que la peinture, la danse de salon ou le point de croix ? Après tout, et c'est un de mes regrets, je ne sais pas dessiner ni jouer d'un instrument. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé. Mais, outre que je ne voudrais pas me contenter de barbouiller, je manque désespérément de patience. Et le dessin ou la pratique d'un instrument réclament de cette qualité dont je suis totalement dépourvu.

Alors, il faut que je m'y fasse. Je ne pourrai jamais dire autour de moi : je gratte un peu la guitare pour me détendre en rentrant du boulot ou je me réfugie dans mon grenier (ça tombe bien, je n'en ai pas !) le samedi après-midi pour dessiner... Non, moi, pour me détendre, j'écris des petites histoires... Je m'en suis bien rendu compte hier soir... Pas d'envie de lire, pas d'envie d'écouter de la musique, pas d'envie de regarder la télé... Tiens, je vais écrire une petite histoire... Et je reprends mon petit cahier et c'est reparti... Je ne sais pas où je vais mais j'y vais et une petite heure plus tard je m'amuse à la lecture de cette sombre historiette qu'est "La Porte".

Tant pis. Un médecin psychiatre ou toute personne bien intentionnée pratiquant la psychologie de comptoir pourrait expliquer que ça me fait du bien d'écrire (genre une alternative à l'ergothérapie pour intellectuel allergique aux tâches manuelles) ou qu'au contraire c'est un loisir malsain qui désocialise celui ou celle qui le pratique, que le fait que je me remette à écrire prouve que... "j'ai quelque chose à me prouver"... ou pire encore... c'est le signe d'un dérangement profond. Après tout, se mettre à son bureau pour écrire (en plus sur un cahier !) une histoire, n'est-ce pas la preuve qu'il y a quelque chose qui ne va pas ? Et si j'avoue qu'il m'arrive parfois de me réveiller et de réfléchir à une phrase... Bon, je n'en suis pas encore à sacrifier une nuit de sommeil à l'écriture de quelques pages. Mais la question se posera peut-être un jour... L'acte de création a quelque chose d'obsessionnel. Dans une société où la norme est de plus en plus pressante, le fait d'avoir une passion un peu différente, un peu prenante, un peu à la marge, n'est-ce pas un signe qu'on se met en retrait de cette société ? Après tout, le mot même de "passion" vient du mot "souffrance", "pathos" en grec... Sacrés Grecs ! Alors, être passionné, c'est être malade mental ? 

Tant pis (bis). J'ai décidé d'assumer. Non, je ne pratique pas la danse de salon (mais j'ai jadis pratiqué les danses traditionnelles). Je ne joue pas d'un instrument de musique même si j'ai autrefois tenté d'apprendre à jouer du piano puis quelques années plus tard de la vielle à roue. Je ne peins ni ne dessine sinon pendant une réunion interminable. Je ne suis pas grand amateur de sport sinon un peu d'entretien musculaire. J'aime bien lire (mais je ne suis pas un gros lecteur !). Je n'écoute presque plus de musique. Je regarde beaucoup d'émissions télévisées : films, séries, débats, documentaires... Et, depuis un mois, je me régale à écrire des histoires. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Après tout, faut-il avoir une réponse à tout ? J'écris et j'aime ça. Alors il est bien possible que je continue à envoyer quelques petits textes, quelques short stories... Je vous demanderai d'être clément(e)s avec moi et de ne pas me juger, pas trop. Et surtout ne me dénoncez pas à un psychiatre. Il me ferait enfermer pour pratique de loisir malsain et marginal... Remarquez, si on m'enferme avec un stylo et un cahier... Mais je ne crois pas que ça serait le cas !

Dernière angoisse qui me saisit depuis un mois : la peur de "prendre la grosse tête". Alors, si jamais vous me trouvez génial, ne me le dites jamais. Bon, jusque là, personne ne me l'a jamais dit. Et si vous me trouvez nul, ne me le dites pas trop brutalement. (Pas comme jadis certains lecteurs de mon blog qui m'avaient invité à me suicider plutôt que de continuer à écrire.) Un excellent remède contre la grosse tête est d'aller un peu sur internet ou dans la presse lire les critiques de n'importe quel livre ou quel film qu'on a aimé... Voir comment un auteur ou un réalisateur peut être démoli en quelques instants... Bien sûr, il faut relativiser la critique. Mais celles et ceux qui vont diront que la critique ne leur fait rien, ne les croyez pas. De même, les compliments font plaisir et si on écrit c'est aussi pour plaire. Je dois accepter que je suis un peu coquet ! Flattez-moi, j'adore ça ! Mais pas trop non plus !

Alors voilà. J'écris. Tant pis si c'est un hobby qui peut paraître (notamment à mes propres yeux) prétentieux et dangereux pour mon équilibre et mon moral. Et tant pis (décidément j'aime cette locution !) si c'est un loisir totalement dépassé à une époque où lire est quand même devenu un loisir considéré comme vraiment vraiment ringard. Ringard donc, désaxé et prétentieux... Tout pour plaire ! J'adore !

A suivre...

jeudi 27 mars 2014

La source est tarie ?

J'avais failli intituler ce message "La source est tarie", sans point d'interrogation puis je me suis ressaisi et j'ai voulu l'intituler "Ma vie s'est arrêtée au printemps 2004" puis je me suis de nouveau ressaisi.

L'histoire de la source tarie, c'est suite à cette idée absurde et incongrue qui m'a repris en janvier/février 2014... Ecrire ! J'ai d'abord écrit quelques fois sur mon blog... J'ai même songé à écrire de nouveau des poèmes, les mots venant tels des envahisseurs au petit matin ou lors de réveils nocturnes. Puis, le 9 mars, j'ai jeté quelques mots sur une page... Le premier chapitre de ce qui devait être une courte nouvelle... J'ai profité de mes congés d'hiver pour écrire, une petite heure chaque matin... Et la courte nouvelle est devenue deux cahiers petit format petits carreaux... Son titre (provisoire) ? "Un premier rendez-vous". J'ai achevé cette "novella" (j'aime mieux ce terme, plus légitime à mon avis) le samedi 22 mars, jour de mes 44 ans. Le lendemain, le 23 mars, par jeu, par défi, j'ai rédigé une petite nouvelle, une vraie cette fois, une "short story" comme l'on dit, concise, courte, avec une chute, une de ces histoires que j'aime tant lire mais que je ne suis jamais arrivé à écrire jusque là. J'ai évidemment dédié cette petite nouvelle sans prétention, intitulée "Inspiration", au génialissime Fredric BROWN, grand maître de la "short story".

Depuis ce jour, c'est le vide absolu. Je n'ai aucune idée. Mais alors aucune. Avant, j'avais parfois des idées. Ou au moins des phrases, des groupes de mots, des expressions, voire des titres... Là, plus rien. RIEN. Et ce n'est pas seulement le syndrome de la "page blanche" mais celui de la tête blanche. Ce n'est pas seulement que je n'ai rien à raconter. C'est que je n'ai rien à imaginer. Je me rends compte que je ne sais plus imaginer. Je ne sais plus rêver. 

J'ai tellement appris ces dernières années à mettre mes émotions de côté, que ce soit mon long, très long, très très long célibat (qui a duré de 1994 à 2007... et comme l'Eternité vers la fin ça devenait de plus en plus difficile à assumer !), que ce soit les années de la maladie de ma mère (de 2001 à 2008... quand je repense à sa lente puis rapide agonie j'ai l'impression que ce n'est pas moi qui ai vécu ces événements), que ce soit une à deux années très dures sur le plan professionnel (vers 2011/2012... une sale période...), que ce soit mon déménagement et mon choix de devenir propriétaire (et donc renoncer définitivement à retourner un jour peut-être vivre en Corse...)... J'ai donc tellement appris à mettre un mur entre moi et le monde que j'ai parfois l'impression de n'être plus qu'une coquille vide. Je pense au double album génial des Pink Floyd : "The Wall"... On construit tous notre mur brique après brique... On s'isole, on s'enferme, on se protège... de soi, des autres, des émotions...

En y réfléchissant et en l'affirmant péremptoirement de façon brutale, j'ai parfois comme l'impression que ma vie s'est arrêtée à l'orée de 2004, quand j'ai décidé de demander ma mutation, de quitter mon hameau de Castellu et le collège du Cap pour rentrer "sur le Continent", me rapprocher de ma mère déjà malade et ainsi dire adieu à mon projet de vie : vivre en Corse, quelque part entre le Paradis et le Bonheur. Bien sûr, tout n'était pas rose, loin de là. Mais c'était bien la vie que j'avais choisie. En même temps, comme me l'avait dit une collègue alors, si je n'avais pas fait cette demande de mutation, ça m'aurait hanté toute ma vie... Je voulais "profiter de ma mère" tant qu'elle était encore un peu "en forme"... mais son état a commencé à s'aggraver (avant de connaître une petite période de stabilité pendant un an) dès l'automne-hiver 2004/2005. Ce furent les chutes à répétition en 2006/2007 et l'effondrement dès début 2008, au moment même (ironie du Destin !) où je rencontrais ma douce et tendre, avant la disparition un jour de décembre 2008.

Je me souviens de ce matin de janvier 2004 sur le quai de la gare de Clermont disant à Fred de Ceyrat que j'allais demander ma mutation et que je l'obtiendrai probablement car j'avais "les points" pour rentrer en Bourbonnais... Les dés étaient jetés. Je revis douloureusement ce jour de mars ou d'avril 2004... mon Dieu, dix ans déjà !... où j'ai appris que j'avais obtenu ma mutation... J'ai pleuré plusieurs jours d'affilée. Mais je devais faire bonne figure. C'était la Fête du Collège. Et je voulais faire bonne figure... Il y avait mon groupe théâtre et mon groupe danses traditionnelles (ah ! le Quadrille Corse !... quel bonheur !). Et en plus mes parents étaient là pour assister au spectacle... Ce fut ma dernière fête du collège, ce furent aussi les premiers cartons du déménagement pour préparer "mon retour"... et mon enterrement de première classe...

Je suis mort il y a dix ans. Bien sûr, c'est une phrase comme ça... excessive... comme je le suis moi-même... Mais c'est un peu vrai... Depuis, j'ai bien sûr vécu... Comme je l'ai dit plus haut, après treize ans de célibat puis un an de "grand n'importe quoi" (ah ! l'univers des rencontres "grâce" à internet...), j'ai rencontré ma douce et tendre. J'ai passé de bons (très bons) moments au collège de Tronget. Depuis six mois, je découvre avec bonheur le travail en lycée : j'ai déjà eu l'occasion d'en parler... Mais... mais... Ce n'est pas la vie que j'avais rêvée... Bien sûr, toutes et tous, on a fait des choix, on n'a pas toujours fait ce qu'on a voulu, la vie a décidé pour nous... La vie ou "Dieu, le Destin ou le Hasard" comme il est dit dans l'ultime et sublime épisode de "Code Quantum"... Longtemps, j'ai rêvé que je retournerai à Castellu... Et maintenant je ne rêve même plus. Je suis mort au printemps 2004 quand j'ai su que je ne finirai pas mes jours quelque part dans ce Cap Corse que je chérissais et où j'avais choisi de travailler, de vivre, et peut-être un jour d'aimer (et... qui sait ?... avoir des enfants ?... mais là j'ai quand même un doute car faut être deux pour faire un enfant, surtout quand on est un homme...).

Bien sûr, je ne suis pas mort. Je vis toujours. Ou plutôt je survis. On survit tous. Celles et ceux d'entre vous qui sont passé(e)s par des "moments difficiles"... rupture douloureuse, mort d'un (e) proche, changement professionnel brutal, ou autre... Vous voyez de quoi je parle. Les autres me jugeront excessif et dérisoire. C'est la vie. C'est la survie. En même temps, survivre, c'est pas mal : "I will survive" est une chanson merveilleuse... Et, comme dirait Renaud dans la chanson "Cent Ans" : "J'ai cent ans et j'suis bien content : j'ai encore mal aux dents... [j'ai bien connu ça il y a quelques semaines !!] Et la souffrance c'est très rassurant, ça n'arrive qu'aux vivants"...

Pour revenir à mon manque d'imagination, ça vient peut-être tout simplement du fait que je me nourrissais jadis de ma vie pour écrire... Ayant une vie terriblement réglée et ordinaire, je n'ai plus rien à raconter. C'est presque drôle d'ailleurs. Depuis six ans et les mois douloureux qui précédèrent et suivirent la disparition de ma mère, j'ai appris - notamment sur les conseils de médecins et d'amis - à avoir une vie réglée, bien organisée, pour ne plus avoir à souffrir... Se coucher tôt, éviter de sortir, ne pas avoir d'émotions fortes, etc... Les petites manies pour se protéger de l'imprévu. Même moi, je baille d'ennui quand je pense à ma vie ces dernières années ! Heureusement, il me reste les moments avec ma douce et tendre et un boulot passionnant (du coup, j'ai d'ailleurs tendance à trop m'investir dans mon travail, n'ayant rien à côté).

Je ne sais pas si j'arriverai un jour à écrire de nouveau. Et surtout si j'arriverai un jour à raconter une histoire de nouveau. Après tout, je ne suis pas vraiment mort au printemps 2004... N'empêche que ça fait maintenant dix ans que j'ai dit adieu à ma vie d'avant... Avant ce matin, je n'avais pas réalisé que dix ans étaient déjà passés... Dix ans, c'est long...

mercredi 26 février 2014

Petites nouvelles d'un documentaliste de lycée...

Comme promis, et profitant d'une fin d'après-midi calme, voici quelques nouvelles... comme un "bilan d'étape" après six mois dans mon nouveau poste...

Après vingt ans en collège dont plus de la moitié dans des collèges ruraux (et particulièrement cinq ans à Luri dans le Cap Corse et neuf ans à Tronget dans le Bocage Bourbonnais), me voilà documentaliste en lycée... Une autre vie... A tous points de vue...

Tout d'abord, matériellement, je n'ai plus à "faire la route"... Finie l'appréhension au lever quand je découvrais un brouillard épais qui promettait trois quarts d'heure de conduite pas forcément très agréable. Et, forcément, pas de trajet retour à faire non plus... C'est la logique même certes. Mais, concrètement c'est bien deux heures de "gagnées" chaque jour... plus la fatigue en moins... "Plus en moins"... On peut dire que je sais trouver les formules alambiquées aujourd'hui !! 

J'exerce désormais à cinq minutes en voiture de chez moi, dix minutes en bus (pris seulement quelques fois mais je me rattraperai, promis, et j'utiliserai plus les transports en commun l'an prochain !) et une demi heure à pieds (le prétexte d'un temps menaçant m'a souvent dissuadé de marcher, preuve de ma fainéantise naturelle voire proverbiale si ce n'est légendaire !). Il m'arrive même (assez régulièrement ces derniers temps) de rentrer déjeuner chez moi ou d'aller déjeuner "sur le pouce" dans un des "fast foods" de la ville... et j'avoue que j'aime beaucoup aller manger comme ça, tranquillement, rapidement, avec la radio en fond, du monde autour de moi... Je trouve que c'est une excellente coupure au milieu de la journée, un moment de tranquillité au milieu du bruit qui me plait énormément.

Mes horaires sont assez variables... J'alterne des semaines de quatre jours bien remplis et des semaines de cinq jours plus "éclatées"... Je préfère d'ailleurs les semaines de cinq jours, celles où je travaille le mercredi (j'adore les mercredis après-midi, moments de calme, l'occasion d'avancer dans le travail mais aussi de parler plus tranquillement avec les élèves), et où j'ai deux matinées et deux après-midis...

Le "temps dégagé" et le fait de travailler au milieu de livres et de nombreuses revues (une cinquantaine d'abonnements !) m'a redonné non seulement le goût de lire mais une soif de lectures, diverses et variées... Des magazines spécialisés, d'Histoire bien sûr mais aussi de sciences humaines, de mathématiques, de sciences, parfois même de littérature... Et quelques romans également mais aussi des livres d'Histoire...

Le rythme des journées est intense... Beaucoup de travail. Le CDI est très fréquenté... Evidemment, il "fait le plein" aux récréations et à la "pause méridienne"... C'est alors une véritable ruche... Plus de cent élèves parfois... Il y a aussi beaucoup beaucoup de monde à certaines heures de la journée, notamment lors des "travaux personnels encadrés" ou lorsque des élèves viennent avec leur enseignant pour effectuer des recherches. Le CDI est alors plutôt bruyant. D'ailleurs (à part les mercredis après-midis et certaines fins d'après-midi, notamment le vendredi après 17h... un vrai moment de grâce !), il y a toujours un brouhaha de fond et il faut s'habituer, surtout quand on vient du collège, surtout quand on vient d'un petit collège...

La taille de l'établissement... Depuis 1999, j'exerçais dans un établissement avec moins de 200 élèves et une quinzaine d'enseignants. Me voilà dans un lycée de plus de 1100 élèves (lycéens mais également élèves de classes préparatoires, économiques et littéraires) avec une centaine d'enseignants... Je rêvais depuis longtemps de me "noyer" un peu dans la masse et dans un "minimum d'anonymat", histoire de passer inaperçu les jours où "je n'aurais pas envie de causer"... Et c'est, je l'avoue, fort agréable de "vivre sa vie" ainsi. D'autant que, après six mois, l'anonymat est quand même beaucoup moins anonyme. Je commence à connaître un certain nombre d'élèves (comme en collège, comme partout, il y a des "aficionados" du CDI) ainsi que la plupart de mes collègues enseignants (même si, je l'avoue, il y a quelques noms qui m'échappent encore... oups !).

Autre grand changement : je ne travaille plus seul. Désormais, j'exerce en "binôme" environ les deux tiers de mon temps au CDI... Quand on a toute sa vie travaillé "tout seul dans son coin", c'est un sacré changement ! Et c'est rassurant au quotidien de savoir qu'on est deux, de se répartir les tâches, les priorités, etc...

Le CDI est riche en ouvrages et abonnements. Il y a un "coin prépas", véritable merveille pour l'amateur de livres d'Histoire que je suis. Par contre, bien sûr (comme un peu partout en Auvergne-Bourbonnais ?!), le réseau internet, c'est pas vraiment ça et, sans même parler de quelques pannes homériques, la phrase la plus employée par les élèves et les documentalistes est quand même "qu'est-ce que ça rame, aujourd'hui !"

Un mois après mon arrivée, j'ai lancé le blog du CDI... 


C'est l'occasion pour moi de régulièrement faire une "revue de presse", un moment qui me plaît énormément, histoire de me tenir au courant et de me répéter à l'envi : tiens, je lirais bien cette revue !!
 

Qu'écrire d'autre ? Ma vie a changé. Plus que je ne l'aurais imaginé...

Et, en ces temps de "morosité", en une époque où beaucoup de gens soit n'ont pas de travail soit font un boulot vraiment "pas marrant", c'est une chance de pouvoir faire ce qui me plaît, un métier épanouissant, riche, enrichissant... Bien sûr, tout n'est pas rose tous les jours, je suis parfois "sur les genoux", les élèves sont parfois plus que bruyants, il y a forcément des tensions de ci de là... Mais, au final, comme dirait Edith : "Non, rien de rien, non, je ne regrette rien !"

Sinon, ben, tout va bien... Après la Saga STAR WARS, M6 nous replonge dans les aventures de ce cher INDIANA JONES... Après LES AVENTURIERS DE L'ARCHE PERDUE (le film qui a bouleversé ma vie quand j'étais adolescent !) la semaine dernière, c'était INDIANA JONES ET LE TEMPLE MAUDIT hier soir... Un film cher à mon coeur... Bien sûr, il y a Indy dans des aventures invraisemblables, il y a la mythique scène d'ouverture, l'énorme clin d'oeil à STAR WARS, la bande originale somptueuse, la scène culte dans le temple (alors, ce coeur, on l'arrache ?!). Mais c'est aussi un souvenir personnel très riche... Le premier film que j'étais allé voir au cinéma avec mon ami Fred Thé... Le début d'une grande amitié marquée par une passion commune pour le cinéma et les bandes originales de films... Et puis, Indiana Jones nous a toutes et tous tellement inspirés... N'est-ce pas, Alice ?... (clin d'oeil à une ancienne élève de Luri qui poursuit des études de cinéma à Montpellier)

A propos de cinéma, le lycée où j'exerce propose une option cinéma depuis de nombreuses années... Les élèves en terminale réalisent un court métrage... J'ai fait mon premier casting (bon, y avait que moi sur le rôle, mais quand même !)... Je serai notaire (!) dans une petite scène prochainement... Mes premiers pas sur grand écran ! Attention, on ne rigole plus !

Alors, comme dirait l'autre : elle est pas belle, la vie ?!...