lundi 29 mai 2006

Il est parfois dur de trouver les mots...

Il est parfois dur de trouver les mots, et aussi les photos... En l'occurence... Pourquoi la photo ci-dessus (prise par Johan à la Toussaint 2004) ? C'est le Grand Jus, un très beau bar de Moulins qui date de la fin du XIX°. D'abord, je voulais une photo et pas un simple texte. Ensuite, je n'ai pas mille et mille photos à ma disposition... surtout en rapport avec ce que je désirais écrire. En fait, je ne voulais même pas écrire de texte et c'est de lire celui de Poitrenette (voir sur son blog : http://poitrenette.skyblog.com/ ) qui m'a encouragé à écrire quelques lignes.
Voilà. Un de mes collègues, Michel, prof de technologie, est décédé subitement, la semaine dernière, à 54 ans. La mort est toujours quelque chose d'abominable, la mort brutale d'une personne est un choc encore plus terrible. Dans de telles circonstances, j'ai juste envie de me taire, peut-être de pleurer si j'y arrive encore, de rester là en attendant... Vendredi, au collège, l'atmosphère était terriblement lourde et chargée d'émotion, notamment quand, à huit heures, le principal a annoncé dans la cour le décès de Michel. Larmes des élèves, silence des adultes qui se retiennent et moi, quand je prends finalement la classe de sixième dont j'ai la responsabilité à cette heure ci, qui ne peux retenir quelques sanglots puis qui me reprends et bafouille pendant une bonne dizaine de minutes avant de parler normalement. Une journée terrible. Un collège doit être un lieu de vie ; vendredi, c'était un lieu de douleur. J'avais hélas déjà connu ça à Luri voilà deux ans pour le décès d'un ancien élève, tué à dix-sept ans dans un accident de moto, et quelques mois après, le décès du petit frère d'un élève, écrasé en traversant la route à la rencontre de son frère. Le silence pesant des adultes, les larmes étouffées des enfants et on a envie de crier et de leur dire de rire, de courir, de vivre, mais on ne peut pas, on peut juste se taire et attendre que la vie reprenne son cours.
Alors pourquoi cette photo du Grand Jus ? Parce que, au mois de septembre 2004, alors que je venais juste d'être nommé au collège de Tronget, j'étais allé un samedi après-midi voir le film "L'Enquête Corse", film moyen au demeurant mais qui m'avait donné ma première bouffée de nostalgie de l'Ile de Beauté... En sortant du cinéma, alors que je trainais dans Moulins, un peu déboussolé (après tout, cela faisait à peine quelques semaines que j'étais rentré de Corse), j'avais été interpellé par Michel et Sylvie (sa compagne, également collègue du collège) qui m'avaient proposé de boire un verre avec eux au Grand Jus. On avait, évidemment, parlé de la Corse... Ils y étaient d'ailleurs allés cet été là. Je leur avais raconté mes impressions d'exilé permanent et on avait plaisanté et trinqué à ma nouvelle vie dans le Bourbonnais... Voilà, cette photo, pour Michel.
Je terminerai ce texte par une anecdote amusante à propos de Michel. Le matin, au collège, nous avons deux sonneries, une à 7h57 et l'autre à 8h. Imperturbablement, Michel arrivait toujours entre les deux sonneries, la ponctualité incarnée, "le métronome du collège" me disait Laurent tout à l'heure. Qu'il neige, qu'il vente, à 7h59, Michel arrivait... D'ailleurs, quand il nous arrivait, en salle des profs, de ne plus savoir si la deuxième sonnerie avait déjà retenti, il y avait toujours un collègue pour dire : "Non, non, Michel est pas encore arrivé. " C'était un grand mystère des sciences : comment pouvait-il être aussi ponctuel ? D'aucuns l'ont soupçonné de se cacher et d'attendre la première sonnerie... On ne le saura jamais. En tout cas, il ne sera plus là pour nous indiquer qu'il était temps d'y aller et que, donc, la journée commençait vraiment.
Il y a mille et mille choses à dire. Personnellement, je ne le connaissais que depuis un an et demi mais je l'appréciais forcément énormément, une personne originale, directe et chaleureuse.
Michel, où que tu sois, on pense à toi.

mardi 23 mai 2006

Encore quelques mots à propos de Marie de Magdala...

Oui, encore quelques mots à propos de cette Marie-Madeleine qui interroge tant en ce moment, suite à la sortie du "Da Vinci Code". C'est marrant, d'ailleurs, que l'on se pose plus de questions sur elle que sur Marie, la mère de Jésus, alors que les Evangiles "officiels" lui accordent peut-être plus de place qu'à la mère du Nazaréen... En fait, l'idée de ces quelques lignes m'est venue d'un message d'une amie, qui s'est plongée dans la lecture de livres, revues, sites, et finit par ne plus s'y retrouver. Elle n'est pas, je crois (c'est le cas de le dire), ni spécialement croyante, ni athée, ni religieuse, ni fana de l'étrange, simplement curieuse... Et elle a l'impression de se noyer dans tout ce qu'on lit en ce moment...
Voilà ma réponse à son message... Pour Marie-Madeleine et les autres persos de l'Evangile (ou plutôt des Evangiles, "officiels" et apocryphes), je lui donnerai le conseil que m'avait donné un copain (salut Mister Lawrence !!) : il y a beaucoup mieux que tous les bouquins de journalistes avec leurs théories fumeuses, il y a les textes originaux. Faut commencer par là... Les Quatre Evangiles sont disponibles partout. Les principaux apocryphes sont également disponibles en librairies religieuses (ce qui contredit complètement les propos de Brown sur l'Evangile de Philippe qui serait caché : je l'ai acheté dans une librairie catholique...), notamment Philippe, Marie et surtout Thomas. A travers ces ouvrages on voit apparaître certains personnages... Ensuite, il y a deux ou trois excellents dictionnaires de la Bible (dont celui chez Bouquins) qui permettent de retrouver tous les passages citant tel ou tel personnage. Marie de Magdala apparaît dans les quatre Evangiles, notamment chez Jean où elle est la première à voir Jésus après la Résurrection. D'autres femmes apparaissent, parfois confondues avec Marie-Madeleine, comme la pécheresse chez Luc, ou Marie de Béthanie, la soeur de Marthe, ainsi que la femme adultère chez Jean. Certains ont prétendu, de longue date, que toutes ces femmes seraient la même personne, sans s'appuyer sur des éléments tangibles. L'Evangile selon Marie aurait été écrit par des disciples de Marie de Magdala et on y voit une scène où elle se dispute avec Pierre. Dans l'Evangile selon Philippe, il est dit que Jésus avait l'habitude d'embrasser Marie "plus que les autres disciples", ce qui ne veut pas dire qu'il n'embrassait qu'elle ni que c'était des baisers érotiques... Actuellement, je suis en train de lire "Les Femmes de l'Evangile", livre de France Quéré, très grande théologienne protestante (qui traduisit d'ailleurs les apocyphes) hélas décédée. Elle étudie longument dans cet ouvrage toutes les figures féminines qui apparaissent dans les quatre Evangiles. Sinon, un conseil quand on fait des recherches : se méfier des nombreux livres (et revues) d'auteurs pseudo-historiens (comme ceux de "L'Enigme sacrée" qu'a pompé Dan Brown) ou les nombreux sites internet fantaisistes (style Rennes-Le-Château, les complots, tout est dans tout, on nous ment mais moi je détiens la vérité). Dans "La Montagne" du dimanche 21 mai, il y a une excellente chronique de François Taillandier qui évoque le personnage de Marie de Magdala. (Je ne peux, pour des raisons de droits d'auteur, vous la reproduire en copié-collé mais voici un lien internet pour la lire : http://atropcourberlechine.hautetfort.com/archive/2006/05/21/le-messie-et-la-madelon.html ). Et qui pose la vraie question : qu'est-ce qu'on s'en fout qu'il y ait eu une liaison entre Marie et Jésus ? Soit on est croyant et ça ne change rien ; soit on n'est pas croyant et on s'en fout, sauf si on est un lecteur de "Voici"... C'est comme de savoir si le président a des maîtresses ou des fils cachés (voire des vices cachés...). Il est quand même fascinant de voir les gens se passionner pour un sujet digne des romans de gares ou des magazines people. En plus, c'est une vision très occidentale du monde : pour un musulman, à la rigueur, le sujet a vaguement de l'intérêt (Jésus est le personnage le plus cité du Coran)... Pour un Bouddhiste, un Hindouiste, un Shintoiste, et pour les athées du monde entier, qu'est-ce que ça peut bien faire que Jésus ait aimé ou non une femme de façon charnelle ? Alors, en faire, comme le dit Dan Brown, un fondement de notre civilisation... C'est d'une prétention et d'un égocentrisme...
Remettons le "Da Vinci Code" à sa place : un roman à énigmes bien agencé, malgré un style faiblard (très pompé sur le style Mary Higgins Clark : des chapîtres courts avec rebondissement systématique à la dernière ligne) et une fin assez mauvaise ; un film qui est plus une illustration qu'une adaptation... Le reste, comme dirait Shakespeare (qui, lui, était un grand écrivain... et là aussi on peut la jouer mystérieux : le grand Will a-t-il écrit lui-même ses pièces ? étaient-ils plusieurs ? on s'en fout !!! elles sont bien à lire et à jouer et à regarder et c'est tout ce qui compte, non ?) : c'est beaucoup de bruit pour rien.

lundi 22 mai 2006

Superdoc in Paris...


Vendredi 19 mai 2006, grande journée ! En effet, ce jour-là, avec les deux classes de sixième du collège et trois collègues (Lilian, David, Muriel), nous sommes allés à la Capitale... On est parti à 5 h du matin de Tronget... ça calme ! Arrivée sur Paris peu après 10 heures. Le matin, visite des Antiquités égyptiennes au Louvre avec une guide. C'était passionnant. Elle a évoqué les rites et coutumes des Anciens Egyptiens... Nous sommes passés devant la statue du fameux Akhénaton, le pharaon hérétique (fondateur du monothéisme ??? c'est en tout cas la théorie de Sigmund Freud). Nous avons admiré le fameux scribe au regard si expressif qui défie le temps... Après les Antiquités, petit tour dans la grande galerie pour voir quelques fameux tableaux comme Le Radeau de la Méduse ou Le Serment des Horaces... Et, bien sûr, halte obligée devant La Joconde (tableau qui a encore plus de succès en ce moment à cause du film Da Vinci Code) et le Jean-Baptiste de Leonardo da Vinci (qui parait encore plus efféminé que le Saint Jean de la Cène que Dan Brown prend pour Marie Madeleine...) ainsi que les somptueuses Noces de Cana... J'avais oublié comme ces tableaux étaient merveilleux... J'ai hâte de retourner au Louvre et de passer des heures à les admirer... Quel choc esthétique ! Les élèves étaient littéralement renversés devant tant de chefs d'oeuvre... Au Louvre, j'ai également admiré la fameuse pyramide inversée (voir plus loin dans ce blog) que je regarde différemment après avoir vu le film de Ron Howard...
Après le Louvre, pique nique dans le Jardin des Tuileries et, là, joie de voir Johan. Je l'avais prévenu de mon passage à Paris mais c'était tellement compliqué pour le créneau horaire (d'ailleurs, on est arrivé avec vingt minutes de retard aux Tuileries car un groupe s'était perdu dans le Louvre... je veux pas être mauvaise langue mais c'est l'autre groupe qui s'est perdu !!) que j'étais persuadé qu'on ne se verrait finalement pas. Et bien non ! Alors que j'entamais mon sandwich, j'entendis une voix familière me saluer... C'était Mister Johan qui m'avait retrouvé, en compagnie de Pierre-Paul, un ami à lui, originaire de Castagniccia et sous-officier dans l'Armée de l'Air. On a pu bavarder un moment et causer un peu de la Corse...
L'après-midi, nous avons fait un tour de bateau mouche... C'était absolument génial, la première fois que je prenais le bateau sur la Seine, l'occasion de voir la Capitale autrement... Ah ! Paris ! J'avais oublié combien cette ville était belle... Revoir tous ces monuments, ces lieux que j'aime tant... Quand j'étais petit, avec mes parents, nous allions à Paris chaque année en février... Nous logions à la Résidence universitaire d'Antony (c'est là que mes parents avaient habité jusqu'à ma naissance, avant d'être mutés à Moulins). J'adorais ces jours au cours desquels nous visitions les musées et allions voir la famille (une partie de ma famille paternelle, celle d'origine corse, vit sur Paris). Plus tard, j'ai passé des moments fabuleux à Paris, à différentes occasions... lors de concerts de Depeche Mode, quand je suis allé voir Isabelle (ma première copine) et que nous avons marché toute une nuit dans le Quartier Latin et l'Ile de la Cité par un froid de canard, pour le Bicentenaire de la Révolution française (le bal du 13 juillet 1989 avec près de 100 000 personnes sur la Place de la Bastille), puis lorsque j'allais voir mon amie Sandrine (alors que je travaillais à Ajaccio). En 1998, j'étais allé seul quatre jours à Paris, l'occasion de marcher énormément et de redécouvrir des quartiers que je ne connaissais plus. Je suis repassé à Paris au printemps 2000, le temps d'une halte chez ma Soeur (qui vivait alors à Palaiseau) avant de prendre l'avion pour la Corse... Depuis, je n'étais pas retourné à Paris, si je fais exception de mon passage éclair en février pour le match de rugby France - Italie... Et comme Paris me manquait et je l'avais oublié ! C'est clair que je vais maintenant y retourner, pas plus tard que cet été. Il y a tant de choses à voir... "Tant de choses à voir et à z-entendre" comme dirait Boris Vian (qui avait rédigé un Manuel de Saint-Germain-des-Prés)...
Après le bateau mouche, tour en car... L'Etoile, Les Champs-Elysées, la Concorde, le Palais-Bourbon, le Quartier Latin... Puis le retour tranquille vers notre bon vieux Bourbonnais... Retour à Tronget vers 23h30 avec des images plein la tête. Je n'avais pas été autant ébloui lors d'une sortie scolaire depuis la fabuleuse excursion à Scandola (la sublime réserve naturelle au sud de Calvi... j'y étais allé en 2001 avec ma collègue Patricia).
Ci-dessous, quelques photos prises au cours de cette belle journée... D'autres viendront, assurément, pour illustrer ce blog...

Trocadero...



Deux photos prises du car... Photos clins d'oeil à la pièce de théâtre que j'ai commencé de répéter, à savoir "Inspecteur Grey"... Pourquoi ? Parce que, au début du premier acte, quand les deux détectives m'interrogent (ou plutôt interrogent René Dupré, secrétaire du défunt, le diamantaire Jeffries, homme richissime et haïssable) sur mon emploi du temps de l'après-midi, je leur réponds : "(...) Ayant fini mes courses, j'étais descendu du métro à la station Trocadero et je rentrais tranquillement à pied." L'inspecteur Poussin me réplique alors : "A pied ?... C'est encore assez loin." et je lui réponds "J'aime beaucoup marcher et il faisait beau." (Cette réplique, c'est tout moi, car j'adore marcher en ville, notamment - évidemment - à Paris.) Je vous avais écrit, dans un précédent message sur ce blog, que je ne savais trop comment prendre mon personnage de Dupré et que j'étais en plein doute... Je m'en suis entretenu avec Philippe (mon metteur en scène), avec Françoise (qui joue un petit rôle cette année et surtout assiste Philippe à la mise en scène) et bien sûr avec Samantha. Françoise m'a conseillé, pour pallier l'insignifiance du personnage, de jouer la carte du cynisme. Philippe reconnaissait qu'un rôle proche de soi (en tout cas pas trop éloigné) était souvent difficile à jouer, avec le risque de surjouer ou au contraire celui d'être effacé... Pas facile de jouer Monsieur Tout Le Monde ! Quant à Samantha, fort logiquement, elle me fit remarquer qu'il y avait différents rôles et qu'on ne jouait pas forcément ce qui nous plaisait de prime abord. Elle non plus n'a pas un rôle très facile à jouer. Mais, justement, là est le challenge. Et je suis tellement content qu'une nouvelle aventure théâtrale commence ! J'ai tout l'été pour travailler mon rôle... et pour l'apprendre (233 lignes... pour quelqu'un comme moi qui n'a pas de mémoire... c'est assez rude !!).

La Dame de Fer


Elle est pas jolie, la vieille dame de fer ? Cette Tour Eiffel, inaugurée en 1889 pour le Centenaire de la Révolution française, d'abord haïe par les Parisiens, puis devenue un symbole incontournable de la Capitale et qui faillit être détruite à l'orée du XXème siècle et ne dut sa survie que grâce à l'antenne de radio... Aujourd'hui, il paraitrait absurdissime (voire abracadabrantesque !) de s'en séparer...
(Photo prise le vendredi 19 mai 2006 depuis un bateau mouche... bzzzzzzz ! ça, c'est fait !)

Superdoc envoyé spécial !!


Photo prise quelques instants avant d'embarquer à bord d'un bateau mouche au pied de la Tour Eiffel... Il a l'air un peu dérangé, l'envoyé spécial !!...

Notre Dame...


Tout a été dit sur Notre Dame de Paris... Là, une photo prise depuis un bateau mouche... Vendredi 19 mai 2006 fut une grande date pour moi puisque c'est la première fois de ma vie que je suis monté à bord d'un bateau mouche... Et c'était génial ! On voit Paris autrement, notamment Notre Dame... Fabuleux !

La Pyramide du Louvre


La Pyramide du Louvre... un monument de Paris que j'apprécie particulièrement et dont je ne me lasse pas... Dire que, lors de sa construction, tant de gens avaient crié au scandale, estimant que c'était une hérésie de placer à l'entrée du palais du Louvre ce bâtiment de verre et d'acier... Et, finalement, tout le monde s'y est fait et je trouve, au contraire, que le mariage architectural est particulièrement réussi. Sur cette photo, j'apprécie particulièrement cet instantané d'histoire de France qui nous est proposé... Au premier plan, l'Arc de Triomphe du Carrousel, qui date de l'époque napoléonienne. Au second plan, la fameuse pyramide de verre, construite à la fin du XXème siècle. Au fond, le Louvre, le château historique de Paris. La photo est prise depuis le jardin des Tuileires, endroit très plaisant et lieu jadis du palais des Tuileries détruit lors de la Commune... Paris, ville d'histoire et d'art... Je sais... c'est un lieu commun un peu pompeux mais c'est tellement vrai ! I love Paris !!...

Le Tombeau de Marie de Magdala


Eh oui... J'ai pas pu m'en empêcher... Comme, après avoir lu et surtout vu "Da Vinci Code", j'ai eu l'occasion de me rendre au Louvre... il fallait que je puisse à mon tour, comme Tom Hanks (ou plutôt Robert Langdon !), aller me recueillir au-dessus de la tombe supposée de la Madelon, aussi connue sous le nom de Marie-Madeleine, ou "la meuf à Jésus", voire la maman à la petite Sarah et l'ancêtre des Mérovingiens et de Brett Sinclair (ben oui... puisque Sophie Neveu, interprétée par Audrey Tautou, serait en fait une Saint-Clair)... Ah ! Tout ça ouvre de sacrées perspectives...
En tout cas, plus sérieusement, j'ai redécouvert ce fameux monument qu'est la Pyramide du Louvre mais aussi la fabuleuse Pyramide inversée qui serait donc le tombeau de Maria Magdalena... Une réussite architecturale remarquable.

Les Capcorsins d'adoption...


Voici une photo de Johan et de moi-même, prise vendredi 19 mai au Jardin des Tuileries (si... si...) par Pierre-Paul. Comme vous n'êtes pas sans le savoir, Johan fut mon élève dans une autre vie au Collège de Luri. Il était arrivé en Corse un an avant moi et on a quitté tous les deux l'Ile de Beauté en août 2004. Depuis, il est venu me voir plusieurs fois à Deux Chaises et dernièrement à Moulins. Qu'écrire de plus sinon que c'est un sacré personnage, qui s'est lancé dans l'écriture de nouvelles policières... Quelqu'un de bien, tout simplement. Quelqu'un en qui on peut faire confiance. Pas comme moi... Je m'explique... Pour les gens qui me connaissent un peu, un de mes gros défauts, sinon mon principal défaut, c'est de ne pas savoir faire confiance dans les gens. J'ai une peur panique d'être trahi... Du coup, je pars souvent "le premier"... Tromper pour ne pas être trompé. Ce n'est pas joli joli tout ça... Ensuite, je regrette et je tente de renouer des liens distendus... Ajoutez à cela une bonne part de mélancolie et des sautes d'humeur... Bref, les personnes qui arrivent à rester mes amis malgré tout méritent assurément une médaille. Pour revenir à Johan, lui, il en mérite probablement au moins deux... Ce qui nous a rapprochés, c'est notre situation particulière... Deux Continentaux, deux "pinzuti", qui ont vécu des années merveilleuses dans le Cap Corse, et qui ont du un jour repartir et qui ont dans leur coeur la nostalgie de la Corse et surtout de tous les amis qu'ils ont là-bas... FORZA CAPICORSU !!!
Rappel de l'adresse du blog de Johan :

jeudi 18 mai 2006

Le Code De Vinci... ou le syndrome de l'adaptation

Eh oui... Pourquoi pas dire "Le Code De Vinci", plutôt que "Da Vinci Code" ? après tout, en Italie par exemple, le titre a été traduit... Le vrai complot, c'est la généralisation des titres non traduits... Plus sérieusement, je suis allé voir le film tiré du fameux roman de Dan Brown dès hier soir... Ce qui m'a incité à aller le voir si vite fut d'abord une soirée sans rien à la T.V. (excusez moi mais la finale de la Ligue des Champions c'est pas mon truc... au vu du résultat et des arbitrages contestables... je n'ai rien raté...) et une chaleur écrasante ainsi qu'un gros coup de blues dû au théâtre (j'en parle brièvement plus bas) à évacuer en allant au cinéma... Enfin, comme j'aime pas le conformisme, le fait que le film soit démoli par la critique m'a incité à aller le voir... Après tout, vous savez ce qu'on dit : quand les critiques sont unanimes contre un film, il est généralement bon... Je me souviens du cas de "Titanic", démoli par la critique avant la sortie du film et qui fut le triomphe de la dernière décennie en salles puis à la T.V. et en vidéo...
Alors, voilà, je suis donc allé voir "Da Vinci Code". Pour ce qui est de mon opinion sur le roman (et surtout sur les contre-vérités historiques véhiculées), j'avais écrit un article sur ce blog en septembre dernier. Appliquant la règle de la rediffusion, je vous le remets ci-dessous en copié-collé pour celles et ceux qui ne l'auraient pas lu ou voudraient se rafraîchir la mémoire. Revenons au film... C'est toujours difficile, une adaptation de roman, surtout d'un roman à succès... On vous attend au tournant... Ron Howard (dont j'ai pas mal apprécié plusieurs films en tant que réalisateur comme "Willow", "Cocoon" ou "Horizons lointains" mais aussi son rôle dans "American Graffiti"...) s'en sort plutôt bien. La première partie du film est un peu poussive (à l'inverse du roman) mais les séquences londoniennes sont plutôt réussies. Le reproche (facile) que l'on peut faire à Howard est finalement d'être resté très proche du roman de Dan Brown... trop proche... Le cinéma est l'art des ellipses et du rythme alors qu'on feuillette un livre et qu'on prend le temps d'en relire les paragraphes obscurs... Au crédit du film, on a d'abord ses deux acteurs principaux. Tom Hanks, en universitaire faussement naïf, nous offre un personnage finalement assez dense. Quant à Audrey Tautou, elle apporte une touche d'humour à son personnage. A ce propos, l'humour est présent, notamment dans la seconde partie du film (ah... les dernières répliques d'Audrey Tautou...), offrant aux spectateurs quelques respirations dans l'intrigue. Les dialogues ont été soignés et on sent que Dan Brown (qui a lui-même dirigé l'adaptation de son roman) a mis de l'eau dans son vin par rapport aux théories de son roman... Le personnage interprété par Tom Hanks relativise considérablement les propos iconoclastes de son ami le professeur Teabing (magistralement interprété par Ian McKellen, qui joua Gandalf dans "Le Seigneur des Anneaux") (au fait, le nom de ce personnage, Leigh Teabing, est l'anagramme des noms des auteurs de "L'Enigme sacrée", ce livre que Dan Brown a impitoyablement pompé... voir mon article ci-dessous). Par contre, la question que je me pose après avoir vu le film, c'est : peut-on le voir sans avoir lu le livre ? C'est pas sûr... car les développements du roman éclairent certains propos menés rapidement dans le film. En conclusion, je conseille aux amateurs de films à mystère avec fond historique (même s'il est ici particulièrement écorné... comme souvent au cinéma) d'aller voir ce film. Ils passeront un bon moment. Les amateurs de cinéma cartésien ou intimiste ainsi que les allergiques au mystère et aux religions (soit parce qu'ils sont enracinés dans leur foi soit au contraire parce qu'ils sont des athées convaincus) s'ennuieront ferme.
Enfin, je souris en voyant les réactions à travers le monde suite à la sortie de ce film... Dans certains pays musulmans et bouddhistes, il est interdit pour blasphème... Par ailleurs, des groupes de catholiques plus ou moins organisés à travers le monde (mais pas l'Eglise de Rome en tant qu'institution) appellent au boycott... L'Opus Dei, au contraire, en profite pour faire des journées portes ouvertes (là, on croit rêver...). Je me souviens encore de la polémique des caricatures du Prophète et, à la fin des Années 1980, déjà à propos de la mise en scène de la liaison supposée Jésus - Marie de Magdala, le boycott massif du film "La Dernière Tentation du Christ" (allant jusqu'à l'incendie d'un cinéma à Paris avec un mort)... film qui, soit dit en passant, m'a personnellement redonné la foi et que j'apprécie de revoir régulièrement malgré ses défauts de réalisation (le réalisateur, Martin Scorsese, n'avait eu aucun financement pour son projet... et ça se sent... à l'inverse de "Gangs of New York" où, là, on voit à chaque image qu'il avait les dollars nécessaires...). Je suis chaque fois consterné par la bêtise humaine, le fanatisme de certains groupes dits religieux. Car de quoi ont peur les croyants ? Si on est si peu convaincu par sa propre foi qu'on soit ébranlé dès qu'une trame romanesque aborde le sujet de sa foi ou que quelques (mauvais) caricaturistes se permettent de faire des amalgames douteux... c'est qu'on est finalement de bien peu de foi (ou qu'en tout cas elle est particulièrement fragile) ! Amis croyants de toutes confessions, vous pouvez aller voir "Da Vinci Code"... vous n'irez pas griller en enfer ! Amis athées, vous pouvez aussi aller voir le film même si je pense que vous vous ennuierez ferme en pestant : "Ah ! comme ils nous ennuient avec leurs histoires de religions !"
Avant de passer à la rediffusion de mon article sur le roman "Da Vinci Code"... Quelques mots de la deuxième lecture de "Inspecteur Grey" (la pièce dans laquelle je joue en octobre)... Progressivement, tout se met en place... Mais je suis abominablement stressé par mon personnage... Je joue le secrétaire du mort, un homme ordinaire, banal, qui commet un délit parce que l'occasion se présente, un homme amoureux dont les avances sont repoussées. Et ce personnage tellement ordinaire me fait un peu peur. Car comment jouer, finalement, celui qui pourrait presque être soi-même ? C'est tellement plus facile de jouer quelqu'un de loin de soi. Je repense à mon personnage de Bouzin dans "Un Fil à la Patte"... J'avais mis du temps à le cerner mais, au terme, c'était un plaisir de jouer cet énergumène entraîné de bout en bout par Feydeau dans une intrigue qu'il ne maîtrise jamais... Là, avec René Dupré, je suis face à quelqu'un de totalement prévisible, qui pourrait être moi... D'un côté, j'ai peur de me perdre dans un tel personnage. De l'autre, j'ai peur de surjouer (pour souligner les sentiments de ce personnage "monsieur tout le monde") voire d'être un peu caricatural justement parce que je forcerais le trait ou au contraire je serais transparent et terne. En plus, mon personnage est le seul dans cette situation... Tous les autres sont bien marqués : les deux inspecteurs (le vieux de la vieille à qui on ne la fait pas et celui qui mène rigoureusement son enquête, entre Colombo et Sherlock Holmes) ; les deux héroïnes (la jeune fille au caractère trempé et sa demi-soeur, femme froide et distante) ; les domestiques (trois seconds rôles qui apportent pas mal d'humour dans une pièce assez sombre). Bref, je suis en plein doute quant au théâtre. Je me suis même demandé si j'allais continuer les répétitions ou pas...
Mais revenons au "Da Vinci Code"... Voici donc mon article, rédigé en septembre 2005.
DA VINCI CODE ou De l'Amour des Complots...

Tout d’abord, je tiens à préciser que j’ai lu ce roman, et en une journée, tellement j’étais «pris» par l’histoire, grâce au style de Dan BROWN, proche de celui de Mary Higgins CLARK : petits chapitres avec un rebondissement appelant la suite... J’ai simplement trouvé la fin plutôt grotesque : les retrouvailles en Ecosse m’ont fait penser à « La Petite Maison dans la Prairie » et l’épilogue avec Marie-Madeleine enterrée dans la Pyramide du Louvre prête largement à sourire... Ensuite, rassurez-vous, je ne vais pas faire d’ultimes révélations sur le sens secret de tel ou tel chapitre...
Mais c’est un bon roman d’aventures. Par contre, ce qui m’énerve, m’agace, voire me fatigue, c’est tous ces lecteurs qui ont redécouvert le monde avec ce roman, et tous les auteurs de guides, contre-guides et contre-contre-guides démystifiant tel ou tel point... Ils ont oublié qu’on a affaire à un roman d’aventures. C’est aussi absurde que d’étudier l’histoire de France en partant des romans d’Alexandre DUMAS ou d’imaginer que l’Arche d’Alliance est dans un entrepôt à Washington (cf. «Les Aventuriers de l’Arche perdue»). Ici, suite à la lecture de l’ouvrage de Dan BROWN, des milliers de personnes sont persuadées que l’Eglise leur ment depuis deux mille ans (pas forcément faux) en leur cachant la liaison entre Jésus et Marie de Magdala, liaison de laquelle serait née Sarah, ancêtre des rois mérovingiens... L’un des indices de cette liaison est le tableau de «La Cène», superbe oeuvre de Léonard De Vinci... Je vous la fais courte... Et la machine à fantasmes et à contre-vérités est lancée...
Quelques rappels par rapport aux "affirmations" tirées de ce roman. Tout d’abord, Jésus, on ne sait même pas s’il a vécu : il n’existe aucune trace archéologique et pas de traces historiques sinon les écrits chrétiens. Bon, mettons qu’il ait existé... Il est décrit par des Evangiles, dont certains ont été retenus par les églises et d’autres non. Les évangiles non retenus ont pris le nom d’apocryphes : cachés. Mais ils ne le sont plus car on peut les trouver chez tout bon libraire !! En l’occurrence, Dan BROWN cite «L’Evangile selon Philippe» où sont évoqués les baisers échangés entre Jésus et Marie de Magdala. Ce texte n’est pas secret... Le choix de garder tel ou tel évangile fut un processus long qui prit des siècles et qui est très bien connu et décrit par de nombreux ouvrages contant l’histoire des conciles et les débats houleux qui ont animé l’Eglise ou plutôt les églises... Après tout, la liste officielle («le canon») et définitive des livres composant la Bible Catholique date du Concile de Trente, soit du XVIème siècle...
Dan BROWN évoque le tableau de «La Cène» par De Vinci et il en fait un de ses principaux arguments sur le complot de l’Eglise depuis 2000 ans. Or, ce tableau, censé décrire un événement de la vie du Christ, a été réalisé plus de quatorze siècles plus tard. Si De Vinci était au courant de quelque chose de secret quinze siècles après c’est que l’Eglise n’a pas su cacher ce fameux secret. Et, en plus, les curés ont été tellement bêtes qu’ils ont laissé ce tableau accroché dans un monastère. La vérité est plus simple : Jean, «le disciple bien-aimé» (ce qui, d’ailleurs, a permis à certains d’évoquer une hypothétique homosexualité de Jésus comme Prieur et Mordillat dans «Jésus contre Jésus»), est représenté en jeune homme presque féminin dans nombre de tableaux de la Renaissance. Et on soupçonne même De Vinci d’avoir peint un de ses amants. Quant à la main en trop, c’est effectivement un mystère, mais déduire d’une main le mariage du Christ, le complot, etc... etc... c’est aller vite en besogne.
Dan BROWN parle d’une notion obscure, l’Eternel Féminin, et nous explique que l’Eglise, en voulant nier l’existence de Marie de Magdala (qui est quand même, selon les évangiles officiels, celle qui annonce la Résurrection de Jésus... pour quelqu’un qu’on oublie elle a un rôle plutôt important !...), a tout fait pour nier le rôle des femmes... Ce ne sont ni les Juifs ni les Chrétiens qui avaient une vision négative de la femme. C’est malheureusement un point partagé par toutes les civilisations ou presque que de nier l’Humanité à la moitié de celle-ci. Allez où vous voudrez, vous verrez des femmes opprimées. Le Judaïsme et le Christianisme ne sont pas à l’origine de l’asservissement de la femme. L’auteur évoque même une scène délirante, étonnamment peu relevée : il parle de célébrations orgiaques dans le Temple de Jérusalem, d’unions entre prêtres et prostituées sacrées... Il mélange tranquillement des rites romains et grecs et les transpose dans le monde hébreu...
Le top, c’est l’idée que Jésus et Marie de Magdala ont eu une descendance et que cette héritière s’est établie en France et est à l’origine des Mérovingiens. Génial ! Enfin un auteur américain qui aime la France et l’aime tellement qu’il lui donne une dynastie royale d’origine divine... Divin ! C’est le cas de le dire... Une affirmation tellement énorme que, même les personnes qui encensent le roman, en disant qu’il leur a tout appris, sont gênées et reconnaissent que, là, il va un peu fort dans son délire...
La plupart des théories fumeuses du «Da Vinci Code» se trouvent dans «L’Enigme sacrée», un ouvrage écrit par trois pseudo-historiens anglais et qui connut un certain succès de librairie dans les Années 1980 (il a été récemment réédité aux éditions J’ai lu). Le seul vrai reproche que je ferai à Dan BROWN, c’est de ne pas citer cet ouvrage qu’il a allégrement utilisé. Les auteurs, qui enquêtèrent sur le fameux abbé Saunières, son trésor supposé et sa tour de Magdala, mêlent les sources, les personnages d’époques diverses et élaborent des hypothèses délirantes. J’ai tenté de lire leur bouquin, j’ai attrapé une grosse migraine avant la cinquantième page.
Pour conclure, je dirai qu’il est un peu délirant de chercher des vérités historiques dans un roman d’aventures. Le thème du complot est un classique qui marche toujours. Dan BROWN use et abuse de cette ficelle. Dans un autre de ses romans il évoque les Francs-Maçons qui font fantasmer beaucoup de monde depuis deux siècles... Et j’aurai une petite réflexion personnelle. Si l’on suppose que Jésus a existé et qu’il était persuadé d’être le Messie (je ne dis pas qu’il l’était, car cela relève de la foi ou non de chacun, mais je dis que lui en était persuadé), qu’il savait ce qui l’attendait, il ne pouvait se permettre de prendre une épouse et surtout d’avoir des enfants, puisqu’il savait qu’il allait à la mort. Et, quand bien même il aurait été amoureux, et alors ? On nous aurait menti ?!... De toute façon, il faudrait se rappeler que l’on a affaire ici à un roman. Enfin, clin d’oeil, si il y avait depuis deux mille ans un complot pour nous cacher la vérité (la chanson de Dutronc : «On nous cache tout, on nous dit rien»), eh bien, le complot, il a échoué car quand on voit le nombre d’exemplaires de ce roman qui ont été vendus... Le secret a été mal gardé ! Le Prieuré de Sion a bien fait son boulot !!!
Voici, enfin, le commentaire d'Isabelle, avec lequel je ne peux être que d'accord :
"Salut Jean-François, j'ai bien aimé ton billet. Je partage largement ton opinion. Pour ma part, j'ai bien compris qu'il s'agit d'un bon roman d'aventures, mais le reproche que je fais à l'auteur, c'est de s'être permis de prétendre que tout ce qu'il raconte est VRAI. Et, en définitive, cela lui enlève même son mérite de "créateur, d'inventeur". Na ! Bisous. Isabelle." C'est vrai que ce qui est gênant dans ce roman, c'est la préface où Dan Brown affirme que tout est vrai, introduisant le doute et la confusion chez le lecteur peu au fait de la réalité historique...

lundi 15 mai 2006

Voyage dans les greniers de ma vie...

Ce week-end fut un grand saut temporel pour moi... Je me suis rendu chez mes parents samedi en fin d'après-midi. Souvent les séjours chez mes parents ont tendance sinon à m'angoisser au moins à me rendre anxieux. Vous qui lisez ce blog savez que l'évolution de la maladie de ma mère me préoccupe beaucoup ainsi que le surmenage que cela provoque chez mon père... Je vais pas en faire des tartines... D'abord, c'est réellement personnel ; ensuite, on n'y peut rien sinon essayer de garder la tête hors de l'eau voire même de garder la tête haute.
En tout cas, j'étais donc chez mes parents ce week-end. Et, comme chaque fois que j'y vais, j'ai fait un bond dans le passé... Normal quand on se retrouve dans sa chambre d'enfant et qu'on trouve parmi les affaires tel ou tel objet souvenir d'une époque plus ou moins lointaine... Toutes et tous connaissez ce sentiment qui nous gagne subitement quand on retrouve un objet complètement insignifiant pour toute autre personne et qui appelle en nous mille et mille sensations et émotions... C'est la fameuse Madeleine de Proust comme me l'a rappelé Laurent (également appelé Général Riomous !). Il est aussi des fois où l'on va soi-même à la recherche de son passé dans un but bien précis... C'est de l'archéologie personnelle en quelque sorte...
Ainsi, samedi, j'ai retrouvé dans un des greniers de mes parents mes figurines de La Guerre des Etoiles qui j'avais acquises quand j'étais ado puis jeune adulte... Je les avais achetées entre 1984 et 1990... J'en avais une quarantaine. Je savais que je les avais toujours : on est très conservateurs dans la famille (d'où la surabondance d'affaires entassées... oups !). Par contre, j'avais complètement oublié que je les avais empaquetées individuellement, indiquant pour chaque figurine son nom et les épisodes dans lesquels elle apparaissait... On reconnait là le futur documentaliste (Superdoc forever !!). J'ai donc retrouvé ces figurines samedi. Depuis un moment, je pensais à les récupérer, et le double déclic fut la Convention Star Wars de Cusset et d'aller chez Jean-François, un des acteurs de La Nouvelle Rampe, et de découvrir chez lui dez centaines de figurines de soldats de l'Empire car il est passionné de Napoléon... Après tout, moi aussi, j'ai mes petites figurines et je me devais de les retrouver. Alors, je vais prochainement m'acheter une vitrine et ramener à la vie mes personnages de la saga de George Lucas... Samedi, en fin d'après-midi, il s'en est fallu de peu que je ne mette pas à jouer par terre comme quand j'étais gamin...
Dimanche, autre bond temporel... J'ai retrouvé mon récit de mon séjour à Saint-Bonnet-près-Riom, l'été de mes quinze ans... C'était en 1985. J'avais fait une semaine de camp vidéo avec une douzaine d'autres ados de Moulins. C'était un séjour organisé par la mairie. On avait appris à faire des petits films et un peu de montage. Ce fut surtout une grande école de la vie... Une semaine d'amitié avec ses tensions mais aussi ses moments fabuleux comme souvent ce genre de séjours. Hélas, comme bien souvent également après des rencontres de vacances, je n'ai pas gardé vraiment contact ensuite avec les autres jeunes (depuis, j'ai toujours peur de perdre contact avec les gens que j'aime, une peur panique). Ce séjour fut essentiel pour moi, je dirai même qu'il fut fondateur. C'était le dernier camp auquel je pouvais participer (j'avais franchi la limite d'âge fatidique des 15 ans). Plus tard, trois ans plus tard, j'ai fait des fouilles archéologiques à Larina (dans l'Isère) et retrouvé cet esprit de camaraderie que j'aime tant (je l'ai retrouvé aussi en 1997 au Grand Bal de l'Europe à Gennetines). J'étais pleinement conscient que je quittais le monde de l'enfance. D'ailleurs, dans mon récit transparaît la peur de vieillir et déjà ma volonté de travailler avec des jeunes pour garder le contact avec la jeunesse... Au cours de ce camp, j'ai vécu tant de choses... Je crois que je mettrai un jour mon récit en ligne pour les personnes que ça intéresse... Avec le récit, j'ai retrouvé les mots des amis à qui je l'avais fait lire, notamment Fred Thé et Fred de Limoges... C'est réconfortant de savoir que vingt ans après nous sommes toujours amis, malgré les vicissitudes de la vie... Cet été fut vraiment un tournant pour moi. C'était au début de cet été 1985 que j'avais découvert le film "Furyo" qui allait marquer ma vie pour les vingt ans qui suivront. Et c'est lors de ce séjour que Valérie, la monitrice que j'adorais tant, me donna ce surnom qui me suit toujours : Jeff. En retrouvant mon récit, j'ai aussi retrouvé les photos du séjour... Les photos de quand j'avais quinze ans... J'étais plutôt pas mal, très grand... par rapport aux autres... ils avaient tous deux ans de moins que moi et surtout j'avais grandi très vite... depuis, tout le monde m'a rattrapé et même doublé. J'avais des abdos et les cheveux blonds en brosse. Quand je revois ces photos, ça me donne la pêche pour continuer mon régime entamé avant les représentations de "Un Fil à la Patte" en décembre. Je ne retrouverai jamais mes quinze ans, évidemment, ce serait absurde et même dangereux... Mais, par contre, en se retrouvant soi-même, on apprend à s'accepter (je n'irai jusqu'à dire s'aimer car pour moi c'est assez inconcevable), à s'assumer et à continuer à vivre... Je concluerai cette petite réflexion par la citation du moniteur du camp de Saint-Bonnet, citation qui m'accompagne depuis des années et que j'avais même mis en exergue sur ce blog : "Si tu sais d'où vient le vent, va où le vent te mène."
Autres bonds temporels, mais beaucoup plus courts... Ceux que permet ce blog... Je me suis amusé l'autre jour à relire quelques textes écrits au cours des mois précédents, l'occasion de mesurer le chemin parcouru et de sourire à telle colère, telle indignation, tel émoi, qui paraissent avec le recul bien dérisoires... ou au contraire voir combien certains sentiments se révèlent et s'affirment... Mais l'introspection, ça va un moment ! Place à l'action ! Je vais retourner jouer avec mes figurines... Plus sérieusement, je vais commencer à apprendre mon rôle pour "Inspecteur Grey". Nous jouons les 24 et 26 octobre. Mardi dernier, c'était la première lecture. J'ai, personnellement, plus de deux cents lignes à apprendre... Pas mal de boulot en perspective... Quelle joie en tout cas de retrouver La Nouvelle Rampe !
Pour terminer ce message, comme à la télévision on a souvent droit à des rediffusions, je vais faire pareil sur ce blog... Je remets en ligne un texte écrit en décembre et qui avait beaucoup plu alors. Et j'avoue que c'est un des textes dont je suis assez fier. Portez vous bien.

CLEOPATRE

Elle a la grâce et l'élégance d'une danseuse
Son rire est franc et généreux
Son regard est tendre et précieux
Parfois elle est un peu soucieuse
Elle a l'énergie et l'innocence des filles de son âge
Je la soupçonne de ne pas être toujours très sage
Elle est libre et fière et fragile à la fois
Elle a mis mon petit coeur en émoi

Shakespeare l'a dit, la vie est un théâtre,
Elle est ma reine, elle est ma Cléopâtre,
Elle est belle à en damner les anges
Je voudrais lui tresser une couronne de louanges
Un moment avec elle est un instant d'éternité
Elle a la douceur des gentilles soirées d'été
Et le caractère bien trempé qui lui sied tant
Elle ira loin, pas avec moi cependant...

Je ne serai certes jamais ni son Jules ni son César
Pour moi, je le sais, il est déjà trop tard...
J'espère seulement qu'elle comprendra mon poème
Moi qui ne lui dirai jamais je t'aime
Pour ne pas importuner la reine de ma vie
Elle devant qui je me prosterne sans souci
Pour lui offrir mon allégeance éternelle...
La vie est parfois un petit peu cruelle.

jeudi 11 mai 2006

Chaleur ! Tendresse ! Contact !


Voilà une sympathique photo... Mon premier vrai repas avec des invités dans mon nouvel appart à Moulins... A gauche de la photo, Mister Johan, qui fut dans une autre vie mon élève à Luri avant d'être étudiant à Nice puis maintenant à Evry. Au centre, moi-même, J.-F. alias Superdoc en train de servir un plat très difficile à préparer (des pâtes !). A droite, Samantha, que je connais depuis bientôt un an, grâce à La Nouvelle Rampe. La photo a été prise le 5 mai par Sophia, la copine de Samantha qui refuse de se faire prendre en photo. A l'arrière-plan, deux tee-shirts... A gauche, un cadeau de ma Surella pour mon anniversaire : le vrai tee-shirt de Superdocforever. A droite, le cadeau de Soleiman (alias Soleil !!) lors de mon départ de Luri en août 2004... Le tee-shirt de Bastia, à l'époque où le SCB était encore en Ligue 1...

Superdoc... forever !


Et voilà une photo que j'apprécie particulièrement, prise par Johan le 7 mai. Voilà donc votre serviteur, dans sa chambre Boulevard de Courtais... Les photos derrière... Sur la bibliothèque, c'est un portrait de ma mère (pris le jour de la naissance de mon neveu Loïc en août 2001). En haut à gauche, Danny Wilde et Brett Sinclair, héros des "Persuaders", alias "Amicalement Vôtre". En haut, à droite, article de La Montagne intitulé "Feydeau, maître du vaudeville", article annonçant "Un Fil à la Patte" joué par La Nouvelle Rampe en décembre 2005...

Les sponsors officiels...


Eh oui... Voilà les sponsors officiels de certaines soirées... A consommer avec modération et sans avaler la fumée... Of course ! Bon, le cendrier est pas trop rempli et il y a une bouteille d'eau minérale pour le côté hygiéniquement correct... Santé !
(Photo prise au matin du lundi 8 mai... après une nuit blanche qui restera dans les annales...)

mardi 9 mai 2006

C'est reparti !...

"Here we go again !" s'exclame C3PO dans "L'Empire contre-attaque" (je crois) alors qu'il est à bord du Faucon Millenium avant une nouvelle aventure dans l'univers de Star Wars... Dans la V.F. Z6PO dit "C'est reparti !"... Et, en effet, c'est reparti... Si je commence ce nouvel article sur mon blog par une allusion à "Star Wars" c'est que, entre autres choses, pendant les vacances de printemps, j'ai eu la joie de rencontrer Anthony DANIELS, l'acteur qui joue C3PO dans les six films de la Saga de George Lucas. Je l'ai vu lors de la Convention Génération Star Wars à Cusset le dimanche 30 avril (site : www.genstarwars.com ), à laquelle je me suis rendu avec mes collègues Laurent et Jean-Michel. La convention en elle-même était fort sympathique avec son lot de fans déguisés et de maquettes mais le moment extraordinaire fut l'échange entre l'acteur Anthony Daniels et le public... L'acteur anglais a répondu très gentiment, et dans un français parfait, à nos questions pendant plus d'une heure... Un vrai régal d'humour, de gentillesses et d'anecdotes que j'essaierai de vous conter dans un prochain article avec quelques photos de la Convention. En tout cas, un an après la sortie de "La Revanche des Sith" et donc la fin de près de trente ans de vie à attendre le prochain épisode, qu'il était bon de retrouver l'univers Star Wars et cette galaxie lointaine, très lointaine.
C'est reparti, pour le blog bien sûr, pour la vie qui continue et l'arrivée de ce mois de mai que j'aime tant, et surtout c'est reparti pour le théâtre et une nouvelle aventure avec La Nouvelle Rampe... Chut ! Je vous en parle plus loin dans cet article... Revenons à ces congés de printemps, attendus et bienvenus, l'occasion de me reposer, de retrouver le temps de lire... J'ai dévoré le hors-série du "Monde de la Bible" sur les rapports (hélas souvent difficiles et conflictuels) entre Chrétiens et Musulmans (avec une étude sur l'Arabie au moment de la prédication du Prophète et les influences des groupes chrétiens et juifs de la région ; un rappel sur les Croisades ; un zoom sur l'Espagne du temps de Al-Andalus). J'ai relu, dix ans après, "Lettres de l'Atlantide", superbe petit roman de Robert SILVERBERG, auteur de SF qui excelle dans les voyages dans le Temps et les paradoxes temporels en s'intéressant avant tout à ses personnages et en ne s'attardant pas sur les descriptions techniques souvent rébarbatives. En parcourant les rayons SF à la Bibliothèque de Moulins, je suis tombé sur les propos de Boris VIAN, amateur de sience-fiction au point de traduire des romans US (comme les livres de VAN VOGT), disant que les auteurs de SF étaient les derniers moralistes de notre temps. Mon père, lui-même prof de philo, aime à dire que les romans de SF sont les contes philosophiques de notre temps...
Les congés furent aussi l'occasion de retrouver le chemin des salles obscures... J'ai vu trois films, trois bonnes comédies... "Jean-Philippe" : mon plus grand éclat de rires depuis très longtemps, l'idée très bonne d'un monde parallèle avec tout ce qui s'en suit... un film dans la veine de "Dans la Peau de John Malkovich" ou de "Grosse Fatigue"... J'ai vu "OSS 117 : Nid d'Espions au Caire", bon film hommage pastiche, clin d'oeil aux films d'espionnage des Années 1950 mais aussi aux B.D. style Tintin ou Blake et Mortimer, avec un moment fascinant : Dujardin chantant "Bambino" en arabe. Enfin, j'ai vu "Camping" avec Dubosc parfait en quarantenaire beauf mais tellement touchant et Gérard Lanvin bourru à souhait. Maintenant, j'attends "Secrets de Famille" et, dans un autre registre, "Da Vinci Code".
Pendant ces vacances, j'ai revu plusieurs personnes... Mister Lawrence, alias Saint Jean, en pleine croisée des chemins (seul lui comprendra l'allusion...) ; Fabienne, l'amie qui m'a trouvé l'appartement à Moulins et qui co-anime le groupe biblique que dirige mon père ; Stéphane, Sophie, Esther, Aymeric ; Frédéric de Limoges, mon frère de sang ; mon oncle Joseph et ma tante Geneviève ; mon ami Johan ; Laurent, Françoise et Théo en direct de Gipcy ; Martine, Lorenzo et Tony, mes anciens voisins de Deux-Chaises (Two Chairs !!) ; et mon idole absolue (au moins !), Samantha... pas vue depuis presque deux mois et qui m'a appris il y a quelques jours qu'elle continuait le théâtre...
Nous y voilà... La Nouvelle Rampe monte une nouvelle pièce, "Inspecteur Grey", pièce policière de Alfred Gragnon et André Faltiani, qui avait été adaptée au cinéma en 1936. Et je fais partie de l'aventure, ainsi que Samantha. C'est même elle qui m'a appris la bonne nouvelle la semaine dernière, double bonne nouvelle : je continue le théâtre, et je le continue avec elle. Nous jouons tous deux dans les trois actes. Voici l'argument de la pièce (que j'ai vulgairement copié-collé sur un site consacré aux pièces de Au théâtre ce Soir) : Un ancien gangster, surnommé "Le Roi Diamant" a été trouvé assassiné d' un coup de feu, à quatre heures de l'après midi, dans son hôtel de Passy. La police judiciaire confie l'affaire à l'inspecteur Grey et à Poussin, un vieux policier routinier. Sept personnes habitent dans cet hôtel particulier : Monique, la femme de la victime, Hélène, la sœur de Monique, le vieux Brown, ancien associé et complice de la victime que celui-ci a recueilli après l'avoir complètement ruiné, le chauffeur Victor, le secrétaire Dupré, la cuisinière et, enfin, la femme de chambre. Bien entendu chacun a un "alibi". Mais, de déductions en déductions, de constatations en constatations, l'inspecteur Grey en arrive à découvrir le coupable après avoir compris le mobile du crime : le "Roi du Diamant" s'apprêtait à partir pour l'Amérique avec une danseuse en abandonnant tout le monde sans un sou. Je joue le secrétaire Dupré et Samantha joue Hélène. Voilà, c'est donc reparti. Nous allons pouvoir de nouveau nous voir régulièrement et j'en suis tellement content.
Je terminerai ce message par une pensée pour ma mère dont la santé décline régulièrement... Comme dit ma soeur, Maman est prisonnière de son corps, elle se voit chaque jour plus impotente, plus dépendante... Et il faut essayer malgré tout de garder le sourire. Je remercie ici Johan qui a écrit sur son blog un superbe texte dédié à ma mère, que je copie ici (je rappelle l'adresse du blog de Johan : http://friendsoukaamelott.over-blog.com/ ). Merci beaucoup Johan, qui m'a rendu visite et avec qui j'ai passé quatre jours et trois soirs fabuleux (notamment une mémorable virée avec Samantha : Les Trois Cloches interprétant Chaleur ! Tendresse ! Contact !... Très difficile à raconter...). Voici le texte...
L'oubli comme souffrance

Oh vie! misérable vie,
Autour de toi tant de misère !
Le monde des hommes te semble différent
Monde d'injustices et de souffrances
L'éclair de l'ouble s'abat chaque jour
Et tu t'éloignes de nous, de toi
Ta mémoire se brise au contact des tiens
La vie se fait difficile
L'espoir se meurt
Enfermée dans ton silence
Ta flamme faiblit et s'éteint
Et sans un cri, en silence
La mort doucement vers toi s'avance...
Johan (25 avril 2006)
Mais la vie continue. La vie doit continuer. The show must go on.
Alors : A bientôt pour de nouvelles aventures !! Et portez vous bien.
P.S. : Finalement, mon ami Gilles, de Bastia, avait raison... J'ai encore des choses à raconter sur mon blog... Je suis un incorrigible bavard !!