mardi 10 janvier 2006

Que chaque jour soit extraordinaire


"- Que chaque jour compte...
- Que ce jour compte !"

Petit dialogue extrait du film 'Titanic'... On peut également citer évidemment "Carpe Diem" que l'on retrouve dans 'Dead Poets Society' ('Le Cercle des Poètes Disparus')... Pourquoi ces citations aujourd'hui ? Simplement pour faire suite à ce qui précède (logique !)... Pour combattre le retour du quotidien il faut que chaque jour soit extraordinaire (y compris éventuellement dans le désespoir... ce qui compte c'est que chaque jour soit différent et, si possible, réussi)... J'en parlais l'autre jour avec des amis : faire de chaque jour comme si c'était le dernier, pas au sens morbide du terme bien sûr, mais plutot dans le sens qu'on doit au soir de chaque journée, comme au soir de sa vie, ne pas avoir à rougir... On aura fait ce qu'on a pu... Ni remords ni regrets... chantait l'autre...

Pour ma part, je serais très content de n'avoir pas de regrets... Pour le moment, je m'en tire plutôt bien, à part une fois à l'été 2000, où invité par une certaine personne dont j'étais très épris depuis plusieurs mois à boire un dernier verre chez elle (dans un village du Cap Corse), je ne suis pas monté... Le lendemain matin, j'avais mon avion pour Moulins via Lyon et les plus belles vacances de ma vie (la dernière fois que j'allais passer des moments fabuleux avec Valérie-Anne, jeune fille de douze ans plus jeune que moi, mais ma grande amie... hélas ma passion destructrice pour elle allait gâcher et détruire notre amitié quelques mois plus tard... snif !). Bref,le lendemain matin, je me levais tôt et j'ai décliné l'invitation. Quelques semaines plus tard, j'ai écrit une lettre enflammée à la personne mais il était trop tard, l'instant était passé... Oh, bien sûr, on ne peut savoir ce qui serait arrivé, peut-être rien. N'empêche, six ans après, je me dis que je suis ce soir-là peut-être passé un peu à côté de ma vie... C'est cela un regret, je n'en ai qu'un vrai... Et j'espère n'en avoir jamais d'autre. Les remords, c'est moins embêtant. Vaut mieux avoir fait un truc pas génial plutôt que n'avoir rien fait...

Je reviens au thème de ce petit texte qui va dans tous les sens... Faire de chaque jour un jour extraordinaire... Je me permets de citer mon prof de grec, Gérard, qui m'a écrit un très gentil mail la semaine dernière : "J'espère que le fantôme de Bouzin n'est pas trop venu te tirer par les pieds tout au long de ces vacances, et que tu n'as pas trop déprimé après ces jours glorieux et intenses. Je comprends très bien, pour ma part, qu'on ait un peu de vague à l'âme après de grands moments ; j'en ai des souvenirs très précis. A cela, il n'y a qu'une vraie solution : multiplier les grands moments! Oui, je sais, c'est plus facile à dire qu'à faire. Mais n'oublie pas que Bouzin en "appelait à la postérité". Je suis heureux que cette expérience des planches ait été pour toi l'occasion de constater une fois de plus combien tu étais apprécié de tes amis, et pas seulement d'eux. Cela a dû te rassurer." Tout un programme : multiplier les bons moments !!!

Pour rester un peu sur le même sujet, je pense à la réaction de BdE suite à mon texte sur la Corse, se demandant qui j'évoquais quand je parlais d'illusions d'amitiés... Bien entendu, je ne parle de personne en particulier, mais bien plutôt de moi et de mon manque désespéré et désespérant de constance... dû en partie à mon manque de confiance en moi et dans les autres mais aussi au fait que je ne suis pas quelqu'un qui sait garder le cap... La chanson 'Sigh no more' (extraite de 'Much Ado about Nothing' ('Beaucoup de Bruit pour rien') de Shakespeare - voir la magnifique adaptation ciné de Kenneth Branagh !!! avec la belle Emma Thompson...) me convient tout à fait... Je n'en citerai que le début :
"Sigh no more, ladies, sigh no more,
Men were deceivers ever ;
One foot in sea, and one on shore,
To one thing constant never."
Je suis un inconstant flagrant ! Et, quoi qu'en dise Gérard, je suis un infidèle chronique...

Pour rester sur le thème des moments qui comptent, je pense à BdE me disant que le charme des répétitions est qu'elles n'aient pas lieu tout le temps, car sinon on s'ennuierait comme pour des vacances toute l'année... Personnellement, j'aime pas les vacances ni les dimanches. Mais, néanmoins, à propos de vacances, je pense à un autre Laurent (les Laurent, les Fred et les Christophe, c'est vraiment les noms de ma génération ! dans vingt ans les blogs seront remplis de Kevin et de Emma !!), Mister Lawrence... Il m'avait fait découvrir cette superbe chanson de Brassens : 'Supplique pour être enterré sur la plage de Sète'... Dans cette chanson, le grand Georges parle notamment d'un pin parasol "pin parasol de préférence"... Depuis, avec Lawrence, nous parlions toujours des "de préférence"... il y en a d'ailleurs un très beau à l'entrée de Piazza !... Surtout, à la fin de cette chanson, Brassens écrit : "Vous envierez un peu l'éternel estivant qui fait du pédalo sur la plage en rêvant, qui passe sa mort en vacances"... J'aime énormément cette idée... Et je pensais l'adapter de façon un peu plus... euh... vivante... passer sa vie en vacances... ne pas tomber dans la routine... C'est pour cela aussi que je vais d'expériences en expériences, que je n'ai jamais pu rester plus d'un an dans une association, un jour m'intéressant à la théologie, un jour pratiquant les danses traditionnelles, un jour faisant du théâtre, un jour de la gym, un jour fou de randonnées, un jour, un jour, un jour... Finalement, j'aime bien être inconstant. Ma mère me le reprochait souvent, me disant que je me lançais dans des tas de projets mais que je ne m'y tenais jamais... C'est pour ça que je ne pourrais jamais écrire un roman... C'est d'ailleurs un miracle que j'arrive à maintenir ce blog à flots au bout de cinq mois... Remarquez, mi-octobre, je voulais le balancer aux oubliettes... en fait, voilà, je ne suis pas infidèle, je suis inconstant !!! Yes !!! Et je pense en souriant à mes amis me reprochant d'être rigide... moi qui n'ai aucun principe, aucune morale, qui les ai oubliés avant même qu'ils aient quitté la pièce, eux qui sont au contraire des exemples de droiture voire de posture que j'envie un peu... Décidément, vous me connaissez bien mal, notamment les "vieux amis"...

Pour conclure, faisons que chaque jour soit extraordinaire et fuyons la morosité du quotidien morne qui lentement nous fait retourner vars la désespérance des âmes grises... bon, ça veut pas dire forcément grand-chose mais c'est une belle phrase !!!
Demain est un autre jour... Tomorrow is another Day ! disait Scarlett O'Hara. Demain n'est qu'un autre jour : "Tomorrow's just another Day", une des plus belles et plus émouvantes chansons de Madness...
De quoi demain sera fait ? On verra bien... D'ici là, portez vous bien et vivez... extraordinairement...

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